30.05.2009
Moussavi s'engage à améliorer les droits de la femme
TEHERAN (AFP) — Le candidat à la présidentielle en Iran, Mir Hossein Moussavi, s'est engagé samedi à réviser les lois "injustes" à l'égard des femmes, s'il est élu le 12 juin.
Dans un discours devant environ 1.500 femmes dans un centre sportif à Téhéran, M. Moussavi a déclaré qu'il "réviserait toutes les lois considérées comme discriminatoires et injustes à l'égard des femmes en introduisant les projets nécessaires au Parlement".
Le candidat, soutenu par les partis réformateurs, a assuré la foule qu'il oeuvrerait en vue de retirer des rues les patrouilles de "la police des moeurs" qui veillent au strict respect du code vestimentaire par les femmes contraintes de porter le voile.
Cette police fait régulièrement la chasse aux jeunes femmes qui laissent s'échapper trop de mèches de cheveux ou portent le manteau, obligatoire, trop serré à la taille. Elles sont normalement emmenées par la police et tenues de signer un engagement à ne pas répéter leur acte.
Les femmes en Iran ne peuvent travailler, ou obtenir un passeport, qu'avec l'accord de leur mari. La charia, la loi islamique, fait qu'en justice leur témoignage vaut la moitié de celui d'un homme. Elle les désavantage aussi pour l'héritage, le divorce et la garde des enfants.
M. Moussavi est considéré comme le principal concurrent du président Mahmoud Ahmadinejad, qui se présente pour un second mandat de quatre ans.
| | |
| Le candidat à la présidentielle en Iran, Mir Hossein Moussavi, à Téhéran, le 29 mai 2009 | |
Son épouse, Zahra Rahnavard, s'est également adressée à la foule qui criait "Retirez la police des moeurs".

"Nous devons préparer le terrain pour que les femmes soient traitées sans discrimination", a-t-elle dit. "Nous devons réviser les lois qui traitent les femmes de manière inégale. Elles doivent pouvoir choisir leurs professions suivant leur mérite et accéder aux postes de décision politique".
Massoumeh Ebtekarque", la première femme iranienne à être nommée vice-présidente sous le mandat de l'ancien président Mohammad Khatami (1997-2005), présente au meeting, a exhorté aussi M. Moussavi à améliorer les droits des femmes.

22:55 Publié dans Iran | Lien permanent | Commentaires (2) | Envoyer cette note
27.05.2009
Shirin Ebadi (prix Nobel de la Paix) : " L'Iran a dépassé la Chine en nombre d'exécutions "
L'avocate iranienne et Prix Nobel de la paix dénonce les pressions dont elle est l'objet Prix Nobel de la paix et animatrice du Centre des défenseurs des droits de l'homme à Téhéran, l'avocate iranienne Shirin Ebadi a vu ces derniers mois augmenter les pressions sur son centre et restreindre ses activités.
Dans un entretien téléphonique au Monde, elle confie ses craintes sur le respect des libertés en Iran, à quelques jours de l'élection présidentielle du 12 juin.

Etes-vous toujours personnellement visée par la répression ?
C'est une réalité. Notre centre de défense des droits de l'homme a été fermé le 21 décembre 2008. Mon cabinet a été fouillé, mes archives emportées pêle-mêle dans des cartons et notre site Internet " filtré ", sans justification formelle. Ensuite, la secrétaire du centre a été arrêtée - elle a passé deux mois en détention - et une campagne de diffamation orchestrée par le journal conservateur Keyhan nous a traités d'" agents de la CIA et du sionisme ". Ajoutez à cela une manifestation devant mon cabinet, des pressions sur mes deux assistantes pour qu'elles démissionnent et la fermeture de ma boîte e-mail. Je suis sans accès à Internet. Voilà pour les conditions de travail. Quant au travail lui-même, jugez vous-même : la journaliste irano-américaine Roxana Saberi, finalement libérée, avait demandé notre assistance lorsqu'elle avait été condamnée à huit ans de prison pour espionnage, en avril. Nous n'avons pas eu accès au dossier. Depuis, deux membres du centre font l'objet de pressions, Mme Mohammadi n'a pu quitter le pays pour honorer un rendez-vous à l'étranger et M. Seyfzadeh a été convoqué devant les tribunaux révolutionnaires, sans explication. Ma conclusion, c'est que cette campagne de harcèlement et de pressions n'a d'autre but que de nous amener à abandonner le combat, nous dont le centre était l'ultime recours pour bien des Iraniens.
Quel le bilan faites-vous du mandat présidentiel qui s'achève dans lequel les fondamentalistes avaient tous les pouvoirs ?
Nous constatons une dégradation constante de la situation des droits de l'homme depuis 2005. En 2008, pour prendre un exemple, nous avons constaté qu'en trois ans il y avait eu 300 % d'exécutions en plus ! L'Iran, toutes proportions gardées, a dépassé même la Chine : il y a eu chez nous 355 exécutions pour 70 millions d'habitants et 2 200 exécutions en Chine qui compte 1,3 milliard d'habitants. Faites le calcul... Le plus grave, c'est l'exécution des jeunes, mineurs au moment des faits reprochés. En trois ans, 32 ont été exécutés dans le monde entier dont 26 en Iran ! 138 attendent en ce moment dans le couloir de la mort en Iran dont cinq filles. Ces exécutions sont contraires à l'article 6 du pacte international du droit civil et politique ratifié par l'Iran en 1975, mais les autorités n'en ont cure, elles attendent que les jeunes meurtriers aient 18 ans en prison pour les pendre. Devant cet état de fait, 20 personnalités iraniennes, dont moi-même, 5 religieux, dont Mehdi Karoubi, candidat à la présidentielle, et des artistes de renom comme les cinéastes Jafar Panahi ou Rakhshan Banietemad ont lancé une pétition demandant la fin de ces exécutions. Je reste pessimiste, comment ne pas l'être ? On vient d'apprendre qu'un couple a été condamné à la lapidation la semaine dernière. De toute façon, lorsque le 18 décembre 2008, l'Assemblée générale de l'ONU a adopté une résolution demandant un moratoire sur la peine de mort, seuls 46 pays ont voté contre sur 192. Et parmi eux, il y avait l'Iran...
La société civile est touchée ?
Bien sûr. En deux ans, plus de 100 femmes qui ont participé à la campagne pour l'égalité des droits ont été traduites devant les tribunaux révolutionnaires et condamnées à des peines fermes de trois mois à quatre ans de prison pour " atteinte à la sécurité de l'Etat ". Pour les mêmes raisons, trois autres femmes, Alieh Eghdamdoust, Ronak Safarzadeh et Zeynab Bayazidi, purgent des peines de prison de trois ans pour la première, quatre ans pour les autres. La " sécurité de l'Etat ", c'est le mot-clé. Celui qui justifie la condamnation à respectivement dix ans et un an de prison de deux défenseurs des droits de l'homme kurdes, Mohammad Sadigh Kaboudvand et Massoud Kordpour. Pourquoi je cite tous ces noms ? Pour qu'ils existent, c'est la seule protection contre le silence... On pourrait y ajouter aussi ceux de ces neuf étudiants arrêtés en février ou de cette centaine de personnes interpellées le 1er mai. Ou encore ceux de Kamyar et Arash Alai, ces deux frères médecins, condamnés à trois et six ans de prison, en juin 2008. Rien n'échappe à la répression : surtout ne pas être " différent ". Les minorités religieuses sont touchées en premier comme les bahais, dont sept responsables sont en prison depuis un an pour " espionnage ". Nous tentons de les défendre malgré les intimidations, mais la date du procès n'est même pas fixée. Les sunnites font aussi l'objet de tracasseries, et même certains groupes chiites qui prônent un dialogue des religions monothéistes sont accusés de " propos hérétiques ". Idem pour les minorités ethniques. Un journaliste, Yacoub Mehrnehd, a été exécuté en 2008 au Sistan-Balouchistan et une dizaine d'activistes kurdes sont condamnés à mort.
Qu'attendre de l'élection de juin ?
Les droits de l'homme, c'est aussi pouvoir exercer ses droits de citoyen. Il y a deux semaines, nous avons publié un communiqué réclamant des élections " libres " et " transparentes " dans lesquelles le peuple peut s'exprimer sans contrainte. Malheureusement, en Iran, le Conseil des gardiens sélectionne les candidats au préalable. Sur plus de 300 qui se sont présentés à la présidentielle, seuls 4 ont été retenus. La légitimité d'un gouvernement n'émane pas seulement du suffrage universel, mais aussi du respect des citoyens sans distinction de leur opinion ou de leur religion. Or qu'avons-nous depuis quatre ans ? Une répression accrue et des libertés de plus en plus surveillées. Un bilan dans lequel la démocratie est bien malmenée.
Propos recueillis par Marie-Claude Decamps
Sur le Web : www.humanrights-ir.org © Le Monde
22:26 Publié dans Iran | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note
26.05.2009
Nucléaire iranien : fin de non-recevoir aux Occidentaux
| Enfin un article court qui donne la seule clé pour comprendre l'alternative qui seule existe : tout le reste n'est que spéculations sans intérêt. Il est dommage que la citation finale ait été tronquée : avec négociations et (précises et annoncées à l'avance) il faut aussi ajouter : calendrier précis et objectifs à atteindre. Mais on ne peut pas tout attendre d'un ...re-writer. A voir les réactions internationales à l'initiative nucléaire nord-coréenne, on peut voir que les Iraniens n'ont pas à avoir trop de soucis...
|
2 27 mai 2009 |
15:14 Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note
Iran: Facebook de nouveau autorisé
· AFP
26/05/2009 | Mise à jour : 12:18
Le site internet de socialisation Facebook, interdit d'accès par les autorités iraniennes samedi, a été de nouveau autorisé, a annoncé aujourd'hui l'agence de presse Ilna, proche des réformateurs. "Le site Facebook a été de nouveau autorisé il y a quelques minutes", a rapporté l'agence.
Selon Ilna, la décision d'interdire l'accès à Facebook avait été prise par un comité comprenant notamment des représentants des ministres de l'Intérieur et des Renseignements, ainsi que de l'autorité judiciaire et du Parlement.
Le porte-parole de Facebook, Debbie Frost, s'était dit "déçu" par l'interdiction d'accès au site pour les internautes iraniens.
12:48 Publié dans Iran | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note
23.05.2009
Le temps qui reste...
Combien de temps...
Combien de temps encore
Des années, des jours, des heures, combien ?
Quand j'y pense, mon cœur bat si fort...
Mon pays c'est la vie.
Combien de temps...
Combien ?
Je l'aime tant, le temps qui reste...
Je veux rire, courir, pleurer, parler,
Et voir, et croire
Et boire, danser,
Crier, manger, nager, bondir, désobéir
J'ai pas fini, j'ai pas fini
Voler, chanter, parti, repartir
Souffrir, aimer
Je l'aime tant le temps qui reste
Je ne sais plus où je suis né, ni quand
Je sais qu'il n'y a pas longtemps...
Et que mon pays c'est la vie
Je sais aussi que mon père disait :
Le temps c'est comme ton pain...
Gardes-en pour demain...
J'ai encore du pain
Encore du temps, mais combien ?
Je veux jouer encore...
Je veux rire des montagnes de rires,
Je veux pleurer des torrents de larmes,
Je veux boire des bateaux entiers de vin
De Bordeaux et d'Italie
Et danser, crier, voler, nager dans tous les océans
J'ai pas fini, j'ai pas fini
Je veux chanter
Je veux parler jusqu'à la fin de ma voix...
Je l'aime tant le temps qui reste...
Combien de temps...
Combien de temps encore ?
Des années, des jours, des heures, combien ?
Je veux des histoires, des voyages...
J'ai tant de gens à voir, tant d'images..
Des enfants, des femmes, des grands hommes,
Des petits hommes, des marrants, des tristes,
Des très intelligents et des cons,
C'est drôle, les cons ça repose,
C'est comme le feuillage au milieu des roses...
Combien de temps...
Combien de temps encore ?
Des années, des jours, des heures, combien ?
Je m'en fous mon amour...
Quand l'orchestre s'arrêtera, je danserai encore...
Quand les avions ne voleront plus, je volerai tout seul...
Quand le temps s'arrêtera..
Je t'aimerai encore
Je ne sais pas où, je ne sais pas comment...
Mais je t'aimerai encore...
D'accord ?
http://www.wat.tv/video/temps-qui-reste-serge-reggiani-kh...
http://www.youtube.com/watch?v=8mQiRFgOiWQ
http://www.dailymotion.com/video/x6hvjd_le-temps-qui-rest...
20:55 Publié dans J'aime, J'aime pas, p’têt ben qu’oui, p’têt ben qu | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note
Iran: l'ex-président Khatami appelle à voter pour Moussavi
TEHERAN (AFP) — L'ancien président réformateur iranien Mohammad Khatami a appelé samedi les électeurs à voter pour Mir Hossein Moussavi lors de la présidentielle du 12 juin, devant des milliers de jeunes rassemblés dans le stade Azadi (liberté) à Téhéran.
"Ne ratez pas cette opportunité. Vous tous, venez voter et en inscrivant le nom de Mir Hossein Moussavi sur le bulletin de vote, vous accomplirez votre devoir vis-à-vis de la révolution et de l'islam et décidez de votre destin", a déclaré M. Khatami, président de 1997 à 2005.
Parmi la foule, plusieurs portaient des foulards et écharpes de couleur verte, symbole choisi par M. Moussavi et qui est aussi la couleur de l'islam et des seyyed (descendants du prophète).
"Je sais que les restrictions en matière de liberté ont augmenté (...) et que les ingérences en période électorale ont augmenté pour empêcherque la volonté des gens soit matérialisée", a ajouté M. Khatami. "Mais je sais que le peuple est expérimenté et éveillé".
Outre M. Moussavi, Mehdi Karoubi, ancien président réformateur du parlement, Mohsen Rezai, un conservateur et ancien chef des Gardiens de la révolution, ainsi que le président Mahmoud Ahmadinejad sont candidats à la présidentielle.
Dans le même temps, les autorités ont interdit l'accès à Facebook, utilisé par des partisans de M. Moussavi pour faire campagne pour lui, a rapporté l'agence Ilna, proche des réformateurs. "Selon des internautes, Facebook a été interdit car les partisans du candidat Mir Hossein Moussavi, avaient réussi à utiliser Facebook pour mieux faire connaître les positions du candidat".
De manière très symbolique, le meeting de soutien à M. Moussavi a été organisé le jour anniversaire de la victoire de M. Khatami le 23 mai 1997. Ce dernier avait été battu en 2005 par l'ultraconservateur Ahmadinejad.
Critiquant la politique de M. Ahmadinejad, M. Khatami a affirmé que ce jour anniversaire symbolisait "l'ouverture des portes de l'Iran au monde et des portes du monde à l'Iran", appelant à "éviter les politiques et attitudes qui isolent l'Iran et lui coûtent davantage de pressions".
"Cela signifie que nous ne devons pas tolérer la pauvreté et l'humiliation" et que "nous devons préserver la liberté avec la sécurité et non restreindre la liberté sous prétexte qu'il faut assurer la sécurité" du pays face au monde extérieur, a-t-il poursuivi.
Au stade Azadi, plusieurs des partisans de M. Moussavi, qui se trouvait à Ispahan pour un autre rassemblement, lui ont rendu hommage.
"Il défendra les droits de l'homme et les libertés sociales", a déclaré Maryam, une étudiante de 21 ans.
Sous Moussavi, "tout le monde pourra exprimer son opinion librement", dit un autre jeune, Ali Sakkaki.
"Laissez-nous espérer qu'avec le nouveau gouvernement, nous n'aurons pas de prisonniers politiques, d'étudiants emprisonnés et que la fin de la discrimination contre les femmes ne sera pas juste un espoir", a lancé Zahra Rahnevard, l'épouse de M. Moussavi, présente au meeting.
20:46 Publié dans Iran | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note
Nicolas Sarkozy va inaugurer une base militaire à Abou Dhabi
Le président français Nicolas Sarkozy se rend lundi et mardi à Abou Dhabi pour inaugurer à quelques encablures des côtes iraniennes, la première base militaire française permanente créée depuis cinquante ans à l'étranger.
Avec la création de cette base aux Emirats, séparés de l'Iran par le détroit d'Ormuz qui voit passer environ 40% du commerce mondial de pétrole, "la France (...) entend participer pleinement à la stabilité de cette région essentielle pour l'équilibre du monde", explique Nicolas Sarkozy dans un entretien à paraître dans le magazine "Diplomatie".
La France ne peut rester "indifférente" aux ambitions de l'Iran dans le secteur du nucléaire militaire et entend faire oeuvre de "dissuasion", décrypte un haut diplomate. L'implantation militaire française sera d'ailleurs complétée par l'actualisation de l'accord de défense qui lie depuis 1995 les deux pays, précise l'Elysée, ce qui, selon un haut militaire, veut dire que "si l'Iran attaquait, on serait attaqués aussi".
La nouvelle base, annoncée en janvier 2008 lors de la dernière visite du chef de l'Etat français aux Emirats, a été baptisée "le camp de la paix". Elle sera en fait constituée d'une base navale dans le port d'Abou Dhabi, d'une présence de l'armée de l'air sur la base émiratie d'Al-Dhafra où seront stationnés trois avions de combats et d'un camp d'entraînement de l'armée de terre.
Première implantation militaire créée depuis l'indépendance des anciennes colonies africaines, elle sera aussi la première hors d'Afrique, alors que Nicolas Sarkozy a affiché sa volonté de "renouveler" les relations françafricaines en n'apportant plus automatiquement son soutien militaire aux régimes en place. Elle n'a pourtant "pas vocation à se substituer à notre présence militaire à Djibouti", assure Nicolas Sarkozy, "mais à la renforcer".
"L'objectif de cette base n'est évidemment pas de vendre des équipements militaires", ajoute le président français, qui sera tout de même accompagné par tout le gratin des entreprises d'armement françaises, dont les Emirats sont un gros client.
Au premier rang figureront Serge et Olivier Dassault, parlementaires mais aussi fabricants de l'avion de combat Rafale, qui intéresse l'armée des Emirats et sera positionné sur la base aérienne. Une démonstration en vol est d'ailleurs prévue, même si aucun contrat ne devrait être signé, avance l'Elysée, alors que "Le Parisien/Aujourd'hui en France" affirme dans son édition de samedi qu'un "énorme contrat" concernant la vente de 60 Rafale "pour un montant total de l'ordre de six à huit milliards d'euros -sur plusieurs années- est en cours de finalisation avec les Emirats arabes unis". Joint par l'Associated Press, le ministère de la Défense a indiqué dans l'après-midi qu'il ne commentait habituellement pas l'état d'avancement d'une négociation entre un Etat et un industriel français.
Par ailleurs, la visite de Nicolas Sarkozy intervient à "un moment très important" dans une autre négociation faramineuse qui doit aboutir en septembre, en vue de la construction de 12 à 16 centrales nucléaires. Un projet qui intéresse Total, Suez et Areva.
Les Emiratis, qui disposent de près de 100 milliards de barils de pétrole de réserve, préfèrent exporter leurs hydrocarbures que de les utiliser et ont besoin d'une autre source d'énergie pour produire de l'électricité ou pour dessaler l'eau de mer qu'ils consomment.
Lors de sa courte visite (moins de 24 heures), Nicolas Sarkozy s'entretiendra en privé avec l'émir d'Abou Dhabi et avec le prince héritier. Outre les sujets internationaux et économiques, il sera question de coopération culturelle et en particulier des projets de Louvre et de la Sorbonne à Abou Dhabi.
Enfin, il n'est pas prévu que le président français se rende une troisième fois en Afghanistan lors ce déplacement, assure l'Elysée, qui met en avant la campagne électorale en cours pour la réélection du président afghan Hamid Karzaï. AP
16:32 Publié dans Iran | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note
Facebook interdit en Iran
"Le site Facebook a été interdit d'accès à quelques jours de l'élection présidentielle (du 12 juin, ndlr). Selon certains internautes, le site a été interdit parce que les partisans du candidat Mir Hossein Moussavi, avaient réussi à utiliser Facebook pour mieux faire connaître les positions du candidat", affirme l'agence.
L'ancien Premier ministre Mir Hossein Moussavi est soutenu par l'ex-président réformateur Mohammad Khatami et les principaux partis réformateurs iraniens. Il est considéré comme le principal concurrent du président conservateur Mahmoud Ahmadinejad qui se représente pour un second mandat de quatre ans.
15:44 Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note
« ce n’est pas ceux qui votent qui importent, mais ceux qui comptent les bulletins » (Staline)
Iran : Indications sur le taux de participation aux élections
23.05.2009
Après avoir implanté son décor électoral, Téhéran a lancé la campagne des présidentielles dont le véritable enjeu est l’annonce d’un fort taux de participation qui soit la preuve éclatante de la légitimité du régime et ses différentes politiques. Actuellement, les divers responsables du régime prennent la parole pour appeler les Iraniens à une participation massive.

Il y a une semaine, pendant sa tournée au Kurdistan iranien, c’est le Guide suprême qui avait ouvert le bal des appels à voter. Il avait clairement associé ce vote à un plébiscite sur la nature du régime. Puis ce fut le tour de Khatami à mettre en garde contre les dangers de l’abstention. La série continue avec la prière de vendredi officié par Rafsandjani, le patron occulte du régime. Ce dernier a opté pour une combinaison de deux thèmes développés par Khamenei et Khatami.
« Ne pas se rendre aux bureaux de vote et refuser de donner sa voix ne résoudront rien et ne bénéficieront à personne. Les voix de chaque personne dans toutes les élections donneront du crédit au système islamique. La présence forte de tous ceux qui aiment leur pays et la révolution islamique décevra les ennemis », a déclaré Rafsandjani. Il a précisé que ces ennemis à savoir les contre-révolutionnaires ont toujours reculé face à la révolution quand cette présence a été entre 70 et 80%.
Ce choix correspond à une réalité : contrairement à de nombreux Etats non démocratiques qui se prétendent comme telles, le régime des mollahs n’affiche pas des taux de participation de 99,9%. Il simule les vraies démocraties en annonçant des taux de participation normaux. Il a ainsi annoncé 68% en 1980 (Banisadr destitué en juin 81), 64% en 81 (Radjaï tué en août 81), 75% en 81 (Khamenei), 55% en 85 (Khamenei), 55% en 89 (Rafsandjani), 51% en 93 (Rafsandjani), 80% en 1997 (Khatami), 68% en 2001 (Khatami) et 60% en 2005 pour Ahmadinejad.
On constate que par deux fois, le régime a affiché des taux élevés. Cela est dû au fait que le régime utilise le taux de participation comme un message subliminal.
En 1997, le régime devait faire face à ses premières sanctions pétrolières (loi d’Amato) et Rafsandjani avait été placé sous mandat d’arrêt international, il a alors sorti de son chapeau le modéré Khatami et pour donner des gages de bonne volonté, il l’a affublé d’un taux de participation de 80%.
Il en allait de même en 1981 après les premières sanctions américaines avec l’élection de Khamenei (actuel guide suprême ultra-conservateur), qui à l’époque pour les besoins de la cause bénéficiait d’un label de modéré, ce label qui plait tant aux Occidentaux.
Dans les deux cas, il ne s’agissait pourtant pas de plaire, mais d’aller dans les sens des intérêts vitaux du régime. Cette fois, c’est aussi le cas, mais l’intérêt suprême du régime n’est plus de plaire mais faire la forte tête, ce qui nous vaudra une réélection d’Ahmadinejad.

L’évocation par le patron du régime de la nécessité d’une participation massive de l’ordre de 70 et 80%, c’est-à-dire les deux maxima jamais utilisés par le régime, est le signe avant-coureur de l’annonce d’un tel taux. Comme disait Staline, « ce n’est pas ceux qui votent qui importent, mais ceux qui comptent les bulletins ». Quel que soit le vrai taux de participation (probablement entre 5 et 10%), Téhéran annoncera un taux choc très élevé.
En le demandant, puis en l’obtenant forcément, le régime et aussi Rafsandjani s’offrent un plébiscite supplémentaire parallèlement au plébiscite accordé à Ahmadinejad comme le porte-parole de l’intransigeance nucléaire.
10:17 Publié dans Iran | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note
22.05.2009
Iran : Les dernières rumeurs d’une élection sans surprise
22.05.2009
A l’approche du 12 juin, date de l’élection présidentielle en Iran, les divers médias iraniens (ouvertement liés au régime ou faussement dissidents) sont en ébullition. Il y a des contacts entre les deux : ce que le régime ne peut dire ouvertement le dit via les médias soi-disant dissidents. Les deux types de médias sont en œuvre pour assurer au régime la réalisation de ses deux objectifs : affirmer son caractère démocratique et justifier d’avance les résultats finaux du scrutin du 12 juin. Il en résulte un micmac plutôt amusant.© WWW.IRAN-RESIST.ORG
Le 12 juin, nous assisterons sans doute à la réélection de Mahmoud Ahmadinejad, ce qui n’enchante guère les partenaires occidentaux de l’Iran. Mais c’est une nécessité car Téhéran peut ainsi donner une légitimité démocratique et populaire au maintien en état de son programme nucléaire et à son refus de dialogue avec Obama. Il est même évident que le scrutin doit déboucher sur un plébiscite.
Cette réélection qui enquiquine l’Occident pose aussi un problème technique aux mollahs : tout au long de ce premier mandat d’Ahmadinejad, chaque fois que le régime était en passe d’écoper de nouvelles sanctions, il avait agité la possibilité d’un retour des modérés. Pour cela, il n’hésitait pas à mettre en avant l’impopularité d’Ahmadinejad ou sa mauvaise gestion économique notamment ses rapports houleux avec la BCI (Banque Centrale Iranienne). Dès lors que le régime a décidé de le maintenir à son poste pour avoir une raison démocratique de refuser le dialogue avec les Etats-Unis, on a assisté à un revirement médiatique.
Mahmoud, le winner | Il y a peu la Banque Centrale Iranienne a cessé de pointer d’un doigt accusateur les mauvaises dépenses d’Ahmadinejad comme étant à l’origine de la fonte de ses réserves en devises. Du jour au lendemain, les réserves iraniennes sont passées de moins de 16 milliards de dollars à plus de 80 milliards de dollars alors que dans le même temps, les prix de pétrole ont fortement chuté, les dépenses iraniennes ont explosé en raison de la crise mondiale et du renforcement des sanctions. La vraie campagne présidentielle a commencé avec cette annonce factice de la BCI sur l’épanouissement de l’économie iranienne sous la direction d’Ahmadinejad !
A l’approche du 12 juin, le régime a opté pour la diffusion de bonnes nouvelles économiques à un rythme plus accéléré : il y a trois jours, Ahmadinejad annonçait la redistribution des bénéfices du secteur pétrolier à tous les Iraniens. Hier, son gouvernement a annoncé une hausse des salaires. Il n’y a pas de quoi pavoiser car le salaire minimum annoncé est désormais de 275 dollars soit le tiers du seuil de pauvreté pour une famille de 4 personnes. Mais comme par enchantement, aucun des candidats ne parle plus de la mauvaise gestion d’Ahmadinejad, ni de l’inflation ou encore de la hausse vertigineuse des prix.
Moussavi grillé | Parallèlement à cette présentation très positive d’Ahmadinejad, le régime a commencé une campagne informelle de publicité négative à propos de son principal adversaire : Mir Hossein Moussavi. On se souvient qu’au début de la campagne, pour laisser croire à un retour des modérés, le régime avait fait de ce Moussavi le candidat des jeunes ou encore des Etudiants, d’autant plus qu’il bénéficiait d’un soutien de Khatami, le champion de la modération du régime. Depuis une dizaine de jours, à peu près au même moment que l’annonce de la BCI, ce n’est plus le cas ! Les étudiants n’aiment plus Moussavi !
Il ne s’agit pas d’une campagne directe, mais d’une campagne diffuse et indirecte via le site des étudiants dissidents, une invention du régime pour simuler l’existence d’une démocratie (mais islamique en Iran). Ce sont ceux qui manifestaient avec des pancartes écrites en anglais, leurs actions étant destinées aux médias américains.
Désormais, ces étudiants, d’ailleurs tous membres de la milice, reprochent à Moussavi un rôle direct dans l’extermination de plus de 20,000 prisonniers politiques pendant son mandant de Premier ministre en 1988 (ils oublient au passage que cette extermination a eu lieu par l’intermédiaire de la milice à laquelle ils appartiennent) ! En fait, il n’y a pas de secret, tout le monde a toujours su pour ce rôle de Moussavi dans le massacre de l’été 1988, le point intéressant est le revirement des ces jeunes qui agissent à la commande. Quoi qu’il en soit, leur site accuse Moussavi et l’info est amplifiée grâce à une large diffusion sur le net.
Khatami légèrement grillé | C’est aussi via le net, que le régime s’est attaqué à la réputation de Khatami l’associé de Moussavi : une vidéo le montrant se moquant de la famille du prophète a fait son apparition sur Youtube, le support favori des mollahs pour diffuser des images préfabriquées. Le lien a été envoyé aux opposants iraniens qui ont cru avoir déniché la perle rare contre le régime ! Aujourd’hui, cette vidéo a déclenché un tollé en Iran non pas en raison des propos sur le prophète mais en raison d’une soi-disant imitation de l’accent azéri !
Le régime prétend que Khatami a offensé les Azéris alors que la vidéo a été mise online avec un commentaire différent. Sur la base de cette offense, selon les sources habituelles de rumeurs made in mollahs, des étudiants Azéris armés de matraques ont attaqué un rassemblement de Moussavi prévu par hasard hier à la ville de Tabriz, capitale de la région d’Azerbaïdjan ! Les étudiants exigent des excuses !
Ce mauvais traitement médiatique infligé à Khatami montre l’importance de la réélection d’Ahmadinejad pour le régime des mollahs.
© WWW.IRAN-RESIST.ORG
la nuit américaine | Parallèlement à cette fabrication de motifs plausibles pour la réélection d’Ahmadinejad, dont on aura des échos dans les médias occidentaux grâce à des journalistes proches du régime, Téhéran n’oublie pas son autre objectif qui est de se donner une image très démocratique, sans quoi le président élu n’aurait pas de légitimité internationale.
C’est dans ce contexte que le régime a annoncé le calendrier des 6 débats télévisés entre les 4 candidats : le 2 juin, Arrobe-Rezaï, le 3 juin, Ahmadinejad-Moussavi, le 4 juin, Rezaï-Moussavi, le 6 juin, Ahmadinejad-Karroubi, le 7 juin, Moussavi-Karroubi et finalement le 8 juin, Ahmadinejad-Rezaï.
Les dates auraient été tirées au hasard. On constate néanmoins que le premier débat a lieu entre les deux outsiders et le suivant entre les deux principaux candidats. C’est loin d’être un hasard. Il est évident que tous les débats ne sont pas intéressants et dans tous les pays, il y a un phénomène de lassitude. Il fallait donc programmer le principal débat à savoir celui entre Ahmadinejad et Moussavi, au tout début de la série.
Téhéran a choisi de mettre ce débat en seconde position pour ne pas achever prématurément l’intérêt pour les autres débats. Autre constatation, ce tirage qui serait dû au hasard nous a gratifié d’une présence un jour sur deux d’Ahmadinejad : c’est d’ailleurs lui qui clôt la série (face à un adversaire sans intérêt) à 4 jours du scrutin !
Il n’y a pas que l’ordre de passage qui ne soit pas choisi au hasard : l’heure de la diffusion des débats est aussi très particulière. Le régime les a programmés entre 22h30 et minuit, une heure très tardive pour les Iraniens qui arrivent chez eux lessivés par une dure journée de labeur où ils ont cumulé plusieurs emplois. Mais minuit à Téhéran correspond à 16h à Washington !
Cet horaire incroyable a été décidé pour convenir aux médias américains qui sont les véritables cibles de ce spectacle démocratique où tous les candidats vont sans cesse affirmer leur fidélité à la révolution et leur amour du programme nucléaire pour justifier le plébiscite du 12 juin.
Connaissant les mollahs, on peut dire qu’ils ont sans doute prévu des coups de théâtre pour animer ce spectacle télévisé comme ils le font via leurs médias dissidents sur le plan national. Quels seront ces coups de théâtre ? impossible à savoir, mais ce sera le seul intérêt de cette élection sans surprise.
16:04 Publié dans Iran | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note


27 mai 2009
