08.04.2009

Les Six invitent l'Iran à discuter de son programme nucléaire

 

Par Reuters, publié le 08/04/2009 à 21:44

LONDRES - Les cinq membres permanents du Conseil de sécurité de l'Onu et l'Allemagne annoncent leur intention d'inviter l'Iran à des discussions sur son programme nucléaire auxquelles les Etats-Unis participeront "pleinement".

Les cinq membres permanents du Conseil de sécurité de l'Onu et l'Allemagne annoncent leur intention d'inviter l'Iran à des discussions sur son programme nucléaire auxquelles les Etats-Unis participeront "pleinement". "Nous croyons évidemment que mener une politique d'engagement prudent avec l'Iran sur une série de questions qui touchent à nos intérêts et aux intérêts du monde fait sens", a expliqué la secrétaire d'Etat Hillary Clinton. (Reuters/Jonathan Ernst)

Cette volonté de l'administration Obama, confirmée par la secrétaire d'Etat Hillary Clinton, marque un changement radical par rapport à la politique suivie par George Bush, qui avait classé l'Iran sur son "Axe du mal".

"Nous croyons évidemment que mener une politique d'engagement prudent avec l'Iran sur une série de questions qui touchent à nos intérêts et aux intérêts du monde fait sens", a-t-elle expliqué, ajoutant qu'il n'y avait "rien de plus important que de chercher à convaincre l'Iran de stopper ses efforts en vue de se doter de l'arme nucléaire".

Dans un communiqué diffusé à Londres, Etats-Unis, Russie, Chine, France, Grande-Bretagne et Allemagne chargent Javier Solana, porte-parole de la diplomatie européenne, d'organiser une rencontre avec l'Iran "afin que nous puissions trouver ensemble une solution à cette question cruciale".

"Nous invitons fermement l'Iran à tirer parti de cette opportunité pour entamer sérieusement le dialogue avec chacun d'entre nous dans un climat de respect mutuel", ajoutent les Six.

 

Aucune réaction n'est venue d'Iran mais à en croire un diplomate occidental, ces discussions pourraient avoir lieu dans les toutes prochaines semaines.

A Ispahan, le président Mahmoud Ahmadinejad a déclaré qu'il annoncerait jeudi "une bonne nouvelle" dans le domaine nucléaire au "distingué peuple iranien". On s'attend que le chef de l'Etat iranien annonce, à l'occasion de la "journée nationale du nucléaire", le 9 avril, que Téhéran maîtrise le dernier stade de la production du combustible nucléaire.

"CE QUI EST DIFFÉRENT..."

Sans parvenir à dissiper les soupçons des puissances occidentales, la République islamique affirme que son programme nucléaire est exclusivement à usage civil. La poursuite de ses activités d'enrichissement d'uranium lui a valu trois trains de sanctions internationales.

Prenant le contre-pied de son prédécesseur George Bush, Barack Obama a proposé de donner un "nouveau départ" aux relations américano-iraniennes pour mettre fin à 30 ans d'hostilité.

Russie, Chine, France, Grande-Bretagne et Allemagne ont "chaleureusement salué la nouvelle position américaine à l'égard de l'Iran", disent-ils dans le communiqué de mercredi.

Les Six ont en outre réitéré leur "double approche" du dossier nucléaire iranien, qui mêle mesures incitatives et menaces de nouvelles sanctions. Mais leur communiqué est nettement plus conciliant que par le passé.

"Ce qui est différent, c'est que les Etats-Unis se joindront désormais aux discussions avec les Iraniens", a expliqué un porte-parole du département américain d'Etat.

Jusqu'au changement d'administration à Washington, les Etats-Unis excluaient toute discussion avec Téhéran tant que la République islamique n'aurait pas renoncé à son programme d'enrichissement de l'uranium.

Cette politique avait connu une exception, en juillet dernier à Genève, lorsqu'un diplomate américain avait participé à des discussions avec l'Iran. Mais Condoleezza Rice, qui conduisait alors la diplomatie américaine, avait précisé que la participation de Williams Burns était "à titre exceptionnel".

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