29.07.2009
Valeurs ou méthode socialistes?
Billet n°101 mercredi 29 juillet 2009
Valeurs ou méthode socialistes?
Je suis toujours perplexe lorsque l’on parle autour de moi des « valeurs du socialisme ». Existe-t-il en effet des valeurs propres aux socialistes, des valeurs qui identifieraient de façon indiscutable les socialistes ? Je ne le crois pas.
Les socialistes sont comme tous les hommes de gauche, voire comme certains hommes de droite, attachés à la liberté, à l’égalité, à la fraternité, à la solidarité, à la tolérance, à la laïcité, à ces valeurs démocratiques qui fondent notre République. Sans doute les hommes de gauche que nous sommes, à la différence des gens de droite, rêvent d’une société qui ne soit pas fondée sur la compétition, la course à l’argent, à la consommation, qui repose au contraire sur ce qu’on appelle aujourd’hui le développement durable, mélange de refus du gaspillage de la nature et de volonté sociale de partage des richesses qu’elle nous propose.
Nous, les socialistes, ne sommes différents en rien de tous ceux qui partagent ces valeurs. Mais nous revendiquons d’en être les meilleurs défenseurs. Et si nous portons une telle revendication, c’est parce que nous sommes convaincus que ce sont les méthodes que nous préconisons qui peuvent nous permettre de mieux atteindre cet idéal quand d’autres pensent que c’est le système capitaliste – même lorsqu’ils veulent en corriger les excès- qui y parviendrait le mieux.
Combien de fois entend-on dire pour qualifier quelqu’un que l’on croit socialiste : « il est social » ! Un vrai non sens, dans certains cas un contre-sens : nombreux sont en effet ceux qui sur toutes les couleurs de l’arc politique pourraient revendiquer un tel qualificatif sans pour autant être « socialistes ». Car le mot socialiste ne dérive pas, comme certains le croient de « social », mais de « socialisation ». C’est ce mot qui définit notre méthode et par là même notre identité. Ce qui fait cette identité de socialiste, c’est que nous sommes convaincus, depuis la naissance du socialisme, depuis Babeuf, Proudhon, Fourier jusqu’à Marx, que c’est le pouvoir que donne le droit de propriété qui est à l’origine des problèmes de notre société
Dussè-je choquer nombre d’amis, le socialiste ne se définit pas par les valeurs auxquelles il est attaché – il les partage avec d’autres – mais par le choix idéologique qu’il a fait de privilégier le contrôle de l’économie par le peuple, au moyen de la socialisation des moyens de production stratégiques, par le choix qu’il a fait de restreindre le domaine de la propriété capitaliste.
J’imagine sans peine que Monsieur Valls ne partage pas ce point de vue.
C’est pourquoi le vocable « socialiste » ne lui parait plus s’adapter au parti dans lequel il se trouve de passage, entre deux plateaux de télévision.
Rassembler les hommes de gauche sur des valeurs communes est sans doute nécessaire pour combattre efficacement la droite la plus réactionnaire.
Mais rassembler la gauche n’implique pas la disparition d’un parti socialiste, la dilution du socialisme dans un mouvement sans doctrine et sans colonne vertébrale. Se priver de l’outil d’un parti socialiste fidèle à sa doctrine, c’est renoncer à la transformation de la société dont nos pères rêvaient, c’est renoncer à offrir aux jeunes une autre perspective que la société actuelle en laquelle ils sont de plus en plus nombreux à ne pas se reconnaître.
Jacques Fleury
15:38 Publié dans Tribunes Libres | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note
28.07.2009
Qu‘ils aillent voir ailleurs !
Billet n°100 Nelle série mardi 28 juillet 2009
Monsieur Manuel Valls ne sait pas ce qu’est un parti. Il confond parti et dernier salon où l’on cause. Un parti c’est un outil, une organisation qui doit être efficace et qui, pour l’être, doit connaître cette discipline qui fait la force des armées.
Martine Aubry a eu raison de rappeler Monsieur Manuel Valls à l’ordre.
Et je suis outré que certains camarades aient eu pour réflexe de condamner le choix de la première secrétaire au nom de la liberté de parole. La liberté de parole s’exerce à l’intérieur du parti, à tout moment, mais lorsque la décision a été prise démocratiquement, sans ces tricheries que l’on a pu constater il est vrai dans certains cas, alors la voix du parti doit être unique.
Je me suis trouvé une fois dans ma vie dans la position de militant indiscipliné. En 2004-2005, lorsque j’ai été l’un des premiers, sans doute même le premier, à proclamer ouvertement que je voterais non au référendum sur l’Europe, quoi qu’en dise la PS, et que je militerais avec vigueur pour le Non contrairement au choix de la majorité –
apparente- du parti. Je m’attendais à être sanctionné, voire à être exclu du parti. Je n’en aurais pas été surpris. J’avais pris ma responsabilité en toute conscience. Et je m’attendais à ce que ceux qui appelaient à voter « non » contre la majorité – apparente – du parti soient eux-mêmes sanctionnés. A vrai dire les données politiques en auraient été bien plus claires et le déroulement des élections présidentielles et européennes en auraient été modifié. Mais justement François Hollande ne souhaitait sans doute pas cette clarification et préférait demeurer dans ce flou politique qui ne heurte aucune ambition.
Trop de responsables qui se disent socialistes ont désormais pour horizon la conquête de l’opinion publique plus que la défense du socialisme. Du parti ils sont prêts à accepter les avantages, s’ils se trouvent en situation favorable : un appareil, une étiquette, des colleurs d’affiches, mais ne veulent en supporter aucun inconvénient, aucune discipline, aucune solidarité. Ils adoptent une attitude foncièrement méprisante à l’égard des militants qui ne seraient que leurs séides ou leurs valets. Ils ne raisonnent que clientèle présidentielle pour les plus ambitieux ou locales pour ceux qui débutent.
Monsieur Valls n’est pas le seul, même s’il est le plus provocateur. La sagesse et le bon sens voudraient que ces provocateurs soient effectivement rejetés aux marges d’un parti réellement socialiste. Que tout crédit politique leur soit refusé. Mais aujourd’hui, peut-on espérer que les militants, qui ne raisonnent plus qu’en termes de conquêtes, aient suffisamment de lucidité pour comprendre que ceux qui se revendiquent comme leurs futurs « chefs » sont en train de détruire, au nom de leur ambition personnelle, ce qui reste de ce formidable outil qu’était le parti socialiste ?
La droite se réunit autour d’un chef. Normal ! Cela correspond à la nature profonde des hommes et des femmes de droite. La logique des socialistes – même si je déplore qu’elle soit de moins en moins respectée – est de se réunir autour d’une politique, celle que déterminent majoritairement les militants. Derrière Nicolas Sarkozy la parole est unique. Derrière le projet socialiste, la parole doit et devra être unique.
Que ceux qui ne se sentent pas bien au PS aillent voir ailleurs.
Jacques Fleury
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27.07.2009
Se rassembler à gauche, d’hier à demain
par Gilles Candar
La gauche française ne va pas très bien, à l’image de la plupart de ses homologues européens. Sans doute, la crise n’est pas mondiale : en Amérique, au nord comme au sud, dans les pays démocratiques d’Asie (Inde) ou d’Afrique (Ghana), partis ou candidats de gauche gagnent des élections et gouvernent, ce qui, au-delà de différences de situation incommensurables, nous invite à penser qu’il n’y a pas de fatalité.
Pourquoi cette crise de la gauche française et européenne ? Il ne semble pas qu’il soit très difficile de s’entendre sur le constat. En dehors des difficultés spécifiques, des questions de leadership, partout la gauche, qui a longtemps gouverné ou était associée au gouvernement, a du mal à convaincre de ses possibilités de faire face à la crise économique, à répondre aux défis de notre époque, notamment écologiques, à faire progresser ses idées et faire vivre ses valeurs. Cela ne veut pas dire que la gauche soit discréditée ou hors jeu pour longtemps. Son bilan est souvent apprécié, ses dirigeants et militants ne rencontrent pas d’hostilité, mais ils n’arrivent pas à entraîner et à susciter la dynamique vertueuse nécessaire pour s’imposer face aux tenants de l’ordre social, qui disposent toujours d’une marge d’avance s’il ne se passe rien.
L’histoire ne donne pas de leçons à apprendre et à savoir répéter, mais elle nous aide à explorer des pistes, à proposer des solutions. La gauche française existe, elle se reconnaît dans un certain nombre de principes, de sensibilités, de thèmes et d’attitudes. Jadis, elle a souvent marqué des points quand elle se trouvait en situation difficile, ce qui l’a poussé à se regrouper. Il est plus facile sans doute de s’unir dans une perspective défensive. La poussée nationaliste et la dérive droitière des gouvernants pendant l’affaire Dreyfus provoquent en retour la défense républicaine et le bloc des gauches qui assurent la victoire de la République laïque. L’agitation des ligues d’extrême droite suscite trente ans après le Front populaire et permet une avancée sociale (conventions collectives, droit syndical, congés payés) sans précédent. La domination sans partage de la droite favorise dans les années 1960/1970 l’alliance des partis de gauche et le programme commun… avec trois « quinquennats » législatifs de gauche dont les bilans ne sont pas négligeables non plus. Ces combats appartiennent au passé, et il ne s’agit pas de les ressusciter tels quels, ce serait inadapté, mais de s’inspirer de ce qu’ils ont de toujours vivant.
Face à une droite bien organisée, ceux qui souhaitent une autre politique doivent s’organiser aussi. L’heure n’est sans doute pas au Parti de toute la Gauche et de l’Écologie, mais elle n’est plus à l’émiettement actuel, à l’impuissance et au découragement qu’il engendre. Il faut se parler, se coordonner, éventuellement se disputer, mais s’organiser. La gauche au pouvoir, localement, et un jour nationalement, c’est, le plus souvent, une alliance des divers partis et organisations de gauche, qui cherche l’appui et la confiance de l’opinion, en la faisant participer et prendre sa part dans la délibération et la décision commune. Puisque nous le savons tous, il faut le faire.
C’est pourquoi les propositions de Gauche Avenir me semblent aussi simples qu’efficaces et pertinentes : constituer un comité de rassemblement des forces de gauche et écologistes, ouvert aux partis, organisations, associations, journaux, personnalités, etc. qui le voudraient, afin de préparer une base d’entente, programme d’action et accord législatif, en vue d’une politique gouvernementale crédible et transformatrice. Non pas pour tout régler : débats idéologiques, controverses et autres continueront. La démocratie n’est pas le consensus informe, mais l’organisation des désaccords, de la pluralité des avis et la détermination des choix. Ni pour tout ficeler : la culture politique française est fondée sur deux tours de scrutin (sauf aux européennes…), il n’y a aucune raison, dans les conditions actuelles, pour ne pas prendre en compte l’existence de ces deux tours, ce qui ne veut pas dire qu’il est conseillé de faire n’importe quoi au premier. Il faut donner le minimum d’organisation nécessaire pour rendre crédible une réponse politique à celle de la droite. Il faut de la souplesse, respecter les citoyens, ne pas confondre les diverses élections, qui ont des contraintes spécifiques.
Bien sûr, certains hésiteront, renâcleront : ils seront vite entraînés, pour la plupart, si les initiateurs de ce rassemblement savent montrer qu’ils travaillent sérieusement, ne pas s’enfermer dans de simples jeux de pouvoir et susciter des échanges fructueux avec les citoyens. Échanges, débats, discussions, participation organisés, non pour le plaisir de parler, mais pour ajuster le meilleur contrat de gouvernement possible face à la crise et à la politique de l’actuel Président. Des références historiques existent : Jaurès avant 1914, Blum en 1936, Mendès France et Mitterrand, ou leurs épigones contemporains, chacun est libre de privilégier les figures et les moments souhaités, ou même de ne pas en avoir : peu importe.
On voit bien ce qu’il faut rajeunir dans la tradition unitaire : rendre ces propositions les plus collectives possible, y associer largement celles et ceux qui le souhaitent, « aller à l’idéal et comprendre le réel ». Ce n’est pas si simple, pas si compliqué non plus, à la mesure en tout cas d’une gauche (écologistes compris…) qui a de l’expérience, des compétences, l’envie de faire autre chose que le « bling-bling » matois actuel, mais qui doit faire un effort d’organisation sereine, de responsabilité collective et de combativité
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25.07.2009
«Aubry risque de perdre la face et de voir Valls conforté»
Interview
Le politologue Rémi Lefebvre dresse un état des lieux du Parti socialiste après une année de turbulences.
Par DAVID REVAULT D'ALLONNES
Professeur de science politique à Lille-II et auteur de la Société des socialistes (1), Rémi Lefebvre revient sur les maux roses.
Le PS est-il mort, comme l’affirment ces jours-ci socialistes et observateurs ?
Il y a certes dérèglement, décomposition. Mais le diagnostic vital n’est pas engagé. On a d’ailleurs tort de comparer le PS à la SFIO des années 1960 : le PS a beaucoup plus d’élus que n’en avait la SFIO. Voilà pourquoi il s’agit, plutôt que de mort, d’un excès de croissance au niveau local. Le centre, la rue de Solférino, a été complètement anesthésié, cannibalisé au profit des périphéries. Les notables, aujourd’hui, tiennent le parti.
A chaque socialiste son écurie ou son club… Pourquoi un tel degré de fragmentation ?
Les courants, autrefois, s’adossaient à des cultures politiques, à des sensibilités, à des sociologies différentes. Aujourd’hui, les coteries fleurissent dans l’indistinction idéologique. Chacun essaie de créer sa petite boutique. Cette dérive individualiste est le fruit de la désidéologisation.
La question du leadership est-elle au fondement de cette situation ?
L’absence de leadership ne constitue que le symptôme de la décomposition de l’organisation. Le PS est dans une telle désespérance qu’il sombre dans le mythe de l’homme providentiel, alors que jusqu’ici la culture parlementaire socialiste restait méfiante à l’égard du chef, et que la culture bonapartiste était l’apanage de la droite. Reste qu’après l’ère Hollande, une période de non décision totale, il y a un déficit d’autorité. Toute décision prise par Martine Aubry est vouée à ne pas être acceptée. Ou alors à être taxée d’autoritarisme.
Dans ce contexte, comment apprécier la lettre de Martine Aubry à Manuel Valls ?
Dans une démocratie médiatique, et surtout face à un exécutif sarkozyste percutant, un parti sans un minimum de discipline et de coordination est voué à l’échec. D’ailleurs, la première chose faite par Tony Blair, souvent invoqué par Manuel Valls, quand il a conquis le parti travailliste, a été de verrouiller la communication… Avec cette lettre, dont la fonction était autant à usage externe qu’interne, c’est-à-dire à destination des militants, Martine Aubry entendait restaurer son crédit. Mais le moment était maladroit. Après la défaite aux européennes, un conseil national raté, le gadget du séminaire de la direction à Marcoussis [le 7 juillet, ndlr], et la maison commune avortée, elle était trop affaiblie pour se permettre une telle démarche. Elle risque désormais de perdre la face et de voir Manuel Valls conforté.
La position d’Aubry est-elle tenable ?
Elle va tenir car personne ne peut prendre sa place ! Mais la première secrétaire est aujourd’hui condamnée à sacrifier son ambition sur l’autel de la gestion de Solférino. Au fond, le principal problème d’Aubry, c’est ses soutiens, qui s’accommodent de cette situation de statu quo et de crise. Ceux qui jouent la carte de Strauss-Kahn ou de Fabius, par exemple, et qui ont intérêt à la maintenir en situation de respiration artificielle pour encore un peu de temps.
Autre lettre de Martine Aubry, celle à destination des alliés de gauche et appelant à construire une «maison commune».
Au moment où le PS est affaibli et où le rapport de force lui est défavorable, cette démarche traduit énormément de naïveté. La fin de non-recevoir était inscrite dans la proposition, d’autant plus qu’il y a une absence totale de dialogue entre partenaires de gauche depuis 2002. Or avec les résultats des européennes, les Verts, comme le Parti de gauche, vont jouer jusqu’au bout la carte du rapport de forces. On relèvera les compteurs après les régionales.
Comment ces régionales se présentent-elles ?
Le PS avait jusqu’ici l’habitude de perdre les élections nationales pour se remplumer lors des élections intermédiaires, et ce grâce au «vote utile», une rente de situation liée à son hégémonie à gauche. Or avec l’abstention des catégories populaires et l’exigence croissante des bobos, qui se sont réfugiés dans le vote écologiste le 7 juin, le PS a perdu ces deux stabilisateurs automatiques. Le test sera donc à haut risque.
Comment les militants vivent-ils la situation ?
Etre militant socialiste aujourd’hui n’est pas une sinécure. C’est presque du masochisme. Porter à la base le fardeau d’un parti aussi dégradé, c’est mission impossible. A cela s’ajoute une absence totale de réflexion sur le militantisme. Le PS n’a pas fait d’enquête sur ses militants depuis 1998 ! Car il a peur de ce qu’elle révélerait : des pratiques autocentrées, une formation qui n’attire plus les jeunes, des adhérents qui sont là depuis très longtemps, qui ressassent leurs frustrations. Aujourd’hui, les réunions de sections s’apparentent parfois à des groupes de parole ou des thérapies de groupe tant le désarroi identitaire est grand.
(1) Editions du Croquant, 2006, 256 pages.
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24.07.2009
Le PS finistérien opte pour le non-cumul des mandats et la parité intégrale
Les militants socialistes du Finistère ont imposé le non-cumul des mandats et la parité intégrale à leur fédération, la première en France à proposer de telles "restrictions". En clair, "c'est la fin des 'député-maire' et 'sénateur-maire'", a expliqué le premier secrétaire fédéral, Marc Coatanéa. Selon le responsable, 60 % des onze cents votants inscrits se sont exprimés en faveur du non-cumul d'un mandat de parlementaire avec des "fonctions exécutives". Les parlementaires finistériens ne pourront conserver qu'un mandat de conseiller municipal ou régional.
Les militants étaient très demandeurs", a déclaré M. Coatanéa, qui confirmait des informations parues vendredi dans le quotidien Le Télégramme. "Je suis favorable au mandat unique depuis que j'ai adhéré au PS, il y a seize ans", a ajouté le jeune chef de file socialiste du Finistère, tout en admettant ne pas avoir voulu "brusquer" les militants en imposant son choix d'un strict non-cumul.
13 CANDIDATS, 13 CANDIDATES
Cette réflexion menée durant près de quatre mois a d'ailleurs été bien accueillie par les quatre députés et sénateur socialistes, qui ont abandonné leur mandat de vice-président du conseil général du finistère. La décision est également vue d'un bon œil par le président de l'assemblée départementale, Pierre Maille, qui s'est toujours interdit toute autre fonction quand il était maire de Brest ou, comme aujourd'hui, en tant que président du conseil général.
Concernant la mesure d'égalité homme-femme adoptée, le PS finistérien s'est engagé avec 70 % des suffrages, à mettre en application "la parité intégrale". Ainsi, sur vingt-sept des cinquante-quatre cantons du Finistère qui seront renouvelés lors des cantonales de 2011, le PS présentera treize femmes et treize hommes plus un ou une candidat(e), a expliqué Marc Coatanéa
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Après toutes ces petites phrases mortifères en ce début fd'été, voilà de quoi re-motiver les militants du PS et donner un excellent signal au peuple de gauche.
Alors on commence quand ?
A suivre dans chacune de nos Fédérations et naturellement à La Rochelle !
On va aussi voir dès maintenant la ritournelle habituelle (35 ans pour ma part que je l'entends) nous expliquant que ce n'est pas possible pour x raisons...
Et vous verrez que le Ps ne manque pas alors de créativité.
Alors chiche ?
A nous de suivre le "sujet" dans chaque FD !
Et qui reprendra et portera ce "message"...
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22.07.2009
Pour vos devoirs de vacances : relire l'avis de dissolution de Socialisme & Barbarie
[communiqué de la rédaction]
PARIS, juin 1967
Le premier numéro de Socialisme ou Barbarie est paru en mars 1949. Le quarantième, en juin 1965. Contrairement à ce que nous pensions en le publiant, ce quarantième numéro aura été le provisoirement dernier.
La suspension indéterminée de la publication de la Revue, que nous avons décidée [note : A l’exception de quatre camarades du groupe, qui pour leur part projettent une publication se réclamant des idées de Socialisme ou Barbarie et feront parvenir aux abonnés et lecteurs de la revue un texte définissant leurs intentions] après longue réflexion et non sans peine, n’est pas motivée par des difficultés de nature matérielle. De telles difficultés ont existé pour notre groupe dès le premier jour. Elles n’ont jamais cessé. Aussi, elles ont toujours été surmontées, et auraient continué de l’être si nous avions décidé de poursuivre la publication de la revue. Si nous la suspendons aujourd’hui, c’est que le sens de notre entreprise, sous sa forme présente, est devenu pour nous problématique. C’est ce que nous voulons ici exposer brièvement pour ceux qui, abonnés ou lecteurs de la revue, ont suivi depuis longtemps notre effort.
Socialisme ou Barbarie n’a jamais été une revue de pure recherche théorique. Si l’élaboration des idées y a toujours occupé une place centrale, elle a toujours été guidée par une visée politique. Le sous-titre de la revue : organe de critique et d’orientation révolutionnaire, indique déjà suffisamment le statut du travail théorique qui s’y est exprimé depuis dix-huit ans. Se nourrissant d’une activité révolutionnaire individuelle et collective, il prenait sa valeur de ce qu’il était — ou pouvait, prévisiblement, devenir — pertinent pour une telle activité, en tant qu’interprétation et élucidation du réel et du possible dans une optique de transformation de la société. La revue n’avait de sens pour nous et en elle-mêmee que comme moment et instrument d’un projet politique révolutionnaire.
[2]
Or, de ce point de vue, les conditions sociales réelles — en tout cas, ce que nous en percevons — ont de plus en plus changé. Nous l’avons déjà constaté depuis 1959 ---comme on peut le voir dans la série des textes sur le mouvement révolutionnaire sous le capitalisme moderne —et l’évolution qui a suivi n’a fait que confirmer ce diagnostic : dans les sociétés du capitalisme moderne, l’activité politique proprement dite tend à disparaître. Ceux qui nous ont lu savent qu’il ne s’agissait pas là d’une simple constatation de fait, mais du produit d’une analyse des traits à notre avis les plus profonds des sociétés modernes.
Ce qui nous apparaissait comme élément compensateur de ce diagnostic négatif, ce qui balançait, dans notre perspective, la privatisation croissante de la masse de la population, c’était les luttes dans la production, matériellement constatées et analysées sur les cas de l’industrie anglaise et américaine, luttes qui mettent en question les relations de travail sous le capitalisme et traduisent, sous une forme embryonnaire, la tendance gestionnaire des ouvriers. Nous pensions que ces luttes se développeraient également en France et, surtout, qu’elles pourraient —non certes sans une intervention et introduction de l’élément politique véritable— dépasser les rapports immédiats de travail, progresser vers la mise en question explicite des relations sociales générales.
En cela nous nous trompions. Ce développement n’a pas eu lieu en France, sinon à une échelle infime (ce ne sont pas les grèves de la dernière période, rapidement syndicalistes, qui pourraient modifier cette appréciation). En Angleterre, où ces luttes continuent (avec des hauts et des bas inévitables), leur caractère ne s’est pas modifié, ni de lui-même, ni en fonction de l’activité de nos camarades du groupe Solidarity.
Certes, une évolution différente dans l’avenir n’est pas exclue —bien qu’elle nous paraisse improbable pour les raisons que nous mentionnerons plus loin. Mais la question n’est pas là. Nous croyons avoir suffisamment montré que nous ne sommes pas impatients et nous n’avons jamais pensé, répétons-le, que la transformation de ce type de luttes ouvrières —ou de n’importe quel autre— pourrait se faire sans le développement parallèle d’une organisation politique nouvelle, que notre intention a toujours été de construire.
Or la construction d’une organisation politique dans les conditions qui nous entourent — et dont sans doute ce que nous sommes fait aussi partie — a été et demeure impossible, [3] en fonction d’une série de facteurs nullement accidentels et étroitement reliés les uns aux autres.
Dans une société où le conflit politique radical est de plus en plus masqué, étouffé, dévié et, à la limite, inexistant, une organisation politique supposée construite, ne pourrait que péricliter et dégénérer rapidement. Car, d’abord, où et dans quelle couche pourrait-elle trouver ce milieu immédiat sans lequel une organisation politique ne peut pas vivre ? Nous en avons fait l’expérience négative aussi bien pour ce qui est des éléments ouvriers que pour ce qui est des éléments intellectuels.
Les premiers, lors même qu’ils voient un groupe politique avec sympathie et reconnaissent dans ses idées l’expression de leur propre expérience, ne sont pas disposés à maintenir avec lui un contact permanent, encore moins une association active, car ses perspectives politiques, pour autant qu’elles dépassent leurs propres préoccupations immédiates, leur paraissent obscures, gratuites et démesurées. Pour les autres —les intellectuels- ce qu’ils semblent surtout satisfaire dans leur contact avec un groupe politique c’est la curiosité et le "besoin d’information". Nous devons dire ici clairement que nous n’avons jamais eu, de la part du public de la revue, le type de réponse que nous espérions et qui aurait pu nous aider dans notre travail ; son Attitude est restée, sauf rarissimes exceptions, celle de consommateurs passifs d’idées. Une telle attitude du public, parfaitement compatible avec le rôle et les visées d’une revue de style traditionnel, rend à la longue impossible l’existence d’une revue comme Socialisme ou Barbarie.
Et qui, dans ces circonstances, rejoindra une organisation politique révolutionnaire ? Notre expérience a été que ceux qui sont venus chez nous —essentiellement des jeunes— l’ont souvent fait à partir, sinon d’un malentendu, du moins de motivations qui tenaient beaucoup plus d’une révolte affective et du besoin de rompre l’isolement auquel la société condamne aujourd’hui les individus, que de l’adhésion lucide et ferme à un projet révolutionnaire. Cette motivation de départ en vaut peut-être une autre ; l’important est que les mêmes conditions d’absence d’activité politique proprement dite empochent qu’elle soit transformée en une autre plus solide.
Enfin, comment dans ce contexte une organisation politique supposée exister peut-elle contrôler ce qu’elle dit et ce qu’elle se propose de faire, développer des nouveaux moyens d’organisation et d’action, enrichir dans une dialectique vivante de la praxis avec le tout social, ce qu’elle tire de sa propre substance ? Comment surtout, dans la phase historique présente, après l’immense et profonde faillite des instruments, [4] des méthodes et des pratiques du mouvement d’autrefois, pourrait-elle reconstruire, dans le silence total de la société, une nouvelle praxis politique ? Au mieux, pourrait-elle tenir un discours théorique abstrait ; au pire, produire ces étranges mélanges d’obsessionnalité sectaire, d’hystérie pseudo-activiste et de délire d’interprétation dont, par dizaines, les groupes d’"extrême gauche" offrent encore aujourd’hui à travers le monde tous les spécimens concevables.
Rien ne permet d’escompter une modification rapide de cette situation. Ce n’est pas ici le lieu de le montrer par une longue analyse, dont d’ailleurs les éléments essentiels se trouvent déjà formulés dans les dix derniers numéros de Socialisme ou Barbarie. Mais il faut souligner ce qui pèse d’un poids énorme dans la réalité et la perspective présente : la dépolitisation et la privatisation profondes de la société moderne ; la transformation accélérée des ouvriers en employés, avec les conséquences qui en découlent au niveau des luttes dans la production ; le brouillage des contours des classes qui rend de plus en plus problématique la coïncidence d’objectifs économiques et politiques.
C’est cette situation globale qui empêche aussi que sur un autre terrain : celui de la crise de la culture et de la vie quotidienne, soulignée dans la revue depuis de nombreuses années, puisse se développer et prendre forme une réaction collective positive contre l’aliénation de la société moderne. Parce qu’une activité politique, même embryonnaire, est impossible aujourd’hui, cette réaction n’arrive pas à prendre forme. Elle est condamnée à rester individuelle, ou bien dérive rapidement vers un folklore délirant qui n’arrive même plus à choquer. La déviance n’a jamais été révolutionnaire ; aujourd’hui elle n’est plus déviance, mais complément négatif indispensable de la publicité "culturelle".
On sait que, depuis dix ans, ces phénomènes, plus ou moins clairement perçus et analysés, ont poussé certains à reporter leurs espoirs sur les pays sous-développés. Nous avons dit depuis longtemps dans la revue pourquoi ce report est illusoire : si la partie moderne du monde était irrémédiablement pourrie, il serait absurde de penser qu’un destin révolutionnaire de l’humanité pourrait s’accomplir dans l’autre partie. En fait, dans tous les pays sous-développés, ou bien un mouvement social des masses ne parvient pas à se constituer, ou bien ne peut le faire qu’en se bureaucratisant.
[5]
Qu’il s’agisse de sa moitié moderne ou de sa moitié affamée, la même question reste suspendue sur le monde contemporain : l’immense capacité des hommes de se leurrer sur ce qu’ils sont et ce qu’ils veulent s’est-elle modifiée en quoi que ce soit depuis un siècle ? MARX pensait que la réalité forcerait les hommes à "voir avec des sens sobres leur propre existence et leurs rapports à leurs semblables". Nous savons que la réalité s’est révélée au-dessous de la tâche que lui confiait ainsi le grand penseur. FREUD croyait que les progrès du savoir et ce qu’il appelait "notre dieu logos", permettraient à l’homme de modifier graduellement son rapport aux forces obscures qu’il porte en lui. Nous avons réappris depuis que le rapport entre le savoir et l’agir effectif des hommes —individus et collectivités— n’est rien moins que simple, et que les savoirs marxien et freudien eux-mêmes ont pu devenir, et redeviennent chaque jour, source de nouvelles mystifications. L’expérience historique depuis un siècle, et cela à tous les niveaux, des plus abstraits aux plus empiriques, interdit de croire aussi bien à un automatisme positif de l’histoire qu’à une conquête cumulative de l’homme par lui-même en fonction d’une sédimentation du savoir. Nous n’en tirons aucune conclusion sceptique ou "pessimiste". Mais le rapport des hommes à leurs créations théoriques et pratiques, celui entre savoir, ou mieux lucidité, et activité réelle, la possibilité de constitution d’une société autonome, le sort du projet révolutionnaire et son enracinement possible dans une société évoluant comme la nôtre - ces questions, et les multiples autres qu’el. les commandent, doivent être profondément repensées, Une activité révolutionnaire ne redeviendra Possible que lorsque une reconstruction idéologique radicale pourra rencontrer un mouvement social réel.
Cette reconstruction —dont les éléments ont été posés déjà dans Socialisme ou Barbarie— nous pensions pouvoir la faire du même mouvement que la construction d’une organisation politique révolutionnaire. Cela s’avère aujourd’hui impossible, et nous devons en tirer les conclusions. Le travail théorique, plus nécessaire que jamais, mais qui dorénavant pose d’autres exigences et comporte un autre rythme, ne peut pas être l’axe d’existence d’un groupe organisé et d’une revue périodique. Nous serions les derniers à méconnaître les risques immanents à une entreprise théorique séparée de l’activité réelle. Mais de cette activité, les circonstances présentes ne nous permettraient de maintenir au mieux qu’un simulacre inutile et stérilisant.
[6]
Nous continuerons, chacun dans le domaine qui lui est propre, de réfléchir et d’agir en fonction des certitudes et des interrogations que Socialisme ou Barbarie nous a permis de dégager. Si nous le faisons bien, et si les conditions sociales s’en présentent, nous sommes certains que nous pourrons recommencer un jour notre entreprise sur des bases mieux assurées, et dans un rapport différent avec ceux qui ont suivi notre travail.
(sources : http://www.plusloin.org/plusloin/article.php3?id_article=48)
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21.07.2009
Lettre à ces socialistes qui nous désespèrent
A lire et relire... 09 Juin 2009
Par Edwy Plenel

• Peut-être est-il trop tard, et cette lettre inutile.
Je vous ai écoutés depuis dimanche soir : les mêmes mots désolés, les mêmes phrases d'attrition, le même lamento qu'aux soirs de vos échecs de 2002 et de 2007 – ces élections présidentielles supposées imperdables. Mots vides, phrases creuses, refrains artificiels auxquels, depuis le temps, nous ne pouvons plus croire. Car sans doute les retrouverait-on, identiques, aux soirs de vos cinglants revers législatifs de 1986 et de 1993. C'est une vieille manie : les soirées de défaites électorales, vous vous souvenez soudain de vos électeurs. Quand vous les perdez...
Puis vous revenez à vos affaires, sans rien changer de vos habitudes – manœuvres d'appareil, divisions intestines, rivalités personnelles. Avec la conviction tranquille qu'un retour de balancier vous assurera, de nouveau, places, postes, réseaux. Comme si vous étiez définitivement la seule alternance possible à la droite et naturellement les propriétaires des suffrages qui vont avec. Comme si vous n'aviez pas à les reconquérir. Comme s'ils vous revenaient de droit, telles des brebis égarées trouvant forcément le chemin du bercail.
Procès d'intention, direz-vous. Non, simple constat logique : si vous pensiez vraiment le contraire, vous auriez agi autrement depuis 2007, voire depuis 2002. Vous vous seriez ressaisis, vous n'auriez pas privilégié vos détestations plutôt que vos solidarités, vous ne vous seriez pas écharpés comme des chiffonniers, vous n'auriez pas truqué vos propres votes de congrès, vous n'auriez pas offert ce spectacle lamentable à Reims, vous ne vous seriez pas repliés sur vous-mêmes en ces temps d'urgence sociale et démocratique, bref vous auriez pensé à parler à celles et ceux sans lesquels vous n'êtes politiquement rien, plus rien : vos concitoyens, vos électeurs.
Quel droit ai-je à vous apostropher ainsi ? Justement, celui d'être, comme des millions d'autres Français, l'un de vos électeurs, fidèle et constant. J'ai beau parfois la juger avec sévérité, puisque confronté dans mon travail de journaliste à ses incohérences ou à ses impostures, la gauche reste ma famille, de cœur et d'esprit.
La gauche ? Sans l'idéaliser, je veux dire par là cette conviction élémentaire que, derrière tout désordre, il y a une injustice, quand conservateurs et réactionnaires choisiront l'injustice plutôt que le désordre. Or, depuis votre congrès d'Epinay en 1971, depuis la dynamique unitaire qui a suivi, depuis qu'ainsi, vous avez définitivement ravi au Parti communiste la première place, vouloir que la gauche gouverne le pays oblige à voter pour vous, par-delà la diversité des gauches françaises.
Cette responsabilité que vous revendiquez auprès de nous, nous donne donc quelques droits sur vous, et d'abord celui de vous parler franchement. Pour vous dire que les partis sont mortels, qu'aucune étiquette n'est éternelle et que les idéaux n'ont pas d'écurie assignée. Le darwinisme vaut aussi en politique : on vit, on meurt, on se transforme ou on disparaît.
Discréditée par son attitude devant la question coloniale, la SFIO aura vécu, et le Parti socialiste fut plutôt une création par agrégation et rupture que sa succession logique. De 1958 aux années 1970, l'enterrement aura duré près de quinze ans. C'est à peu près le temps qui nous sépare de la fin, en 1995, de l'interminable présidence de François Mitterrand dont, en vérité, vous ne vous êtes toujours pas remis. Et dont, peut-être, vous ne vous remettrez jamais.
• Un vote qui sanctionne vos renoncements
Car le résultat électoral du 7 juin 2009 n'est pas un accident, mais une confirmation : celle de votre incapacité collective à vous réinventer un avenir, un projet, une vision. Contrairement aux commentaires convenus, ce n'est pas l'opposition déterminée à Nicolas Sarkozy qui a été sanctionnée dans les urnes, mais votre impuissance à incarner une opposition crédible. Abstentionnistes massifs – dont, pour l'essentiel, la jeunesse et les classes populaires – et électeurs écologistes – dont, notamment, le socle urbain et diplômé de votre électorat – ont sanctionné, par leur absence ou par leur vote, vos divisions, vos faiblesses et vos silences. L'affirmer, ce n'est aucunement diminuer le mérite des listes Europe Ecologie qui ont suscité l'adhésion par contraste avec vos manques.
L'unité des différences, l'originalité du projet, le souci du monde et le souffle de démocratie étaient en effet de leur côté, pas du vôtre. Dans un processus longuement mûri et parfaitement maîtrisé, les Verts ont suscité un rassemblement qui les dépassait, du noniste altermondialiste José Bové aux animateurs de la Fondation Hulot. Loin des vieilles recettes, leur projet européen associait le changement écologique et la protection sociale, se voulant carrément un « programme de transition entre deux mondes, entre deux modèles de développement, entre deux civilisations ».
La promotion de deux figures européennes, mariant et dépassant les nationalités, Daniel Cohn-Bendit et Eva Joly, exprimait une particulière intelligence du monde, de son interdépendance, de sa complexité et de sa fragilité. Enfin, l'absence de toute préoccupation présidentielle, associée à une authentique culture parlementaire européenne, insufflait une vitalité démocratique, à l'image de la décontraction et de la simplicité du leader de la campagne.
Pendant que les écologistes travaillaient, vous vous disputiez. Non pas sur les idées, tant les divergences sont au fond minimes entre vous, mais sur les personnes. En 2006, dans un livre d'entretiens, je me souviens avoir opposé à votre premier secrétaire d'alors, François Hollande, cette réflexion de Pierre Mendès France : « Choisir un homme sur la seule base de son talent, de ses mérites, de son prestige (ou de son habileté électorale), c'est une abdication de la part du peuple, une renonciation à commander et à contrôler lui-même, c'est une régression par rapport à une évolution que toute l'histoire nous a appris à considérer comme un progrès. »
A trois ans de distance, sa réponse ferait sourire si ce n'était pas pitié : « L'essentiel, c'est le projet politique, et cette leçon-là demeure. Les personnalités comptent, mais ne nous laissons pas emporter par la compétition des personnes. [...] C'est le projet, c'est le contrat, c'est la politique qui crée la dynamique. C'est le collectif qui porte l'individuel. » Vous avez toujours produit d'excellents commentateurs de notre vie politique. Ils ne font pas forcément ses meilleurs rénovateurs.
La sanction électorale dont vous faites l'objet vient de loin. Elle frappe de longues fainéantises et d'anciens renoncements. J'en dénombre au moins quatre. Le présidentialisme d'abord, cette gangrène qui dévitalise la démocratie française : héritiers de François Mitterrand, qui en accrut les travers à rebours de ses engagements, vous n'avez pas su inventer un projet politique qui refonde notre démocratie en limitant, en contrôlant et en équilibrant ce pouvoir exécutif dominateur.
Pis, vous avez même accéléré, sans en débattre publiquement, cette présidentialisation de notre vie publique, dont profite l'actuel pouvoir, en associant le passage au quinquennat et l'inversion du calendrier électoral. Toutes générations confondues, vous êtes ainsi devenus un parti de professionnels, où l'individualisme carriériste l'emporte sur la fraternité militante. A tel point que, dans un paradoxe audacieux, les plus rénovateurs d'entre vous ne voient d'autre moyen de sortir de l'impasse que de trancher au plus vite cet enjeu présidentiel en contournant votre propre parti par des primaires ouvertes à toute la gauche.
Cette campagne européenne l'a prouvé au-delà du raisonnable : votre deuxième renoncement concerne rien de moins que le monde qui nous entoure. En théorie porteur, depuis l'origine, de valeurs et principes universalisables, sans passeports ni frontières, le socialisme est supposé unir l'intelligence internationale au projet national. De fait, l'Europe fut, dans les années 1980, votre affaire avec Jacques Delors, tout comme ce sont deux des vôtres qui dirigent aujourd'hui le Fonds monétaire international et l'Organisation mondiale du commerce.
Or c'est tout le problème, que révèle au grand jour l'actuelle crise économique et qui fut au moteur de votre propre schisme lors du référendum européen de 2005 : vous avez accompagné la financiarisation et la bureaucratisation de l'Europe, plutôt qu'incarné sa dynamique démocratique et sociale. L'incapacité des socialistes européens à porter une stratégie, claire et cohérente, de changement lors de ce rendez-vous électoral alors même que le capitalisme traverse une crise historique portait l'échec dans les urnes comme la nuée annonce l'orage.
• Ce silence sur l'ouverture sarkozyste qui vous accable
Troisièmement, vous avez oublié d'être vous-mêmes. D'ordinaire, la droite ne masque pas les intérêts particuliers qu'elle défend : elle les assume, les revendique, les illustre par ses choix économiques, sociaux, fiscaux, sociétaux, etc. Et, sur ce registre, le pouvoir actuel se dissimule moins que d'autres, assumant sans vergogne un mélange sans pareil des intérêts privés et des responsabilités publiques.
Or, à force de vous identifier à l'Etat par un effet insidieux de ce présidentialisme qui vous éloigne de votre base, vous finissez par oublier les intérêts sociaux qui vous légitiment. Etre socialiste, ce devrait signifier porter sans complexe les voix de ceux que l'on entend le moins, qui décident le moins, qui comptent le moins – des ouvriers, des employés, des travailleurs, des salariés. Des classes populaires en somme. De ceux qui subissent le partage inégal des richesses inhérent à l'ordre économique actuel.
Or, il y a à peine un an, révisant votre déclaration de principes, vous en avez ôté la simple mention sous forme de constat que les classes sociales existent, comme si cette affirmation que la politique est aussi l'affrontement d'intérêts sociaux divergents vous semblait dépassée. Pis encore, quand le peuple guadeloupéen a donné l'exemple d'une riposte inventive et fédératrice à la crise, par la mobilisation la plus large et la plus déterminée, vous avez paru prendre peur, redoutant une contagion soudaine en France plutôt que de citer en exemple Liyannaj kont pwofitasyon. Qui ne voit pourtant, dans les entreprises comme dans les universités, les unes mobilisées dans la dispersion, les autres épuisées par leur solitude, qu'une dynamique rassembleuse, faisant front contre des politiques injustes et régressives, aurait insufflé de l'espoir, l'envie de résister et d'inventer, plutôt que le découragement qui, aujourd'hui, rôde?
Mais vous ne vous êtes pas seulement éloignés de votre base sociale ; vous avez plus largement ignoré la société civile, sa vitalité associative, son bouillonnement intellectuel, son expertise militante. Quand, enfin, vous vous mettez à réfléchir, colloquer et discuter, voici qu'on retrouve les mêmes figures intellectuelles ou médiatiques qui encombrent les allées gouvernantes depuis bientôt trente ans. Vous ne prenez aucun risque, préférant rester en terrain connu et usé.
C'est votre quatrième renoncement, et peut-être le plus sourdement inquiétant : non seulement vous ne travaillez pas assez votre culture générale, mais surtout vous ne dialoguez plus avec le monde du savoir, vous n'affrontez pas l'audace des idées, vous n'écoutez pas avec humilité ce qu'auraient à vous dire tous ces historiens, sociologues, économistes, mathématiciens, physiciens, biologistes, etc., scientifiques authentiques qui fréquentent laboratoires et bibliothèques plutôt que les allées du pouvoir et de la notoriété.
Il est, de ce point de vue, un souvenir pas si lointain dont l'ironie amère vous accable : Eric Besson, le symbole même du transfuge sans principes, traître à ses électeurs comme à ses convictions, était jusqu'au tout début de 2007 votre secrétaire national aux études. Désormais numéro deux de l'UMP et ministre de l'identité nationale, ce converti zélé au sarkozysme, dont la dérive n'est sans doute pas achevée, était donc officiellement chargé de vos réflexions, pensées et analyses – c'est tout dire.
Depuis sa survenue, vous faites semblant de traiter l'ouverture, ce débauchage humiliant sans autre loi que l'avidité ou la lassitude, comme un épiphénomène. Ce ne serait, à vous croire, que trajectoires individuelles, quand leur somme nous dit le contraire : aucune de vos sensibilités, aucune de vos histoires, aucun de vos courants n'est épargné. De la mitterrandie à la deuxième gauche, de Jacques Delors à Lionel Jospin, de Michel Rocard à François Hollande, sans oublier SOS Racisme, aucun territoire socialiste n'a su résister en bloc à l'érosion sarkozyste – et ce n'est probablement pas fini.
Ce n'est pas seulement affaire de morale politique, bien que la vertu républicaine soit ici malmenée, c'est aussi la note à payer des manquements déjà relevés. Il faut être équitable : ces hommes et ces femmes ont changé de camp sans y voir de rupture. Tout simplement parce que leurs dérives individuelles avaient été précédées par vos dérives collectives. Qu'il s'agisse des institutions, des banlieues, de l'islam, de la sécurité, des libertés, de l'immigration, des privatisations, de la fiscalité, de l'Union européenne, du Proche-Orient, etc., la liste est longue des glissements progressifs par lesquels le socialisme français a perdu en spécificité, en identité et en substance. Comme si vous vous étiez laissé glisser, au fil de vos épisodes gestionnaires, sans prendre la mesure des défis du monde et de l'époque.
• Un défi historique qui appelle un changement radical
Alors, que faire ? La réponse vous appartient, et je n'ai aucune recette en magasin. Je pressens seulement que si vous continuez comme avant, sans sursaut ni vision, vous serez perdus. Jusqu'ici, vous viviez dans le confort de vos fiefs municipaux, départementaux et régionaux. Après tout, vous pouviez digérer l'échec national si vous restiez maîtres des territoires. A un an des élections régionales, l'alarme de ces élections européennes annonce la fin de cette illusion.
Les Verts, que n'obnubile pas la présidentielle, pensent déjà aux régionales, avec la cohérence, le dynamisme et le systématisme qu'ils viennent de prouver. Et ils n'ont aucune raison de se dissoudre dans un front opportun dont vous auriez soudain le souci, après avoir joué en solitaires. Pas plus sans doute que les gauches de la gauche qui préféreront se rapprocher avant de se tourner vers vous. Hier, vous avez dominé et instrumenté la gauche plurielle, plutôt que vous ne l'avez animée et fédérée. Aujourd'hui, vous ne pouvez penser la réanimer artificiellement sur la base de votre propre faiblesse.
Vous êtes donc seuls, face à votre histoire qui est aussi la nôtre. Car ce qui vous arrive, qui nous concerne et nous inquiète, dépasse nos individualités. Un cycle plus que centenaire s'achève, sous les coups de boutoir des crises financière, économique et écologique. A la fin du XIXe siècle, dans le contexte de la première mondialisation et de la deuxième révolution industrielle, la social-démocratie fut une invention européenne, porteuse de trois réponses : l'internationalisme comme souci du monde, le parlementarisme comme projet démocratique, le prolétariat comme levier social. Toutes les familles de la gauche, quels que soient leurs fractures, déchirements et trahisons, sont issues de cette matrice dont les idéaux ont fini par ensemencer toutes nos sociétés, dans leurs pratiques sociales et leurs cultures démocratiques.
Quel en sera l'équivalent à l'heure d'une deuxième globalisation qui décentre le monde, au détriment d'une Europe occidentale qui se crut longtemps maître de sa destinée, et d'une troisième révolution industrielle, qui appelle de nouveaux droits et de nouveaux modèles, d'autres précautions et d'autres protections ?
C'est à cette question qu'il faut répondre par l'invention de nouvelles radicalités démocratiques, sociales et écologiques. Ne manquant pas de penseurs visionnaires, de René Dumont hier jusqu'à Edgar Morin aujourd'hui, les écologistes français s'y attachent avec persévérance hors des sentiers battus. Certaines gauches alternatives aussi, ébranlant les anciens héritages étatiques et les vieux dogmes productivistes, dans une fidélité à une critique libertaire du capitalisme confortée et rajeunie par la crise.
Et c'est aussi ce défi, largement intellectuel avant de se traduire en pratique politique, que l'on retrouve dans la longue marche de Barack Obama, pavée de livres et de discours qui réfléchissent pour agir, qui embrassent large et visent loin. Avant un programme catégoriel, c'est une vision qu'il nous faut où l'espérance de changement se ressource dans l'inquiétude des périls. En somme, un horizon vers lequel avancer. Hélas, rien de tel, pour l'heure, de votre côté.
Oui, hélas, car le temps presse. Jamais les idéaux portés par la gauche n'ont eu autant de pertinence face à la débâcle d'un système injuste, inefficace et destructeur. Et, pourtant, dans presque toute l'Europe, la gauche recule, les conservateurs progressent et l'extrême droite augmente. Quant à la France, l'actuel pouvoir y serait déjà clairement minoritaire, discrédité par ses excès de démagogie et ses abus de pouvoir, s'il n'avait pas, en face de lui, l'opposition la moins inventive, la moins déterminée et la moins rassemblée qui soit. Et c'est un peu, voire beaucoup par votre faute.
Ma sévérité est à la mesure de mon attente. Je ne crois pas à la politique du pire. Les crises ne sont pas forcément salvatrices. Elles peuvent accoucher aussi bien de régressions terribles, avec l'installation durable de pouvoirs orwelliens mâtinés de télé-réalité, répétant sans cesse à des peuples anesthésiés et désinformés : ayez peur, ayez bien peur, ayez surtout peur, et laissez-moi m'occuper tout seul du reste. De tout le reste. Et, par-dessus tout, de l'argent et de la puissance, ces deux adversaires éternels de l'espérance progressiste. C'est ce cauchemar qu'il nous faut faire fuir, tous ensemble.
Merci de m'avoir lu jusqu'à la fin. Merci, peut-être, de me répondre. Merci, surtout, d'en tenir compte, qui sait ?
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Dans un pays normal, un tel matraquage de 211 articles ferait honte – Non le PS ne va pas mourir, il saura résister à l’alliance avec la droite Modem et opter pour l’unité de toute la gauche.
« Le PS doit disparaître, il fut dissoudre » (le JDD), le PS « en danger de mort » (Valls dans l’Express), « Valls enfonce le clou », (le JDD) « Après Valls la charge de Montebourg » (Le Parisien), « Gâchis de personnalités » (Le Figaro) Dray charge Aubry » (L’Express) « l’impuissance et l’amateurisme » de Martine Aubry (Le Monde) « gardienne d’une maison morte » (TF1) « Le parti socialiste à l’agonie » (Le Temps), PS, Dray, BHL ? week-end sanglant » (Agora Vox), PS la déroute ? (Débats actualité française) « l’impasse du PS » (Inrocks) Valls encore : « Aubry m’a fait du mal » (JDD), « Julien Dray se range à l’avis d’EL DIA, Aubry est une gourde… » (El dia de la republica - Satire)… « La crise de gouvernance au Parti socialiste tourne à la farce » (Le Monde encore !) « Le PS passera-t-il l’été ? » (nouvelobs.com) « Delanoë: “Il y a besoin d’ordre au PS » (le JDD.fr)…Jack Lang aussi ” le PS est un arbre sec”,
Il y a 211 articles comme ceux-là sur Google actualité… si le mot « matraquage » et le mot « propagande » veulent dire quelque chose, c’est bien devant ce spectacle odieux. Il ne manque qu’un sondage d’Opinions Way commandé par Buisson à l’Elysée et démenti par Guéant.
Comment peut-on ne pas donner la parole à la gauche de ce parti, en fait majoritaire à Reims, qui s’arqueboute pour le défendre contre tous les oiseaux de proie ? Comment ignorer que ce parti qui dirige 61 % des départements, 2 villes sur 3, 20 régions sur 22, est en fait le plus grand parti de France ? Il est le cœur de la gauche sans laquelle celle-ci ne peut gagner.
Sarkozy qui mène chaque jour à fond une « contre-révolution blanche » dans ce pays contre tous les droits sociaux, contre les salaires, dans le seul intérêt d’une minorité de 1 à 2 % de super privilégiés, Sarkzoy fauteur de crise et de chômage, 2000 chômeurs par jour, organise cette super campagne de dénigrement, de folie caricaturale.
Car les grands médias aux ordres de la pensée unique, dans ce pays, disons essentiellement le cercle TF1- Le Figaro, impriment le tempo aux autres, Le Monde – Le Parisien – le JDD – Libération, qui martèlent de façon incroyable les mêmes thèmes de bourrage de crâne.
Non, le PS n’est pas mort et il ne va pas mourir, il peut éviter de se rendre à ce que tous ces gens exigent de lui, une rupture d’avec la gauche, et une alliance avec le Modem. Car c’est ça et seulement cela qui serait mortel ! On l’a vu à Aix, ce « week-end » sanglant, l’alliance genre Modem, Verts recentrés, PS social libéralisé conduit à coup sûr à la défaite, elle contracte les voix de gauche et fait le jeu de la droite.
Lisez-les bien, ils convergent tous sur ce point.
Alors quand Valls, Julien Dray, BHL, Moscovici mènent campagne pour une pareille alliance, toute la droite médiatique fait chorus : que le PS fasse cela sinon on le bousille, que le PS renonce à l’alliance à gauche, sinon on le détruit !
Julien Dray qui fut la gauche de ce parti bataille maintenant pour l’orienter a droite dans une coalition avec le centre qu’il combattait hier.
La violence de cette offensive vient de ce qu’ils veulent faire céder Martine Aubry. La violence de cette offensive vient de ce que le reste de la gauche ne relève pas le défi de l’unité et ne saisit pas l’appel que la premiére secrétaire a lancé pour une “maison commune” !
Alors, ils veulent faire craquer le PS de peur qu’il ne ressuscite la seule alternative digne de ce nom dans ce pays : l’unité de toute la gauche, contre toute la droite !
Dés qu’on a compris cela, on comprend que ce n’est pas « d’ordre » ou de « discipline » dont a surtout besoin le PS, que ses problèmes ne relèvent ni de l’impuissance, ni de l’amateurisme, mais d’un choix à assumer courageusement aller à gauche, s’unir à la gauche, défendre avec elle la rupture avec le sarkozysme, défendre 35, 60, 1600. 35 h. Retraite à 60 ans ; Smic à 1600 euros. Un plafond pour les revenus à 20 fois le Smic. Une économie mixte ou les services publics l’emportent sur la gabegie de la finance et des banqueroutiers. Redistribuer les richesses tout de suite pour sortir de la crise, contre tous ceux du Fouquet’s, contre les 500 familles, contre les insupportables profits de la caste dominante. Nous sommes des dizaines de milliers de militants dans le PS qui voulons cette issue : à gauche !
Gérard Filoche, le 20 juillet 2009
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19.07.2009
Le « tic tac » de Madonna et l'Iran.
Permettez-moi d'attirer une nouvelle fois votre attention sur Delphine Minoui qui fait un travail remarquable sur l'Iran. C'est une femme d'exception.
Cette jeune journaliste de 35 ans est l'une des rares vraies "connaisseuses" du Moyen-Orient et plus particulièrement de l'Iran. C'est la seule à savoir nous faire vivre au coeur de ce merveilleux pays.
Grâce à elle, j'ai beaucoup appris depuis 10 ans. Sur ce pays, sur Téhéran, sur les iraniens et les iraniennes.
Elle a su me faire comprendre l'autre face de ce pays et souvent me convaincre que tout n'était pas si "tranché".
Notamment sur les jeunes, les femmes iraniennes ("les pintades de Téhéran", titre de l'un de ses livres) et sur la vie quotidienne en Iran.
Elle a su changer certains de mes jugements trop entâchés des déceptions du quotidien ; encore récemment pendant les évènements de Téhéran et Isfahan. En particulier ce triste 4 juillet...qui est passé du soleil à l'ombre la plus profonde.
Excellente professionnelle au passé déjà brillant, elle sait rester à l'écoute et chercher à s'informer pour rendre compte. Sans tomber dans le travers de nos ami(e)s iranien(ne)s qui confondent trop souvent information et rumeur...
Major de promotion du CELSA (section journalisme) en 1997 puis diplômée de l'École des Hautes Etudes en Sciences Sociales, Delphine Minoui s'est installée en Iran en 1999 pour exercer sa profession. Correspondante pour France Inter et France Info dès 1999, elle collabore à partir de 2002 avec Le Figaro. Elle a également réalisé plusieurs documentaires.
En 2006, Delphine Minoui a été la lauréate du très fameux Prix Albert Londres pour une série d'articles sur l'Irak et l'Iran.
C'est aussi une femme qui s'engage, pas seulement en paroles mais en actes notamment contre cet univers moyenageux des mariages arrangés. C'est ainsi qu'elle a écrit récemment un très beau témoignange sur "Nojoud Ali, 10 ans divorcée", la première petite fille à avoir obtenu le divorce au Yemen.
Je vous fais suivre ce court article de Delphine qui montre, comme toujours, son souci du détail en correspondance totale avec son professionalisme.
Une Journaliste qui sait voir et...regarder pour nous faire comprendre. Une qualité rare.
Dans une nouvelle version disponible sur YouTube (voir ci-dessous), Madonna a encore frappé fort. Au milieu du clip, on voit apparaître, au rythme du « tic tac » de la chanson, l'image d'un Ahmadinejad en plein discours, suivie de la vidéo de manifestants blessés lors des manifestations, et de la fameuse photo de Neda, jeune icône de la contestation iranienne, qui a déjà fait le tour de la Planète...
![AL20062[1].jpg](http://baiedesomme.blogspirit.com/media/01/00/549342658.jpg)
![Delphine%20portrait[1].jpg](http://baiedesomme.blogspirit.com/media/00/00/599510159.jpg)
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Interview de Laurent Fabius dans Le Parisien/Aujourd’hui en France
19 juillet 2009
Martine Aubry a tapé du poing sur la table cette semaine en demandant à Manuels Valls de cesser ses critiques ou de quitter le PS. Vous l’avez approuvée, pourquoi ?
Un rappel à l’ordre était nécessaire, maintenant il faut aller de l’avant.
Vous vous êtiez vous-mêmes affranchi de la discipline collective, en 2005, en prêchant pour le non au référendum sur la Constitution européenne, alors que le PS appelait à voter oui.
Cela n’a rien à voir. Je plaidais pour une proposition de nature politique, une Europe beaucoup plus volontaire.
N’y a t-il pas deux poids, deux mesures ? Pourquoi le PS n’a t’il pas rappelé à l’ordre Michel Rocard ou Jack Lang, qui travaillent régulièrement avec Nicolas Sarkozy ?
Il faut distinguer celui qui apporte sa contribution au sein d’une commission - la démocratie, c’est le pluralisme - et celui qui renonce à ses convictions pour un poste ministériel. Cela c’est du débauchage et non de l’ouverture. D’ailleurs ce qui m’intéresse, c’est plutôt la psychologie du "débaucheur", en l’occurrence M. Sarkozy. Elle traduit une conception totalement opportuniste de la politique selon laquelle il suffirait d’insister pour que tout homme de gauche s’enrôle à droite. Je ne suis pas d’accord avec cette vision, à vrai dire assez cynique, qui contredit la notion même d’engagement.
Vous ne croyez pas Sarkozy lorsqu’il explique que sa politique n’est pas de droite ?
Son discours emprunte parfois une terminologie de gauche, mais ses actes principaux, non. En réalité, c’est une égoprésidence, faite pour un petit groupe, pour un réseau d’hyper privilégiés. Prenez "le bouclier fiscal". Grâce à lui 100 personnes possédant plus de 15 millions d’euros perçoivent un chèque annuel du Trésor public de plus d’un million d’euros. En pleine crise, comment l’admettre ?D’une façon générale, M. Sarkozy semble tout ramener à cette seule valeur, l’accumulation d’argent. Une société, ce n’est pas simplement cela. Autre exemple : le texte sur le travail du dimanche...Tout doit devenir marchandise. C’est un attrape-gogos ! Contrairement aux promesses du gouvernement, la loi n’entrainera pas de relance de la consommation, elle ne s’appliquera pas sur la base du volontariat et ne donnera pas lieu à un doublement du salaire par dimanche travaillé.
Et la baisse de la TVA dans la restauration ?
Elle va coûter au contribuable deux milliards et demi d’euros par an. N’y avait-il pas d’autres priorités ? Le gouvernement certifie qu’il y aura des contreparties pour les clients et pour les salariés. Mais chacun se rend compte que cette baisse n’est pas, ou mal, répercutée. Au moment même où, par ailleurs, on réduit la rémunération du Livret A pour des dizaines de millions de petits épargnants. M. Sarkozy est un spécialiste de la communication mais il est injuste pour le présent et il ne prépare pas l’avenir.
Le chef de l’Etat veut pourtant lancer un grand emprunt pour financer les dépenses d’avenir ?
Je croyais que c’était déjà le rôle du budget de la nation ! Voyez l’exemple instructif d’EDF : l’entreprise lance un emprunt auprès des Français, elle récolte 3,5 milliards d’euros, deux jours après son président exige une augmentation des tarifs de 20 % en expliquant que l’entreprise est... trop endettée ! Avec l’emprunt Sarkozy, cela risque d’être la même chose : d’abord un emprunt, coûteux pour les finances publiques, ensuite, après les échéances électorales, l’augmentation des impôts.
Mais que ferait la gauche à sa place ?
Lors de la motion de censure, j’ai cité plusieurs mesures d’urgence : annulation du bouclier fiscal, exonération des cotisations sociales pour les seules entreprises où sont conclus des accords salariaux, fin des suppressions d’emplois à l’école, à l’hôpital et dans la police, meilleure indemnisation-chômage pour les CDD et les intérimaires qui arrivent en fin de droits. Cela permettrait au moins d’amortir la crise, qui va s’amplifier à la rentrée. Plus largement, nous avons besoin de relancer une croissance durable, c’est-à-dire verte et équitable, et d’engager une nouvelle politique européenne volontaire face à la "Chinamérique" qui se profile.
Certains salariés, comme ceux de New Fabris à Châtellerault (Vienne), menacent de faire sauter leur usine. Vous comprenez ?
Je ne cautionne pas mais je comprends. Quand des ouvriers ou des cadres, après des années, sont mis dehors sans perspective de retrouver du travail, sans indemnisation durable, alors que quelques centaines de personnes engrangent, elles, de véritables fortunes, il y a un problème évident !
Après leur percée aux européennes de juin, Europe Ecologie et Daniel Cohn-Bendit menacent-ils le PS ?
Aux européennes, le PS a payé cher ses divisions... Un certain nombre de gens qui ont le coeur à gauche, ont voté pour le Front de gauche ou pour les écologistes afin de ne pas voter socialiste. Au lieu de se diviser, le PS doit réagir, proposer, positiver ! Ce travail a commencé, il faut l’amplifier, en lançant des idées et en évitant de s’envoyer des coups.
Etes-vous favorable à des primaires étendues aux sympathisants de gauche pour désigner le candidat du PS pour la présidentielle ?
Je suis pour que le candidat socialiste soit largement désigné. Mais le PS n’imposera pas son candidat aux autres partis de gauche...
Vous avez été Premier ministre de Mitterrand, que Sarkozy cite souvent. Ca vous agace ?
Mitterrand avait une jolie formule pour ce type de comportement : "ils citent volontiers les socialistes mais seulement... étrangers ou disparus". Beaucoup pensent que la réélection de M. Sarkozy est déjà acquise. Eh bien moi, je suis convaincu qu’il peut être battu en 2012 ! Voici quelqu’un qui s’est fait brillamment élire en promettant monts et merveilles et d’être le président du pouvoir d’achat ; à mi mandat, le voilà recordman des déficits, des inégalités, du chômage et de l’insécurité. Sans parler de sa main-mise sur les médias, dont on a vu la traduction caricaturale cette semaine (le 13 juillet sur France 5 et le 14 juillet sur France 2 NDLR) ! S’ajoute maintenant, paraît-il, une affaire de sondages complaisamment publiés mais plus ou moins payés par l’Elysée ! Franchement, il n’y a pas lieu de se moquer de M. Berlusconi... Je me fais une autre idée de la fonction présidentielle, de l’autorité morale qu’elle devrait comporter, du sérieux et de la profondeur de vues qu’elle requiert.
Propos recueillis par Frédéric Gerschel et Nathalie Schuck
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