Les candidatures pour les élections européennes de juin, ouvertes depuis le 2 février, continuent d’affluer à la direction du PS. Précision : la lettre doit être adressée à la première secrétaire en personne. A compter de la semaine prochaine, les commissions électorales de chacune des huit grandes régions se réuniront pour élaborer les listes. En fait, celles-ci sont arbitrées au plan national par les courants, représentés à la proportionnelle de leur influence, via la commission électorale centrale (qui se tiendra les 18 et 27 février). Le conseil national du 28 février devra les avaliser. Les militants se prononceront le 12 mars.
Grilles de départ. Les situations vont se décanter la semaine prochaine mais, en attendant, les grilles de départ se constituent.
En Ile de France, la tête de liste sera probablement confiée à Harlem Désir, delanoïste et bras-droit de Martine Aubry, député européen sortant. Il dispose du soutien de cinq des sept premiers secrétaires fédéraux sortants ce qui devrait contraindre Benoît Hamon, bras-gauche de la première secrétaire et lui-aussi eurodéputé sortant (mais dans la région grand-Est), à se satisfaire de la troisième place. La fabiusienne Pervenche Berest, sortante, brigue la troisième place. Pour la cinquième, le choix pourrait se porter entre la strauss-kahnienne Michèle Sabban et la royaliste Dominique Bertinotti. De son côté, Malek Boutih a fait acte de candidature.
Autre situation compliquée : la région Nord-Ouest. Gilles Pargneaux, premier secrétaire fédéral du Nord et artisan controversé de l’élection de Martine Aubry est en lice. Vincent Peillon, député sortant et leader de la minorité pro-Royal souhaite être reconduit de même que le fabiusien Henri Weber. Ce qui fait beaucoup de monde. Du côté des candidates, Marie-Noëlle Lienemann compte sauver son siège mais Clotilde Valter, secrétaire nationale à la défense, est aussi sur les rangs. Dans la région sud-est, Patrick Mennucci, soutien de Ségolène pendant le congrès, lorgne sur la direction de la liste. Sa crainte : que Vincent Peillon soit « exfiltré » vers son fief et prenne sa place. On parle également de Najat Belkacem comme candidate, de même de Razzy Hammadi alors que Bernard Soulage, qui vient de succéder à Michel Rocard, aimerait bien conserver sa place. Dans le « grand-Centre », André Laignel, 66 ans et toujours fabiusien, n’abdique pas. Laurent Baumel, strauss-kahnien pro-Aubrystes, a fait acte de candidature.

Motion A sous pression. La concurrence risque d’être particulièrement âpre au sein de la motion A (Delanoë). Celle-ci compte douze députés sortants alors que, selon les évaluations, son « quota » - calculé en fonction de son influence électorale et le nombre estimé d’élus socialistes en juin - ne devrait pas dépasser 6. Parmi ceux qui devraient être « sauvés », figurerent nombre de jospinistes historiques (Harlem Désir, Kader Arif, Clotilde Valter). Le « hollandais » Stéphane Le Foll (Ouest) et la strauss-kahnienne Catherine Trautmann comptent eux aussi être reconduits. Renouvellement. La commission électorale réunie le 3 février a fixé quelques règles qui pourraient bien influer sur la course à la candidature. Il a été décidé que les élus au parlement européen ne devront pas cumuler leur mandat avec la direction d’un exécutif local quel qu’il soit (en dessous de 3 500 habitant pour une responsabilité de maire). La nécessité du « renouvellement » a également été mise en avant. On verra jusqu’où ces promesses seront tenues.
Sondages. Parmi les 31 sortants, 26 se représentent. Rue de Solferino, on s’attend à un nombre de députés compris entre 19 (hypothèse basse) et 24 (hypothèse haute) sachant qu’il faut tabler, grosso-modo, sur un député pour 1% des voix. Loin des 28,9% de 2004, les derniers sondages accordent entre 19,5% et 22% des voix aux listes socialistes. Tendances principales : l’UMP serait légèrement devant le PS alors que, derrière, le MoDem serait fortement concurrencé par les listes Verts-Cohn Bendit-Bové. Les listes d’Olivier Besancenot distanceraient nettement le reste de la troupe « gauche de la gauche ». Sans être enthousiasmantes, ces évaluations ne sont pas trop inquiétantes pour le PS. Un bémol : dans ce genre d’élection, le score des partis de gouvernement a souvent tendance à reculer à mesure que l’on s’approche de la date du scrutin. Or, celui-ci aura lieu le 7 juin…
Jean-Michel Normand




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