30.05.2009
Moussavi s'engage à améliorer les droits de la femme
TEHERAN (AFP) — Le candidat à la présidentielle en Iran, Mir Hossein Moussavi, s'est engagé samedi à réviser les lois "injustes" à l'égard des femmes, s'il est élu le 12 juin.
Dans un discours devant environ 1.500 femmes dans un centre sportif à Téhéran, M. Moussavi a déclaré qu'il "réviserait toutes les lois considérées comme discriminatoires et injustes à l'égard des femmes en introduisant les projets nécessaires au Parlement".
Le candidat, soutenu par les partis réformateurs, a assuré la foule qu'il oeuvrerait en vue de retirer des rues les patrouilles de "la police des moeurs" qui veillent au strict respect du code vestimentaire par les femmes contraintes de porter le voile.
Cette police fait régulièrement la chasse aux jeunes femmes qui laissent s'échapper trop de mèches de cheveux ou portent le manteau, obligatoire, trop serré à la taille. Elles sont normalement emmenées par la police et tenues de signer un engagement à ne pas répéter leur acte.
Les femmes en Iran ne peuvent travailler, ou obtenir un passeport, qu'avec l'accord de leur mari. La charia, la loi islamique, fait qu'en justice leur témoignage vaut la moitié de celui d'un homme. Elle les désavantage aussi pour l'héritage, le divorce et la garde des enfants.
M. Moussavi est considéré comme le principal concurrent du président Mahmoud Ahmadinejad, qui se présente pour un second mandat de quatre ans.
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| Le candidat à la présidentielle en Iran, Mir Hossein Moussavi, à Téhéran, le 29 mai 2009 | |
Son épouse, Zahra Rahnavard, s'est également adressée à la foule qui criait "Retirez la police des moeurs".

"Nous devons préparer le terrain pour que les femmes soient traitées sans discrimination", a-t-elle dit. "Nous devons réviser les lois qui traitent les femmes de manière inégale. Elles doivent pouvoir choisir leurs professions suivant leur mérite et accéder aux postes de décision politique".
Massoumeh Ebtekarque", la première femme iranienne à être nommée vice-présidente sous le mandat de l'ancien président Mohammad Khatami (1997-2005), présente au meeting, a exhorté aussi M. Moussavi à améliorer les droits des femmes.

22:55 Publié dans Iran | Lien permanent | Commentaires (2) | Envoyer cette note


Commentaires
En vertu de la loi iranienne et en dehors de contraintes telles que le port du voile, la vie d’une femme vaut la moitié de celle d’un homme (le "prix du sang" : 25.000 dollars environ). Si un homme peut épouser quatre femmes, l’inverse n’est pas vrai. Une femme ne peut demander le divorce, sauf circonstances exceptionnelles.
De même, le témoignage d’une femme vaut la moitié de celui d’un homme devant le tribunal.
Ecrit par : Robert | 30.05.2009
Article 907 : (En cas de décès), quand il y a plusieurs enfants, la part des garçons est le double de celle des filles.
Article 920 : Si les héritiers du défunt sont des frères et soeurs des parents ou du père, la part des hommes est le double de celles des femmes.
Article 949 : Quand il n’y a pas d’autres légataires que le conjoint, le mari hérite de la totalité des biens de sa femme, alors que l’épouse n’hérite que de la moitié des biens de son conjoint, et l’on dispose du reste de l’héritage conformément à l’article 866 [il est donné au juge].
Article 945 : Si un homme est malade quand il se marie et qu’il meurt sans avoir consommé son mariage, la femme n’a pas droit à l’héritage, mais elle héritera si le mariage a été consommé ou si le mari meurt après s’être rétabli de sa maladie.
Article 1133 : Un homme peut divorcer de sa femme au moment qu’il désire.
Article 1146 : Un “divorce par compensation” (talagh-e khale‘) permet à la femme qui ne veut pas de son conjoint d’obtenir le divorce en lui remettant une certaine somme d’argent, cette somme pouvant être égale, supérieure ou inférieure à la dot qui avait été convenue.
Article 1184 : La tutelle des enfants ne reviendra jamais à la mère ou à la grand-mère. Si le tuteur naturel (père ou grand-père paternel) n’est pas en mesure d’administrer les biens du mineur sous sa garde, le tribunal nommera un tuteur équitable.
Ecrit par : Robert | 30.05.2009
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