28.03.2009

La modernisation du parti socialiste et de ses outils de campagne

Arnaud Montebourg, secrétaire national à la rénovation
&
Olivier Ferrand, président de Terra Nova

Séminaire « from campaign to governance »
(Center for American Progress, Washington, 8-9 mars)

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La campagne de mobilisation menée par Barack Obama a permis une formidable revitalisation de la démocratie américaine. Elle a également permis un succès électoral majeur. Les innovations de cette campagne sont-elles transposables en France ? Pour une grande part, certainement.

Dans ce but, le parti socialiste doit réfléchir à la mise en chantier de quatre grandes réformes

A. Introduire un système de primaires ouvertes

Aux Etats-Unis, c’est la primaire qui crée la dynamique. C’est elle qui permet de susciter et de structurer la mobilisation. Sans la primaire, impossible de déployer deux millions de militants sur le terrain pour l’élection générale, impossible de taper à plusieurs millions de portes, impossible de dialoguer en direct avec 69 millions de citoyens.

Le PS a déjà fait un premier pas dans cette direction, avec l’organisation de la primaire de 2006. C’était une primaire fermée, réservée aux militants. Elle a pourtant suscité un réel engouement.

Peut-on franchir le Rubicon en organisant une primaire ouverte pour 2012 ? D’autres partis de gauche l’ont déjà franchi en Europe. La Grèce, avec deux primaires déjà organisées. Et l’Italie, deux également. Ces exemples montrent qu’une primaire ouverte aux sympathisants produit, en Europe comme aux Etats-Unis, un formidable effet de dynamique. Dynamique électorale. La puissance de mobilisation de l’investiture de Romano Prodi par 4 millions de citoyens, ou d’Obama par 35, est incomparable à la désignation par 200.000 socialistes français. Et dynamique démocratique : une telle primaire répond au désir de participation citoyenne et de prise en charge individuelle de la réussite de la campagne.

L’exemple américain montre également que la codification de ces primaires doit se faire le plus tôt possible, à froid. C’est en effet l’équipe dirigeante du Parti Démocrate autour du nouveau président du parti Howard Dean, après l’échec cuisant de 2004, qui a décidé une stratégie de remobilisation du corps électoral dans tous les Etats par une primaire rallongée et à la configuration augmentée. Il est donc concluant d’affirmer que les règles du jeu doivent être imaginées non pour tel ou tel candidat, mais au contraire dans l’intérêt général stratégique d’une remobilisation du camp de gauche. Plus on se rapproche donc de l’échéance, plus les enjeux personnels des candidats potentiels viennent perturber cette codification et dégradent les règles arrêtées.


B. Investir dans le militantisme de terrain

La campagne de Barack Obama a montré la voie d’une révolution militante. Le parti socialiste est bien placé pour se l’approprier : il a une grande tradition de militantisme de terrain, il est déjà structuré à travers un réseau dense de sections locales. Pour s’engager dans cette voie, il faut :

- Déployer des équipes professionnelles de campagne sur le terrain.

Leur absence rend impossible la structuration d’une mobilisation militante. C’est une antienne de présidentielle : on ne sait pas quoi faire de ses militants. Une organisation de terrain similaire à celle de la campagne Obama est transposable : elle coûterait environ 5 M€, soit, comme pour Obama, 25% du plafond de campagne. Elle peut être gagée notamment sur la réduction du nombre des grands meetings de campagne, aux coûts exorbitants (près d’1 M€ par meeting) et à l’efficacité limitée.

- Moderniser les méthodes militantes.

Les méthodes actuelles (tractage, « pare-brisage », boitage) sont dépassées.

Selon les statistiques américaines, le tractage rapporte une voix tous les 100.000 tracts distribués, à comparer à un ratio de 1 sur 14 pour le porte-à-porte !

 

Il faut axer les campagnes sur le contact direct avec l’électeur, notamment sur le porte-à-porte par les militants.

 

L’enjeu pour le parti socialiste est de convertir sa formidable énergie pour les conquêtes de positions locales en outil de conquête nationale. Il faut donc se préparer à transposer le porte à porte municipal sur l’échelle d’une campagne nationale.

Le militantisme de masse n’aurait pu voir le jour dans la campagne Obama sans internet pour gérer le « back office » de l’organisation.C. Réorganiser le parti autour de son système d’information et du réseau social de ses militants

 

Tous les outils internet de la campagne Obama sont réplicables en France.

 

Ainsi, l’organisation et le « système d’information » du parti doivent être construits autour de son site internet et du réseau social interne des militants : vidéos, mailings, mobile, présence sur les nouveaux médias et dans les réseaux sociaux externes.

 


Le militantisme de masse n’aurait pu voir le jour dans la campagne Obama sans internet pour gérer le « back office » de l’organisation.
C. Réorganiser le parti autour de son système d’information et du réseau social de ses militants
 

Tous les outils internet de la campagne Obama sont réplicables en France.

 

Ainsi, l’organisation et le « système d’information » du parti doivent être construits autour de son site internet et du réseau social interne des militants : vidéos, mailings, mobile, présence sur les nouveaux médias et dans les réseaux sociaux externes.

 

Nous attirons également l’attention sur le fait que rien, en droit, n’empêche aujourd’hui le parti de se constituer une base de données électorale.

 

D. Préparer la campagne 4 ans avant l’échéance

Une campagne ne s’improvise pas.

 

Le Parti démocrate, sous l’impulsion de Howard Dean, a préparé la présidentielle pendant quatre ans.

 

Il a pensé, réalisé et testé la plupart des outils de la campagne :

·         un réseau social interne (« party builder »), préfiguration de MyBO ;

·         la présence sur les réseaux sociaux externes type Facebook ;

·         un programme de petits dons en ligne (« democracy bonds ») ;

·         un programme de porte-à-porte (« Neighbor to Neighbor ») qui a été intégré tel quel dans MyBO ;

·         la constitution de la base de données Catalist utilisée par Barack Obama.

 

Howard Dean a aussi déployé le Parti démocrate dans tout le pays (« 50-state strategy ») afin de mieux structurer le travail de terrain.

 

Il a enfin modifié les règles des primaires afin d’éviter que les votes dans les premiers Etats de la campagne ne soient décisifs : l’objectif explicite était de faire durer les primaires, afin de les utiliser pour labourer le pays et optimiser ainsi la préparation de l’élection générale.

Dans cet esprit,
le parti socialiste doit maintenant s’atteler à cette mère des batailles, en élaborant dès maintenant ses outils stratégiques de campagne.

 

 

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18.12.2008

Vœu contre le travail dominical



COMMUNIQUÉ DE LA FÉDÉRATION DE LA SOMME DU PARTI SOCIALISTE

Nicolas DUMONT – Premier Secrétaire Fédéral

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Chagall Marc

Le Dimanche 1954

Chagall Marc - Le Dimanche 1954

Vœu contre le travail dominical


Le Président de la République avait confirmé qu’il entendait forcer l’adoption, avant la fin de l’année, d’une loi généralisant le travail le dimanche.

Nous nous sommes opposés avec force à une telle perspective, imposée d’en haut au mépris de toute concertation avec les organisations syndicales et les acteurs concernés.

La mobilisation de tous et la levée de boucliers parmi les députés, y compris dans la majorité, a amené le Président de la République à accepter un premier recul sur le contenu de ce texte. Maintenant c’est le Premier Ministre qui annonce que la suite du débat est repoussée à janvier. Le Président de la République ne serait pas d’accord et souhaiterait que la discussion se poursuive quand même. Comme pour la réforme des lycées, nous avons la preuve que la mobilisation est efficace et amène le pouvoir à reculer. Nous continuerons cette mobilisation.

La généralisation du travail le dimanche constituerait une erreur économique, un danger social et une faute politique préjudiciable à la cohésion de notre société.

Nous rappelons que l’interdiction de travailler le dimanche est déjà assortie de nombreuses exceptions, qui répondent largement aux besoins des entreprises, notamment dans l’industrie et le commerce.

Etendre massivement les autorisations d’ouverture des magasins et usines le dimanche serait d’abord lourd de menaces pour le monde du travail. Contrairement à ce que prétendent le Président de la République et le gouvernement, le libre consentement à une telle organisation du travail serait en pratique impossible à vérifier, en particulier en période de difficultés économiques, les éventuels chantages à l’emploi réduisant à néant toute liberté de choix des salariés, notamment au moment de l’embauche. Cette évolution aurait donc inéluctablement pour conséquence de contraindre des milliers de salariés à travailler le dimanche.

Développer le travail le dimanche entraînerait également une rupture d’égalité injustifiable entre entreprises, notamment dans le commerce. Nous savons que seules les grandes enseignes auraient en réalité les moyens financiers et humains de faire travailler ainsi leurs salariés, ce qui créerait une situation de concurrence déloyale très défavorable aux petits commerçants et aux artisans. De l’avis d’une majorité d’experts et des organisations syndicales et patronales représentant les PME et les petites entreprises, ce sont des dizaines de milliers d’emplois qui seraient ainsi menacés dans le petit commerce.

Enfin, nous réaffirmons notre attachement au principe d’une journée de repos hebdomadaire commune à un maximum de salariés de ce pays. Il en va de la conciliation de la vie professionnelle avec la vie personnelle, familiale, culturelle, et du dynamisme de nos associations locales. Favorables à une société du vivre-ensemble et du bien-être, nous refusons une société du tout-marchand, sept jours sur sept, 365 jours par an.

Amiens, le 18 décembre 2008

De la part du PS Suisse....Ou plutôt des jeunes socialistes suisses.

 

Même nos chers animaux sont contre !

16.12.2008

La nouvelle équipe dirigeante du parti a pris ses quartiers rue de Solferino.

Aubry fait l’état des lieux au PS

DAVID REVAULT D’ALLONNES

 

Solferino, année zéro. Dix jours après l’officialisation de la nouvelle direction, c’est à tâtons que Martine Aubry et son équipe s’installent aux commandes du navire socialiste. Alors qu’ils retrouvent leurs amis royalistes, ce soir à l’occasion du premier bureau national (lire page suivante), les nouveaux patrons commencent à peine à prendre leurs marques au siège du parti. «Ils se sont installés dans le cockpit, commente un secrétaire national. Et ils regardent les boutons en se disant : "Ça brille."»

Après onze ans de règne de François Hollande, pas facile de saisir d’emblée le mode d’emploi de l’appareil. Pascale Boistard, nouvelle responsable à l’organisation, résume : «On trouve une situation compliquée. L’ampleur du chantier est énorme. On a tout à réinventer.»

L’accueil, c’est un euphémisme, a été plutôt frais : le système de chauffage, de longue date défaillant, a encore frappé. «Avec la fatigue du congrès, on a tous chopé la crève», rapporte un aubryste. Y compris la première secrétaire. Quant à la passation de pouvoir, elle s’est limitée au minimum syndical : un entretien assez formel d’une heure et demie entre François Hollande et Martine Aubry, le 26 novembre, sollicité la veille à minuit par le staff de cette dernière. En prenant possession de son bureau, au premier étage, la première secrétaire a remarqué, sur la grande bibliothèque où figuraient encore tous les ouvrages hérités de l’ère Jospin, trois livres bien en évidence : ceux de Jean-Christophe Cambadélis et d’Arnaud Montebourg, deux de ses alliés et des plus farouches adversaires d’Hollande. Et le sien…

Nombre de nouveaux arrivants évoquent une ambiance d’alternance ministérielle. François Lamy, premier lieutenant d’Aubry, l’a raconté en réunion de motion : «Dossiers vides, armoires vides, tiroirs vides. Comme en 1981. Sauf qu’en 81, la droite nous avait laissé les trombones !» Une différence de taille, néanmoins : «Ce n’est pas l’ennemi de classe qui s’installe, rappelle Cambadélis. On est quand même socialistes…» Stéphane Le Foll, ancien bras droit d’Hollande, se défend d’avoir pratiqué la politique de la terre brûlée : «J’ai bien vérifié : tout a été archivé ! Les seuls dossiers qu’on a gardés, c’est des notes que j’avais fait passer à François. On n’était quand même pas obligés de laisser des courriers personnels…» Et d’ajouter, à l’intention de ceux qui s’étonnent de la disparition de la liste des parlementaires : «C’est une plaisanterie ! Il y avait des parlementaires secrets ou quoi ?»

«Cadavre». Un cadre résume : «Le système Hollande reposait sur une absence de décision politique. Aubry se trouve dans la situation de trouver un cadavre dès qu’elle ouvre un placard.» Un audit interne va être confié à Didier Migaud, président de la commission des finances de l’Assemblée. Mais certaines décisions n’ont pas attendu : le contrat de l’attachée de presse de Royal, rémunérée par le parti depuis la présidentielle, n’a été reconduit que pour un mois. «On n’est pas la vache à lait d’une structure qui n’a rien à voir avec le PS», lâche Pascale Boistard. Bref, autant dire que le cabinet de la nouvelle patronne, débordé, «découvre un nouveau continent», résume un secrétaire national. D’autant qu’également dircab d’Aubry à la communauté urbaine de Lille, le nouveau directeur du cabinet de la première secrétaire, Jean-Marc Germain, n’est pas un habitué de l’appareil. Le signe, assure-t-on, d’un retour en puissance des secrétaires nationaux.

Trombinoscope. Aubry a ainsi commandé des notes à plusieurs d’entre eux : Alain Vidalies sur les licenciements, Michel Sapin sur le plan de relance. Un trombinoscope des permanents, «qui n’existait pas au PS depuis 1997», rappelle l’un d’eux, a également été demandé. Dans cette ambiance studieuse, le jeu de chaises politiques réserve néanmoins quelques amusantes surprises. Premier lieutenant de Bertrand Delanoë, Harlem Désir a récupéré le bureau autrefois proposé à Royal, pour laquelle il ne s’est jamais montré très tendre. Cambadélis, lui, hérite non seulement des relations internationales du PS, autrefois dévolues à Pierre Moscovici, son meilleur ennemi au sein du courant strauss-kahnien, mais aussi de son bureau. Lequel a été, lui aussi, soigneusement vidé…

Point de presse de Martine Aubry et Benoit Hamon

Le 16 décembre 2008

Au sommaire du point presse du 16 décembre animé par Martine Aubry, Première secrétaire et Benoît Hamon, porte-parole :

  • Intervention de Martine Aubry
    • Les travaux du Secrétariat national
    • Le projet gouvernemental sur le travail du dimanche
  • Intervention de Benoît Hamon
    • La réforme Darcos
    • Le travail engagé du Secrétariat national
    • La réforme de l’audiovisuel public
    • Le Parti sur le pont

Intervention de Martine AUBRY, Première secrétaire

Les travaux du Secrétariat national

Le Secrétariat national est maintenant en place et nous travaillons de manière forte dans de grands domaines :

  • la crise économique et sociale et sur le contrôle des fonds,
  • des propositions sur la relance du pouvoir d’achat, des retraites et des minima sociaux, car nous pensons que contrairement à nos voisins, nous n’avons toujours pas de plan de relance. Nous avons d’ailleurs déjà porté la critique sur le pseudo plan de relance français, qui pour 10 milliards est un remboursement de dette de l’État, pour 11 milliards porte sur les infrastructures dont 4 directement financés par l’État avec un solde de 4 milliards sur le logement, le tout sans qu’il n’y ait rien sur le pouvoir d’achat des Français.

Notre première préoccupation est d’être partout auprès des salariés, là où sont annoncés des licenciements, pour essayer de faire ne sorte de les éviter quand les entreprises ont des difficultés temporaires. Nous travaillons avec les syndicats pour qu’il y ait des plans sociaux dignes de ce nom ou bien par la loi. Nous ferons des propositions pour contrer les plans sociaux qui seraient coûteux au point de que les licenciements boursiers n’auraient plus d’intérêt. Cela existe déjà. Beaucoup trop d’entreprises utilisent la crise pour mettre la clé sous la porte et pour aller dans des lieux ou la rentabilité est encore forte.

Les socialistes sont aussi présents sur l’accès à la Culture ou au Sport, sur l’aide sociale aux départements, nous essayons d’accompagner les Français dans une situation très difficile. C’est un carcan sur le plan social car les Français vivent mal et sur le plan économique car il n’y a pas de relance. En tant que socialistes, nous devons faire des propositions pour montrer que contrairement à ce que prétend le gouvernement, il y a des réponses à la crise, comme l’ont montré nos voisins européens.

Il ne se passe pas un jour sans qu’il y ait de recul sur le plan des libertés publiques ou une régression sociale. Sur la réforme de l’audiovisuel nous n’acceptons pas et les Français non plus que dans un pays démocratique, on souhaite mettre l’audiovisuel public sous la coupe du pouvoir en place, par la nomination du président des chaînes de télévision et en réduisant ses moyens financiers et par voie de conséquence, son indépendance. Cette loi va à l’encontre des libertés publiques et de la démocratie. Nos députés ont défendu une conception de la démocratie et de l’audiovisuel public.
Dans le même ordre d’idées, nous ne laisserons pas faire cette réforme du travail qui remet en cause le repos dominical. Nous avons également eu un rapport très circonstancié de Bruno JULLIARD sur la situation dans les lycées. Et de Bertrand MONTHUBERT sur la situation dans les IUT. Nous sommes avec eux, comme les élus sont avec les lycéens. Derrière cette crise, c’est l’avenir des lycéens qui est en cause. Des parents, des lycéens et des professeurs sont côte à côte pour une société qui laisserait davantage de place aux jeunes.

Pour ce qui est du recul des droits, je pense à la réforme de l’hôpital public. Nous étions avec les urgentistes la semaine dernière et nous nous opposons avec les élus et les présidents de CHRU à la réforme de ce qui constitue le coeur de l’excellence du système de soins en France. Sur tous ces terrains, les socialistes sont présents avec un leitmotiv absolu : accompagner partout les Français là où ils sont en difficultés et compenser les dégâts de la politique gouvernementale. Nous sommes en position pour les aider et pour trouver des solutions. Nous ne sommes pas seulement pas là pour s’opposer, notre but est aussi de proposer et dans la plupart des domaines, nous disons que des solutions existent.

C’est pourquoi le Parti socialiste est au travail de manière très énergique, volontaire et positive. Avec les 2/3 de nouveaux secrétaires nationaux présents dans l’équipe, chacun a déjà pris en charge son secteur et travaille avec les syndicats, les acteurs concernés et les experts qui reviennent en force dans le Parti et qui ont des propositions à faire. C’est intéressant qu’il en soit ainsi, car l’attente est immense. Nous sommes unis à nos militants pour apporter ce qu’attendent les Français, être à leur côté et leur faire des propositions.

Le projet gouvernemental sur le travail du dimanche

Cette proposition venant d’un député UMP et reprise par le gouvernement visait à donner la possibilité aux grandes agglomérations et aux maires, d’ouvrir les magasins le dimanche. Il y a eu de la part des Français des réactions extrêmement fortes. Dans les sondages parus dans les journaux, la façon dont on pose la question induit souvent la réponse. Si on demande aux Français s’ils veulent travailler le dimanche pour gagner plus d’argent, ils répondent oui, mais si on leur demande de faire des heures supplémentaires avec un salaire suffisant pour nourrir leur famille, ils répondent non. Les études du CREDOC montrent qu’une majorité de Français ne veut pas travailler le dimanche. L’étude est intéressante, sachant qu’il y a déjà 7,5 millions de Français qui travaillent déjà le dimanche, notamment dans le secteur public (EDF, transports publics, hôpitaux, Police,…) et partout où c’est nécessaire pour la vie des gens. Lorsque j’étais ministre, nous avions déjà pris des dispositions qui permettaient à des zones touristiques, notamment du bord de mer et dans les grandes villes d’ouvrir le dimanche. Avec cela, nous répondions au besoin et il n’y avait nulle raison d’aller plus loin. Après la généralisation du CDD lancé dans les Ardennes par Nicolas SARKOZY et la retraite possible à 70 ans nuitamment votée, cette proposition dénote un véritable cynisme au moment où les Français ont d’abord besoin de pouvoir d’achat. C’est profiter de la crise pour reculer sur tous les acquis de notre société, d’une société de la consommation et du matérialisme absolu que nous ne voulons pas. La fronde n’existait pas seulement chez les députés de gauche qui ont préparé ce débat avec 4000 amendements de fond, mais aussi chez certains élus de la majorité actuelle. Hier, le président a donc fait certaines propositions. Pour nous c’est très clair, il ne s’agit pas d’un abandon du projet ni d’un recul, mais simplement d’attendre que ça se passe pour remettre le doigt dans l’engrenage pour parvenir à remettre en cause le repos dominical.
Nous serons aussi acharnés à combattre ce projet que les précédents. Il serait pour l’instant question de passer de 5 à 10 dimanches par an et de légaliser ce qui paraît incroyable, des commerces qui se sont mis dans l’illégalité. On fait des peines plancher pour de petits délinquants et on reconnaît aux grands commerces cette illégalité. Quelle image donne-t-on dans un pays où l’on dit qu’il faut respecter les lois ? C’est un signe choquant. En France, seule la métropole lilloise pourrait ouvrir tous les dimanches, car nous sommes les seuls à être dans une zone frontalière où le pays voisin ouvre le dimanche. Il s’agit de petits arrangements entre amis dont le Parlement serait la caisse enregistreuse. A Lille, les choses sont claires : la majorité du Conseil municipal 51/61 a réitéré son refus et la métropole s’apprête à faire de même. Nous ne nous laisserons pas imposer cette loi, à moins qu’un décret préfectoral nous y oblige, ce qui poserait d’autres difficultés sur le plan, démocratique, car les maires et les élus locaux savent mieux que quiconque ce que veulent leurs habitants.

La CGPME, l’UPA et les syndicats ont fait une conférence de presse ensemble pour montrer leur opposition à ce projet. Certaines grandes surfaces disent aussi qu’étant donné le pouvoir d’achat des Français, l’ouverture le dimanche représenterait un coût trop important. C’est la raison pour laquelle, elles ne le demandent pas.
Nous sommes dans une réforme idéologique où le gouvernement cherche à casser les protections et à organiser une société uniquement autour de la consommation et de l’argent.
Cette réforme n’aura aucun élément bénéfique sur le plan économique. Les Français ne dépenseront pas le dimanche ce qu’ils ont du mal à gagner en semaine, parce que l’argent n’est pas là.
Les études comme celle de P. ASKENAZY pour le Canada, montre qu’il y aura des pertes d’emploi dans le petit commerce et dans l’artisanat. Cette étude montre aussi que le coût de l’ouverture dominicale augmente, que ce soit à cause de la sécurité, de l’électricité ou des charges pour l’entreprise. Il faudra payer plus cher pour un même chiffre d’affaire, ce qui entraînera une hausse des prix.
Cette mesure n’apportera aucun effet sur la croissance et rien pour la consommation, mais peut avoir des incidences sur l’inflation. Sur le plan social, on ne fera croire à personne qu’on va travailler avec plaisir le dimanche. Certes les étudiants peuvent travailler pour se faire un peu d’argent, c’est pour cela que nous avions proposé l’allocation d’autonomie pour qu’ils puissent faire leurs études sans avoir besoin de travailler. Autre exemple pour les femmes qui travaillent dans la grande distribution, c’est à contrecœur qu’elles subiront cette loi. Ajoutons à cela quelques considérations environnementales, car il faudra circuler pour aller travailler et on ne pourra pas laisser sa voiture.

L’essentiel est de rappeler que c’est une réforme de société avec laquelle nous ne sommes pas d’accord. Nous pensons qu’une société c’est d’abord sa capacité à vivre bien ensemble et d’être capable de mener à bien sa vie. Nous ne considérons pas que la consommation soit l’alpha et l’oméga de la société. Vivre bien, c’est avoir du temps pour soi, pour ses enfants ou pour ne rien faire. C’est du temps pour ses amis, du temps social aussi et du temps pour ses hobbies culturels ou sportifs, du temps pour la spiritualité. Comment rencontrer des personnes âgées ou des amis si on n’a pas le temps ? Le dimanche est le temps de l’infinité des possibles. Vous êtes enfin libre, vous pouvez parler à vos parents ou à vos enfants, vous pouvez aller au théâtre ou écouter de la musique. Notre société a besoin de pause.

Dès ce soir, nous adopterons un argumentaire et un tract du PS et dès demain, les socialistes rencontreront les Français, les organisations syndicales, leurs représentants, les artisans et les commerçants. Nous sommes mobilisés et sur le pont.

Voilà ce que je souhaitais vous dire sur ce dossier très représentatif d’une société individualiste et de l’argent. Nous sommes attachés au contraire à une société du droit, au temps pour soi et au temps pour les autres. C’est une très grande différence entre le projet du président de la République et le nôtre.

Intervention de Benoît HAMON, Porte-parole

La réforme DARCOS

Le gouvernement a une stratégie vis-à-vis de ce projet et il ne faut certainement pas y voir un renoncement ou un recul. Nous ne pensons pas qu’il faille baisser la garde et cesser d’être vigilant tant ces choix se traduisent par un recul du nombre de postes d’adultes et d’enseignants dans les collèges et les lycées, et surtout une dégradation des conditions d’enseignement tant pour les élèves que pour le personnel éducatif. Un report de cette réforme ne signifie pas un renoncement par le gouvernement de Nicolas SARKOZY de ses grands choix de politique éducative. On a constaté une humeur bien différente chez les parents d’élèves et chez les enseignants, dans les manifestations qui se sont déroulées. Il y a une forme de ras-le-bol à l’égard des collèges et des lycées qui paient aujourd’hui l’austérité budgétaire. On na pas le sentiment que ceux qui ont commencé cette mobilisation soient prêts y renoncer, au motif qu’un tout petit bout du projet a seulement été reporté. L’ordre du jour reste à la mobilisation politique.

Le travail engagé du Secrétariat national

Nous avons également abordé ce qui sera notre méthode de travail sur le plan de relance. Le 31 janvier prochain, il y aura une grande réunion des secrétaires de section à l’occasion de laquelle nous essaierons de populariser nos réponses à la crise financière, économique et sociale. D’ici là nous organiserons des auditions avec les partenaires sociaux, des économistes et un certain nombre d’acteurs européens qui seront entendus entre le 6 et le 8 janvier 2009 par une petite task force de secrétaires nationaux, directement impliqués par les aspects financiers et économiques la crise, mais également concernés par les aspects du social ou du logement ou de l’hôpital public. Nous essaierons de construire un plan de réponse global des socialistes face à cette crise.

La réforme de l’audiovisuel public

Nous remercions Christine ALBANEL pour la pertinence de ses interventions publiques et par ses demandes. Nous n’avons pas besoin que la suppression de la publicité soit adoptée puisqu’il est demandé à Patrick de CAROLIS de la mettre en œuvre tout seul. Cela illustre que cette réforme n’avait besoin ni d’une loi, ni d’un décret pour sa mise en œuvre. L’idée que se fait le pouvoir exécutif du rôle de monsieur de CAROLIS est qu’il est considéré par le pouvoir exécutif un comme un auxiliaire chargé de mettre en œuvre les choix politiques du gouvernement. On a bien désormais une conception de l’audiovisuel comme une courroie de transmission du pouvoir politique, au point que le gouvernement puisse penser que le président de l’audiovisuel public soit là pour mettre en œuvre la volonté du pouvoir politique, même si la loi n’a pas encore été votée.

Le débat organisé hier sur la liberté de la presse par Médiapart et Reporters sans frontières a souligné l’importance de la liberté de l’information dans une période générale de restriction des libertés publiques et de crise sociale, où le contrôle de l’information devient un enjeu extrêmement important. Les nouveaux rapports entre pouvoir judiciaire et la presse sur la question de la protection des sources, le nouveau statut de l’AFP sont autant de sujets sur lesquels le Parti socialiste reste très mobilisé.

Le Parti sur le pont

Ce week-end, l’ensemble des fédérations et des sections distribuera un matériel de campagne et un tract et des cartes postales sur la question du travail du dimanche. C’est la campagne militante que nous mettons d’ores et déjà en œuvre.