12.09.2009
Nucléaire : que penser de l'offre iranienne ?
Une réponse alambiquée qui évite la question principale - l'enrichissement de l'uranium - : voilà, en résumé, le contenu de la fameuse offre iranienne, remise mercredi aux représentants des Six puissances internationales. La lettre de 5 pages qui circule depuis vendredi matin sur Internet (cliquer ici pour en lire le contenu) propose les grandes lignes d'un « dialogue » avec l'Occident, mais s'évertue, au grand regret des interlocuteurs de Téhéran, à contourner le sujet principal qui est celui de son programme nucléaire...
Les réactions ont aussitôt été mitigées, mais très discrètes. Le jour de l'offre, aucun diplomate n'était prêt à en commenter le contenu. Ce n'est que vendredi que les premières réactions officielles commencent à transparaître. Et à évoluer d'heure en heure. Après l'avoir jugé redondante, dans un premier temps, le groupe des Six (France, Grande-Bretagne, Etats-Unis, Chine, Russie, Allemagne) semble aujourd'hui vouloir donner sa chance à Téhéran.
« Ce n'est pas une réponse aux questions sur le nucléaire », avait, dans un premier temps, déploré Cristina Gallach, la porte-parole du diplomate en chef de l'Union Européenne, Javier Solana. « Il n'y a vraiment rien de nouveau dans le paquet lui-même », s'était, pour sa part, offusqué un responsable de la diplomatie américaine. Mais les Russes ne partageaient pas le même point de vue. Selon le chef de la diplomatie russe, « il y a matière à creuser ». Résultat : les Américains annoncent maintenant qu'ils continuent à « étudier » le document et qu'ils tiennent à poursuivre les négociations avec Téhéran.
Alors que les Grands de ce monde s'arrachent les cheveux pour trouver la meilleure façon de traiter avec la République islamique, cette nouvelle offre iranienne a rouvert le débat sur les réelles intentions de Téhéran. Voici, en vrac, quelques pistes de réflexion sur l'état d'esprit iranien :
- Le syndrome du « mal aimé » : Ce n'est pas nouveau. Les Iraniens ont un besoin intrinsèque d'être respectés, d'être reconnus par la communauté internationale. Mais ils ont, aussi, leurs raisons. Le traumatisme du Coup d'Etat anglo-américain (1953) contre l'ex-premier Ministre Mossadegh est resté dans les esprits. Ajoutez à cela l'incompréhension de voir l'Occident obsédé par le nucléaire iranien, tandis que d'autres pays en plein développement nucléaire et qui ne sont pas signataires du TNP (Pakistan, Israël...) s'en tirent avec beaucoup moins de bruit... C'est, entre les lignes, ce qui ressort de l'offre iranien. Dans le texte, un message à retenir : celui de vouloir « un cadre international empêchant la recherche, la production, la détention et la multiplication des armes nucléaires, et qui aille aussi vers la destruction des armes nucléaires actuelles ».
- « Faites ce que je dis mais ne faites pas ce que je fais » : Dans son offre, Téhéran évoque la lutte contre le terrorisme, la violence, l'importance de la justice et la promotion de la démocratie... Des mots enrobés de bonnes intentions, mais qui sont accueillis avec des pincettes par les défenseurs de la liberté d'expression, victimes de la répression post-électorale, qui se poursuit trois mois après le scrutin du 12 juin et la réélection d'Ahmadinejad...
- « La faute aux Américains » : Avec Georges W. Bush, l'alibi américain avait bon dos. Aujourd'hui, la main tendue d'Obama, et sa discrétion volontaire sur les conséquences des élections iraniennes font tomber le mythe du « Grand Satan américain »... Ors, l'anti-américanisme fait partie des piliers de la République islamique... La nouvelle politique américaine embarrasse Téhéran. Les hautes sphères du régime vont-elles devoir repenser leur approche ?
- Les mille et une ruses persanes : C'est le propre de la culture iranienne. En Iran, tout se négocie, tout se marchande... Course en taxi, demande en mariage, nucléaire... Un exercice qui commence, cependant, à irriter les interlocuteurs de Téhéran... De plus, certains craignent que l'Iran ne cache une partie de son programme, comme cela a été le cas dans le passé ... D'autant plus que dans le chiisme, la pratique de la « takkia » - l'art de la dissimulation - fait, là encore, partie des mœurs...
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04.09.2009
Chercheurs français en Iran: la DGSE avait prévenu l'ambassade
14:06 Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note
29.08.2009
Aubry veut rénover le PS "de A à Z"
Martine Aubry s'est engagée vendredi à rénover le PS "de A à Z", proposant notamment d'organiser des primaires ouvertes et d'imposer des règles de non-cumul des mandats. La première secrétaire du Parti socialiste a annoncé une consultation des militants dès le 1er octobre, lors de son discours d'ouverture de l'université d'été de la formation à La Rochelle.
"J'ai défendu avec beaucoup de camarades (...) le non-cumul des mandats comme la désignation de notre candidat aux présidentielles par des primaires ouvertes", a lancé Mme Aubry, au cours de son intervention de 45 minutes -très applaudie- devant les militants socialistes. "Eh bien, on va le faire". "Cette rénovation (...) va être profonde, de A à Z, de C comme cumul des mandats jusqu'à P comme primaires, on va y aller, allons-y!"
"Je considère que c'est aux militants de trancher", a-t-elle ajouté. "C'est la raison pour laquelle j'ai décidé d'organiser une consultation militante le 1er octobre (2009, NDLR), pour que les militants fixent le cap". La première secrétaire du PS a aussi annoncé la tenue d'une convention nationale extraordinaire de modification des statuts du parti "avant l'été 2010". Mme Aubry a exhorté les socialistes à "ouvrir les portes et les fenêtre vers la société, vers la gauche, vers tous ceux qui en ont marre de ce système."
Une fois le "feu vert" des militants acquis, "nous déciderons des modalités tous ensemble", a-t-elle insisté, affirmant que la mise en oeuvre concrète des primaires serait décidée "sans doute au premier semestre 2011".
"Nous en discuterons avec les autres forces de gauche, c'est comme ça qu'on construira la maison commune et non pas en décidant nous-mêmes à la place des autres", a-t-elle poursuivi. "Engageons ces débats, discutons avec eux et décidons tous ensemble".
Par ailleurs, la première secrétaire du PS n'a pas rejeté l'idée d'une éventuelle alliance avec le MoDem, tout en faisant part de ses nombreux doutes et interrogations sur les objectifs de François Bayrou. "Que proposez-vous? Etes-vous prêt à nous rejoindre sur un projet économique, social et écologique?", s'est-elle interrogée en s'adressant directement à lui.
"Le projet a toujours précédé les alliances. C'est incontournable", a répété Mme Aubry, reprenant une phrase de sa tribune publiée la veille dans "Le Monde".
Un peu plus tôt, Ségolène Royal, qui était arrivée à ses côtés, avait consacré son discours à détailler son action dans la région Poitou-Charentes. La candidate socialiste à la dernière présidentielle, qui s'exprimait en tant que présidente du conseil régional, en a profité pour dénoncer la création d'une taxe carbone, demandant au Premier ministre François Fillon de "renoncer" à "cet impôt".
Le député Arnaud Montebourg, qui faisait pression pour l'organisation de primaires ouvertes, a aussitôt salué l'"acte d'audace" de Martine Aubry. "Elle a ratifié l'esprit dans lequel nous voulons donner des droits à tous les citoyens de France se réclamant de la gauche pour choisir à la fois leur candidat, mais aussi le projet qui ira avec", a-t-il déclaré sur France Info. Il s'agit d'une "révolution politique majeure", a-t-il commenté. Il s'est déclaré prêt à démissionner de la présidence du conseil général de Saône-et-Loire pour respecter la règle de non-cumul des mandats, une fois que celle-ci sera inscrite dans les statuts du PS, après la convention nationale extraordinaire.
"La tache de la Première secrétaire était de rassembler les socialistes", a commenté Benoit Hamon, le porte-parole du PS, sur i>télé. "Elle s'y est attelée et je crois qu'aujourd'hui on a un premier pas en ce sens, positif". AP
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