25.09.2009

Faut-il un big bang au PS ?


LEMONDE.FR | 25.09.09 | 19h01 • Mis à jour le 25.09.09 | 21h04


Olivier Ferrand, président de la fondation Terra Nova, très impliqué dans la rénovation du Parti socialiste, et le professeur Jean-Marie Demaldent, spécialiste de l'histoire des idées politiques à l'université Paris X, échangent leurs regards sur la refondation en cours du PS. Si Olivier Ferrand pense qu'il faut un "véritable big bang" à gauche, Jean-Marie Demaldent est plus mesuré.

Olivier Ferrand, vous dites qu'il faut un "big bang" à gauche, qu'entendez-vous par là ?

Olivier Ferrand : Ce "big bang" porte sur trois choses : le leadership, les alliances, le projet. Le leadership, c'est les primaires. Au PS, la procédure actuelle produit de l'émiettement. La solution est de créer une procédure capable de produire un leadership légitime. C'est la solution la plus adaptée à la présidentialisation du régime.
Le 2e point, ce sont les alliances. Comme dans la plupart des pays européens, les chrétiens-démocrates historiques ont basculé dans le camp progressiste, car la droite s'est durcie. Ils n'ont pas suivi, ni sur l'humanisme, ni sur l'argent. Résultat : on a un rapport 60-40 en faveur du camp progressiste. Et la question des alliances avec le Modem, jusque-là tabou, est désormais sur la table.
Le 3e élément, le projet. L'idée "social-démocrate" d'Etat-providence en place depuis 1945 est à bout de souffle. Et pour le remettre en route, nous devons travailler à sa refondation profonde et l'adapter aux conditions historiques nouvelles. La droite nous disait que notre modèle est révolu et qu'on devait la rejoindre sur le modèle libéral. A l'automne dernier, ce modèle libéral a volé en éclats.

Jean-Marie Demaldent : La crise n'est pas que dans la social-démocratie, elle est mondiale. La crise vient des transformations du capitalisme lui-même. Les gens sont conscients que l'on ne peut pas modifier le paysage économique et social dans un pays seulement. On peut changer les choses à la marge et localement. C'est pour cela que le PS marche bien localement mais pas nationalement. Rappelons que lorsque les sociaux-démocrates européens étaient à la tête de 12 des 15 pays de l'Union européenne, ils n'ont strictement rien fait...

Olivier Ferrand : Ce n'est pas vrai ! L'Europe sociale est née avec ces 12 gouvernements européens sur 15. Plus de 500 directives sont nées en l'espace de quelques années ! L'égalité homme-femme, la régulation du travail de nuit, c'est l'Europe ! Des lois sociales sur l'hygiène, c'est l'Europe ! Mais le déploiement a été insuffisant car il n'y avait pas les structures. Pour avoir la République sociale, il faut la République !

Jean-Marie Demaldent : La vie des gens n'a pas été transformée à un moment où les socialistes avaient un moyen de le faire ! Et c'est comme cela que les gens ont vu les choses !
Sur le plan mondial, le PS n'a jamais dit ce que Nicolas Sarkozy a déclaré, à savoir que l'OMC devait respecter les règles du BIT. Rien n'a été fait dans ce sens par les Socialistes ! Concernant le leadership, je ne suis pas sûr que les procédures manquent. Le PS a eu un leadership qui s'est effondré en 2002. Il avait organisé des primaires en 1995. Jospin avait battu Emmanuelli, le 1er secrétaire, et il avait fini premier dès le premier tour de la présidentielle.
Sur la candidature unique de la gauche, souvenez-vous, en 1974, la droite était très divisée, la gauche avait un seul candidat – le PC n'avait pas de candidat – et le PS avait perdu. En 1981, il y avait un candidat communiste obtenant 14 % et François Mitterrand l'a emporté parce que le communisme était déjà sur le déclin. Le PS n'a donc pas besoin de tout ce machin des primaires. Et dans l'exemple italien dont on nous parle, la gauche a été bouffée par le centre.

Olivier Ferrand : Ce n'est pas à cause des primaires que la gauche a été bouffée par le centre...

Jean-Marie Demaldent :... Il n'y a pas de relation de cause à effet mais c'est lié. On a d'abord fait le chemin pour Romano Prodi. Quant à la démocratie-chrétienne en France, le MRP a disparu depuis longtemps ! Le PSU est né de la fusion entre d'anciens socialistes, d'anciens communistes, d'anciens trotskistes et d'anciens chrétiens-démocrates. C'est dans l'action qu'ils sont venus. Aujourd'hui, ce n'est pas en faisant des alliances avec le Modem qui vous y arriverez. C'est dans la compétition électorale que le PS peut les gagner, pas dans le compromis initial.


Est-ce que le nouveau corpus idéologique dont vous parlez fédère les tendances au sein du PS ?

Jean-Marie Demaldent : Ceux qui prétendent prendre la direction du PS – Vincent Peillon, Arnaud Montebourg, Pierre Moscovici, Manuel Valls – n'apportent pas de perspective de rénovation : où ? sur quoi ? Ils font des coups, comme celui de Vincent Peillon à Marseille en invitant Marielle de Sarnez. Je suis incapable de déterminer où il veut aller. Je crains qu'il ne le sache pas lui-même. Du point de vue de la rénovation, de la perspective sociale-démocrate, il n'y a rien ! Il n'y a pas de rénovation, mais du préchi-précha pour médias qui reprennent les virgules.

Olivier Ferrand : Sur le fond nous sommes d'accord. Le cœur du socialisme de gouvernement a été la construction de l'Etat-providence. Ce modèle est en crise : le territoire de la régulation est national alors que le territoire économique à réguler s'est échappé. Résultat : les flux économiques ont mis en concurrence les territoires et les système sociaux. Le capitalisme financier a aussi échappé au capitalisme industriel.
Cette crise a provoqué trois types de réaction à gauche. D'abord, l'immobilisme : préserver le système d'hier. C'est le socialisme français. Puis, on a eu la capitulation : la social-libéralisme. Il s'agit de considérer que le monde ayant changé, on n'avait plus les moyens d'imposer nos objectifs et notre curseur idéologique a basculé à droite. Nous devenions la caution sociale d'un système libéral, tout comme la droite avait été durant les cinquante années précédentes la caution de droite d'un système social-démocrate. C'est le blairisme à quelques variantes près puisqu'il a hérité du thatchérisme...

Jean-Marie Demaldent : Et il a plutôt tiré l'Angleterre à gauche.

Ferrand : Exactement, le social-libéralisme, c'était plutôt Schröder.

Jean-Marie Demaldent : Et faux-cul en plus, puisque, lui, il ne le dit pas. Et c'est d'autant plus grave que dans les Landers où les sociaux-démocrates pourraient gouverner avec Die Linke, ils ne veulent pas et préfèrent perdre.

Olivier Ferrand : La troisième option, c'est la refondation. Les contours d'une théorisation s'appuient sur un changement de paradigme de la régulation. Jusqu'à maintenant, on laissait le marché produire des désordres sociaux, environnementaux, sanitaires et on corrigeait après coup. Ce modèle de social-démocratie classique n'est plus viable, parce que les désordres créés par le capitalisme sont devenus systémiques. On ne sait plus corriger après coup. C'est cher et ça gêne la production. Le cercle vertueux de l'Etat-providence s'est donc transformé en cercle vicieux. Aujourd'hui, la régulation, c'est l'Etat anticipateur. Puisqu'on ne peut plus corriger, il faut prévenir.

Cela passe par l'éducation, par le service public de la petite enfance et surtout le capital écologique. Inventons ce nouveau modèle autour du capital humain et du capital écologique recréant un cercle vertueux autour de la croissance économique. Le XXIe siècle doit être celui des institutions démocratiques de régulation de la mondialisation tout comme le XIXe siècle avait permis de réguler le capitalisme national.

Les présidentielles sont encore loin mais ce qui se passe au PS montre que les socialistes y pensent tous les jours. Comment concevez-vous la construction de la fusée présidentielle du parti dans ces conditions de refondation ?

Olivier Ferrand : L'écosystème intellectuel autour du PS s'est enfin reconstitué, avec Terra Nova, la Fondation Jean Jaurès, la Laboratoire des idées du PS. La droite n'a pas structuré sa réflexion intellectuelle. Elle risque de rencontrer un problème de second souffle en 2012, comme nous dans le passé. Sur le plan des idées, on est en train de prendre le dessus, les différences au sein du PS n'ont jamais été aussi faibles.
A Terra Nova, on a monté un groupe de travail avec l'ensemble des forces progressistes : le Modem, le PS, les Verts, le Front de gauche, Attac, Copernic. Tout le monde veut proposer une alternative de gouvernement. Les alter comme les sociaux-démocrates sont d'accord pour dire que leurs modèles sont dépassés. Tous veulent travailler ensemble pour travailler à la refondation et la structurer au niveau politique. A mon avis, il y aura deux cercles. Le premier dépassera le PS avec le PRG, le MRC et les Verts : proximité des idées, candidat commun à la présidentielle. Le second cercle sera plus large, sur le centre et la gauche, avec le Modem et le Front de gauche, dans la perspective du second tour.

Jean-Marie Demaldent : Ce processus décrit est valable, mais il ne peut pas s'opérer avant la présidentielle de 2012. Les structures ont une inertie. Les Verts sont pour l'instant en plein rêve et ne se lâcheront pas facilement. Ils présenteront leur propre candidat à la présidentielle, car institutionnellement ce n'est pas absurde, puisqu'il y a deux tours à la présidentielle.

Olivier Ferrand : En 2012, on va avoir un paysage politique asymétrique. Nicolas Sarkozy est en train de faire l'unité de toutes les droites. Il sera quasiment seul en 2012 et dès le premier tour, il fera 40 %.
En face, le paysage est totalement éclaté avec 10 candidats potentiels, dont 5 gros. Si on se présente ainsi, on a perdu ! Le PS risque de dévisser dès le premier tour, comme en 2002. Et au cas où le PS se retrouve au 2e tour, il y sera avec 20 %. Et avec un rapport 40 % - 20 % au soir du premier tour, c'est perdu d'avance !
C'est explicitement la stratégie de Sarkozy, qui sait qu'il est minoritaire depuis le basculement du Modem à gauche. Il veut tuer le second tour dès le premier avec cette asymétrie. Les primaires de la gauche sont dès lors un levier absolument nécessaire, avec déjà le soutien du PRG et de MRC. Rappelons qu'en 2002, si Taubira et Chevènement ne s'étaient pas présentés, Jospin aurait été eu 2e tour.
Quant aux Verts, ils n'ont pas de candidat ! L'intérêt institutionnel de Cécile Duflot (Verts) est de négocier un bon accord de gouvernement, des sièges au Parlement et des postes ministériels. Si aux primaires ouvertes, il y a six candidats socialistes et un candidat vert, les chances de ce dernier de se retrouver au 2e tour des primaires sont réelles. Si les Verts entrent dans le principe des primaires, on aura un périmètre autour de 30 % dès le premier tour de la présidentielle. Cela créera une dynamique.

Jean-Marie Demaldent : N'oubliez pas que chez les Verts, être le numéro un du parti passe par la présidentielle. Et c'est le même problème au PS. Il y aura égalementr un candidat du côté de Mélenchon, du PC. Il y aura un ou plusieurs à l'extrême gauche. Si les Verts n'y vont pas, ils éclatent.

Olivier Ferrand : Le PS a deux options. Soit il se rénove en interne pour affaiblir les autres forces et apparaître comme la force centrale – c'est la logique des primaires socialistes – soit la rénovation dépasse le PS pour rassembler les composantes de la gauche et les faire entrer dans la coopération.
Les partis étant mortels, le cycle d'Epinay est peut-être arrivé à son terme. Daniel Cohn-Bendit préconise aussi cette seconde option. Avec Peillon, leur idée est celle du rassemblement social-démocratie-vert-centre. Cette option libère un pôle de gauche autour de Mélenchon et de l'extrême gauche. L'objectif étant de se retrouver tous dans une plateforme de gouvernement.

A la gauche du PS, NPA et le Front de gauche font 10 %. Le PS et les Verts jouent à égalité, selon les dernières élections. Le Modem tourne aussi autour de 10 %. Comment composer une alliance crédible à l'horizon des régionales et surtout après ?

Jean-Marie Demaldent : François Bayrou n'a aucun intérêt à sceller une alliance. Il a intérêt à se présenter comme roue de secours contre Sarkozy. Mais avec qui le PS va discuter au Modem ? Et celui-ci doit d'abord passer le cap des régionales. Par ailleurs, si le PS finalise son processus à gauche, Bayrou reviendra à droite.

Olivier Ferrand : François Bayrou est dans l'opposition depuis 2002. Il est à la tête d'un parti de gouvernement qui ne gouverne plus depuis 2002. Dans notre système binaire, s'il n'est pas à droite, c'est qu'il se trouve à gauche. Aux régionales de 2010, si le PS échoue cela pourrait profiter aux Verts. Cela obligerait les socialistes à négocier. Tant mieux !
Propos recueillis par Gaïdz Minassian

15.09.2009

Le pouvoir pour quoi faire ?

 

Le désir de chaque citoyen de gauche est de reconquérir le pouvoir. Nous avons pour soutenir cette volonté une première raison conjoncturelle mais néanmoins impérative : il faut empêcher que Nicolas Sarkozy poursuive son œuvre de destruction de la République et du pacte social qui unit les Français.

 

Les socialistes ont une raison plus fondamentale encore de souhaiter conquérir le pouvoir : celle qui justifie leur engagement depuis que le socialisme existe : substituer au régime capitaliste une autre forme d’économie fondée sur la recherche de l’intérêt général et pour y parvenir réduire la propriété privée des grands moyens de production qui fonde un pouvoir qui oppose à cet intérêt général celui des actionnaires. Cette seconde raison est essentielle. Car gouverner sans remettre en cause les fondements du système c’est se condamner à décevoir et finalement à échouer. Il ne s’agit pas de faire la Révolution en quinze jours - le Grand Soir n’est pas sérieux - mais il faut montrer la voie, expliquer où on va, et ne pas fléchir ni reculer devant une opinion manipulée par la droite et par les intérêts capitalistes.

 

Une fois posée l’ambition – reconquérir le pouvoir – comment y parvenir ? Deux thèses s’affrontent.

 

Les uns viennent nous expliquer que pour gagner il faut établir l‘alliance la plus large, de la gauche la plus exigeante jusqu’aux centristes du MODEM. Ce serait, selon eux, la seule façon d’additionner un nombre suffisant d’électeurs pour gagner. On peut quand même s’interroger. A supposer qu’on ne perde pas à gauche des supporters inquiets d’une telle alliance, la discussion avec le MODEM ne peut qu’affadir le projet gouvernemental, le rendre incohérent sauf à s’aligner sur le plus petit commun dénominateur imposé par les centristes : nous serions alors conduits à proposer un « ersatz » de la politique sarkozienne, finalement peu convaincant. L’histoire a montré que cette méthode ne marche pas. Et si par hasard, une telle formule nous conduisait à la victoire – victoire à la Pyrrhus – nous ne pourrions défendre qu’une politique au rabais, décevoir et finalement être une nouvelle fois rejetés.

 

L’autre méthode consiste à rassembler tous ceux qui le souhaitent sur un projet gouvernemental en rupture avec la politique de la droite. En rupture avec les orientations économiques et sociales « libérales », en rupture avec la logique du profit qui anime l’essentiel des décisions sarkoziennes, en rupture avec la politique de privatisation et de destruction des services publics, en rupture avec la politique du tout consommation catastrophique pour le climat et pour la pérennité de nos ressources naturelles, en rupture avec une politique européenne purement pro-capitaliste, en rupture avec la politique antirépublicaine, anti-laïque… Volonté de rupture difficile à partager avec M. Bayrou, on en conviendra. Il y a pourtant là de quoi bâtir un projet dont la cohérence pourrait entraîner une dynamique décisive. L’histoire nous a montré qu’avec un programme commun qui pourtant effrayait certains de nos concitoyens – ne voyaient-ils pas déjà les chars russes à Paris ! - François Mitterrand a gagné. Mais le programme commun avait sa cohérence et celle-ci fut décisive. L’échec ne vint que plus tard lorsque l’on y renonça, lorsque la gauche recula devant les assauts de la droite, sans pour autant expliquer au peuple de gauche les raisons de ce recul et, plus encore, en laissant le temps passer sans reprendre la marche en avant.

 

Le pouvoir pour quoi faire ? Si c’est pour décevoir et que cette déception éloigne encore un peu plus nos concitoyens du respect de la politique, de notre politique, alors il est préférable d’être patients.

Les socialistes ont choisi la voie démocratique. Ils ont choisi de convaincre. Leur rôle est de former l’opinion à une autre approche que celle de l’idéologie dominante, de proposer une alternative claire plus qu’une alternance. C’est là notre devoir historique. Sinon, à quoi servirions-nous ? Encore faut-il éviter, par des démarches incohérentes, de brouiller sans cesse notre message.

 

Jacques Fleury.

09.08.2009

Parti Socialiste : quel Au-delà ?

Le Parti Socialiste affiche tous les symptômes de l'agonie. Même la SFIO des années 1960, portant tout le poids de la guerre d'Algérie et de la fin de la IVème République, n'était pas agitée des soubresauts que connaît aujourd'hui son successeur.

Nous sommes bien en une fin de cycle, ouverte par le départ impromptu de Lionel Jospin en 2002. L'on ne dira jamais assez les lourdes conséquences de ce geste solitaire de dépit, pris en dehors de toute analyse politique collective, qui a rompu la chaîne de légitimité au sein du Parti.

Le voilà aujourd'hui peu à peu transformé en parti d'élus locaux : l'on tient des régions, des départements, des communes. Autant de niches qui permettent de voir venir, de récompenser des milliers de militants fidèles, de se consoler des échecs nationaux. Mais ces niches, comme le Parti Communiste en son temps, le Parti Socialiste les perdra à son tour. Si l'on continue ainsi, il lui restera le socialisme municipal par lequel il a commencé, à la fin du XIXème siècle, quelques fêtes de la Rose, puis plus rien.

L'on nous dit que le Parti socialiste, avant même d'avoir besoin d'un leader, a besoin d'un projet. C'est vrai. Pour être lisible et audible aujourd'hui, il devrait être bref, du format que l'on peut lire et commenter à une tribune, et résumer en une minute à la télévision. Le Programme de Bad Godesberg (1959), pourtant très allemand, tenait en sept ou huit pages. La Charte d'Amiens (1905), perfection du genre, contenait trois idées, développées en trente lignes. Elle a porté le projet syndical pendant un demi-siècle, et l'un des principes posés - la séparation entre syndicats et partis - marque encore aujourd'hui notre culture politique.

Enfin ce projet devra être crédible. Il devra pour cela éviter les formules usées ("le juste partage des fruits de la croissance"), et le pathos ("le post-matérialisme"). Il devra s'inscrire d'emblée dans le seul espace de référence qui ait un sens pour agir sur le réel et construire du durable, l'espace européen. Plus personne n'osant croire à l'Europe, c'est donc une longue marche qu'il devra annoncer. Mais ceux qui ont fondé le socialisme n'avaient pas peur de la longue durée. Il faut retrouver le même courage.

Lisible, audible, crédible, ce projet devra enfin être rassembleur. Comment ne pas retomber dans les tristes luttes de motions et de courants? Peut-être en procédant, sur la base de ce projet, au renouvellement général des adhésions. Pour être membre du Parti socialiste rénové, chacun, ancien ou nouveau, aurait à le solliciter et manifesterait par là-même son adhésion au nouveau projet. Un certain nombre, sans doute, choisira alors de partir. Mais d'autres, nouveaux, devraient entrer. Et tous, anciens et nouveaux, se retrouveraient pour adopter, notamment, de nouveaux statuts mettant en place une structure allégée... qu'il serait opportun de doter d'une mécanique inoxydable de contrôle des adhésions et des votes internes.

Bien entendu, pour être pleinement mobilisateur, le nouveau projet devrait s'incarner dans un leader. C'est certainement le point le plus difficile. Peu importe son origine, son parcours politique, son âge ou son profil. Il n'y a pas de règle en la matière, l'histoire enseigne que souvent l'inattendu, et même l'improbable, arrive. L'idéal serait que ce leader émerge dans le processus même d'élaboration du projet, et qu'il en soit le principal inspirateur.

Une telle opération de renouveau peut-elle être conduite dans les deux ans qui nous séparent de la dernière ligne droite avant la prochaine présidentielle? Oui, tout juste, vraiment tout juste, si elle démarrait aujourd'hui. Sinon, la prochaine chance ne se présentera qu'en 2013. Mais que la Gauche gagne ou perde en 2012, la nécessité d'une résurrection du parti : nouveau projet, nouveaux statuts, nouveau mode de fonctionnement, paraît désormais incontournable.

François Nicoulllaud

 

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29.07.2009

Valeurs ou méthode socialistes?

Billet n°101  mercredi 29 juillet 2009

 

Valeurs ou méthode socialistes?

 

Je suis toujours perplexe lorsque l’on parle autour de moi des « valeurs du socialisme ». Existe-t-il en effet des valeurs propres aux socialistes, des valeurs qui identifieraient de façon indiscutable les socialistes ? Je ne le crois pas.

 

Les socialistes sont comme tous les hommes de gauche, voire comme certains hommes de droite, attachés à la liberté, à l’égalité, à la fraternité, à la solidarité, à la tolérance, à la laïcité, à ces valeurs démocratiques qui fondent notre République. Sans doute les hommes de gauche que nous sommes, à la différence des gens de droite, rêvent d’une société qui ne soit pas fondée sur la compétition, la course à l’argent, à la consommation, qui repose au contraire sur ce qu’on appelle aujourd’hui le développement durable, mélange de refus du gaspillage de la nature et de volonté sociale de partage des richesses qu’elle nous propose.

 

Nous, les socialistes, ne sommes différents en rien de tous ceux qui partagent ces valeurs. Mais nous revendiquons d’en être les meilleurs défenseurs. Et si nous portons une telle revendication, c’est parce que nous sommes convaincus que ce sont les méthodes que nous préconisons qui peuvent nous permettre de mieux atteindre cet idéal quand d’autres pensent que c’est le système capitaliste – même lorsqu’ils veulent en corriger les excès- qui y parviendrait le mieux.

 

Combien de fois entend-on dire pour qualifier quelqu’un que l’on croit socialiste : « il est social » ! Un vrai non sens, dans certains cas un contre-sens : nombreux sont en effet ceux qui sur toutes les couleurs de l’arc politique pourraient revendiquer un tel qualificatif sans pour autant être « socialistes ». Car le mot socialiste ne dérive pas, comme certains le croient de « social », mais de « socialisation ». C’est ce mot qui définit notre méthode et par là même notre identité. Ce qui fait cette identité de socialiste, c’est que nous sommes convaincus, depuis la naissance du socialisme, depuis Babeuf, Proudhon, Fourier jusqu’à Marx, que c’est le pouvoir que donne le droit de propriété qui est à l’origine des problèmes de notre société

 

Dussè-je choquer nombre d’amis, le socialiste ne se définit pas par les valeurs auxquelles il est attaché – il les partage avec d’autres – mais par le choix idéologique qu’il a fait de privilégier le contrôle de l’économie par le peuple, au moyen de la socialisation des moyens de production stratégiques, par le choix qu’il a fait de restreindre le domaine de la propriété capitaliste.

 

J’imagine sans peine que Monsieur Valls ne partage pas ce point de vue.

C’est pourquoi le vocable « socialiste » ne lui parait plus s’adapter au parti dans lequel il se trouve de passage, entre deux plateaux de télévision.

 

Rassembler les hommes de gauche sur des valeurs communes est sans doute nécessaire pour combattre efficacement la droite la plus réactionnaire.

Mais rassembler la gauche n’implique pas la disparition d’un parti socialiste, la dilution du socialisme dans un mouvement sans doctrine et sans colonne vertébrale. Se priver de l’outil d’un parti socialiste fidèle à sa doctrine, c’est renoncer à la transformation de la société dont nos pères rêvaient, c’est renoncer à offrir aux jeunes une autre perspective que la société actuelle en laquelle ils sont de plus en plus nombreux à ne pas se reconnaître.

 

Jacques Fleury

27.07.2009

Se rassembler à gauche, d’hier à demain

 

 

par Gilles Candar 

 

            La gauche française ne va pas très bien, à l’image de la plupart de ses homologues européens. Sans doute, la crise n’est pas mondiale : en Amérique, au nord comme au sud, dans les pays démocratiques d’Asie (Inde) ou d’Afrique (Ghana), partis ou candidats de gauche gagnent des élections et gouvernent, ce qui, au-delà de différences de situation incommensurables, nous invite à penser qu’il n’y a pas de fatalité.

            Pourquoi cette crise de la gauche française et européenne ? Il ne semble pas qu’il soit très difficile de s’entendre sur le constat. En dehors des difficultés spécifiques, des questions de leadership, partout la gauche, qui a longtemps gouverné ou était associée au gouvernement, a du mal à convaincre de ses possibilités de faire face à la crise économique, à répondre aux défis de notre époque, notamment écologiques, à faire progresser ses idées et faire vivre ses valeurs. Cela ne veut pas dire que la gauche soit discréditée ou hors jeu pour longtemps. Son bilan est souvent apprécié, ses dirigeants et militants ne rencontrent pas d’hostilité, mais ils n’arrivent pas à entraîner et à susciter la dynamique vertueuse nécessaire pour s’imposer face aux tenants de l’ordre social, qui disposent toujours d’une marge d’avance s’il ne se passe rien.

L’histoire ne donne pas de leçons à apprendre et à savoir répéter, mais elle nous aide à explorer des pistes, à proposer des solutions. La gauche française existe, elle se reconnaît dans un certain nombre de principes, de sensibilités, de thèmes et d’attitudes. Jadis, elle a souvent marqué des points quand elle se trouvait en situation difficile, ce qui l’a poussé à se regrouper. Il est plus facile sans doute de s’unir dans une perspective défensive. La poussée nationaliste et la dérive droitière des gouvernants pendant l’affaire Dreyfus provoquent en retour la défense républicaine et le bloc des gauches qui assurent la victoire de la République laïque. L’agitation des ligues d’extrême droite suscite trente ans après le Front populaire et permet une avancée sociale (conventions collectives, droit syndical, congés payés) sans précédent. La domination sans partage de la droite favorise dans les années 1960/1970 l’alliance des partis de gauche et le programme commun… avec trois « quinquennats » législatifs de gauche dont les bilans ne sont pas négligeables non plus. Ces combats appartiennent au passé, et il ne s’agit pas de les ressusciter tels quels, ce serait inadapté, mais de s’inspirer de ce qu’ils ont de toujours vivant.

Face à une droite bien organisée, ceux qui souhaitent une autre politique doivent s’organiser aussi. L’heure n’est sans doute pas au Parti de toute la Gauche et de l’Écologie, mais elle n’est plus à l’émiettement actuel, à l’impuissance et au découragement qu’il engendre. Il faut se parler, se coordonner, éventuellement se disputer, mais s’organiser. La gauche au pouvoir, localement, et un jour nationalement, c’est, le plus souvent, une alliance des divers partis et organisations de gauche, qui cherche l’appui et la confiance de l’opinion, en la faisant participer et prendre sa part dans la délibération et la décision commune. Puisque nous le savons tous, il faut le faire.

C’est pourquoi les propositions de Gauche Avenir me semblent aussi simples qu’efficaces et pertinentes : constituer un comité de rassemblement des forces de gauche et écologistes, ouvert aux partis, organisations, associations, journaux,  personnalités, etc. qui le voudraient, afin de préparer une base d’entente, programme d’action et accord législatif, en vue d’une politique gouvernementale crédible et transformatrice. Non pas pour tout régler : débats idéologiques, controverses et autres continueront. La démocratie n’est pas le consensus informe, mais l’organisation des désaccords, de la pluralité des avis et la détermination des choix. Ni pour tout ficeler : la culture politique française est fondée sur deux tours de scrutin (sauf aux européennes…), il n’y a aucune raison, dans les conditions actuelles, pour ne pas prendre en compte l’existence de ces deux tours, ce qui ne veut pas dire qu’il est conseillé de faire n’importe quoi au premier. Il faut donner le minimum d’organisation nécessaire pour rendre crédible une réponse politique à celle de la droite. Il faut de la souplesse, respecter les citoyens, ne pas confondre les diverses élections, qui ont des contraintes spécifiques.

Bien sûr, certains hésiteront, renâcleront : ils seront vite entraînés, pour la plupart, si les initiateurs de ce rassemblement savent montrer qu’ils travaillent sérieusement, ne pas s’enfermer dans de simples jeux de pouvoir et susciter des échanges fructueux avec les citoyens. Échanges, débats, discussions, participation organisés, non pour le plaisir de parler, mais pour ajuster le meilleur contrat de gouvernement possible face à la crise et à la politique de l’actuel Président. Des références historiques existent : Jaurès avant 1914, Blum en 1936, Mendès France et Mitterrand, ou leurs épigones contemporains, chacun est libre de privilégier les figures et les moments souhaités, ou même de ne pas en avoir : peu importe.

On voit bien ce qu’il faut rajeunir dans la tradition unitaire : rendre ces propositions les plus collectives possible, y associer largement celles et ceux qui le souhaitent, « aller à l’idéal et comprendre le réel ». Ce n’est pas si simple, pas si compliqué non plus, à la mesure en tout cas d’une gauche (écologistes compris…) qui a de l’expérience, des compétences, l’envie de faire autre chose que le « bling-bling » matois actuel, mais qui doit faire un effort d’organisation sereine, de responsabilité collective et de combativité

19.04.2009

« Engagements » des élus et contrôle démocratique des socialistes.

 

Contribution à lAssemblée Générale des sections dAmiens du Parti Socialiste du mardi 28 avril.

 

Notre Parti Socialiste présente aux électeurs un programme et des candidats à loccasion des échéances électorales. Dans la mesure où nous sommes une organisation politique au service de la transformation sociale en faveur des salariés, nous avons à opérer une intervention combinée tant sur le plan des luttes ouvrières et démocratiques que sur le plan institutionnel des élections diverses. Notre fonctionnement interne, comme le contrôle des élus au regard des engagements sont censés améliorer nos performances à proposer : des combats incarnant des idées et des compétences de gestion et dorganisation au service du peuple de gauche, plutôt que doffrir en dévoiement des aspirations populaires, des stratégies carriéristes répondant à des appétits individualistes et des intérêts au demeurant classiquement bureaucratiques. Régulièrement nous sommes sanctionnés par notre électorat dans les urnes, et peut-être demain dans les rues pour ne pas être à la hauteur des aspirations sociales, pour ne pas être aussi fidèles aux intérêts des salariés que la droite et capable dêtre fidèle au patronat, à la bourgeoisie !

Cependant, lhistoire sociale, notre expérience politique nous fondent à exprimer que quelque soit « nos » élus, les salariés ont dabord à compter sur leurs mobilisations pour obtenir des avancées concrètes en toutes matières : salariale, de résorption de la précarité, de réduction du temps de travail ou damélioration des conditions de travail. Plus généralement, les salariés, pour la défense et la promotion de leurs intérêts moraux et matériels se doivent dagir en conscience que seul vaut le rapport de force pour progresser socialement en imposant une autre répartition des richesses.

Cela renvoi, bien sûr, à la nature objective de la situation salariale qui est la subordination, et aussi, à la nature subjective dune lutte, autrement dit à lintérêt direct à militer en faveur de lamélioration de sa condition. Notons ensemble au passage, que jamais les employeurs nestiment que leur intérêt soit daugmenter la masse salariale.

Si lhomme est le produit de lhistoire en même temps il produit aussi celle-ci, cest par des augmentations de salaires que la consommation peut être relancée et par là, les carnets de commandes des entreprises, lessentiel dune perspective de sortie de la crise économique se résume ainsi. Sarkozy tourne le dos à cette solution tout attaché quil est à préserver les profits capitalistes. Que ne serions-nous pas bien plus utiles à notre classe que de porter le fer en faveur des augmentations massives des salaires justement en temps de crise.

Localement, pouvons-nous remercier chaleureusement nos premiers responsables du parti de combattre la crise concrètement, en bataillant ardemment en faveur des hausses de salaires, en particulier lorsque se tend un micro ou souvre une tribune dans la presse écrite locale ?

Attention camarades à ne pas résumer notre action politique à la gestion, par quelques uns, des affaires administratives locales, toutes importantes quelles soient. Nos élus sont des « contractuels » absolument incertains de perdurer dans leurs sièges !

Evidemment nos collectivités, à budget constant, ne peuvent pas pleinement répondre immédiatement à toutes les demandes damélioration des rémunérations et à toutes les demandes demploi qui arrivent entre autres à lHôtel de Ville en cette période daugmentation du chômage de masse. Le problème est plus global, cest celui de la répartition des richesses et du développement du service public qui exige un vaste mouvement densemble pour imposer dautres choix que la satisfaction des appétits de profits des actionnaires et des patrons.

Pour autant, nous, socialistes si nous voulons « aider » la municipalité actuelle par exemple, à mieux répondre aux aspirations légitimes de la population, nous devront classiquement nous engager  au cœur des mouvements sociaux plutôt que de sen défier. Nos élus ont leur part de responsabilité pour susciter, encourager, soutenir les mobilisations démocratiques en lien avec le parti. Les élus pourraient être en quelque sorte la vitrine au service du parti et de son programme ; aujourdhui, avec des élus à la tête du parti, saurons-nous éviter que le parti ne soit que la vitrine au service des élus voire de leurs problématiques personnelles ?

Comme les progrès sociaux dépendent des prises de conscience populaires et des mobilisations citoyennes, lavenir du parti socialiste à Amiens comme au-delà sera fonction de la politisation de ses adhérents, de sa capacité à accueillir les salariés en lutte pour pleinement soffrir en outil de combat et ouvrir de nouvelles perspectives programmatique nécessairement radicales pour être porteuse despoir et nourrir les mobilisations de masse.

Là est la bonne complémentarité à entendre et développer entre les militants et les élus. Espérons de la sorte éviter trop de désillusions qui viendraient de déceptions au regard dune gestion appréciée en contradiction avec les idées affichées, les engagements de campagne, et dun fonctionnement de notre parti qui sapparenterait plus à un outil commercial au profit de camarades dont limage relèveraient davantage du notable que du militant lutte de classe !

Il ny aura pas de révélation sociale locale, il peut y avoir une construction militante qui progressera de sa capacité à se nourrir de ses contradictions et difficultés, chacun dans ses responsabilités et ses interactions participant dun mouvement plus global.

René Prévéral.

Secrétaire de la Section Jean Jaurès.

02.04.2009

Société générale : toujours plus...

Ce cher Daniel nous donne vraiment des « boutons » !

 

 

Bonjour à toutes et tous,

 

 

sg.jpgEn prenant connaissance d’un très bon article (payant de Médiapart) écrit par Martine ORANGE (sic), on ne peut que relancer notre demande d’obtenir la « démission » de ce cher (très cher) Daniel BOUTON de la Société Générale.

 

En lisant juste ce passage, on pourrait même demander aux Syndicats tous confondus qui vont  défiler main dans la main le 1er Mai 2009, de confectionner une banderole uniquement pour lui. On est même prêts à lancer une souscription si le coût de cette dernière n’est pas dans le budget des syndicats !

 

Trop, c’est vraiment trop. Cette personne n’a aucune moralité.

 

« Celle-ci vient s'ajouter aux dispositifs légaux des retraites complémentaires: les régimes classiques de l'Agirc et l'ARCCO. Ancien inspecteur des finances, alternant entre les postes administratifs au ministère des finances et  les cabinets ministériels de 1973 à 1991, Daniel Bouton a aussi le droit à une retraite de haut cadre de la fonction publique. Ce qui peut lui laisser espérer, selon nos estimations, pas loin de 950.000 euros par an, soit 125 fois le minimum vieillesse, fixé à 7.597,57 euros. ».

 

"Alors, on vous rappelle notre note précédent (avec vidéo) bien sûr."

 

En cette veille du fameux « G20 », la France ferait bien de balayer une fois pour toute devant sa porte et donc d’agir ! Laisser un tel personnage, salir toute une profession, toute une Nation qui passe pour bien naïve, demande au minimum un acte fort de son Président pour le coup et non un énième discours sans suite !

 

A bon entendeur, salut.

 

JD

L’Equipe

Gueulante.fr

28.03.2009

PS is back : polémiques

2 Tribunes libres

 

 

 

D'abord celle de Benjamin Lucas :

 

 

 

"Le parti socialiste est de retour"... Voilà ce que tous les socialistes devraient affirmer, au lieu de celà, on entend encore des Manuel Valls, Najat Belkacem ou autres inventions médiatiques tirer à vue sur le parti grâce auquel ils sont élus.

Valls dénnonce " l'anti-sarkozysme obsessionnel ", il est vrai que pour lui il est plus fréquent de soutenir la droite que de la critiquer.

 

L'initiative d'une défense des libertés est plus que pertinente et n'est en rien "caricaturale", au contraire, elle contribue à montrer que le sarkozysme est un tout, qu'il est une régression sociale ( franchises médicales, bouclier fiscal pour les plus riches,... ), diplomatique ( retour de la France dans le commandement militaire intégré de l'OTAN ) et une réduction des libertés ( au parlement, dans la rue ). La gauche a raison de dénnoncer l'Etat Pénal qui a remplacé l'Etat Social, quand il y eu 600 000 gardes à vues ( soit 1% de la poulation ! ) en une année.

 

Plus le gouvernement est impuissant économiquement et socialement, plus il se montre autoritaire sur le plan des libertés et cherche à museler tout contre-pouvoir ( réforme du parlement, suppression du juge d'instruction, médias aux ordres )

 

Les militants du PS en ont assez de trouver toujours l'un des leurs pour défendre la politique de Sarkozy, il est temps de concevoir un projet alternatif de gauche.

 

" La politique est une fine toile d'arraignée dans laquelle se débattent bien des pauvres mouches mutilées " ( Musset ) et certains se sentent pousser des ailes !

 

Les socialistes, par leur présence dans les manifestations, par les combats de leurs parlementaires, par leur volonté d'être une opposition forte et déterminée, sont de retour.

 

Nous ne nous laisserons intimider ni par ceux qui ont intérêt à la faiblesse du PS pour demain le contôler, ni surtout par ceux qui crient là bas parce qu'ils ont intérêt à la faiblesse de la gauche.

 

 Benjamin Lucas

Puis celle d'Emile Arié

L'antisarkozysme primaire

Par Élie Arié, ancien Secrétaire National à la Santé du Mouvement Républicain et Citoyen. Qui s'émeut de l'antisarkozysme primaire de Martine Aubry et Ségoléne Royal qui n'a pour seule conséquence que de rendre le «nabot» maître du discours politique.


(photo : Nelson Minar - Flickr - cc)

(photo : Nelson Minar - Flickr - cc)
L’antisarkozysme systématique, cette forme inconsciente de soutien à Sarkozy.

Valls a raison, et Chevènement l’avait déjà dit avant lui : pratiquer l’antisarkozysme systématique et la diabolisation du sarkozysme, c’est avouer qu’on n’a rien à proposer, qu’on n’existe pas.

Être systématiquement contre tout ce que dit ou propose Sarkozy revient…à lui laisser nous dicter nos discours, à ne plus exister par nous-mêmes.

On le voit bien aujourd’hui, où Aubry et Royal, se livrant au concours du « la plus grande opposante à Sarkozy, c’est moi » ont perdu toute crédibilité .

- Aubry cherche à présenter Sarkozy comme une menace contre la démocratie : qui peut y croire ? qui a oublié les écoutes illégales de Mitterrand, la façon dont il a empêché la presse de révéler l’existence de Mazarine, la façon dont il a rapidement éliminé Philippe Guilhaume , le seul président d’ Antenne 2 et FR3 qui n’était pas celui qu’il souhaitait ?

- Royal multiplie les gadgets techniques (interviews sur Dailymotion), la politique de com' sur les Poitou-Charentes (la seule Région de France bien gérée…), le tourisme médiatique, mais limite son discours politique à des gadgets d’école du commerce (« gagnant-gagnant » « la politique par la preuve » « l’humain avant le financier » : voilà une idée qu’elle est bonne !).

Quant à la diabolisation de Sarkozy, qui va jusqu'à celle de ses caractères physiques (« le nabot »), elle est toujours le symptôme d'une impuissance intellectuelle qui ne trompe personne.

Dès lors, Sarkozy se retrouve le maître du discours politique : c’est en fonction de ce qu’il dit que ceux qui n ‘ont rien à dire construisent leurs discours : c’est comme s’il les rédigeait lui-même ; et c’est celui qui est le maître du discours politique qui se retrouve le maître du jeu politique.
Mercredi 25 Mars 2009 - 10:43
Élie Arié

19.03.2009

5,5 % de TVA pour la restauration…

jeudi 19 mars 2009 par Gérard Filoche
 
 
 
Soit 2,5 milliards au moins pour les patrons de 850 000 salariés parmi les plus maltraités.

Lesdits patrons expliquent déjà qu’ils ne pourront ni baisser les prix, ni hausser les salaires, ni embaucher… « question de conjoncture » expliquent-ils pour préparer l’opinion à ce qu’ils empochent 2,5 milliards sans contrepartie.

Sarkozy annonce des « Etats généraux de la restauration ». Mais quel sens cela a t il ? C’est la branche, qui, sans être soumise à la moindre concurrence de la fameuse mondialisation, cumule les salaires les plus bas, les durées du travail les plus longues, la précarité la plus forte, la flexiblité maxima, le turn over le plus important, le travail dissimulé le plus fréquent, un des métiers les plus durs et les moins syndiqués. Il y a même des minima salariaux parmi les plus bas, et il y a une dérogation pour un contingent annuel de 360 h par an, signée par des syndicats minoritaires serviles, record de toutes les branches.

Les progrès faits sous l’impact des 35 h et dans la convention collective 2001 sous l’égide de Martine Aubry, ont été rayés de la carte par François Fillon. Si l’on veut vraiment que les 2,5 milliards n’aillent pas dans la poche des patrons, il faut prendre les mesures nécessaires pour en revenir à une convention collective décente du type de celle de décembre 2001 :

- - en revenir aux 35 h hebdomadaires légales avec un maxima à 48 h, les heures supplémentaires étant majorées de 25 % dés la première heure (et de 50 % dans toutes les entreprises de plus de 50 salariés).
- - en revenir à un contingent annuel de 130 h d’heures supplémentaires contrôlé
- - en revenir à un minima salarial aligné sur le Smic et imposer la négociation d’une grille salariale de bas en haut de la hiérarchie, en étendant la nouvelle convention à cette condition.
- Interdire toute hausse des prix, et fixer des prix de référence sur des produits de base fixes comme le « petit noir » ou les boissons les plus usuelles.
- Organiser la répression la fraude aux additions, les fraudes à l’hygiéne, et surtout contre le travail dissimulé, dans tout le secteur car celui-ci atteint de 25 % des cas à 60 % selon les régions et les saisons.

Une convention collective, c’est plus sûr que « des états généraux » bavards et sans conclusion d’un ordre public social nouveau dans le secteur. Cela assurera embauche et salaires décents, cela imposera un assainissement du secteur côté patronal. En tout cas, donner 2,5 milliards à cette corporation patronale qui compte parmi les plus réactionnaires et exploiteuses, ce sera un nouveau scandale après les 6,5 milliards donnés sans contrepartie aux actionnaires de l’automobile.

Gérard Filoche mercredi 18 mars 2009

17.03.2009

CONTINENTAL DE CLAIROIX ou QUI EST LA 7ème FORTUNE ALLEMANDE ?

Voici une analyse et des informations qu'on aurait aimé voir au Parti socialiste.

Mais ce qui compte maintenant c'est le rassemblement pour les "Continental" de Clairoix

 

Qui est-ce et quel rapport avec Continental à Clairoix ?

Kitzbuehel+Audi+Night+2009+f5JcGJYwCUCl[1].jpg

 http://www.zimbio.com/pictures/CGxHvqFTpPC/Kitzbuehel+Aud... 1120 emplois supprimés.

UNE HISTOIRE A TIROIRS SECRETS

Fermeture de l'usine de Continental à Clairoix.

 

  

Bon, je suppose que maintenant tout le monde a en tête que la direction de l’usine avait obtenu en 2007 des salariés de Clairoix qu’ils renoncent aux 35h et passent aux 40h sans gain de salaire...

 

Bien sur, les gens se sont dit que c’était pour sauver le site. Et sans doute que c’était mieux que rien. Et ainsi de dsuite. D’ailleurs à l’époque qui les aurait défendu? Qui entendait leur cris de rage? Eux ils ont fait ce qu’ils croyaient de plus raisonnable. Pour sauver le site, bien sur. Les belles personnes leur ont tapé dans le dos avec des soupirs de compréhension. Les chefs étaient contents de voir tous ces gens si raisonnables. Cinq heures supplémentaires gratis!

 

 

Pourtant, la même année, en 2007, Continental avait réalisé 1,02 milliards d’euros de bénéfices.

 

 

 

Ca, on le rappelle moins souvent. Ca veut dire qu’à l’époque déjà, question foutage de gueule les choses étaient bien engagées sur le dos des pauvres diables. D’ailleurs le commentaire du PDG du Groupe prouve combien «not’ bon maitre» sait reconnaître les efforts. La direction a «apprécié» l’effort du personnel. Tel quel! Malheureusement: «mais ça n’a pas suffi». Et d’ailleurs, précise ce salopard: «Continental ne s’engage jamais sur les emplois». Les gens ont été sympath de ne lui jetter que des oeufs!

 

Voyons la suite à présent.

 

 

Cette année encore Continental a fait des bénéfices sur les pneus, n’en déplaise aux griots qui vont répétant la propagande patronale sur le refrain «moins d’automobiles vendues donc moins de pneus achetés». C’est vrai que Continental affiche en 2008 une perte financière de 1,22 milliards. Mais pas à cause des pneus vendus en moins. Le déficit est lié à l’acquisition hasardeuse de la filiale automobile de Siemens en 2008.

 

Mais la branche pneu dégage quand même des bénéfices, eux-mêmes en augmentation. Vous suivez? C’était il y a trois mois! Le bénéfice d’exploitation de la branche pneu en 2008 a été de 984 millions d’euros. Le taux de marge de 11 %, a été le le plus élevé des branches du Groupe. C’est même les exploiteurs qui l’ont dit.

 

En effet lors de l’annonce des résultats du groupe, la direction avait «souligné un résultat d’exploitation remarquable de la branche pneu» (communiqué du groupe sur les résultats 2008).

 

Ce petit rappel donne la mesure des bobards qui se déversent depuis plusieurs jours sur l’inéluctabilité de la crise qui bla bla bla . Et ce n’est pas tout. Le scandale à une racine plus honteuse encore.

 

  

LE CASINO PERDANT

 

En fait le point de départ de la catrastrophe actuelle ce n’est ni la crise du pneu ni celle de l’automobile. C’est le capitalisme de casino.

 

En 2008, Continental a fait l’objet d’un rachat mouvementé par le groupe allemand Schaeffler par une OPA hostile. 

 

 

Cas d’école: le racheteur avait un chiffre d’affaire trois fois plus petit que celui de l’acquis! Evidemment celui-ci a été incapable d’assurer le développement de l’entreprise. Et même pire. Schaeffler s’est endetté de 22 milliards d’euros. Un endettement du en bonne partie pour racheter Continental via des emprunts à hauteur de 16 milliards.

A l’époque, ce gigantesque coup financier a fait grand bruit en Allemagne, Elisbeth Schaeffler étant qualifiée de "veuve rusée" compte tenu de la manne boursière espérée de l’opération.

Mais la crise a fait chuter la valeur des actions Continental! Et le montage de Mme Schaffler s’est effondré.

Mais la veuve a de quoi voir venir, elle. Ce n’est pas comme ces manants qui fabriquent des pneus! Mme SCHAEFFLER est la 7ème plus grande fortune d’Allemagne.

 

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Maria-Elisabeth Schaeffler

 

Elle fait partie des 100 personnes les plus riches du monde. Son patrimoine personnel est estimé à 8,5 milliards d’euros. Sans pitié, et sans toucher à son immense fortune personnelle, elle liquide maintenant Continental pour éponger ses erreurs de ruse.

 

Au final, Continental, 4ème fabricant mondial de pneu aura été dépouillé pour qu’un autre groupe, 3 fois plus petit que lui puisse refaire une santé financière. Voila l’efficacité du capitalisme !

 

Bien sur la «veuve rusée», Marie-Elisabeth Schaefler, demande l’aide du gouvernement allemand pour achever cette restructuration ! ..

 

La patronne de Schaeffler demande l'aide de l'Etat allemand 

Les larmes de Maria-Elisabeth Schaeffler versées mercredi 19 février ont fait la Une de nombreux journaux allemands. (SIPA)

Les larmes de Maria-Elisabeth Schaeffler versées mercredi 19 février ont fait la Une de nombreux journaux allemands. (SIPA)

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Et maintenant que vous savez tout ça, lisez ou relisez les commentaires des gens de droite qui gouvernent. Eux savent aussi tout ça. Leurs commentaires la main sur le coeur n’en sont que plus odieux de duplicité et de tromperie.

 

De toute façon, a part des phrases pour les gogos qui les recopient sans poser de question, tous ces gens ne font rien. Rien de rien. Les gens peuvent crever, c’est tout. Sans jeter d’œufs, attention car c’est une violence odieuse! C’est à vomir, non?

 

Commentaire du porte parole du gouvernement Luc Chatel : «Un engagement avait été pris: l’augmentation du temps de travail contre l’emploi. Donc tout retour sur cet accord peut être considéré par les salariés comme une trahison.»Je pense que la trahison c’est quand un gouvernement accepte que sous son autorité on oblige des gens à céder à un aussi honteux chantage.

 

 

Voyons l’autre, Nicolas Sarkozy, le plaisantin de la «valeur travail» et autres sornettes.

 

«Nous comprenons les problèmes de cette grande entreprise, déclare ce grand compassionnel du capital, nous en avons parlé avec la chancelière. Mais si nous comprenons les problèmes, il faut, un, que les promesses prises en novembre soient tenues et deux, que les procédures soient respectées» «J’ai cru comprendre que Continental annonçait qu’il doublait les aides à la reconversion, c’est un premier pas. Mais j’ai dit à la chancelière combien nous serions vigilants au respect des procédures et au respect de la parole donnée». En allemand ça doit le faire!

 

 

 

A vomir!

 

 

Jean-Luc Mélenchon.

 

 

http://www.jean-luc-melenchon.fr/?p=667

 

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