14.07.2009

l’unité de toute la gauche contre toute la droite

*Posté dans Politique blog D&S par Gérard Filoche le 13 juillet 2009

 

Il y a aujourd’hui à gauche un « déni d’unité » comme si les composantes de celle-ci ne se rendaient pas compte du danger face au sarkozysme menaçant tout azimut les droits sociaux et républicains.

 

Face à l’offre d’unité de la gauche de Martine Aubry, les réponses négatives fusent. Alors que le vent de la responsabilité, de l’urgence devrait souffler pour l’unité, les uns et les autres tirent dans des directions contraires.

 

On a au moins quatre réponses actuellement :

 

- 1° pas d’unité assumée,

- 2° unité mais avec la droite,

- 3° petit front de gauche,

- 4° moyen front de gauche…

Reste à faire triompher le grand front de toute la gauche !

 

 

 

 

1°) La réponse la plus irresponsable est sans doute celle de Cohn-Bendit qui choisit de s’en moquer.

 

Il explique qu’il n’est ni de droite, ni de gauche, ni du centre, que tout cela est faribole.

 

Ce gars-là, il est vrai, n’a pas de classe. Pas de classe sociale.

L’individu n’a pas de racines parmi les 91 % de la population active qui produisent l’essentiel des richesses de ce pays et n’en reçoivent pas la part qu’ils méritent. Vous l’avez déjà entendu évoquer l’exploitation, la violence et la souffrance au travail ? Il ne connaît pas. Il erre dans la stratosphère des médias, voit les choses de haut à la Yann-Arthus Bertrand. Ce n’est pas un syndicaliste, le syndicalisme l’ennuie… Ce n’est pas un défenseur des salaires, de la protection sociale, non, seulement « de la nature » !

C’est sans doute pourquoi une partie des Verts avec Martine Billard vient de fuir les Verts dans la mesure où ceux-ci sont retombés entre les mains des « ni ni », ni gauche, ni droite. Cohn-Bendit, c’est Waechter en plus mondain. Cohn-Bendit c’est celui qui, en 2008, va rendre visite à Sarkozy et lui offre son livre « Forget mai 68 ! » : ça ne pouvait que faire plaisir à un président partisan de « liquider mai 68 ». Cohn-Bendit n’a aucunement la volonté de donner la priorité à « battre la droite » et Sarkozy.

 

Mais est-ce que « Europe écologie » est vraiment avec José Bové, et la majorité des autres Verts comme Noël Mamére, Yves Cochet, engagée dans un déni d’alliance avec la gauche pour battre Sarkozy ? Déjà, il y a dix ans Cohn-Bendit avait tenté de faire une OPA sur les Verts pour les recentrer, les dévoyer dans des combines politiciennes. Y parviendra t il sans résistances ce coup-ci ?

 

Les Verts ont leur place et leurs devoirs au sein de la gauche, dans un front impératif si on veut avoir la chance de battre Sarkozy et de reconstruire une République sociale et écologiste. Pour sauver la banquise il ne faut pas se livrer aux banquiers.

 

2°) La deuxième, non moins dangereuse, fait le succès inattendu d’un disparu : Robert Hue.

 

Celui-ci est devenu subitement la coqueluche des médias parce qu’il accepte l’unité avec le Modem. Du coup il est invité par François Hollande chez les ex trans-courants de Lorient ! Il est invité par Peillon, Guérini, avec De Sarnez à Marseille. Voilà une nouvelle variante droitière de l’unité, du « front populaire » : un gros morceau de gauche, une exclusive contre le reste de la gauche, et une alliance avec un morceau de la droite. Une coalition arc-en-ciel, comme ils disent, mais sans rose ni rouge… ni verts. Ils vont inventer une autre couleur, c’est sûr : on les verra en orange, avec Valls, histoire de bien marquer la rupture « moderne » avec 100 ans de socialisme. Cette voie de Hue-Peillon-Hollande est une variante de ce qui s’est passé en Italie et y a tué à la fois le PCI et le PSI : derrière le « pacte d’unité progressiste » signé par Hue, Rebsamen, on voit bien qu’il ne s’agit pas d’unité du camp de la gauche, mais d’une nouvelle coalition interclassiste.

 

C’est une sorte de choix à la SPD, troisième voie : plutôt que d’unifier la gauche, on s’unifie avec la droite ! Il ne manquera plus qu’un « Prodi » local et le Sarkozy-Berlusconi se fera ré élire. Ça devrait davantage plaire à Cohn-Bendit (mais encore moins à Martine Billard). On ne sait pas encore clairement ce que sera la réponse du PCF officiel :

aller dans la voie d’Hue ou dans celle de Mélenchon ? On ne sait pas non plus ce que sera le choix de la direction du PS… si l’unité de la gauche ne se fait pas.

 

Le tiraillement est évident. Rien n’est joué. Mais pourquoi ? Parce qu’il n’y a pas d’autre stratégie gagnante que l’union de la gauche : si on ne l’assume pas complètement, on dérive d’un coté ou de l’autre. Car il y a dans les « autres gauches » autant de « visions » que de groupes et sous groupes, alors chacun donne une stratégie de remplacement, d’attente, et le PS, indécis peut aller d’un bord ou de l’autre. Les forces centrifuges sont évidemment, férocement, à l’œuvre.

 

3°) La troisième, c’est celle du NPA : « Niet ».

 

Rien à faire avec l’unité de toute la gauche. Entretenons la division. On préfère un « petit » front de gauche bien radical, sans le PS, même s’il ne sert à rien puisqu’il demeure incapable de gagner la majorité et de prendre le pouvoir. Et l’on somme ses alliés possibles… sur leur capacité de résistance à l’attraction de l’unité… Le problème est que ça correspond en partie à la démarche de Martine Aubry puisque celle-ci, justement, ne s’est pas adressée au NPA.

 

Le NPA dit qu’il ne veut pas, le PS ne lui propose pas… Cela peut durer des années… au plus grand profit de Sarkozy. Car chacun sait que la gauche ne peut être majoritaire si elle est divisée… La responsabilité de part et d’autre serait de proposer l’unité sans préalable, sans exclusive, quitte à en discuter âprement le contenu : et les électeurs de gauche jugeraient qui a raison ou tort… Mais non, Olivier Besancenot s’en tient à un superbe « rien sans nous, rien avec eux » du haut de ses

5 % obtenus aux européennes.

 

Pourtant chacun note que des résistances existent au sein du NPA, que celui-ci a connu une scission puis une hémorragie du seul fait de son sectarisme lors des européennes du 7 juin, qu’une tendance en son sein est née qui réclame une stratégie de front unique… Est-ce que ce petit parti va pouvoir rester isolé, bloquant la situation éternellement et laissant la droite agir et se faire ré élire ? Ce n’est pas sûr non plus.

 

4°) La quatrième, c’est la réponse de Jean-Luc Mélenchon qui s’est empressé de rejeter vigoureusement l‘offre de Martine Aubry en l’accusant de jouer « double jeu ».

 

C’est peut-être vrai mais comment prouver à des millions d’électeurs qu’il s’agit d’un double jeu si on refuse de jouer la partie ? Ce n’est pas la première fois dans l’histoire qu’il y aurait des propositions d’unité insincères. On peut croire que Martine Aubry a rédigé une lettre d’invitation à l’unité à gauche pour répondre aux exigences de l’aile gauche de son propre parti mais sans avoir l’intention de mener à bien une telle bataille. D’ailleurs le fait qu’elle ait délibérément omis d’inviter le NPA dans l’unité de la gauche, pourrait paraître un signe.

 

Et le fait qu’elle ne place pas clairement la discussion d’un programme commun avant de parler « maison commune » est en effet problématique :

dans quelle direction, sur quel programme l’unité peut-elle se réaliser ?

Ceci dit, c’est toujours comme cela… Quoi de neuf ? Pourquoi refuser le défi ? L’unité est un combat. Il faut lever les obstacles un à un. Il faut que les militants s’impliquent et impliquent les électeurs, le salariat. Pour cela, il faut engager les discussions, les rendre publiques, les suivre, proposer non pas refuser.

 

Quand on refuse a priori d’affronter un (banal, ordinaire) « double jeu », c’est qu’on n’est pas sûr de soi et parce qu’en fait on ne souhaite pas, non plus, l’unité. Et, de facto, on se demande si Mélenchon ne propose pas un « super NPA » c’est-à-dire un « moyen » front de gauche qui rassemble toute « l’autre gauche », mais avec une exclusive, le PS… La stratégie serait la même que le NPA : dépasser d’abord le PS. Elle ne divergerait que plus tard : après avoir dépassé le PS, il serait possible de s’allier avec lui dans des conditions de rapport de force inversées

 

Mais cette stratégie aléatoire en deux temps… prendrait tant de temps qu’elle laissera Sarkozy gagner 10 régions en 2010 et se faire ré élire en 2012 !

Quand on en est deux groupements à 5 ou 6 % des voix, face à un parti qui a 2 villes sur 3, 61 % des départements, 2 régions sur 3, 200 députés, pareille stratégie défie l’entendement : le dépasser avant de s’allier ?

 

C’est l’argument que le NPA utilisait avant les européennes pour refuser le « moyen » front. Maintenant, c’est l’argument de Mélenchon : on refuse le « grand » front tant qu’on n’est pas les plus forts à l’intérieur. C’est stupide ! (car le seul moyen de devenir éventuellement plus fort, c’est de l’accepter). Ce n’est qu’une autre version de la division.

 

 

 

Il n’y a qu’une seule réponse cohérente à mettre en avant face à toutes ces tentations : l’unité de toute la gauche contre toute la droite. Et pour la réussir, il faut un programme commun de transformation sociale profonde.

 

On doit se battre pour que le PS propose l’unité à toute la gauche et non au Modem. On doit se battre pour que d’abord un programme commun soit débattu. Mais pour lancer la dynamique, on doit publier sa propre proposition de programme à l’intention de tous les partis de gauche (sans exclusive, des Verts au NPA) et à l’intention de tous les électeurs de gauche, en proposant des modalités de confrontation des propositions de tous les partis de gauche afin d’arriver à un accord :

rencontre nationale de ces partis, rencontres locales, puis assises locales publiques co-organisées par ces partis et états généraux nationaux… Et ensuite pour des candidatures communes et une candidature unique à la présidentielle, meilleur moyen, dès le premier tour, d’affronter puis de battre Sarkozy.

 

Devant les vents contraires, les paroles brouillées, les petits calculs qui ne sont pas à la hauteur de l’enjeu, il me semble que l’on peut s’appuyer sur les aspirations majoritaires dans le salariat à l’unité pour battre Sarkozy. Pour l’heure, les propos des « chefs » de clan, ou de groupes sont inconnus du grand public de gauche, mais ils vont forcément se heurter à la volonté unitaire.

 

Ras le bol de toutes ces manœuvres : ni front avec la droite, ni petit, ni moyen front de gauche, pour un front de toute la gauche ! Ne pas attendre, ni « laisser faire » : car à force de se repousser les extrêmes de la droite de la gauche et de la gauche de la gauche vont tuer toute chance de battre Sarkozy.

 

Au cœur de la gauche, on doit appeler toutes ses composantes, à se rencontrer, à débattre de la base au sommet, en urgence. Un « appel à l’unité de toute la gauche » géant est nécessaire. Car le temps compte désormais : sauf explosion sociale, toujours possible, souhaitable et capable de hâter et de faciliter un tel processus, les régionales sont dans neuf mois et la présidentielle dans 33 mois.

 

Gérard Filoche, le lundi 13 juillet 2009

13.07.2009

Le désarroi des dirigeants du PS s'accentue

Le Parti socialiste broie du noir. Alors qu'à pareille époque, on se bousculait pour s'inscrire à l'université d'été de La Rochelle, événement touristico-politique de la fin août, les inscriptions ont démarré plus que laborieusement. Les dernières réunions de section, début juillet, n'ont pas fait recette et dans certains départements, les conseils fédéraux se sont mis en sommeil plus tôt que prévu.

"De la base au sommet, tout le monde est ébranlé", résume Vincent Peillon. Lapidaire, un autre responsable considère que "l'arbre est sec". Claude Bartolone, secrétaire national aux relations extérieures, exprime lui aussi le désarroi distancié qui semble avoir gagné la plupart des dirigeants socialistes. "Une chose est sûre, dit-il, les électeurs ne nous trouvent ni utiles ni sympathiques. En revanche, il est une question à laquelle je n'ai pas de réponse : avons-nous, socialistes, envie de rester ensemble ?"

"OPPOSANT EN DÉCONFITURE"

"Aux européennes, le scénario catastrophe s'est produit, soupire Pascal Terrasse, député et président du conseil général de l'Ardèche. On ne sait plus par quel bout prendre le problème. Critiquer la direction ? C'est donner le sentiment de tirer contre son camp au pire moment. Ne rien dire ? C'est passer pour un mouton de Panurge." David Assouline, sénateur proche de Ségolène Royal et membre de la direction, continue d'espérer un déclic à la rentrée de septembre. "Je ne crois pas à un sursaut salvateur six mois avant la présidentielle de 2012 ; il va donc falloir que quelque chose se produise, et vite, sinon tout sera irrémédiablement compromis", prévient-il.

Alors que l'état-major s'efforce de créer "une dynamique sur le projet" et appelle à "la bataille des idées", la plupart de ceux qui comptent au PS se préoccupent d'abord des élections régionales de mars 2010. Un rendez-vous qui s'annonce délicat, comme en témoigne le peu d'écho rencontré par les multiples appels à l'unité lancés vers les alliés de gauche.

Face à un secrétariat national encore mal remis de la déconvenue des élections européennes, les présidents socialistes sortants comptent garder la haute main sur la préparation de ce scrutin, y compris pour ce qui concerne les alliances. "La seule bouée de sauvetage dont dispose le PS dans la perspective des régionales, ce sont ses élus", prévient Gérard Collomb. "La question est de savoir s'ils sauront s'organiser pour peser sur la ligne du parti", ajoute le maire de Lyon, qui se verrait bien réactiver "La Ligne claire", éphémère groupement de barons socialistes constitué avant le congrès de Reims.

Hormis Manuel Valls, qui compare la première secrétaire du PS au chef d'orchestre du Titanic, le navire socialiste dans la tourmente s'efforce de l'épargner. Ses adversaires, en particulier les amis de Ségolène Royal qui avaient critiqué Martine Aubry pendant la campagne des élections européennes, la jugent affaiblie mais louent son "courage"... tout en admettant qu'il n'existe pas de solution de rechange. "Si quelqu'un veut ma place, je la lui cède tout de suite", lance Mme Aubry sur un air de défi. "Je vais être davantage moi-même", assure la première secrétaire qui compte, dès septembre, prendre son bâton de pèlerin pour participer à un "Tour de France du projet" et multiplier les visites dans les fédérations.

S'ils refusent de mettre en cause la responsabilité personnelle de Mme Aubry, nombre de responsables socialistes la trouvent cependant "mal à l'aise dans ses habits de première secrétaire" et assurent que "Martine", présente deux jours par semaine à Paris, "n'est pas vraiment heureuse rue de Solferino". "Je l'ai reçue chez moi, à Nantes, en sa qualité de maire de Lille. Elle était vraiment souriante, très détendue...", souligne Jean-Marc Ayrault, président du groupe socialiste à l'Assemblée nationale qui admet à demi-mots le contraste entre la maire de Lille et la première secrétaire du PS.

Les socialistes ne doivent pas compter sur les spécialistes de science politique pour leur mettre du baume au coeur. Zaki Laïdi, directeur de recherches à Sciences Po, ne cache pas son pessimisme. "Depuis une dizaine d'années, les socialistes avaient compensé leur perte de confiance idéologique par une confiance en eux-mêmes. Aujourd'hui, ils ont aussi cessé de croire en eux-mêmes ", affirme-t-il.

Quant au diagnostic de Laurent Bouvet, professeur à l'université de Nice, il est sans appel : "Le PS est à l'agonie. Ce parti ne peut tout simplement plus apparaître comme susceptible de représenter une alternative crédible pour le gouvernement du pays." Récemment, une grille de mots croisés proposait, pour un sigle en deux lettres, la définition suivante : "Opposant en déconfiture".

Jean-Michel Normand

26.06.2009

Du rififi au Ministère...

Pour être clair...sur les opinions sur l'Iran en France et essayer de comprendre pourquoi le problème est complexe :

" Les problèmes ne cherchent pas les gens, ce sont les gens qui cherchent les problèmes. "

 On subodorait que l’approche radicale de certains cercles dirigeants français sur l’Iran ne faisait pas l’unanimité. En voici une nouvelle preuve.

La Délégation aux affaires stratégiques du ministère de la Défense (DAS) n’autorise plus certains chercheurs, qu’elle avait l’habitude de solliciter, à écrire des analyses sur l’Iran. La DAS les considère trop « favorables à Téhéran, ou pas assez critiques » sur la question du nucléaire, qui oppose la République islamique à la communauté internationale.

Mais cette censure mécontente fortement d’autres départements au ministère, notamment la Direction des renseignements militaires (DRM), qui regrette que leur maison se prive de telles sources d’informations.

La DRM l’a fait savoir en envoyant une « note blanche » au ministre de la Défense, Hervé Morin, au chef d’état-major des armées, le général Jean-Louis Georgelin, et à Bernard Bajolet, le coordonnateur du renseignement à l’Elysée.

Ironie de l’histoire, l’un des chercheurs censurés, Bernard Hourcade, a été invité à plusieurs reprises aux Etats-Unis ces derniers mois pour « briefer » quelques-uns des principaux responsables du dossier Iran, le général David Petraeus, et les diplomates Denis Ross et William Burns.

Un comble! Pourquoi?

La DAS est dirigée depuis 2007 par Michel Miraillet, ancien numéro deux de l’ambassade de France en Israël, à l’époque où Gérard Araud, haut-responsable du Quai d’Orsay, était l’ambassadeur.

Considérés par leurs collègues diplomates comme des « néoconservateurs à la française », les deux hommes ne cachent guère leur approche très dure contre l’Iran, focalisée sur le nucléaire, en oubliant les autres composantes de l’équation iranienne. D’où la mise à l’écart de spécialistes, qui s’attachent justement à mettre en perpective les aspirations de Téhéran à posséder la bombe.

« On est malheureux, reconnaît-on à la DRM. Il y a une censure intolérable à la DAS sur l’Iran », se plaint un de ses responsables.

Cette affaire n’est que la partie émergée de l’iceberg. Les spécialistes de l’Iran n’ignorent pas que sur ce dossier, il y a le politiquement correct et le reste.

« Au Quai d’Orsay, mieux vaut également durcir le ton contre Téhéran, si on veut être entendu de sa hiérarchie », nous confiait récemment un diplomate qui suit le dossier iranien. François Nicoullaud, ambassadeur de France en Iran entre 2001 et 2005, avait eu le tort de ne pas se plier à la règle. « On ne l’écoutait pas à Paris », ajoute ce diplomate. Son analyse, étayée par une très bonne connaissance du terrain, était pourtant loin d’être dénuée d’intérêt.

Cette distorsion de la réalité iranienne n’est pas sans rappeler celle qu’on pratiquée les néo conservateurs américains sur l’Irak avant la guerre de 2003. Elle inquiète les plus réalistes dans les allées du pouvoir à Paris. Mais ils n’ont pas voix au chapître.

Sur l’Iran, la parole est captée par les « apôtres de la lutte anti prolifération », qu’ils soient à l’Elysée, au Quai d’Orsay ou au Commissariat à l’énergie atomique, et dont beaucoup ont été formés à « l’école du désarmement soviétique ».

Leur prédominance explique en grande partie pourquoi la France est à l’avant garde dans la confrontation avec l’Iran. N’oublions pas les propos maladroits de Bernard Kouchner, le ministre des Affaires étrangères, dès l’automne 2007 sur la nécessite de se préparer à la guerre, si Téhéran n’assouplissait pas sa position sur le différend nucléaire.