08.08.2009

Paris réclame la libération immédiate de Clotilde Reiss

Jugée depuis samedi matin à Téhéran, la Française a déclaré avoir remis à l'ambassade de France un rapport sur les manifestations à Ispahan.

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Le Quai d'Orsay a condamné le procès en Iran de Clotilde Reiss et d'une employée de l'ambassade de France à Téhéran, samedi. Le ministère des Affaires étrangères a exigé leur libération immédiate, et réaffirmé que les accusations d'espionnage portées contre la jeune universitaire française étaient "dénuées de tout fondement".

Clotilde Reiss est jugée depuis samedi matin par le Tribunal révolutionnaire de Téhéran. Selon des propos rapportés par l'agence de presse iranienne officielle Irna - la seule autorisée à couvrir le procès -, la Française a reconnu avoir participé, "pour des motifs personnels", aux manifestations de protestation qui ont suivi le scrutin présidentiel en Iran. La jeune universitaire (24 ans) a ajouté que cela était "une erreur" et a demandé "pardon". Clotilde Reiss a prié ses juges de faire preuve de clémence. Son avocat a plaidé sa grâce.

La jeune Française a déclaré avoir remis au service culturel de l'ambassade française un rapport d'une page sur une manifestation à Ispahan, au centre de l'Iran.

Portant un foulard à la mode islamique, Clotilde Reiss doit répondre de participation à une tentative de révolution.

Clotilde Reiss, 24 ans, a été arrêtée le 1er juillet à l’aéroport de Téhéran. Depuis cette date, l’ambassadeur de France n’a pu la rencontrer qu’à une seule reprise. La jeune universitaire, lectrice depuis cinq mois à l'université d'Ispahan, est notamment suspectée d'avoir pris des photos avec son téléphone portable. Les "accusations d'espionnage sont hautement fantaisistes", avait dit Nicolas Sarkozy début juillet.

La tenue de ce procès samedi constitue une surprise. L'ambassade de France n'a d'ailleurs pas pu être représentée au tribunal, ce qui est contraire aux règles internationales de la protection consulaire.

Bernard Hourcade, spécialiste de l'Iran, membre du comité de soutien à Clotide Reiss, dénonce "un procès stalinien" au micro Europe 1 d'Arnaud Saint-Jean :

http://www.europe1.fr/Info/Actualite-Internationale/Proch...

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Londres a protesté formellement contre la présence, parmi les accusés, d'un Iranien travaillant à l'ambassade britannique. Ce dernier a expliqué que la Grande-Bretagne était impliquée dans les manifestations. Ce procès vise toute l'Union européenne et "sera traité en conséquence" a assuré, de son côté, la présidence suédoise de l'UE.

Il s'agit du deuxième procès d'opposants en quelques jours. Dans le box samedi, se trouvent une employée locale de l'ambassade de France dont le fils à Paris a dénoncé des "aveux forcés", un journaliste iranien et plusieurs responsables politiques. Poursuivis pour troubles à l'ordre public et atteinte à la sécurité nationale, les accusés encourent jusqu'à cinq ans de prison. Mais s'ils sont reconnus coupables d'être des "mohareb" (ennemis de Dieu), ils risquent la peine de mort. Les audiences sont interdites à tous les organes de presse, à l'exception des médias officiels iraniens.

Europe1.fr avec Didier François

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