19.04.2009
« Engagements » des élus et contrôle démocratique des socialistes.
Contribution à l’Assemblée Générale des sections d’Amiens du Parti Socialiste du mardi 28 avril.
Notre Parti Socialiste présente aux électeurs un programme et des candidats à l’occasion des échéances électorales. Dans la mesure où nous sommes une organisation politique au service de la transformation sociale en faveur des salariés, nous avons à opérer une intervention combinée tant sur le plan des luttes ouvrières et démocratiques que sur le plan institutionnel des élections diverses. Notre fonctionnement interne, comme le contrôle des élus au regard des engagements sont censés améliorer nos performances à proposer : des combats incarnant des idées et des compétences de gestion et d’organisation au service du peuple de gauche, plutôt que d’offrir en dévoiement des aspirations populaires, des stratégies carriéristes répondant à des appétits individualistes et des intérêts au demeurant classiquement bureaucratiques. Régulièrement nous sommes sanctionnés par notre électorat dans les urnes, et peut-être demain dans les rues pour ne pas être à la hauteur des aspirations sociales, pour ne pas être aussi fidèles aux intérêts des salariés que la droite et capable d’être fidèle au patronat, à la bourgeoisie !
Cependant, l’histoire sociale, notre expérience politique nous fondent à exprimer que quelque soit « nos » élus, les salariés ont d’abord à compter sur leurs mobilisations pour obtenir des avancées concrètes en toutes matières : salariale, de résorption de la précarité, de réduction du temps de travail ou d’amélioration des conditions de travail. Plus généralement, les salariés, pour la défense et la promotion de leurs intérêts moraux et matériels se doivent d’agir en conscience que seul vaut le rapport de force pour progresser socialement en imposant une autre répartition des richesses.
Cela renvoi, bien sûr, à la nature objective de la situation salariale qui est la subordination, et aussi, à la nature subjective d’une lutte, autrement dit à l’intérêt direct à militer en faveur de l’amélioration de sa condition. Notons ensemble au passage, que jamais les employeurs n’estiment que leur intérêt soit d’augmenter la masse salariale.
Si l’homme est le produit de l’histoire en même temps il produit aussi celle-ci, c’est par des augmentations de salaires que la consommation peut être relancée et par là, les carnets de commandes des entreprises, l’essentiel d’une perspective de sortie de la crise économique se résume ainsi. Sarkozy tourne le dos à cette solution tout attaché qu’il est à préserver les profits capitalistes. Que ne serions-nous pas bien plus utiles à notre classe que de porter le fer en faveur des augmentations massives des salaires justement en temps de crise.
Localement, pouvons-nous remercier chaleureusement nos premiers responsables du parti de combattre la crise concrètement, en bataillant ardemment en faveur des hausses de salaires, en particulier lorsque se tend un micro ou s’ouvre une tribune dans la presse écrite locale ?
Attention camarades à ne pas résumer notre action politique à la gestion, par quelques uns, des affaires administratives locales, toutes importantes qu’elles soient. Nos élus sont des « contractuels » absolument incertains de perdurer dans leurs sièges !
Evidemment nos collectivités, à budget constant, ne peuvent pas pleinement répondre immédiatement à toutes les demandes d’amélioration des rémunérations et à toutes les demandes d’emploi qui arrivent entre autres à l’Hôtel de Ville en cette période d’augmentation du chômage de masse. Le problème est plus global, c’est celui de la répartition des richesses et du développement du service public qui exige un vaste mouvement d’ensemble pour imposer d’autres choix que la satisfaction des appétits de profits des actionnaires et des patrons.
Pour autant, nous, socialistes si nous voulons « aider » la municipalité actuelle par exemple, à mieux répondre aux aspirations légitimes de la population, nous devront classiquement nous engager au cœur des mouvements sociaux plutôt que de s’en défier. Nos élus ont leur part de responsabilité pour susciter, encourager, soutenir les mobilisations démocratiques en lien avec le parti. Les élus pourraient être en quelque sorte la vitrine au service du parti et de son programme ; aujourd’hui, avec des élus à la tête du parti, saurons-nous éviter que le parti ne soit que la vitrine au service des élus voire de leurs problématiques personnelles ?
Comme les progrès sociaux dépendent des prises de conscience populaires et des mobilisations citoyennes, l’avenir du parti socialiste à Amiens comme au-delà sera fonction de la politisation de ses adhérents, de sa capacité à accueillir les salariés en lutte pour pleinement s’offrir en outil de combat et ouvrir de nouvelles perspectives programmatique nécessairement radicales pour être porteuse d’espoir et nourrir les mobilisations de masse.
Là est la bonne complémentarité à entendre et développer entre les militants et les élus. Espérons de la sorte éviter trop de désillusions qui viendraient de déceptions au regard d’une gestion appréciée en contradiction avec les idées affichées, les engagements de campagne, et d’un fonctionnement de notre parti qui s’apparenterait plus à un outil commercial au profit de camarades dont l’image relèveraient davantage du notable que du militant lutte de classe !
Il n’y aura pas de révélation sociale locale, il peut y avoir une construction militante qui progressera de sa capacité à se nourrir de ses contradictions et difficultés, chacun dans ses responsabilités et ses interactions participant d’un mouvement plus global.
René Prévéral.
Secrétaire de la Section Jean Jaurès.
20:03 Publié dans Tribunes Libres | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note


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