15.09.2009
Le pouvoir pour quoi faire ?
Le désir de chaque citoyen de gauche est de reconquérir le pouvoir. Nous avons pour soutenir cette volonté une première raison conjoncturelle mais néanmoins impérative : il faut empêcher que Nicolas Sarkozy poursuive son œuvre de destruction de la République et du pacte social qui unit les Français.
Les socialistes ont une raison plus fondamentale encore de souhaiter conquérir le pouvoir : celle qui justifie leur engagement depuis que le socialisme existe : substituer au régime capitaliste une autre forme d’économie fondée sur la recherche de l’intérêt général et pour y parvenir réduire la propriété privée des grands moyens de production qui fonde un pouvoir qui oppose à cet intérêt général celui des actionnaires. Cette seconde raison est essentielle. Car gouverner sans remettre en cause les fondements du système c’est se condamner à décevoir et finalement à échouer. Il ne s’agit pas de faire la Révolution en quinze jours - le Grand Soir n’est pas sérieux - mais il faut montrer la voie, expliquer où on va, et ne pas fléchir ni reculer devant une opinion manipulée par la droite et par les intérêts capitalistes.
Une fois posée l’ambition – reconquérir le pouvoir – comment y parvenir ? Deux thèses s’affrontent.
Les uns viennent nous expliquer que pour gagner il faut établir l‘alliance la plus large, de la gauche la plus exigeante jusqu’aux centristes du MODEM. Ce serait, selon eux, la seule façon d’additionner un nombre suffisant d’électeurs pour gagner. On peut quand même s’interroger. A supposer qu’on ne perde pas à gauche des supporters inquiets d’une telle alliance, la discussion avec le MODEM ne peut qu’affadir le projet gouvernemental, le rendre incohérent sauf à s’aligner sur le plus petit commun dénominateur imposé par les centristes : nous serions alors conduits à proposer un « ersatz » de la politique sarkozienne, finalement peu convaincant. L’histoire a montré que cette méthode ne marche pas. Et si par hasard, une telle formule nous conduisait à la victoire – victoire à la Pyrrhus – nous ne pourrions défendre qu’une politique au rabais, décevoir et finalement être une nouvelle fois rejetés.
L’autre méthode consiste à rassembler tous ceux qui le souhaitent sur un projet gouvernemental en rupture avec la politique de la droite. En rupture avec les orientations économiques et sociales « libérales », en rupture avec la logique du profit qui anime l’essentiel des décisions sarkoziennes, en rupture avec la politique de privatisation et de destruction des services publics, en rupture avec la politique du tout consommation catastrophique pour le climat et pour la pérennité de nos ressources naturelles, en rupture avec une politique européenne purement pro-capitaliste, en rupture avec la politique antirépublicaine, anti-laïque… Volonté de rupture difficile à partager avec M. Bayrou, on en conviendra. Il y a pourtant là de quoi bâtir un projet dont la cohérence pourrait entraîner une dynamique décisive. L’histoire nous a montré qu’avec un programme commun qui pourtant effrayait certains de nos concitoyens – ne voyaient-ils pas déjà les chars russes à Paris ! - François Mitterrand a gagné. Mais le programme commun avait sa cohérence et celle-ci fut décisive. L’échec ne vint que plus tard lorsque l’on y renonça, lorsque la gauche recula devant les assauts de la droite, sans pour autant expliquer au peuple de gauche les raisons de ce recul et, plus encore, en laissant le temps passer sans reprendre la marche en avant.
Le pouvoir pour quoi faire ? Si c’est pour décevoir et que cette déception éloigne encore un peu plus nos concitoyens du respect de la politique, de notre politique, alors il est préférable d’être patients.
Les socialistes ont choisi la voie démocratique. Ils ont choisi de convaincre. Leur rôle est de former l’opinion à une autre approche que celle de l’idéologie dominante, de proposer une alternative claire plus qu’une alternance. C’est là notre devoir historique. Sinon, à quoi servirions-nous ? Encore faut-il éviter, par des démarches incohérentes, de brouiller sans cesse notre message.
Jacques Fleury.
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12.09.2009
Nucléaire : que penser de l'offre iranienne ?
Une réponse alambiquée qui évite la question principale - l'enrichissement de l'uranium - : voilà, en résumé, le contenu de la fameuse offre iranienne, remise mercredi aux représentants des Six puissances internationales. La lettre de 5 pages qui circule depuis vendredi matin sur Internet (cliquer ici pour en lire le contenu) propose les grandes lignes d'un « dialogue » avec l'Occident, mais s'évertue, au grand regret des interlocuteurs de Téhéran, à contourner le sujet principal qui est celui de son programme nucléaire...
Les réactions ont aussitôt été mitigées, mais très discrètes. Le jour de l'offre, aucun diplomate n'était prêt à en commenter le contenu. Ce n'est que vendredi que les premières réactions officielles commencent à transparaître. Et à évoluer d'heure en heure. Après l'avoir jugé redondante, dans un premier temps, le groupe des Six (France, Grande-Bretagne, Etats-Unis, Chine, Russie, Allemagne) semble aujourd'hui vouloir donner sa chance à Téhéran.
« Ce n'est pas une réponse aux questions sur le nucléaire », avait, dans un premier temps, déploré Cristina Gallach, la porte-parole du diplomate en chef de l'Union Européenne, Javier Solana. « Il n'y a vraiment rien de nouveau dans le paquet lui-même », s'était, pour sa part, offusqué un responsable de la diplomatie américaine. Mais les Russes ne partageaient pas le même point de vue. Selon le chef de la diplomatie russe, « il y a matière à creuser ». Résultat : les Américains annoncent maintenant qu'ils continuent à « étudier » le document et qu'ils tiennent à poursuivre les négociations avec Téhéran.
Alors que les Grands de ce monde s'arrachent les cheveux pour trouver la meilleure façon de traiter avec la République islamique, cette nouvelle offre iranienne a rouvert le débat sur les réelles intentions de Téhéran. Voici, en vrac, quelques pistes de réflexion sur l'état d'esprit iranien :
- Le syndrome du « mal aimé » : Ce n'est pas nouveau. Les Iraniens ont un besoin intrinsèque d'être respectés, d'être reconnus par la communauté internationale. Mais ils ont, aussi, leurs raisons. Le traumatisme du Coup d'Etat anglo-américain (1953) contre l'ex-premier Ministre Mossadegh est resté dans les esprits. Ajoutez à cela l'incompréhension de voir l'Occident obsédé par le nucléaire iranien, tandis que d'autres pays en plein développement nucléaire et qui ne sont pas signataires du TNP (Pakistan, Israël...) s'en tirent avec beaucoup moins de bruit... C'est, entre les lignes, ce qui ressort de l'offre iranien. Dans le texte, un message à retenir : celui de vouloir « un cadre international empêchant la recherche, la production, la détention et la multiplication des armes nucléaires, et qui aille aussi vers la destruction des armes nucléaires actuelles ».
- « Faites ce que je dis mais ne faites pas ce que je fais » : Dans son offre, Téhéran évoque la lutte contre le terrorisme, la violence, l'importance de la justice et la promotion de la démocratie... Des mots enrobés de bonnes intentions, mais qui sont accueillis avec des pincettes par les défenseurs de la liberté d'expression, victimes de la répression post-électorale, qui se poursuit trois mois après le scrutin du 12 juin et la réélection d'Ahmadinejad...
- « La faute aux Américains » : Avec Georges W. Bush, l'alibi américain avait bon dos. Aujourd'hui, la main tendue d'Obama, et sa discrétion volontaire sur les conséquences des élections iraniennes font tomber le mythe du « Grand Satan américain »... Ors, l'anti-américanisme fait partie des piliers de la République islamique... La nouvelle politique américaine embarrasse Téhéran. Les hautes sphères du régime vont-elles devoir repenser leur approche ?
- Les mille et une ruses persanes : C'est le propre de la culture iranienne. En Iran, tout se négocie, tout se marchande... Course en taxi, demande en mariage, nucléaire... Un exercice qui commence, cependant, à irriter les interlocuteurs de Téhéran... De plus, certains craignent que l'Iran ne cache une partie de son programme, comme cela a été le cas dans le passé ... D'autant plus que dans le chiisme, la pratique de la « takkia » - l'art de la dissimulation - fait, là encore, partie des mœurs...
23:10 Publié dans Iran | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note
04.09.2009
Chercheurs français en Iran: la DGSE avait prévenu l'ambassade
14:06 Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note


