21.01.2009

Laurent Fabius prend date dans la bataille contre la réforme de la procédure législative




ECLIPSÉE par la crise économique et sociale, une autre bataille se joue à l'Assemblée nationale sur le terrain de l'exercice du pouvoir et des libertés publiques. Rarement le climat aura été aussi tendu, voire agressif, que dans la discussion du projet de loi sur la réforme de la procédure législative, qui a débuté le 13 janvier. Le débat est haché par de multiples interruptions. Au terme de la première semaine, pas moins de 188 rappels au règlement ont été effectués.

Au fil des jours, une voix s'est affirmée dans l'Hémicycle : celle de l'ancien premier ministre socialiste Laurent Fabius. C'est lui qui, lors de la dernière séance de questions au gouvernement, a interpellé François Fillon, accusant la majorité présidentielle de vouloir " mettre à bas les droits du Parlement ". C'est encore lui qui s'est élevé pour recadrer l'enjeu du débat, en fin de semaine, alors que la bataille ne cessait de monter en intensité, la majorité usant des armes du règlement pour répliquer au déluge d'amendements défendus par l'opposition.

Pour la gauche, qui entend démontrer que l'encadrement de la durée des débats au Parlement s'inscrit dans un cadre global de " mise au pas de tous les contre-pouvoirs ", il s'agit d'un " enjeu démocratique ". Elle appuie sa thèse sur les " menaces " pesant à ses yeux sur la presse et l'audiovisuel, la justice et, plus largement, sur les droits et les libertés publiques.

Consciente du déséquilibre institutionnel qui s'est creusé au fil des révisions de la Constitution, elle réclame que le législatif ne soit pas soumis aux impératifs du pouvoir exécutif, à plus forte raison quand celui-ci " accapare le temps de parole dans les médias ".

" Les grandes lois de l'histoire, la loi sur les associations, la loi sur la presse, on a mis non pas des semaines mais des mois et même des années pour les examiner et les voter, a rappelé M. Fabius, samedi 17 janvier, lors de la discussion en séance. Le temps est un élément constitutif de la démocratie. Or l'essentiel du projet de loi, contenu dans l'article 13, c'est que l'Assemblée nationale n'aura plus que quelques jours pour se prononcer et que tout ce qui ira contre sera présenté comme une obstruction. C'est une conception de l'Assemblée nationale tout à fait contraire à nos institutions. "

 

france-fabius.GIF

METTRE L'OPPOSITION À GENOUX

 

La droite, quant à elle, prend appui sur la déconsidération dont souffre le Parlement pour établir un parallèle entre le " discrédit " de l'institution et l'" obstruction " pratiquée par l'opposition. Le président du groupe UMP, Jean-François Copé, charge sabre au clair. Après avoir fait réaliser par ses collaborateurs un clip vidéo ridiculisant les interventions de la gauche dans le débat sur l'audiovisuel, il ne manque pas une occasion de stigmatiser les " abus de procédure " d'une opposition tour à tour qualifiée de " grotesque " ou accusée de se livrer à " un concours de tartufferie ".

" Nous nous battrons pour expliquer sans relâche que ce que nous faisons aujourd'hui ne revient en aucun cas à restreindre les droits de l'opposition, s'est expliqué M. Copé en séance. Ce que nous voulons, c'est donner à cet hémicycle une autre physionomie que le visage lamentable que l'opposition lui donne. Nous avons même vu un ancien premier ministre socialiste - M. Fabius - se faire le complice de ces simagrées. J'en avais honte pour lui. "

Tandis que M. Copé n'entend plus faire la moindre " concession ", le président de l'Assemblée nationale, Bernard Accoyer, croit encore possible un " accord " sur les droits de l'opposition. Pour l'heure, ses propositions se sont heurtées à une fin de non-recevoir de la part de la gauche, celle-ci estimant que, pour l'essentiel, elles reviennent à " entériner des pratiques établies ". " Aucun droit nouveau notable n'est apparu ", déplore le président du groupe PS, Jean-Marc Ayrault.

Seule une réécriture de l'article 13, autorisant les règlements des assemblées à instituer des délais pour l'examen des textes - le " crédit-temps " ou " temps global ", au-delà duquel les amendements pourraient ne plus être soumis à discussion -, est susceptible de débloquer la situation. A l'usure, la majorité a les moyens de mettre l'opposition à genoux. Il n'est pas certain que le Parlement sorte renforcé d'une victoire acquise dans ces conditions.

Patrick Roger

© Le Monde

03.01.2009

PS, digérer le vinaigre de Reims

LE MONDE | 03.01.09 

 

Le  Parti socialiste a terminé l'année 2008 avec une nouvelle direction, mais sans avoir surmonté ses divisions. Peut-il, malgré tout, se rénover ?

 

 Alain Bergounioux (historien).

 

L'enjeu majeur des prochains mois est de le stabiliser. Si on reste dans des stratégies d'empêchement, la rénovation ne se fera pas. Or elle est indispensable. Le PS a connu ces dernières années une période de "dépolitisation" qui l'a rendu vulnérable par rapport à la droite et par rapport à l'extrême gauche. Il doit refaire de la stratégie, échapper à la contradiction qui le fait osciller entre des postures idéologiques et une gestion pragmatique. Je reconnais que c'était plus simple du temps de François Mitterrand : il y avait des rapports de force établis, des motions homogènes, des militants plutôt légitimistes. Aujourd'hui, tout est beaucoup plus compliqué. C'est pour cela qu'il faut refaire avant tout de la politique...

 

 Gérard Grunberg (politologue).

 

La situation du PS me paraît grave et son avenir incertain. Le "duel des dames" qui se joue entre Martine Aubry et Ségolène Royal peut conduire, s'il n'est pas maîtrisé, à un affaiblissement réel de ce parti, voire, à terme, à son implosion. C'est l'élection présidentielle qui mine le PS. S'il refuse de résoudre sereinement la question de la présidentialisation, de sa logique et de ses contraintes, il peut décliner. Il doit se donner toutes les chances d'être présent au second tour de la prochaine élection présidentielle. S'il n'en fait pas son objectif premier, c'est sa survie même comme grand parti de gouvernement qui sera menacée.

 

 

 Quelles leçons tirez-vous du congrès de Reims qui s'est tenu en novembre 2008 ?

 

A. B. Historiquement, ce congrès n'a pas vraiment d'équivalent. Comme à Rennes en 1990, aucune motion n'était majoritaire. Mais la grande différence c'est que, depuis 1995, le premier secrétaire est élu par l'ensemble des militants : si aucune majorité ne se dégage au congrès, c'est son élection qui devient le vote-clé. La logique de la présidentialisation a modifié les pratiques et les représentations du parti.

 

G. G. Ce congrès a fait éclater la contradiction entre les deux logiques à l'oeuvre dans le parti depuis sa création à Epinay en juin 1971. D'un côté, le principe de la représentation proportionnelle des motions dans les instances dirigeantes et de la délibération collective pour définir la ligne politique. De l'autre, le principe de l'élection directe du leader par l'ensemble des adhérents dans une logique majoritaire empruntée au mode de scrutin présidentiel français. C'est ce système qui, s'appliquant pour la première fois dans toute son ampleur, a explosé à Reims. Compte tenu de la personnalisation croissante de la politique, il n'est plus possible de traiter de la question du leadership une fois seulement que les questions de fond sont résolues. Le congrès a échoué à définir une ligne politique puis à désigner un leader dont la légitimité puisse s'imposer à tous. Cet échec marque la fin du parti d'Epinay. Le PS est écartelé entre deux logiques contradictoires qui ont empêché un nouvel Epinay.

 

Le problème fondamental du PS, c'est son rapport aux institutions de la Ve République ?

 

G. G. C'est évident. Plus les socialistes sont absorbés par la logique de la présidentialisation et plus ils la condamnent. Ils continuent à ne pas assumer d'être un grand parti présidentiel et à refuser les institutions de la Ve République. A Reims, beaucoup voulaient empêcher que le nouveau leader soit un (e) présidentiable. A l'arrivée, ils en ont deux, dont l'opposition va structurer la vie interne du parti dans les années à venir.

 

A. B. La question de la personnalisation ne se pose pas qu'en France. Aucun parti n'échappe à ce phénomène. Aucun ne peut vraiment disjoindre la désignation de son leader de ses orientations de fond. Dans son fonctionnement interne, le PS touche du doigt la contradiction qu'il dénonce dans les institutions de la Ve République. La façon la plus simple de la surmonter serait qu'il désigne, comme le font les grands partis sociaux-démocrates, un leader en début de législature ou de mandat présidentiel et qu'il fasse en sorte que ce leader se présente aux élections. Quitte à en tirer les conséquences s'il échoue.

 

C'est le premier secrétaire qui devrait être, selon vous, le candidat naturel à l'élection présidentielle ?

 

A. B. La théorie selon laquelle il ne faut pas de "présidentiable" à la tête du PS est erronée. La seule question qui vaille est : la désignation de ce leader doit-elle être l'affaire exclusive des militants ou être confiée à un électorat plus large ? C'est une question difficile. La "primaire ouverte" aux sympathisants n'offre pas une garantie de succès, comme on l'a vu en Italie. En outre, elle contribue à diluer le parti alors que dans un régime parlementaire on a besoin de partis forts. Toute la difficulté est d'ouvrir le PS mais de préserver sa force et sa cohésion.

 

G. G. Il y a cependant de fortes raisons de confier à l'ensemble des sympathisants la désignation du candidat à l'élection présidentielle. D'abord et surtout, cette désignation est devenue pour le parti lui-même un enjeu trop lourd à gérer et comporte un risque trop élevé d'implosion de l'organisation. Il a intérêt à la déléguer à un corps électoral beaucoup plus large. En outre, une telle modification faciliterait la mobilisation derrière le candidat désigné et augmenterait sa légitimité. Enfin, comme l'ont montré les primaires américaines, elle peut favoriser l'ouverture du parti et le renouvellement de son cercle dirigeant. Cependant, il faut reconnaître les difficultés et les problèmes posés par une telle modification. Elle heurterait de plein fouet un parti dont la culture et le fonctionnement demeurent parlementaires au sein d'un régime qui lui aussi, malgré les apparences, demeure un régime largement parlementaire.

 

Idéologiquement, la bataille Aubry/Royal est-elle le prolongement de l'opposition, somme toute classique entre la première et la deuxième gauche ?

 

A. B. C'est plus compliqué que cela. Comme à chaque fois que son identité paraît en jeu, le PS se déporte sur sa gauche et renforce sa critique du capitalisme. C'est un réflexe génétique mais, sous l'effet de la crise économique, cette évolution est aussi perceptible dans les autres partis sociaux-démocrates européens. En outre, on ne peut pas dire qu'il y a d'un côté une ligne plus sociale-libérale incarnée par Ségolène Royal et une autre plus à gauche conduite par Martine Aubry. Mme Royal a mélangé les registres, elle a peu repris les thèmes de sa campagne présidentielle, elle a mené une critique radicale du comportement des banques. Mme Aubry et ses alliés ont davantage insisté sur les valeurs de la gauche. Mais les principales motions du congrès de Reims ne sont pas si incompatibles quand on examine les propositions concrètes. C'est la raison pour laquelle il n'est pas sorti de ce congrès l'impression d'un grand affrontement idéologique. On avait plutôt affaire à un choc de cultures politiques et de personnalités.

 

G. G. Reims me fait cependant penser au congrès de Metz, en 1979. Certes, le clivage central n'est pas cette fois-ci de nature économique. Mais dans l'un et l'autre cas, la majorité du parti, pour battre politiquement sa minorité - hier rocardienne, aujourd'hui royaliste, hier sur l'économie de marché, aujourd'hui sur l'évolution du parti et les alliances -, a adopté des positions très clivantes qui peuvent gêner soit la conquête du pouvoir, soit son exercice.

 

Que traduit l'échec de Bertrand Delanoë ?

 

G. G. Il a été pris à contre-pied par la crise. Les mêmes qui, au PS, s'étaient ralliés au réformisme contenu dans la déclaration de principes du parti ont radicalisé leur discours. Lorsque Martine Aubry dit "il faut changer le système", on sent bien que ce parti a toujours un problème pour définir son rapport au capitalisme. Il a du mal à redéfinir son projet européen. Il ne parvient pas à penser la mondialisation de manière équilibrée. Il privilégie trop souvent les distinctions manichéennes.

 

 

A. B. Il est vrai que l'anti-libéralisme sert souvent de pensée facile au PS. C'est regrettable, car cela lui interdit de penser une réalité plus complexe. Contrairement à ce qu'il dit souvent, la droite française n'est pas que libérale.

 

S'unir ou non avec le centre, la querelle entre Royal et Aubry sur les alliances est-elle réelle ou montée de toutes pièces ?

 

A. B. C'est une question identitaire : le PS, à Epinay, s'est fondé sur l'idée du rassemblement de la gauche contre la droite. En même temps, le sujet prend des contours nouveaux, car les alliés traditionnels des socialistes sont affaiblis. Ils ne suffisent plus à faire une majorité. C'est cette question que le parti ne parvient pas à aborder de façon rationnelle. Il est tiraillé entre son "hyper-idéologie" au niveau national et son "hyper-pragmatisme" sur le terrain.

 

 

 

G. G. Paradoxalement, ce parti qui se veut parlementariste ne s'est jamais posé la question des alliances dans une optique parlementaire. Pour lui, la conception des alliances est idéologique plus que politique : il s'agit de réunifier la gauche plutôt que de trouver une majorité au Parlement. Ainsi, le rapport au PCF n'a jamais été conçu par les socialistes - à l'exception de François Mitterrand... - d'abord comme une alliance. C'était avant tout le moyen de réunifier la classe ouvrière, comme disait Léon Blum, d'effacer le congrès de Tours de 1920 qui avait vu la scission du Parti socialiste. Aujourd'hui encore, lorsque le PS appelle au rassemblement de toute la gauche et au rejet de l'alliance avec le MoDem, il agit au nom d'une vision plus idéologique que politique.

 

Propos recueillis par Françoise Fressoz et Jean-Michel Normand

Quatre figures socialistes se détachent pour incarner l'alternative

LE MONDE | 03.01.09 | 14h04  

 

En portant à sa tête Martine Aubry, le Parti socialiste s'est doté d'une première secrétaire mais il n'a pas encore réglé la question de son incarnation dans l'opinion. En particulier dans la perspective de l'élection présidentielle de 2012.

 

 

A travers les sondages, quatre dirigeants socialistes se dégagent nettement ; deux femmes (Martine Aubry, Ségolène Royal) et deux hommes (Bertrand Delanoë, Dominique Strauss-Kahn). "Les unes et les autres fondent leur popularité sur des registres différents", souligne Jérôme Fourquet, directeur adjoint du département Opinion de l'IFOP. "Rivales directes pour la direction du PS, Martine Aubry et Ségolène Royal se situent dans l'action alors que le maire de Paris et "DSK" s'inscrivent plus en retrait, voire en recours."

 

 

Malgré le climat délétère du congrès de Reims en novembre 2008, la nouvelle première secrétaire enregistre une forte hausse de sa popularité dans les sondages. En un mois, elle a gagné neuf points dans le baromètre Paris Match-IFOP publié dans l'hebdomadaire le 18 décembre, où elle atteint 66 % de bonnes opinions. Elle plafonnait à 20 % en juillet 2006. "Le pays a tellement besoin de se dire qu'il peut exister une alternative face au président de la République, que Martine Aubry ne peut que bénéficier d'un a priori positif", souligne Stéphane Rozès, directeur général de l'Institut CSA.

 

 

Le positionnement "à gauche" de la maire de Lille est notamment confirmé par la bonne opinion dont elle bénéficie auprès de l'électorat communiste. "Martine Aubry s'inscrit dans une logique d'ascension ; elle dispose de six mois pour construire sa crédibilité", estime Brice Teinturier, directeur du département stratégies d'opinion de TNS-Sofres.

 

 

"DÉFICIT DE CRÉDIBILITÉ"

 

 

La percée de la première secrétaire s'est opérée en partie au détriment de Mme Royal, dont la popularité globale a perdu du terrain. Mais elle semble avoir conservé ses positions dans l'électorat socialiste. Appréciée parmi les jeunes et les milieux modestes, impopulaire chez les cadres et les diplômés, la présidente de la région Poitou-Charentes présente des caractéristiques atypiques par rapport au PS. Selon M. Teinturier (Sofres), les chances futures de Mme Royal dépendent "de sa capacité à dépasser son statut d'ancienne candidate à l'élection présidentielle et à remédier à son déficit de crédibilité" face à Mme Aubry qui, ajoute-t-il, "s'est relancée grâce à sa réélection à Lille et son accession à la tête du PS".

 

 

N'ayant pas su s'imposer lors du congrès de Reims, M. Delanoë a reculé dans les sondages mais il demeure la personnalité socialiste la plus appréciée. La popularité du maire de Paris apparaît socialement et géographiquement très homogène. "Pourtant, cette image consensuelle pose problème, car elle manque d'aspérités et de points de fixation", juge M. Fourquet à l'IFOP. "En dépit de sa cote, qui reste forte, le maire de Paris aura du mal à rebondir", considère, de son côté, M. Teinturier.

 

  

 

A l'écart des affres du congrès de Reims, Dominique Strauss-Kahn, directeur général du Fonds monétaire international, conserve une très bonne image dans l'opinion. Diriger une institution phare dans la crise mondiale ne peut que renforcer une image de compétence en matière économique, acquise en tant que ministre des finances pendant une période de croissance.

Les spécialistes des études d'opinion comparent le statut politique de "DSK" à celui de Jacques Delors lorsqu'il présidait l'Union européenne, dans les années 1990. "La densité du soutien dont dispose Dominique Strauss-Kahn n'est pas aussi forte que s'il devait affronter les vicissitudes de la politique nationale. Que se passerait-il s'il revenait en France pour y jouer un rôle actif ?", se demande toutefois M. Rozès.

 

 

M. Teinturier, quant à lui, observe que les principaux soutiens de "DSK" "se trouvent parmi des catégories - les personnes âgées, les sympathisants de droite, les cadres et professions libérales - qui ne votent pas le plus à gauche"...

 

 

Dans une élection présidentielle, résume M. Fourquet, "Martine Aubry et Ségolène Royal apparaissent comme des candidates de premier tour alors que Bertrand Delanoë et DSK semblent plus adaptés pour affronter un second tour".

 

 

Jean-Michel Normand

Article paru dans l'édition du 04.01.09.

 

07.12.2008

EDUCATION POPULAIRE ET RASED !

Mesdames, Messieurs, chers collègues et amis,

 

Le contexte est difficile pour l’Ecole publique et pour les associations complémentaires de l’Ecole publique. Nous assistons à une véritable entreprise de démolition de notre service public d’Education et de ses associations avec la suppression accentuée des moyens nécessaires à son bon fonctionnement.

 

Le Conseil général de la Somme a voté à la majorité deux motions lors de son débat d’orientation budgétaire pour la défense de l’Education populaire d’une part et contre la  suppression des RASED d’autre part. (l’opposition départementale de droite s’étant abstenue !!!!!) Vous trouverez ces motions en pièces jointes.

 

Aujourd’hui, plus que jamais, l’unité doit être de rigueur et la mobilisation de tous les acteurs de notre école publique, afin de montrer notre détermination dans le combat que nous devons mener ensemble.

 

Au-delà de la survie des associations complémentaires de l’Ecole publique, il s’agit bien de préserver un service public d’Education de qualité capable d’assurer une véritable égalité des chances de réussite scolaire pour tous les enfants de notre pays.

 

A ce titre, je vous remercie d’apporter votre soutien en signant la pétition qui vous est proposée.

 

Bien amicalement,

 

Pascal DEMARTHE

Conseiller général de la Somme

Vice-Président de la 5ème commission (Education, sport, culture, vie associative)

 

  

 

 

Il faut développer et soutenir l’Éducation Populaire

 

Réunion plénière de l'Assemblée départementale du 17 au 20 novembre 2008 5ème commission

 

 

MOTION

adressée à M. Xavier DARCOS, Ministre de l’Éducation Nationale

et M. Bernard LAPORTE, Secrétaire d’État chargé de la Jeunesse, des Sports et de la Vie associative

 

 

proposée par les groupes "Somme à gauche",

"Communistes et apparentés", "Divers gauche"

 

Le 24 juillet 2008, dans un discours à Batz, le Président de la République déclare « La France a besoin de l’Éducation populaire ; le travail que vous (acteurs de l’Éducation populaire) faites est remarquable ; il a fait ses preuves, il faut le soutenir ».

 

Malheureusement les actes sont, une fois de plus, en contradiction avec les discours, notamment au travers de la présentation des budgets de l’État. Alors que plus que jamais l’école et l’Éducation ont un énorme besoin du soutien de l’État, celui-ci se désengage :

 

- suppression des personnels mis à disposition (MàD) par les ministères de l’Éducation nationale, de l’Environnement, de l’Agriculture aux associations complémentaires et fédérations d’éducation populaire,

 

- diminution très importante des emplois FONJEP (Fonds pour la Jeunesse et l’Éducation populaire),

 

- 10 à 30 % de baisse des subventions du ministère de la Jeunesse, des Sports et de la Vie associative et démantèlement programmé de l’Institut national de la jeunesse et de l’éducation populaire (INJEP),

 

- suppression en 2009 du « soutien au développement rural »  du ministère de l’Agriculture : disparition de financements aux réseaux d’associations rurales.

 

Ces décisions unilatérales et injustes, prises sans aucune concertation et de manière brutale par le Gouvernement, sont incompréhensibles et inadmissibles.

 

Injustes car ce sont une nouvelle fois les enfants et les familles les plus fragiles et les plus éloignés de l’école qui une fois de plus seront directement touchés par cette décision.

Incompréhensibles alors que le Ministre prône par ailleurs la mise en place du soutien scolaire et des dispositifs de réussite éducative.

 

Inadmissibles parce qu’elles affaiblissent une nouvelle fois la capacité d’agir et de mobiliser les associations proches des jeunes alors que les besoins sont au contraire énormes.

 

 

Le Conseil général de la Somme s’oppose formellement à ces décisions et il entend soutenir l’ensemble des acteurs, notamment les associations complémentaires et les fédérations d’éducation populaire, qui agissent quotidiennement pour la réussite des jeunes et des élèves.

  

  

 

Non à la suppression des RASED !

 

 

Réunion plénière de l'Assemblée départementale

du 17 au 20 novembre 2008

 

 

5ème commission

 

 

MOTION

 

adressée à M. Xavier DARCOS, Ministre de l’Éducation Nationale

 

proposée par les groupes "Somme à gauche", "Communistes et apparentés", "Divers gauche"

 

 

 

« Diviser par trois l'échec scolaire lourd » voici un des principaux objectifs fixé en octobre 2007 par notre Ministre de l'Éducation Nationale dans le cadre de sa réforme de l'enseignement primaire. À peine plus d'un an après les choix divergent. La suppression de 3 000 postes d’enseignants jusqu’alors affectés aux Réseaux d’Aides Spécialisées aux Élèves en Difficulté (RASED) vient d’être rendue officielle à l’occasion de la présentation du projet de loi de finances pour 2009 et après l'examen à l'Assemblée Nationale des crédits 2009 de l'Éducation Nationale.

 

 

Les RASED ont pour mission de répondre aux besoins particuliers des élèves en difficulté en travaillant avec les enseignants et en lien avec les parents. Leur expérience a conduit à des innovations pédagogiques dont beaucoup d’élèves ont profité. C’est cette qualité dans le soutien apporté aux enfants qui est aujourd’hui menacée avec la disparition des RASED.

 

 

La prise en charge des difficultés des élèves constitue une préoccupation majeure de toute communauté éducative. Ces difficultés nécessitent des approches différenciées et concertées. Il est à craindre que les enseignants des classes ordinaires, seuls face à des situations trop complexes et lourdes au regard de leur charge de travail déjà importante, ne puissent compenser le travail des RASED. Cette mesure risque ainsi de provoquer le renvoi des élèves en difficulté vers des solutions de prise en charge hors de la classe, alors que les réseaux d’aide avaient permis de limiter cette mise à l’écart pour de nombreux enfants.

 

 

Le Conseil général de la Somme s’oppose à cette décision et souhaite que le service public puisse offrir au sein de l’école les aides des RASED pour répondre aux besoins de tous les enfants.

 

                                                                           

 

03.12.2008

Le Parti de Gauche ou les limites d’un die Linke à la française ?

 

  

  

Après avoir quitté le Parti Socialiste, Jean-Luc Mélenchon et Marc Dolez ont annoncé la création du Parti de Gauche, qui se veut une réplique française de die Linke. Quand on observe la scène politique allemande, on comprend bien pourquoi ce modèle est attractif et peut constituer une source d’inspiration pour nos socialistes en rupture de ban.

 

Die Linke, formation créée par l’union de dissidents du SPD et le PDS (les communistes est-allemands) s’est en effet bien enraciné dans la vie politique outre-Rhin. Ce nouveau parti est présent dans les parlements des 6 Landër de l'est et parfois même dans leur gouvernement en coalition avec le SPD. Il a également réussi une percée à l'ouest où il a franchi la barre des 5 % (commandant l'accès aux parlements régionaux) dans plusieurs Länder (Hesse, Hambourg, Basse-Saxe), ratant de peu récemment ces 5% dans la très conservatrice Bavière mais devançant d’après les enquêtes le SPD en Sarre, où des élections auront lieu l’année prochaine. Au plan national, cette formation est créditée de bons scores dans les sondages (entre 10 et 12 % actuellement).

 

Mais le contexte politique et les forces en présence à gauche diffèrent sensiblement de part et d'autre du Rhin et la configuration apparaît somme toute moins favorable en France. Die Linke est aujourd'hui dirigée par Oskar Lafontaine, personnalité politique très connue en Allemagne (il a été pendant de longues années Ministre-Président du Land de Sarre, et a joué un rôle de premier plan en animant l'aile gauche du SPD national). En dépit de leur mandat, le poids politique de Marc Dolez et Jean-Luc Mélenchon ne peut donc pas être comparé avec celui de Lafontaine, qui sert de locomotive médiatique à ce parti.

Par ailleurs, le PDS a fourni les gros bataillons militants et électoraux de die Linke. Or le parti communiste disposait d'une puissance électorale importante à l'est de l'Allemagne. A cette force électorale, il faut ajouter des militants en rupture du SPD à l'ouest ainsi que de nombreux syndicalistes. Les forces sur lesquelles peuvent s'appuyer aujourd'hui Dolez et Mélenchon sont beaucoup plus limitées.

Certes la motion Hamon qu’ils soutenaient a recueilli près de 19 % des voix lors du vote interne au PS mais tous ces militants ne suivront pas les démissionnaires. Et lorsqu'il présenta une motion ("Forces militantes") lors du congrès du Mans en 2005, Dolez, bien que premier fédéral de la puissante fédération du Nord, n'obtint que 4,5 %. Et si PRS, l’organisation de Mélenchon, fut très active et visible lors du référendum sur la constitution européenne, elle ne compterait qu’assez peu d'adhérents.

 

Pour pallier ces difficultés, Mélenchon et Dolez ont annoncé une alliance avec le PC en vue des européennes. On rappellera que ce parti a connu de nombreux revers électoraux, qu'il est aujourd'hui profondément divisé (en témoignent les résultats des dernières élections internes) et qu'il perd des adhérents. Son influence électorale ne peut être comparée à celle de son parti frère allemand. En transposant en France l'influence du PDS dans les régions déshéritées et industrieuses de l'ancienne RDA, cela équivaudrait à un PC obtenant entre 25 et 30 % dans un ensemble regroupant Nord-Pas de Calais, Picardie, Haute-Normandie et Champagne-Ardennes... En dépit de cet affaiblissement, étant donné le poids comparé du PC et du Parti de gauche en terme de militants et d'élus, il y a fort à parier que les dissidents socialistes ne joueront pas les premiers rôles dans ce « front commun ».

 

Enfin, si die Linke connaît aujourd'hui des succès en Allemagne, cela ne tient pas uniquement à la personnalité de ses leaders ou à la puissance militante des organisations qui l'ont cofondée. Le contexte politique y est différent du nôtre : l'extrême-gauche y est inexistante électoralement (le score de Besancenot et sa forte présence constituent une forte concurrence) et en Allemagne, la  

critique dénonçant un recentrage des socialistes porte davantage et cela pour des raisons objectives.

Le SPD est actuellement engagé dans une grande coalition avec la CDU et mène une politique de réformes. Ce virage social-libéral fut pris il y a un certain nombre d'années maintenant. Durant l'ère Schröder, le SPD, à la tête d'une coalition avec les Verts réforma profondément le modèle social et les bases de l'état-providence notamment avec les réformes Harz (du nom du DRH de Volkswagen qui en fut l'inspirateur), aujourd'hui fortement décriées à gauche et par les syndicats.

Si le libéral-socialisme est également dénoncé en France, il n'en demeure pas moins que le PS reste aujourd'hui (et notamment avec le gauchissement des discours suite à la crise financière) idéologiquement plus à gauche que le SPD.

Concurrencée par une extrême-gauche conquérante et un PS à la direction « gauchisée », la déclinaison française de die Linke jouira donc d’un espace politique plus restreint que sa consoeur germanique même si son discours peut rencontrer un certain écho auprès d’électeurs de gauche démoralisés par la crise du PS et radicalisés par la poursuite des réformes sarkozystes.

 

 

 

 

Jérôme Fourquet

Directeur Adjoint du Département Opinion et Stratégies d’entreprise

de l’Ifop

 

Novembre 2008.

11.10.2008

UNE INSULTE !

12 octobre 2008 ...

L'indécent déjeuner à 150 000 euros de Fortis




Réfugiés dans les salons feutrés - dans les tons or et pastel - de l'Hôtel de Paris, le palace le plus cher de Monaco, les cadres de la branche assurances de Fortis ont refusé de dévoiler le menu. Dommage.

A 3 000 euros le couvert, le chef du prestigieux restaurant Louis-XV, Frank Cerruti, a déployé tout son art pour ce déjeuner dont la facture se montait à 150 000 euros. C'est le prix de l'" événement culinaire " auquel le groupe Fortis avait convié, vendredi 10 octobre, une cinquantaine de courtiers indépendants, partenaires de la société d'assurance belgo-néerlandaise, rachetée lundi par BNP-Paribas. La dégustation fut royale, le plaisir impérial et la gêne à peine perceptible.

Sur le Rocher, on n'apprécie guère cette publicité. Les riches résidents n'aiment pas que les projecteurs soient braqués sur eux et que le prestige de la principauté devienne objet de sarcasmes. Fortis, qui a frôlé la faillite, " prouve que le ridicule ne tue plus, en organisant un repas de luxe indécent en pleine tempête financière ", s'agace un banquier monégasque, requérant l'anonymat. Des vigiles protégeaient des regards indiscrets la splendide salle Empire de l'Hôtel de Paris.

La carte donne une idée de l'exceptionnelle qualité gastronomique - et des tarifs - de l'établissement, qui abrite la plus grande cave à vins du monde, avec quelque 250 000 bouteilles, " pour la plupart impayables ", selon le guide Lonely Planet. Le fumet de homard lié à une purée de châtaigne (106 euros) résiste à la chute des Bourses. Le caviar osciètre royal d'Iran (480 euros les 50 grammes) n'a rien à redouter de la crise. Sur le pont du Titanic, les convives n'ont pas perdu le goût des belles choses.

 

" UNE INSULTE "

 

Tandis que les courtiers savouraient ces mets et ces nectars, le Parti socialiste, en Belgique, a dénoncé ces agapes. " Le monde de la finance a perdu toute décence et en vient ainsi à jouer avec des sommes dépassant tout entendement, tandis que d'autres triment pour boucler les fins de mois ", s'est insurgé le PS, condamnant " une insulte à l'égard de milliers d'épargnants, d'investisseurs et de l'Etat ".

" L'événement est prévu depuis des mois et s'inscrit dans le cadre d'actions commerciales habituelles ", précise Fortis dans un communiqué.

Paul barelli (Nice, Correspondant)

© Le Monde

03.10.2008

la France a sacrément besoin d'un projet politique de gauche

Changer à gauche pour changer la France

Pouvons-nous à gauche nous contenter de confier notre avenir à un héros présidentiel, sans nous préoccuper de notre capacité à construire des projets partagés et efficaces pour mettre en oeuvre nos valeurs de solidarité, d'égalité ?

Pouvons-nous croire que la fraternité est une mystique transcendantale qui se décrète et non une construction quotidienne, à travers des règles collectives justes et démocratiques, pour réconcilier les antagonismes inhérents à toute vie en société ?Bouton250_a_2

Bien sûr qu'il est plus agréable d'aller à un concert que dans une réunion de travail conflictuelle sur la construction d'un projet politique.

Bien sûr qu'il est plus facile de confier son avenir à autrui que de le négocier soi-même.

Bien sûr qu'il est plus facile d'aller avec ceux qui vous ressemblent que de chercher à trouver des convergences avec ceux qui ont les mêmes valeurs, pas les mêmes solutions.

La politique n'est pas un espace fusionnel de satisfaction personnelle et d'idéal réalisé, c'est une arène de confrontation d'intérêts, de valeurs, un équilibre qui s'obtient par des solutions démocratiques c'est-à-dire capables de fédérer une majorité.

Changer à gauche pour se préoccuper plus de construire des solutions partagées que d'affirmer des identités de sensibilités.

Changer à gauche pour construire des équipes cohérentes plutôt que des leaders charismatiques.

Changer à gauche car, pour changer la France, il faut être capable de parler d'une seule voix et de convaincre une majorité de nos concitoyens.

Et la France, elle a sacrément besoin d'un projet politique de gauche qui protège correctement les plus vulnérables, investisse l'avenir et porte à l'échelle du monde des projets de développement durable, que ce soit sur le plan écologique ou sur le plan social.

Alors oui,  mes aspirations de citoyens, mes convictions de militante de gauche, mes expériences d'élue locale font que la démarche portée par Martine Aubry me plait car elle engage une rénovation durable de nos modes de travail, elle remet au centre la nécessité de se mettre d'accord entre nous comme une première priorité pour obtenir la confiance de nos concitoyens.

 

My Photo

 Marie-Laure Meyer,

citoyenne de Nanterre,

devenue élue locale socialiste

http://www.marielauremeyer.com/

pour signer la motion, ici  

 http://www.changeragauche.net/

bandea 468x60 px

Marilyse Lebranchu : Cessons les faux débats

Vendredi, octobre 3, 2008, 12:55

Tribune parue dans L’Humanité du 3 octobre 2008

La France souffre. Chaque nouvelle annonce, chaque nouveau projet de Sarkozy est une nouvelle régression sociale, une attaque contre nos libertés publiques, un piétinement de la laïcité. Pas un jour sans une démonstration de plus de la volonté de faire triompher le libéralisme et ses valeurs dans notre pays. Taxation des revenus de l’épargne, privatisation de la Poste sont les quelques exemples des dernières semaines. Tout cela dans un contexte économique et social dramatique qui voit se succéder les crises (subprimes, alimentaires, énergétiques, immobilières, militaires…) et qui reste sans réponse de l’Etat.

Nombreux sont ceux qui au PS estiment qu’il est temps de proposer aux Français une autre perspective, une nouvelle orientation.

Pour cela, il nous faut retrouver le chemin de la politique, du débat, de la confrontation.

La première étape consiste à redonner au PS sa force et son assise sociale, restaurer son corpus idéologique, retrouver le sens du travail collectif, définir clairement ses alliances électorales.

Ces conditions de reconquêtes politiques passent par la constitution d’une majorité d’idées et de projets pour le PS, une majorité cohérente l’ancrant à gauche actant son obligatoire rénovation, le renouvellement de ses responsables, une majorité qui estime qu’il ne faut pas présidentialiser le Parti.

On dit le PS moribond, en panne d’idées, je le conteste. J’en cite quelques unes : la revalorisation du SMIC, la conditionnalité des versements d’exonérations de charges à la conclusion d’accords sur les salaires ; l’élargissement de l’assiette des cotisations sociales patronales à tous les revenus en créant une CSG patronale en remplacement des cotisations sociales employeurs…Nous remettrons en cause les mesures injustes de la loi TEPA, les stocks-options devront supporter les mêmes charges que les salaires et nous travaillerons au rallongement des durées d’indemnisation du chômage en période de récession.

Au-delà du PS, c’est l’ensemble de la gauche politique, syndicale, associative et mutualiste qu’il faut remettre en mouvement.

La gauche est forte quand elle sait se conjuguer au pluriel. Pluriel dans l’élaboration du projet politique que nous aurons à porter devant les Français, pluriel dans son expression pour restaurer la prééminence des valeurs de gauche dans le débat public, pluriel dans l’émergence de nouveaux responsables. C’est notre premier objectif politique. Nous ne faisons pas de préalable à la constitution d’un grand parti de la gauche. Notre préalable est la recherche d’une ligne nouvelle et fédératrice des forces de gauche, ouvertes à toutes celles et tous ceux qui souhaiteront prendre des responsabilités gouvernementales. La question de son organisation institutionnelle est ouverte. Mais pour cela, cessons les faux débats.

Fondamentalement, je crois mortifère pour la gauche de continuer à faire vivre artificiellement une opposition entre les tenants du Oui et du Non à l’occasion du TCE, sauf à estimer que nous n’avons plus rien à faire ensemble. Face aux dérèglements du Monde, à la folie de la financiarisation de l’économie, il est nécessaire d’aller vers plus d’Europe sociale et politique qui prenne les difficultés des citoyens à bras le corps.

Nous devons mettre la monnaie au service de la croissance et de l’emploi par une modification des statuts de la BCE, faire progresser l’Europe sociale par la mise en place d’un salaire minimum dans chaque membre de l’Union, améliorer les conditions de travail et s’engager à réduire le travail précaire.

Une Europe sans industrie n’aurait pas de sens. Les succès d’Ariane et d’Airbus incitent à déployer une véritable politique industrielle européenne, dans une logique de conquête, d’innovation, d’indépendance et de création, et non dans une routine de concentration de l’existant. La lutte contre le changement climatique sera sans doute la source de nombreux développements nouveaux, autant que les logiciels, les industries de santé ou les matériaux. C’est donc d’un plan européen d’investissements dans la recherche comme dans les infrastructures dont nous avons besoin.

Les élections européennes de juin 2009 ont une importance particulière, car c’est maintenant que l’Europe définit son budget et ses principales politiques – politique agricole commune, politique de cohésion – pour la période 2013-2020. Mais surtout, c’est l’occasion pour la gauche européenne d’incarner un nouvel espoir en conquérant la majorité au Parlement en proposant une orientation rompant avec les recettes néolibérales, et donc peser sur la désignation de la Commission. C’est pour cela que les élections européennes de 2009 sont aussi importantes que les élections américaines de 2008.

 

pour signer la motion, ici  

 http://www.changeragauche.net/

bandea 468x60 px

02.10.2008

Faut-il brûler Vincent Peillon ?

Publié le 02/10/2008 N°1881 Le Point par Alain Duhamel

 

Vincent Peillon vient de réussir une prouesse peu banale : ce jeune lieutenant de Ségolène Royal (il n'est pas encore quinquagénaire) est parvenu à déclencher une furieuse polémique avec un essai conceptuel, exigeant, presque savant, intitulé « La Révolution Française n'est pas terminée » (1).

Qu'un homme d'appareil professionnel, tacticien déjà chevronné, se trouve ainsi au centre d'une querelle académique acharnée, cela ne se produit pas tous les dix ans. Il est vrai que Vincent Peillon est le prototype même de l'intellectuel socialiste entré en politique, muni d'une agrégation et d'un doctorat.

La ruse diabolique de Vincent Peillon est d'avoir, avec le titre de son livre, agressé une des icônes de la gauche intellectuelle de la génération précédente, le grand historien François Furet : celui qui avait proclamé que « La Révolution française est terminée », signifiant par là que, avec l'enracinement de la IIIe République, la Révolution l'emportait définitivement. Vincent Peillon ne l'entend pas de cette oreille et prend un malin plaisir à contester point par point toute les thèses brillantes (souvent convaincantes) de Furet : la supériorité de 1789 sur 1793, l'échec politique flagrant de la IIe République, l'aveuglement des interprétations marxistes traditionnelles de la Révolution. Du coup, Le Nouvel Observateur s'émeut, les historiens prennent parti, Vincent Peillon rompt des lances avec une mauvaise foi allègre.

Son livre mérite pourtant mieux qu'une trop habile mise en scène.

Il n'a pas tort quand il démontre que ni Marx ni Tocqueville n'ont pris la mesure de ce que signifiait la Révolution de 1848, même s'il n'a pas raison lorsqu'il les confronte à 1789 : l'apport de Tocqueville, comme d'ailleurs celui de Furet, est là-dessus aussi novateur que décisif. D'ailleurs, l'ambiguïté de l'ensemble de « La Révolution française n'est pas terminée » est que la polémique recherchée occulte largement la réflexion engagée.

Car Vincent Peillon touche juste lorsqu'il décortique les liens entre le socialisme et le libéralisme. Il intéresse et il intrigue quand il revendique même le libéralisme au nom du socialisme, rencontrant ainsi par hasard un thème mis en avant par Bertrand Delanoë, son adversaire dans la lutte féroce au sein du PS. Il exagère bien entendu lorsqu'il dénie presque aux libéraux le droit de se réclamer du libéralisme : toujours la volonté de choquer pour s'imposer dans le débat.

Le plus original est cependant ce qui concerne le supplément d'âme que Vincent Peillon cherche à accrocher au socialisme républicain. Conscient des limites du projet socialiste actuel, il voudrait pouvoir lui restituer une dimension quasi spirituelle, presque transcendantale.

Il s'appuie pour cela sur les socialistes utopiques du XIXe siècle (Fourier, Leroux, Louis Blanc), mais aussi sur l'historien Edgar Quinet, sur le philosophe Charles Renouvier, sur le sociologue Emile Durkheim, sur le président du Conseil radical Léon Bourgeois et, bien entendu, sur Jaurès.

A sa manière, Peillon le philosophe rêve d'une dimension néoreligieuse du socialisme, en toute laïcité, bien sûr. Est-ce ce qui l'a séduit chez Ségolène Royal ?

1. « La Révolution française n'est pas terminée », de Vincent Peillon (Seuil, 214 pages, 16 E).

Dexia : la trop grande générosité française ?




L'Etat s'est-il précipité pour sauver Dexia ? A-t-il payé trop cher pour secourir une banque dont la France ne détenait que 12 % et qui était contrôlée et gouvernée par la Belgique ? Aurait-il pu procéder différemment ? L'accord négocié dans la nuit de lundi 29 à mardi 30 septembre n'est-il pas excessivement favorable au camp belge ?

Mercredi 1er octobre, les autorités politiques et financières françaises ne pouvaient s'empêcher de s'interroger sur les contours du sauvetage à 6,4 milliards d'euros, dont 3 milliards d'euros à la charge de la France (2 milliards pour la Caisse des dépôts et consignations, 1 pour l'Etat, qui sera, finalement, levé sur les marchés), de la banque franco-belge Dexia.

Tout, en effet, est allé très vite, pour éviter une faillite qui aurait certainement déclenché une panique bancaire en Belgique, mis en péril le financement des collectivités locales françaises et, finalement, ébranlé tout le système bancaire européen.

Si personne n'a grand-chose à dire sur la méthode - un exemple réussi de coopération politique transfrontalière -, les termes de l'accord négocié dans l'urgence sont, en revanche, plus discutés.

" L'opération a été conduite en des temps records, avec une grosse pression des autorités belges qui souhaitaient que la France, berceau du Crédit local de France - la banque qui a donné naissance à Dexia, après sa fusion avec le Crédit communal de Belgique, en 1996 - , assume un maximum de responsabilités même si elle n'était plus qu'un actionnaire minoritaire ", témoigne un participant aux négociations. " Et puis, ajoute-t-il, on n'avait pas le choix, il fallait intervenir. L'Elysée et le ministère des finances voulaient agir pour enrayer la crise, dans un climat de tensions extrêmes. C'était une affaire de 24 heures ! "

De fait, quand la France est avertie des problèmes de liquidités de Dexia, dans la soirée de vendredi 26 septembre, l'Europe est en train d'être gagnée par la crise financière venue des Etats-Unis. La banque belgo-néerlandaise Fortis est au bord de l'asphyxie et le plan américain de sortie de crise, censé soulager le système financier mondial, commence à susciter de vifs débats outre-Atlantique.

Après deux réunions à distance, organisées en urgence dans le week-end, un conseil d'administration de crise est convoqué lundi 29 septembre au soir, en Belgique. A leur arrivée à Bruxelles, Augustin de Romanet, le directeur général de la CDC, et Emmanuel Moulin, le représentant du ministère des finances, ont la surprise d'y trouver le premier ministre belge, aux côtés des ministres des finances belge et luxembourgeois. La discussion s'annonce délicate.

Après de longues heures de discussions, un accord est trouvé. Le curseur de la recapitalisation est arrêté sur 6,4 milliards d'euros. La somme est élevée mais elle confère à Dexia - dont le total de bilan atteint 623 milliards d'euros -, un coussin de sécurité d'un milliard nécessaire pour faire face à ses risques futurs, et un ratio de solvabilité confortable de 14 %.

La France a payé une quote-part élevée dans l'opération et n'obtient qu'une minorité de blocage avec 25 % du capital. Mais à 5 heures du matin à l'Elysée, Nicolas Sarkozy valide l'accord, conscient d'avoir évité le pire.

Anne Michel

© Le Monde

Toutes les notes