29.08.2009

Aubry veut rénover le PS "de A à Z"

AP | 28.08.2009 | 19:37

Martine Aubry s'est engagée vendredi à rénover le PS "de A à Z", proposant notamment d'organiser des primaires ouvertes et d'imposer des règles de non-cumul des mandats. La première secrétaire du Parti socialiste a annoncé une consultation des militants dès le 1er octobre, lors de son discours d'ouverture de l'université d'été de la formation à La Rochelle.

"J'ai défendu avec beaucoup de camarades (...) le non-cumul des mandats comme la désignation de notre candidat aux présidentielles par des primaires ouvertes", a lancé Mme Aubry, au cours de son intervention de 45 minutes -très applaudie- devant les militants socialistes. "Eh bien, on va le faire". "Cette rénovation (...) va être profonde, de A à Z, de C comme cumul des mandats jusqu'à P comme primaires, on va y aller, allons-y!"

"Je considère que c'est aux militants de trancher", a-t-elle ajouté. "C'est la raison pour laquelle j'ai décidé d'organiser une consultation militante le 1er octobre (2009, NDLR), pour que les militants fixent le cap". La première secrétaire du PS a aussi annoncé la tenue d'une convention nationale extraordinaire de modification des statuts du parti "avant l'été 2010". Mme Aubry a exhorté les socialistes à "ouvrir les portes et les fenêtre vers la société, vers la gauche, vers tous ceux qui en ont marre de ce système."

Une fois le "feu vert" des militants acquis, "nous déciderons des modalités tous ensemble", a-t-elle insisté, affirmant que la mise en oeuvre concrète des primaires serait décidée "sans doute au premier semestre 2011".

"Nous en discuterons avec les autres forces de gauche, c'est comme ça qu'on construira la maison commune et non pas en décidant nous-mêmes à la place des autres", a-t-elle poursuivi. "Engageons ces débats, discutons avec eux et décidons tous ensemble".

Par ailleurs, la première secrétaire du PS n'a pas rejeté l'idée d'une éventuelle alliance avec le MoDem, tout en faisant part de ses nombreux doutes et interrogations sur les objectifs de François Bayrou. "Que proposez-vous? Etes-vous prêt à nous rejoindre sur un projet économique, social et écologique?", s'est-elle interrogée en s'adressant directement à lui.

"Le projet a toujours précédé les alliances. C'est incontournable", a répété Mme Aubry, reprenant une phrase de sa tribune publiée la veille dans "Le Monde".

 

Un peu plus tôt, Ségolène Royal, qui était arrivée à ses côtés, avait consacré son discours à détailler son action dans la région Poitou-Charentes. La candidate socialiste à la dernière présidentielle, qui s'exprimait en tant que présidente du conseil régional, en a profité pour dénoncer la création d'une taxe carbone, demandant au Premier ministre François Fillon de "renoncer" à "cet impôt".

Le député Arnaud Montebourg, qui faisait pression pour l'organisation de primaires ouvertes, a aussitôt salué l'"acte d'audace" de Martine Aubry. "Elle a ratifié l'esprit dans lequel nous voulons donner des droits à tous les citoyens de France se réclamant de la gauche pour choisir à la fois leur candidat, mais aussi le projet qui ira avec", a-t-il déclaré sur France Info. Il s'agit d'une "révolution politique majeure", a-t-il commenté. Il s'est déclaré prêt à démissionner de la présidence du conseil général de Saône-et-Loire pour respecter la règle de non-cumul des mandats, une fois que celle-ci sera inscrite dans les statuts du PS, après la convention nationale extraordinaire.

"La tache de la Première secrétaire était de rassembler les socialistes", a commenté Benoit Hamon, le porte-parole du PS, sur i>télé. "Elle s'y est attelée et je crois qu'aujourd'hui on a un premier pas en ce sens, positif". AP

 

 

09.08.2009

Parti Socialiste : quel Au-delà ?

Le Parti Socialiste affiche tous les symptômes de l'agonie. Même la SFIO des années 1960, portant tout le poids de la guerre d'Algérie et de la fin de la IVème République, n'était pas agitée des soubresauts que connaît aujourd'hui son successeur.

Nous sommes bien en une fin de cycle, ouverte par le départ impromptu de Lionel Jospin en 2002. L'on ne dira jamais assez les lourdes conséquences de ce geste solitaire de dépit, pris en dehors de toute analyse politique collective, qui a rompu la chaîne de légitimité au sein du Parti.

Le voilà aujourd'hui peu à peu transformé en parti d'élus locaux : l'on tient des régions, des départements, des communes. Autant de niches qui permettent de voir venir, de récompenser des milliers de militants fidèles, de se consoler des échecs nationaux. Mais ces niches, comme le Parti Communiste en son temps, le Parti Socialiste les perdra à son tour. Si l'on continue ainsi, il lui restera le socialisme municipal par lequel il a commencé, à la fin du XIXème siècle, quelques fêtes de la Rose, puis plus rien.

L'on nous dit que le Parti socialiste, avant même d'avoir besoin d'un leader, a besoin d'un projet. C'est vrai. Pour être lisible et audible aujourd'hui, il devrait être bref, du format que l'on peut lire et commenter à une tribune, et résumer en une minute à la télévision. Le Programme de Bad Godesberg (1959), pourtant très allemand, tenait en sept ou huit pages. La Charte d'Amiens (1905), perfection du genre, contenait trois idées, développées en trente lignes. Elle a porté le projet syndical pendant un demi-siècle, et l'un des principes posés - la séparation entre syndicats et partis - marque encore aujourd'hui notre culture politique.

Enfin ce projet devra être crédible. Il devra pour cela éviter les formules usées ("le juste partage des fruits de la croissance"), et le pathos ("le post-matérialisme"). Il devra s'inscrire d'emblée dans le seul espace de référence qui ait un sens pour agir sur le réel et construire du durable, l'espace européen. Plus personne n'osant croire à l'Europe, c'est donc une longue marche qu'il devra annoncer. Mais ceux qui ont fondé le socialisme n'avaient pas peur de la longue durée. Il faut retrouver le même courage.

Lisible, audible, crédible, ce projet devra enfin être rassembleur. Comment ne pas retomber dans les tristes luttes de motions et de courants? Peut-être en procédant, sur la base de ce projet, au renouvellement général des adhésions. Pour être membre du Parti socialiste rénové, chacun, ancien ou nouveau, aurait à le solliciter et manifesterait par là-même son adhésion au nouveau projet. Un certain nombre, sans doute, choisira alors de partir. Mais d'autres, nouveaux, devraient entrer. Et tous, anciens et nouveaux, se retrouveraient pour adopter, notamment, de nouveaux statuts mettant en place une structure allégée... qu'il serait opportun de doter d'une mécanique inoxydable de contrôle des adhésions et des votes internes.

Bien entendu, pour être pleinement mobilisateur, le nouveau projet devrait s'incarner dans un leader. C'est certainement le point le plus difficile. Peu importe son origine, son parcours politique, son âge ou son profil. Il n'y a pas de règle en la matière, l'histoire enseigne que souvent l'inattendu, et même l'improbable, arrive. L'idéal serait que ce leader émerge dans le processus même d'élaboration du projet, et qu'il en soit le principal inspirateur.

Une telle opération de renouveau peut-elle être conduite dans les deux ans qui nous séparent de la dernière ligne droite avant la prochaine présidentielle? Oui, tout juste, vraiment tout juste, si elle démarrait aujourd'hui. Sinon, la prochaine chance ne se présentera qu'en 2013. Mais que la Gauche gagne ou perde en 2012, la nécessité d'une résurrection du parti : nouveau projet, nouveaux statuts, nouveau mode de fonctionnement, paraît désormais incontournable.

François Nicoulllaud

 

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08.08.2009

Paris réclame la libération immédiate de Clotilde Reiss

Jugée depuis samedi matin à Téhéran, la Française a déclaré avoir remis à l'ambassade de France un rapport sur les manifestations à Ispahan.

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Le Quai d'Orsay a condamné le procès en Iran de Clotilde Reiss et d'une employée de l'ambassade de France à Téhéran, samedi. Le ministère des Affaires étrangères a exigé leur libération immédiate, et réaffirmé que les accusations d'espionnage portées contre la jeune universitaire française étaient "dénuées de tout fondement".

Clotilde Reiss est jugée depuis samedi matin par le Tribunal révolutionnaire de Téhéran. Selon des propos rapportés par l'agence de presse iranienne officielle Irna - la seule autorisée à couvrir le procès -, la Française a reconnu avoir participé, "pour des motifs personnels", aux manifestations de protestation qui ont suivi le scrutin présidentiel en Iran. La jeune universitaire (24 ans) a ajouté que cela était "une erreur" et a demandé "pardon". Clotilde Reiss a prié ses juges de faire preuve de clémence. Son avocat a plaidé sa grâce.

La jeune Française a déclaré avoir remis au service culturel de l'ambassade française un rapport d'une page sur une manifestation à Ispahan, au centre de l'Iran.

Portant un foulard à la mode islamique, Clotilde Reiss doit répondre de participation à une tentative de révolution.

Clotilde Reiss, 24 ans, a été arrêtée le 1er juillet à l’aéroport de Téhéran. Depuis cette date, l’ambassadeur de France n’a pu la rencontrer qu’à une seule reprise. La jeune universitaire, lectrice depuis cinq mois à l'université d'Ispahan, est notamment suspectée d'avoir pris des photos avec son téléphone portable. Les "accusations d'espionnage sont hautement fantaisistes", avait dit Nicolas Sarkozy début juillet.

La tenue de ce procès samedi constitue une surprise. L'ambassade de France n'a d'ailleurs pas pu être représentée au tribunal, ce qui est contraire aux règles internationales de la protection consulaire.

Bernard Hourcade, spécialiste de l'Iran, membre du comité de soutien à Clotide Reiss, dénonce "un procès stalinien" au micro Europe 1 d'Arnaud Saint-Jean :

http://www.europe1.fr/Info/Actualite-Internationale/Proch...

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Londres a protesté formellement contre la présence, parmi les accusés, d'un Iranien travaillant à l'ambassade britannique. Ce dernier a expliqué que la Grande-Bretagne était impliquée dans les manifestations. Ce procès vise toute l'Union européenne et "sera traité en conséquence" a assuré, de son côté, la présidence suédoise de l'UE.

Il s'agit du deuxième procès d'opposants en quelques jours. Dans le box samedi, se trouvent une employée locale de l'ambassade de France dont le fils à Paris a dénoncé des "aveux forcés", un journaliste iranien et plusieurs responsables politiques. Poursuivis pour troubles à l'ordre public et atteinte à la sécurité nationale, les accusés encourent jusqu'à cinq ans de prison. Mais s'ils sont reconnus coupables d'être des "mohareb" (ennemis de Dieu), ils risquent la peine de mort. Les audiences sont interdites à tous les organes de presse, à l'exception des médias officiels iraniens.

Europe1.fr avec Didier François