20.05.2009
Iran: Et les candidats sont...
En Iran, le Conseil des gardiens a validé quatre des 475 candidatures à l'élection présidentielle du 12 juin. Il s'agit bien entendu de celle
- du président sortant, l'ultraconservateur Mahmoud Ahmadinejad,
- et de trois autres candidats, défendant, eux, l'idée d'une détente avec l'Occident.
Mahmoud Ahmadinejad bénéficie du soutien des classes populaires et du guide suprême.
Tous contre un.
En Iran, les candidats à l'élection présidentielle du 12 juin, conservateurs ou réformateurs, ont un seul but: défaire le chef d'Etat sortant, l'ultraconservateur Mahmoud Ahmadinejad.
Mercredi, le Conseil des gardiens, instance conservatrice et religieuse, a validé quatre des 475 candidatures à l'élection présidentielle du 12 juin.
Toutes les candidatures féminines - 42 - ont été rejetées.
Selon la loi, tous les Iraniens peuvent s'inscrire comme candidat à la présidentielle. Mais au bout du compte, le Conseil des gardiens fait le tri : ne peuvent être retenus que les candidats faisant partie des "personnalités religieuses et politiques" et étant "fidèles aux principes de la République islamique et adeptes de la religion officielle du pays", à savoir l'islam chiite.
De fait, les candidats des minorités sunnite, chrétienne et juive, officiellement reconnues par l'Etat, ne peuvent se présenter.
Cette année, outre la candidature de Mahmoud Ahmadinejad, dont la validation ne faisait aucun doute, le Conseil des gardiens a donc choisi des candidats conservateurs et réformateurs.
C'est une première: par le passé, les tenants de la ligne dure se sont servis de l'organe religieux pour bloquer les candidatures des réformateurs, favorables à une amélioration des relations avec les pays occidentaux et à un assouplissement des restrictions en Iran.
Mais cette année, l'importance des candidats déclarés - tous d'anciens responsables iraniens - a vraisemblablement modifié la donne.
La candidature de Moshen Rezaï a donc été validée. Il a dirigé les Gardiens de la révolution islamique, véritable armée idéologique du régime iranien, entre 1981 et 1997. Conservateur, il s'est récemment joint à ses adversaires réformateurs pour critiquer la gestion économique du président sortant.
La politique économique d'Ahmadinejad critiquée
Mahmoud Ahmadinejad devra également affronter l'ancien Premier ministre, Mir Hossein Moussavi, aux commandes du pays entre 1980 et 1988, en pleine guerre Iran-Irak. Défini comme un conservateur modéré, il est soutenu par les principaux partis réformateurs et considéré comme son adversaire le plus sérieux. L'homme se définit aujourd'hui comme un "réformateur attaché aux principes" de la Révolution islamique.
L'ancien président Mohammad Khatami (1997-2005) a retiré sa candidature au profit de celle de Moussavi, afin de rassembler le vote réformateur. Mais certains observateurs pensent que les réformateurs ont perdu, avec cette décision, leur plus grande chance de l'emporter le 12 juin prochain.
Enfin, dernière candidature validée par les "Sages", celle de l'ancien président du Parlement, Mehdi Karoubi. Agé de 72 ans, le candidat réformateur est surnommé le "cheikh des réformes". Il s'est déclaré en faveur du "changement", clin d'oeil évident au président américain, Barack Obama.
Entre les trois candidats et le président sortant, la ligne de fracture est claire.
Le candidat Ahmadinejad entend poursuivre l'oeuvre du président:
-
diatribe contre Israël,
-
retour aux valeurs fondamentales de la révolution islamique
-
et poursuite du programme nucléaire iranien.
De l'autre côté, Moshen Rezaï, Mir Hossein Moussavi et Mehdi Karoubi défendent l'idée d'une détente avec l'Occident, qui signifie, entre autres, d'accepter l'offre de dialogue formulée par Barack Obama.
La politique extérieure de la République islamique n'est toutefois pas au coeur des préoccupations des Iraniens.
Les enjeux nationaux sont nombreux, dont ceux économiques.
En la matière, les choix de Mahmoud Ahmadinejad sont vivement critiqués.
Ses opposants dénoncent notamment l'explosion de l'inflation. Sa politique de redistribution de l'argent du pétrole au profit des classes populaires pourrait toutefois jouer en sa faveur le jour du scrutin.
Le président sortant bénéficie par ailleurs du soutien - déterminant - du guide suprême, l'ayatollah Ali Khamenei. Ce dernier, qui s'était pourtant engagé à ne soutenir publiquement aucun candidat, n'a pas fait mystère de sa préférence. Appelé à décrire le candidat idéal le 12 mai dernier, il a dressé un portrait qui ressemble à s'y méprendre au chef d'Etat sortant.
22:47 Publié dans Iran | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note


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