31.03.2009
Les ouvertures d'Obama à l'Iran semblent porter leurs premiers fruits
LA HAYE (AFP)
Les ouvertures répétées faites à l'Iran par le président américain Barack Obama ont semblé porter leurs premiers fruits à l'occasion de la participation d'une délégation iranienne à la conférence sur l'Afghanistan mardi à La Haye.
La nouvelle administration américaine a eu ses premiers contacts directs avec l'Iran en marge de cette conférence.
"Notre représentant spécial pour l'Afghanistan, Richard Holbrooke, a eu un bref mais cordial échange avec le chef de la délégation iranienne", a indiqué la secrétaire d'Etat américaine, Hillary Clinton.
La rencontre, selon Mme Clinton, a été "fortuite" mais M. Holbrooke et le vice-ministre iranien des Affaires étrangères Mohammad Mehdi Akhoundzadeh ont convenu de "garder le contact".
M. Akhoundzadeh venait de déclarer devant la conférence que "la République islamique d'Iran, saluant les propositions de coopération des pays contributeurs en Afghanistan, est tout à fait prête à participer aux projets destinés à combattre le trafic de drogue et aux projets de développement et reconstruction en Afghanistan".
Mme Clinton a estimé que la présence de l'Iran à la réunion de mardi et son attitude étaient "un signe prometteur d'une future coopération".
"Les Etats-Unis, l'Iran et toutes les nations qui étaient ici aujourd'hui ont un intérêt commun à ce que l'Afghanistan soit stable et sécurisé", a-t-elle souligné.
M. Obama avait pris le 20 mars l'initiative historique de s'adresser directement aux dirigeants iraniens. Dans un message vidéo diffusé pour le nouvel an iranien, il leur avait offert de surmonter trente années de relations hostiles.
En présentant vendredi sa stratégie pour l'Afghanistan, il avait aussi souhaité la création d'un groupe de contact international incluant l'Iran.
Rien ne garantit cependant que ces amabilités réciproques soient annonciatrices d'un véritable réchauffement après 30 ans de rupture.
Par le passé, des rencontres à plus haut niveau encore comme celle du chef de la diplomatie américaine Madeleine Albright avec son homologue iranien Kamal Kharazi, déjà à une réunion de l'ONU sur l'Afghanistan, n'ont rien donné.
Plus récemment les deux prédécesseurs de Mme Clinton sous l'administration Bush, Colin Powell et Condoleezza Rice, ont rencontré respectivement M. Kharazi et Manouhcher Mottaki en novembre 2004 et mai 2007 à Charm el-Cheikh (Egypte) en marge de rencontres internationales. Sans qu'il y ait eu de suite.
Peut-être pour tester les vraies intentions de Téhéran, Washington lui a adressé une lettre lui demandant de faire un geste en libérant trois Américains retenus en Iran, a annoncé Mme Clinton mardi à l'issue de la conférence.
Selon son entourage, cette lettre a été remise directement aux Iraniens à La Haye, un évènement inhabituel pour les deux pays qui n'entretiennent pas de relations diplomatiques depuis 1980, après la prise en otage de 52 diplomates américains à Téhéran pendant 444 jours.
Un "geste humanitaire" de l'Iran illustrerait "l'esprit de renouveau et de générosité qui marquent la nouvelle année persane", a estimé Mme Clinton.
Iran-Afghanistan : Qui est l’envoyé des mollahs à La Haye
31.03.2009
Le régime des mollahs a annoncé le nom de son représentant à la Conférence sur l’Afghanistan qui se tiendra ce 31 mars à La Haye. Il s’agit de Mohammad-Mehdi Akhoundzadeh Basti محمدمهدي آخوندزاده بسطي, le vice-ministre des affaires étrangères chargé de l’Asie qui a également représenté Téhéran à la Conférence sur l’Afghanistan organisée le 27 mars par l’OCS à Moscou.
Pour attirer Téhéran à la table des négociations, et l’engager dans un processus de dialogue et de compromis, Washington avait émis la suggestion que Téhéran participe à la présente conférence sur l’Afghanistan. Afin que le régime des mollahs ne puisse se dérober, Washington a demandé à ses alliés régionaux, le Qatar, la Turquie et surtout l’Afghanistan d’insister sur l’importance du rôle régional de l’Iran pour exiger une participation iranienne. Téhéran a cédé et à peine avait-il annoncé sa présence que Washington a médiatisé sa nouvelle stratégie en Afghanistan en annonçant la création d’un groupe de contact sur l’Afghanistan incluant l’Iran. Les mollahs se sont retrouvés embrigadés contre leur gré dans une création américaine formatée pour les forcer à faire des compromis. Depuis, ils ont observé un silence complet sur l’annonce d’Obama, cherchant un moyen pour sortir de ce piège politiquement correct. Pour cela, ils auront besoin de s’informer sur l’ennemi, ce qui explique le choix de Mehdi Akhoundzadeh (ci-dessous au premier plan).
© WWW.IRAN-RESIST.ORG
![149895_orig-e20f9[2].jpg](http://baiedesomme.blogspirit.com/media/01/02/891519428.jpg)
© WWW.IRAN-RESIST.ORG
Le choix des mollahs sonne particulièrement juste : Akhoundzadeh parle anglais puisqu’il a fait ses études en Indes et a été en poste à Londres de 1984 à 86. Il connaît également bien la question afghane car il a été de 1993 à 1998 l’ambassadeur des mollahs au Pakistan. Il est aussi qualifié pour parler éventuellement du nucléaire avec des diplomates étrangers (sans faire de gaffe) puisqu’il a été de 2005 à 2006 ambassadeur du régime auprès de l’AIEA avant d’être nommé ambassadeur en Allemagne puis vice-ministre chargé de l’Asie.
Cet homme de 53 ans est un élément de confiance du système et plus particulièrement de son patron occulte Rafsandjani. En 1989, quand ce dernier a décidé de liquider des exilés pour affirmer son pouvoir, il a formé un commando de 16 tueurs (dont le célèbre Kazem Darabi) et le milicien Akhoundzadeh faisait partie des 11 experts planificateurs. Son rôle a particulièrement été mis en évidence dans l’assassinat en 1990 de Kazem Radjavi, premier ambassadeur du régime des mollahs auprès de l’ONU, mais également le frère aîné de Massoud Radjavi, le chef de l’OMPI.
Dès 1988, Akhoundzadeh avait fait des déplacements à Genève pour étudier la faisabilité des différents projets et pour faire des repérages. Deux tentatives d’assassinat ayant échoué, il a été envoyé à Genève le 9 avril pour superviser la prochaine tentative qui a réussi le 24 avril 1990. Il a regagné Téhéran quelques heures après le succès de l’opération.
A cette époque, Akhoundzadeh était officiellement le directeur du centre des recherches européennes du ministère des affaires étrangères et après l’opération K. Radjavi, il a été promu directeur général des relations internationales au ministère, un poste de relation publique qu’il a retrouvé à chaque fois qu’il a été entre deux nominations.
C’est un agent de renseignement qui a des contacts diplomatiques onusiens et européens.
Il sera sur place aussi bien pour représenter les mollahs que pour écouter et grappiller des informations (sur l’adversaire) comme la situation des troupes de l’OTAN en Afghanistan, le nucléaire et les sanctions ou encore l’attitude des Allemands dans le groupe des Six, informations nécessaires pour sortir indemne du piège diplomatique tendu par les Américains.
22:45 Publié dans Iran | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note
28.03.2009
La modernisation du parti socialiste et de ses outils de campagne
Arnaud Montebourg, secrétaire national à la rénovation
&
Olivier Ferrand, président de Terra Nova
Séminaire « from campaign to governance »
(Center for American Progress, Washington, 8-9 mars)
![logocampagne[1].jpg](http://baiedesomme.blogspirit.com/media/00/00/220639436.jpg)
La campagne de mobilisation menée par Barack Obama a permis une formidable revitalisation de la démocratie américaine. Elle a également permis un succès électoral majeur. Les innovations de cette campagne sont-elles transposables en France ? Pour une grande part, certainement.
Dans ce but, le parti socialiste doit réfléchir à la mise en chantier de quatre grandes réformes
A. Introduire un système de primaires ouvertes
Aux Etats-Unis, c’est la primaire qui crée la dynamique. C’est elle qui permet de susciter et de structurer la mobilisation. Sans la primaire, impossible de déployer deux millions de militants sur le terrain pour l’élection générale, impossible de taper à plusieurs millions de portes, impossible de dialoguer en direct avec 69 millions de citoyens.
Le PS a déjà fait un premier pas dans cette direction, avec l’organisation de la primaire de 2006. C’était une primaire fermée, réservée aux militants. Elle a pourtant suscité un réel engouement.
Peut-on franchir le Rubicon en organisant une primaire ouverte pour 2012 ? D’autres partis de gauche l’ont déjà franchi en Europe. La Grèce, avec deux primaires déjà organisées. Et l’Italie, deux également. Ces exemples montrent qu’une primaire ouverte aux sympathisants produit, en Europe comme aux Etats-Unis, un formidable effet de dynamique. Dynamique électorale. La puissance de mobilisation de l’investiture de Romano Prodi par 4 millions de citoyens, ou d’Obama par 35, est incomparable à la désignation par 200.000 socialistes français. Et dynamique démocratique : une telle primaire répond au désir de participation citoyenne et de prise en charge individuelle de la réussite de la campagne.
L’exemple américain montre également que la codification de ces primaires doit se faire le plus tôt possible, à froid. C’est en effet l’équipe dirigeante du Parti Démocrate autour du nouveau président du parti Howard Dean, après l’échec cuisant de 2004, qui a décidé une stratégie de remobilisation du corps électoral dans tous les Etats par une primaire rallongée et à la configuration augmentée. Il est donc concluant d’affirmer que les règles du jeu doivent être imaginées non pour tel ou tel candidat, mais au contraire dans l’intérêt général stratégique d’une remobilisation du camp de gauche. Plus on se rapproche donc de l’échéance, plus les enjeux personnels des candidats potentiels viennent perturber cette codification et dégradent les règles arrêtées.
B. Investir dans le militantisme de terrain
La campagne de Barack Obama a montré la voie d’une révolution militante. Le parti socialiste est bien placé pour se l’approprier : il a une grande tradition de militantisme de terrain, il est déjà structuré à travers un réseau dense de sections locales. Pour s’engager dans cette voie, il faut :
- Déployer des équipes professionnelles de campagne sur le terrain.
Leur absence rend impossible la structuration d’une mobilisation militante. C’est une antienne de présidentielle : on ne sait pas quoi faire de ses militants. Une organisation de terrain similaire à celle de la campagne Obama est transposable : elle coûterait environ 5 M€, soit, comme pour Obama, 25% du plafond de campagne. Elle peut être gagée notamment sur la réduction du nombre des grands meetings de campagne, aux coûts exorbitants (près d’1 M€ par meeting) et à l’efficacité limitée.
- Moderniser les méthodes militantes.
Les méthodes actuelles (tractage, « pare-brisage », boitage) sont dépassées.
Selon les statistiques américaines, le tractage rapporte une voix tous les 100.000 tracts distribués, à comparer à un ratio de 1 sur 14 pour le porte-à-porte !
Il faut axer les campagnes sur le contact direct avec l’électeur, notamment sur le porte-à-porte par les militants.
L’enjeu pour le parti socialiste est de convertir sa formidable énergie pour les conquêtes de positions locales en outil de conquête nationale. Il faut donc se préparer à transposer le porte à porte municipal sur l’échelle d’une campagne nationale.
Le militantisme de masse n’aurait pu voir le jour dans la campagne Obama sans internet pour gérer le « back office » de l’organisation.C. Réorganiser le parti autour de son système d’information et du réseau social de ses militants
Tous les outils internet de la campagne Obama sont réplicables en France.
Ainsi, l’organisation et le « système d’information » du parti doivent être construits autour de son site internet et du réseau social interne des militants : vidéos, mailings, mobile, présence sur les nouveaux médias et dans les réseaux sociaux externes.
Le militantisme de masse n’aurait pu voir le jour dans la campagne Obama sans internet pour gérer le « back office » de l’organisation.C. Réorganiser le parti autour de son système d’information et du réseau social de ses militants
Tous les outils internet de la campagne Obama sont réplicables en France.
Ainsi, l’organisation et le « système d’information » du parti doivent être construits autour de son site internet et du réseau social interne des militants : vidéos, mailings, mobile, présence sur les nouveaux médias et dans les réseaux sociaux externes.
Nous attirons également l’attention sur le fait que rien, en droit, n’empêche aujourd’hui le parti de se constituer une base de données électorale.
D. Préparer la campagne 4 ans avant l’échéance
Une campagne ne s’improvise pas.
Le Parti démocrate, sous l’impulsion de Howard Dean, a préparé la présidentielle pendant quatre ans.
Il a pensé, réalisé et testé la plupart des outils de la campagne :
· un réseau social interne (« party builder »), préfiguration de MyBO ;
· la présence sur les réseaux sociaux externes type Facebook ;
· un programme de petits dons en ligne (« democracy bonds ») ;
· un programme de porte-à-porte (« Neighbor to Neighbor ») qui a été intégré tel quel dans MyBO ;
· la constitution de la base de données Catalist utilisée par Barack Obama.
Howard Dean a aussi déployé le Parti démocrate dans tout le pays (« 50-state strategy ») afin de mieux structurer le travail de terrain.
Il a enfin modifié les règles des primaires afin d’éviter que les votes dans les premiers Etats de la campagne ne soient décisifs : l’objectif explicite était de faire durer les primaires, afin de les utiliser pour labourer le pays et optimiser ainsi la préparation de l’élection générale.
Dans cet esprit, le parti socialiste doit maintenant s’atteler à cette mère des batailles, en élaborant dès maintenant ses outils stratégiques de campagne.
http://www.facebook.com/group.php?gid=74172265548&ref...
18:35 Publié dans PS | Lien permanent | Commentaires (1) | Envoyer cette note
PS is back : polémiques
2 Tribunes libres
D'abord celle de Benjamin Lucas :
"Le parti socialiste est de retour"... Voilà ce que tous les socialistes devraient affirmer, au lieu de celà, on entend encore des Manuel Valls, Najat Belkacem ou autres inventions médiatiques tirer à vue sur le parti grâce auquel ils sont élus.
Valls dénnonce " l'anti-sarkozysme obsessionnel ", il est vrai que pour lui il est plus fréquent de soutenir la droite que de la critiquer.
L'initiative d'une défense des libertés est plus que pertinente et n'est en rien "caricaturale", au contraire, elle contribue à montrer que le sarkozysme est un tout, qu'il est une régression sociale ( franchises médicales, bouclier fiscal pour les plus riches,... ), diplomatique ( retour de la France dans le commandement militaire intégré de l'OTAN ) et une réduction des libertés ( au parlement, dans la rue ). La gauche a raison de dénnoncer l'Etat Pénal qui a remplacé l'Etat Social, quand il y eu 600 000 gardes à vues ( soit 1% de la poulation ! ) en une année.
Plus le gouvernement est impuissant économiquement et socialement, plus il se montre autoritaire sur le plan des libertés et cherche à museler tout contre-pouvoir ( réforme du parlement, suppression du juge d'instruction, médias aux ordres )
Les militants du PS en ont assez de trouver toujours l'un des leurs pour défendre la politique de Sarkozy, il est temps de concevoir un projet alternatif de gauche.
" La politique est une fine toile d'arraignée dans laquelle se débattent bien des pauvres mouches mutilées " ( Musset ) et certains se sentent pousser des ailes !
Les socialistes, par leur présence dans les manifestations, par les combats de leurs parlementaires, par leur volonté d'être une opposition forte et déterminée, sont de retour.
Nous ne nous laisserons intimider ni par ceux qui ont intérêt à la faiblesse du PS pour demain le contôler, ni surtout par ceux qui crient là bas parce qu'ils ont intérêt à la faiblesse de la gauche.
Puis celle d'Emile Arié
L'antisarkozysme primaire
Par Élie Arié, ancien Secrétaire National à la Santé du Mouvement Républicain et Citoyen. Qui s'émeut de l'antisarkozysme primaire de Martine Aubry et Ségoléne Royal qui n'a pour seule conséquence que de rendre le «nabot» maître du discours politique.
Valls a raison, et Chevènement l’avait déjà dit avant lui : pratiquer l’antisarkozysme systématique et la diabolisation du sarkozysme, c’est avouer qu’on n’a rien à proposer, qu’on n’existe pas.
Être systématiquement contre tout ce que dit ou propose Sarkozy revient…à lui laisser nous dicter nos discours, à ne plus exister par nous-mêmes.
On le voit bien aujourd’hui, où Aubry et Royal, se livrant au concours du « la plus grande opposante à Sarkozy, c’est moi » ont perdu toute crédibilité .
- Aubry cherche à présenter Sarkozy comme une menace contre la démocratie : qui peut y croire ? qui a oublié les écoutes illégales de Mitterrand, la façon dont il a empêché la presse de révéler l’existence de Mazarine, la façon dont il a rapidement éliminé Philippe Guilhaume , le seul président d’ Antenne 2 et FR3 qui n’était pas celui qu’il souhaitait ?
- Royal multiplie les gadgets techniques (interviews sur Dailymotion), la politique de com' sur les Poitou-Charentes (la seule Région de France bien gérée…), le tourisme médiatique, mais limite son discours politique à des gadgets d’école du commerce (« gagnant-gagnant » « la politique par la preuve » « l’humain avant le financier » : voilà une idée qu’elle est bonne !).
Quant à la diabolisation de Sarkozy, qui va jusqu'à celle de ses caractères physiques (« le nabot »), elle est toujours le symptôme d'une impuissance intellectuelle qui ne trompe personne.
Dès lors, Sarkozy se retrouve le maître du discours politique : c’est en fonction de ce qu’il dit que ceux qui n ‘ont rien à dire construisent leurs discours : c’est comme s’il les rédigeait lui-même ; et c’est celui qui est le maître du discours politique qui se retrouve le maître du jeu politique.
11:40 Publié dans Tribunes Libres | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note
27.03.2009
Ambassadeur d'Iran : « En Afghanistan, la solution ne doit pas être d'ordre militaire ».
Dans une interview accordée au Figaro.fr, il revient sur les relations franco-iraniennes, sur la crise du nucléaire et sur le dossier afghan, pour lequel l'Iran vient d'envoyer un représentant à la conférence de Moscou, organisée sous l'égide de l'Organisation de coopération de Shanghaï (OCS - Russie, Chine et quatre pays d'Asie centrale).
Il évoque également la délicate question d'un rapprochement avec l'Amérique.
On assiste à une crispation des relations franco-iraniennes depuis quelques années. Que reprochez-vous à la France ?
La France est un pays majeur de l'Union Européenne. Après la révolution islamique, et surtout après la présence de l'imam Khomeiny en France, elle a fait face à de nombreuses opportunités lui permettant de renforcer sa présence en Iran. L'opinion publique iranienne a dressé un véritable tapis rouge à la France. Pourquoi la France n'a-t-elle pas su saisir cette opportunité ? Pourquoi a-t-elle a soutenu Saddam Hussein pendant les 9 ans de guerre imposée à l'Iran ? Pourquoi a-t-elle fourni les armes les plus perfectionnées à Saddam ? Dans le jeu politique nucléaire américain, la France a toujours devancé les Américains dans les sanctions. Par conséquent, nous sommes navrés et désolés de constater que la France emprunte un chemin qui va à l'encontre des intérêts français et des intérêts des relations bilatérales.
Qu'attendez-vous aujourd'hui de la France ?
Qu'elle arrête de faire comme les Américains. Qu'elle comprenne qu'on ne renoncera pas à l'enrichissement d'uranium. L'autobus a démarré. Si elle veut monter dans cet autobus, elle est la bienvenue. Elle pourra alors participer avec nous à la construction de nouvelles centrales. L'Iran peut être un excellent partenaire pour la France. On peut aider la France dans l'approvisionnement en gaz. Nous pouvons l'aider sur le dossier afghan, sur l'Irak, sur la résolution des problèmes du Moyen-Orient. Mais encore faut-il que la France soit prête à jouer ce rôle de premier plan, à se distinguer des Etats-Unis.
Si on revient quelques années en arrière, la France a proposé à l'Iran, au sein de la troïka européenne, un paquet de mesures incitatives pour résoudre la crise nucléaire. Pourquoi l'Iran a-t-il refusé cette offre ?
J'insiste en disant que le nucléaire est un jeu politique. Et j'ai mes raisons. Pour votre information, il y a pratiquement 37 ans que l'Iran a signé le TNP (Traité de Non Prolifération). L'Iran est devenu membre du TNP car on estimait que si l'ensemble des pays signataires acceptent de tenir leurs engagements, alors le monde entier pourra emprunter le chemin de la paix et stabilité. Que dit le TNP ? D'abord, le désarmement nucléaire des pays détenteurs d'armes nucléaires. Ensuite, il s'agit de tout faire pour éviter la prolifération nucléaire. Enfin, il préconise l'assistance technique aux pays signataires pour qu'ils aient la possibilité d'accéder au savoir-faire relatif au nucléaire civile - par exemple l'utilisation de la technologie nucléaire pour produire de l'électricité, pour la médecine, l'agriculture. Or, quelle a été l'attitude des pays signataires sur la base de ce traité ? Et bien, les pays détenteurs du nucléaire qui disposent de plus de 27000 têtes nucléaires n'ont jamais rien fait dans le sens du désarmement. Premièrement, non seulement ils n'ont rien fait en matière de désarmement, mais chaque jour, ils développent leur programme. Deuxièmement, non seulement ils n'ont strictement rien fait en matière de non prolifération mais en plus, ils sont allés à l'encontre de la loi, ils ont encouragé les pays à développer le nucléaire. Par exemple, la France et les Etats-Unis sont les deux pays qui ont permis à Israël d'accéder à l'arme nucléaire. Aujourd'hui, le régime sioniste dispose de 250 têtes nucléaires. Donc ces deux pays ont enfreint le traité de non prolifération. La France et les Etats-Unis coopèrent également avec l'Inde, un pays qui n'a jamais signé le TNP. Ce sont des exemples flagrants d'infraction commise par la France et les Etats-Unis. Troisièmement, au niveau de l'assistance technique, non seulement l'Iran n'a jamais bénéficié d'assistance technique, mais en plus ils ont menti à la communauté internationale. Pourquoi ? Car d'après les statuts du TNP, il est écrit noir sur blanc que tout pays qui souhaite procéder à l'injection du gaz dans les centrifugeuses a le devoir d'en informer l'agence 180 jours à l'avance. Le jour où les Américains ont évoqué pour la première fois le dossier nucléaire iranien, on n'avait même pas de centrifugeuse pour en informer l'agence. C'est un exemple de mensonge flagrant comme celui qui servit de prétexte, en 2003, à l'invasion américaine en Irak - qui est l'origine de la mort de milliers d'innocents.
Vous voulez dire que vous vous sentez incompris ?
Il y a 35 ans, nous avons signé des accords pour la fabrication de 20 000 mégawatt d'électricité d'origine nucléaire avec l'Amérique. D'ailleurs, les Américains ont construit pour l'Iran une petite centrale nucléaire d'essai à Téhéran, qui est toujours en fonctionnement. On a également signé avec la France un accord nucléaire dans le cadre d'Eurodif. De même avec l'Allemagne. Mais au début de la révolution, tous les pays occidentaux ont unilatéralement interrompu la totalité de ces contrats. Autrement dit la première graine du manque de confiance a été plantée ce jour là par les Occidentaux. J'insiste : il s'agit d'un jeu politique. Pourquoi ? Parce que depuis des années, les Etats-Unis coopéraient de manière étroite avec l'ancien régime iranien. Les Américains ont fomenté un coup d'Etat en Iran. Les Américains avaient une entière connaissance des capacités et des ressources de l'Iran. Le jour ou les Américains ont fait face à la colère populaire du peuple iranien et qu'ils ont été expulsés d'Iran, et bien pour pouvoir préserver leur présence en Iran et la possibilité d'un retour en Iran, ils ont tout mis en œuvre en invoquant de manière totalement mensongère ce dossier nucléaire. Ils ont cherché à éviter que des partenaires occidentaux puissants qui auraient pu les remplacer en Iran puissent coopérer avec nous. Ils ont ainsi évoqué ce que j'appelle le sujet nucléaire.
Malheureusement, les pays européens ont suivi aveuglement les Etats-Unis sans prendre la peine d'étudier le problème, sans prendre en compte les réalités.Donc, en matière de confiance, permettez-moi de dire que c'est nous qui avons plus de raison de ne pas avoir confiance en l'Amérique. C'est pourquoi nous avons opté pour notre propre chemin, et nous avons essayé d'utiliser les jeunes diplômés iraniens dans la quête du savoir faire nucléaire.
Au milieu du chemin, les trois pays européens ont tenté de jouer un rôle d'intermédiaire et de trouver une issue adéquate à ce dossier. Nous, pour essayer de prouver notre bonne foi, et sachant pertinemment que nous n'avions commis aucune infraction, nous avons essayé de coopérer. Mais malheureusement, nous avons perdu deux ans et demi. Nous avons accepté de suspendre. Mais après ces deux ans et demi de coopération totale, on a été confronté à une attitude illogique et illégale de ces pays. Illégale parce que nous sommes signataires du TNP, et donc nous avons le droit légitime de bénéficier des droits qui nous reviennent. Illogique car nos amis européens nous ont dit texto : Accéder à l'énergie nucléaire civile est votre droit légitime, mais vous devez mettre un arrêt pour toujours à l'enrichissement d'uranium.
Imaginez, cela revient à dire vous avez droit à une voiture, mais qu'il n'est pas question d'y mettre de l'essence. La machine, vous ne l'achetez pas pour en faire votre chambre à coucher, mais pour la conduire ! Si vous n'avez pas de combustible, d'essence, comment voulez-vous la conduire ? Si vous nous dites : c'est nous qui vous fournissons le combustible, à ce moment là on serait tenté de vous dire : vous avez déjà montré de quoi vous êtes capables, n'oubliez pas qu'on est vos partenaires au sein d'Eurodif. Si vous aviez tenu vos engagements, on ne serait pas dans la situation actuelle. Donc on en vient à la conclusion que vous avez pris votre décision depuis longtemps, et que finalement, Q la négociation n'est jamais autre chose qu'un prétexte. Votre seul objectif, c'est d'essayer de nous éloigner du chemin qui correspond à notre droit légitime, donc c'est pourquoi, par conséquent, nous avons décidé de poursuivre notre propre chemin.
Aujourd'hui, le fait est que nous avons déjà accédé à la technologie et au savoir-faire. Ce savoir-faire se trouve désormais inscrit dans le cerveau de nos savants. Ce qui est inscrit dans le cerveau ne peut pas s'effacer avec la menace et les bombardements. Mais de toute façon, cette attitude est inadéquate. La science et le savoir-faire ne peuvent être le domaine privilégié d'un petit nombre de pays. Seuls quelques pays s'arrogent le droit d'avoir accès à la technologie. Ils disent qu'ils n'ont pas confiance envers l'Iran. Si dans l'histoire un pays ne doit pas faire confiance à d'autres pays, c'est l'Iran.
Au cours des derniers siècles, l'Iran n'a jamais attaqué un autre pays. Par contre l'Iran a été attaqué. Mais l'Iran s'est défendu. Ce sont les Américains qui ont exploité les armes de destruction massives, ce sont les Américains qui ont commis les infractions, qui n'ont pas suivi la réglementation de l'agence sur les volets du désarment et de la prolifération. Quant à l'Iran, il a été un des premiers pays signataires d'un Moyen Orient libre de toute arme nucléaire.
Vous savez, nous avons proposé à nos amis français de participer au programme nucléaire d'enrichissement d'uranium iranien. Nous pensons que si nos amis français cherchaient vraiment à trouver une issue, s'ils ne cherchaient pas à suivre ce jeu politique américain, ils auraient pu avoir une participation active dans la fabrication du combustible et dans la construction des 20 centrales nucléaires iraniennes.
On a l'impression d'être face à une impasse. D'un côté, le refus iranien de suspendre se activités. De l'autre, la menace de nouvelles sanctions.... Quelle solution voyez-vous ?
Nous insistons en disant qu'il faut un compromis équitable. Nous sommes signataires du TNP, nous voulons bénéficier des droits qui nous sont liés. La totalité des points évoqués de manière erronée ont été évoqué par quelques membres du Conseil de Sécurité, dont l'Amérique en tête. Mais ces différents points qui ont été mis devant l'agence internationale ont été élucidé un par un. Aujourd'hui, il n'y a plus aucun obstacle relatif à nos activités nucléaires civiles du point de vue technique. Donc du point de vue technique, il n'y a plus de raison que notre dossier soit au Conseil de Sécurité. Mais en politique, on peut trouver des prétextes jusqu'à l'éternité... En persan, il y a une expression qui dit : Si quelqu'un dort, et vous le secouez, il se réveille immédiatement mais si la personne feint de dormir, peu importe que vous la secouez fort ou pas, elle ne se réveillera jamais. Aujourd'hui, la situation est ainsi faite. Ils ne veulent pas résoudre ce dossier.
La main tendue par Obama, n'est-ce pas une opportunité pour essayer de retrouver une certaine forme de confiance entre les deux pays et de résoudre la crise nucléaire ?
Cette main tendue, il faut la voir dans la pratique et dans les faits. Les Etats-Unis ont un passé très noir auprès de l'opinion publique iranienne. Ce passé fait qu'on attend dans les faits ce qu'ils vont faire. Pour l'heure, mise à part des paroles contradictoires, on n'a rien vu d'autre. Peut être que dans la pratique on le verra. Si ce changement se concrétise dans les faits, nous serons ravis d'être témoins des changements fondamentaux dans l'attitude et la politique américaine. Si les Etats-Unis persistent à adopter une attitude dualiste, s'ils préfèrent créer des gouvernements qui les arrangent sans tenir compte du vote et des désirs du peuple, alors nous n'avons pas de raison de nous engager dans un dialogue.
Le dossier afghan pourrait-il être le point de départ pour d'éventuelles discussions ? Que peut faire l'Iran pour aider au retour de la stabilité en Afghanistan ?
L'Iran est un pays voisin de l'Afghanistan. Des relations centenaires nous lient. Notre pays accueille près de 3 millions de réfugiés afghans depuis de longues années. Nous pensons donc pouvoir aider à la paix et à la sécurité en Afghanistan. Ce genre d'aide ne peut d'ailleurs passer que par les pays voisins. Il n'est pas acceptable que dix mille kilomètres plus loin, un pays comme l'Amérique s'arroge le droit de se considérer comme le gendarme de la planète, en envoyant ses soldats, dès qu'il le souhaite, sans se soucier d'assassiner des femmes et des enfants innocents. Il faut mettre un terme à ce type d'attitude. Nous sommes prêts à envisager une coopération sur le dossier afghan, à condition qu'elle soit fondée sur le respect des droits inaliénables de chacun, sur le vote du peuple et sur la stabilité. En Afghanistan, la solution ne doit pas être d'ordre militaire.
Comment voyez-vous les élections présidentielles iraniennes du 12 juin prochain ?
L'Iran est un des pays les plus libres du monde et les plus démocratiques. Là bas, la démocratie existe réellement. C'est le peuple qui gouverne. Il va de soi que tout ce qui sortira des urnes, on le respectera entièrement. Du point de vue de la gouvernance, chaque personne est à sa place dans notre système : l'exécutif, le judiciaire, etc. Notre politique est définie et claire. L'élection d'un président ne changera donc pas notre ligne politique. Quand l'Occident dit : attendons de voir le résultat des élections iraniennes, c'est l'une des autres erreurs commises par l'Occident. Dans le cadre de la République islamique, le changement de président n'apporte pas de changement sur la politique globale du pays.
20:53 Publié dans Iran | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note
26.03.2009
Nominations
Suite à plusieurs demandes, nous vous ferons part des nominations faites :
Nominations
Jean-Pierre BAYLE, conseiller maître à la Cour des comptes, est nommé président de chambre à la Cour des comptes. Ancien sénateur des Français de l’Etranger, Jean-Pierre BAYLE grand défenseur de l’enseignement français à l’étranger, est Président de la « Mission Laïque », deuxième réseau scolaire français à travers le monde à coté de l’AEFE. (Avec nos très sincères félicitations).
Marc FONBAUSTIER, conseiller à l'ambassade de France à New Delhi, est nommé consul général de France à Hong Kong.
Olivier CAZENAVE est nommé conseiller maître en service extraordinaire à la Cour des comptes.
Xavier PATIER, premier conseiller de chambre régionale des comptes, directeur des Journaux officiels, est nommé directeur de la Documentation française, par intérim.
Jean-Cyril SPINETTA, président du conseil d’administration d’Air France KLM, présidera un comité chargé de veiller à la bonne régularité de la procédure de sortie des élèves de l’ENA.
Odile BRIDOUX dirigera le bureau Nord-Pas-de-Calais de la Compagnie européenne d’intelligence stratégique (CEIS), qui doit s’implanter à Lille.
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"C'est plus difficile de faire pression sur un gouvernement de coalition"
Washington, correspondante
Elliott Abrams a quitté en janvier ses fonctions de numéro deux du National Security Council (NSC).
Architecte de la politique de George Bush sur le Proche et le Moyen-Orient, il a été longtemps le dernier néoconservateur de son administration.
Il est aujourd'hui au Council on Foreign Relations (1).

Elliott Abrams was infamous for the Iran-Contra scandal of the 1980s.
Now Bush has appointed him to the National Security Council to “mediate” the Israeli-Palestinian problem.
“Aggravate” is more like it unfortunately.
Barack Obama a fait du processus de paix l'une de ses priorités. Quelles sont les conséquences de l'entrée des travaillistes dans le prochain gouvernement israélien ?
Qu'est-ce que cela pourrait être d'autre ?
Pas d'extension au-delà de la "barrière de sécurité" [hors des principales colonies], par exemple. Ou une "pause", de sorte que cela devienne moins insultant pour les Palestiniens.
Comment jugez-vous la politique de M. Obama jusqu'à présent ?
D'après les conversations que j'ai eues avec des responsables de la nouvelle administration, je crois comprendre qu'ils sont très réalistes. Personne ne pense qu'on va négocier sur le statut final la semaine prochaine. Ils comprennent que les conditions ne sont pas remplies. Et ils essaient de se concentrer sur ce qui peut être fait en Cisjordanie pour améliorer les conditions de vie et les institutions. Ils disent qu'ils restent attachés à la solution des deux Etats, mais ils reconnaissent que c'est un processus très long.
Beaucoup pensent que M. Obama essaie de rééquilibrer la politique américaine dans un sens moins pro-israélien…
Peut-être. Mais je ne suis pas convaincu. Obama réaffirme ses engagements, montre sa bonne foi en appelant [le président de l'Autorité palestinienne] Mahmoud Abbas en premier, mais c'est justement parce qu'il sait qu'il ne va pas être possible d'aller vite. Je crois que les conditions ne sont tout simplement pas réunies actuellement pour un accord sur le statut final. Nous savons tous à quoi un accord ressemblera. Les grandes lignes sont claires depuis Camp David [en juillet 2000]. Mais il n'y a eu aucun progrès.
Vous regrettez des décisions de l'administration Bush ?
Oui, les élections [palestiniennes de 2006]. Je regrette d'avoir permis au Hamas d'y participer. De notre point de vue, c'était impossible de ne pas avoir une élection. Comme en Afghanistan, comme en Irak, il n'y a qu'un moyen légitime de choisir son gouvernement. Rétrospectivement, c'était une erreur.
M. Obama a-t-il choisi la bonne direction sur l'Iran ?
C'est sûrement une bonne idée d'essayer de faire marcher la voie diplomatique. Mais la question, c'est celle d'un engagement direct avec l'Iran. De toute évidence, nous n'y avons pas cru. Il y avait déjà beaucoup de dialogues directs. Javier Solana [le responsable de la politique extérieure européenne] a rencontré les Iraniens dix, vingt fois. L'expérience a été extrêmement frustrante.
Avec les Iraniens, un accord n'est pas un accord, une proposition n'en est pas une.
Mais la négociation aura au moins une conséquence : si les Etats-Unis s'engagent et que l'on s'aperçoit que les Iraniens n'étaient pas sérieux et qu'ils cherchaient juste à gagner du temps, alors les fondations auront été jetées pour une politique plus dure, incluant l'option militaire.
Mais si on s'engage dans le processus, il faut une date-butoir, six mois ou quelque chose comme cela.

15:19 Publié dans Iran | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note
25.03.2009
Extrait du rapport de mission Montebourg-Ferrand sur la campagne Obama
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LA CAMPAGNE PRESIDENTIELLE : LA "REVOLUTION OBAMA"
La victoire présidentielle, Barack Obama la doit certes à ses qualités personnelles, son charisme exceptionnel. Il la doit tout autant à une campagne révolutionnaire : « la meilleure campagne jamais réalisée », selon les propres termes de Barack Obama. Sa campagne marque une rupture : il ne s’agit plus d’une campagne politique traditionnelle, de conviction des électeurs, mais d’une campagne visant à créer un mouvement, une campagne de mobilisation.
La mobilisation militante est en effet exceptionnelle. 13 millions de personnes ont participé à la campagne d’Obama. 3 millions ont fait des dons. Près de 2 millions ont milité sur le terrain. Du jamais vu. Barack Obama a créé un immense mouvement, une « communauté Obama ».
Si Barack Obama a pu générer une telle mobilisation, c’est que l’objectif même de sa campagne est la mobilisation. Elle repose sur trois leviers principaux :
- le message,
- internet,
- l’organisation de terrain.
Un message de grande cause : « le changement »
La mobilisation se fait autour d’un message fédérateur.
Barack Obama ne fait pas campagne sur son programme – même s’il en a un, très précis : un programme est par nature peu mobilisateur. Il ne fait pas non plus campagne, contrairement à ce qui a été souvent dit, sur sa personnalité : une campagne charismatique est certes mobilisatrice, mais elle est aussi clivante - il y a les « fans », mais il y a aussi les autres, qui s’inquiètent de l’hyper-personnalisation.
Le coup de génie de Barack Obama, c’est d’avoir évité le piège de la campagne charismatique pour basculer vers un nouveau modèle de campagne : la campagne de cause, de type caritatif. La cause de la campagne Obama, c’est le changement.
C’est un message fédérateur et consensuel dans l’Amérique de 2008[1], comme le sont toutes les grandes causes caritatives. Il peut être mobilisateur sans être incarné : c’est le cas de la lutte contre la myopathie – tout le monde adhère à la cause du téléthon, mais qui connaît les personnalités qui le portent ? De la même manière, la personnalité d’Obama s’efface derrière la cause du changement. Ce n’est plus « vote for Obama », c’est « vote for change ». « Change has come to America ».
La clé de la campagne de cause, c’est l’appropriation : les électeurs deviennent acteurs du changement.
La texture du message, d’une rare capillarité, permet cette appropriation. Le changement est une notion suffisamment large et polysémique pour permettre à chacun d’y mettre sa propre vision du changement. Pour réaliser cette appropriation, le narratif de la campagne glisse du « je » au « nous » : « yes we can ». De manière très symbolique, le site internet de Barack Obama met en exergue dans sa bannière ces mots du candidat : « Je vous demande de croire. Non pas seulement en ma capacité d’apporter un véritable changement à Washington. Je vous demande de croire en votre propre capacité ». Chacun devient un héros du changement.
Le message du changement est relayé par une communication de mobilisation. La télévision est utilisée pour mobiliser.
De même que le téléthon mobilise à travers un marathon télévisuel, il y a un « Obamathon ». Nombre de publicités se terminent ainsi par une invitation : « join us ».
La communication interne est également prépondérante, afin d’entretenir la mobilisation. En témoignent les fameuses vidéos de David Plouffe, le directeur de campagne, postées sur YouTube et envoyées aux militants par e-mail, qui les informent sur la stratégie de la campagne : il s’agit de leur donner le sentiment de faire partie de la campagne.
Le refus de la triangulation
Le changement sert de fil directeur systématique pour structurer la présentation du programme.
Barack Obama rompt ainsi radicalement avec la stratégie de triangulation qui avait marqué les campagnes de Bill Clinton. La triangulation consiste à « coller » aux positions du camp opposé lorsqu’elles sont jugées majoritaires dans l’opinion, afin d’en neutraliser l’impact électoral négatif.
Barack Obama fait l’inverse : il se réapproprie ses positions en leur donnant une formulation de gauche majoritaire dans l’opinion. Cette technique s’appelle le « bi-conceptualisme ».
Par exemple, sur la sécurité, épouser les thèses sécuritaires de la droite, c’est de la triangulation. C’est ce qu’ont fait Bill Clinton ou Tony Blair. Barack Obama reformule la sécurité pour en donner une vision globale, qui inclut la sécurité des personnes et des biens, mais aussi la sécurité de l’emploi, la sécurité environnementale, la sécurité sanitaire – dans cette « sécurité »-là, la gauche est plus crédible que la droite.
Internet, épine dorsale de la mobilisation et de l’organisation de la campagne
Dans le monde d’hier, internet était utilisé en politique pour communiquer aux électeurs. C’est le cas avec les sites internet « corporate » - c’est déjà l’âge de pierre de l’internet.
Puis il y a eu les blogs, plus participatifs, et enfin la video on-line, comme on a pu le voir avec « Sarko TV » pendant la campagne présidentielle française.
Avec la campagne d’Obama, internet entre dans un nouveau monde.
Les outils internet sont utilisés avant tout, non plus pour communiquer aux électeurs, mais pour recruter les sympathisants et organiser le militantisme :
- Les « réseaux sociaux » sont utilisés comme terrain de recrutement.
Dans les campagnes traditionnelles, pour participer, il faut
- se rendre à la section de son domicile,
- ou prendre contact avec le siège de campagne.
Cela nécessite une telle énergie que 95% des bonnes volontés sont perdues.
La stratégie de la campagne Obama renverse la logique : il ne faut pas attendre que les supporters viennent à la campagne, il faut aller aux supporters : « Go where the people are ».
Or les gens sont désormais sur les réseaux sociaux d’internet (Facebook, MySpace…). C’est pourquoi la campagne y nidifie : en utilisant les réseaux d’internet les plus « liquides » et les plus « viraux », la campagne d’Obama a pu mobiliser à une large échelle.
Chaque mobilisation préexistante est utilisée pour mobiliser pour Obama. La campagne peut toucher rapidement des millions d’internautes. Ils n’ont plus qu’un simple click à faire pour mettre un pied dans la campagne : on a baissé au maximum les barrières à l’entrée.
- Le don en ligne constitue le premier niveau d’implication dans la campagne.
La campagne présidentielle 2008 se caractérise par une explosion du financement : 1.6 Md$, contre 880 M$ en 2004. Barack Obama y écrase la concurrence : 750 M$, contre 350 M$ pour John McCain.
Il y parvient grâce à une innovation fondamentale : le financement populaire. Les deux-tiers de son financement proviennent de petits dons de moins de 200$. C’est le modèle de financement du téléthon appliqué à la politique.
Ce financement permet de s’affranchir des lobbies et des grands donateurs. Il permet également de créer du lien : le don est le signe de l’appartenance à la communauté. C’est en donnant au téléthon qu’on devient acteur de la lutte contre la myopathie ; c’est en donnant à la campagne Obama que l’on devient acteur du changement.
Ces petits dons sont collectés quasi-intégralement sur internet, sur le site de campagne de Barack Obama (mybarackobama.com – MyBO). Là encore, en quelques secondes et quelques clicks, on peut participer.
- L’activité des militants est coordonnée par un réseau social interne : MyBO.
L’outil principal, c’est MyBO. Le site de la campagne est conçu comme un réseau social de type Facebook.
- Il fait circuler les informations de campagne (meetings, évènements…) au sein de la « communauté Obama ».
- Plus innovant, il permet aux sympathisants d’entrer en contact et de s’organiser en équipe pour militer.
- Structurés en groupes géographiques locaux ou thématiques, ils disposent de moyens d’actions : des documents de formation, le kit de campagne, l’accès aux listings de téléphones et d’adresses pour faire du phoning et du porte-à-porte.
Chaque militant a le sentiment d’être son propre directeur de campagne, avec un tableau de bord qui agrège les indicateurs de ses actions ou de celles de son équipe :
- combien d’argent récolté,
- combien de personnes approchées,
- combien de militants recrutés...
Mais ce reporting, qui permet de laisser une grande autonomie aux groupes pour organiser leur travail, permet également un contrôle serré de leurs actions par le staff de campagne.
- D’autres outils sont utilisés.
Les SMS :
la campagne Obama a collecté 1.3 million de téléphones mobiles.
Et les e-mails : 13 millions.
Elle les utilise en abondance, mais essentiellement pour la communication avec les militants et les sympathisants :
- informations de campagne,
- annonce des évènements,
- organisation de la campagne de terrain,
- etc.
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19.03.2009
Un blogueur iranien décède en prison

Selon son avocat, Omid Mirsayafi, 29 ans, est mort mercredi en prison, rapportent Reporters sans frontières et la Campagne internationale pour les droits de l'homme en Iran.
L'avocat, Mohamed Ali Dadkhah, n'a pu être joint dans l'immédiat. Les autorités iraniennes n'ont pas commenté l'information.
Selon les associations, le blogueur souffrait de dépression sévère et n'a pas reçu les soins médicaux nécessaires.
"Nous tenons les autorités iraniennes pour responsables", écrit Reporters sans Frontières dans un communiqué. "Elles ont procédé à son arrestation de manière arbitraire et n'ont pas fait le nécessaire pour lui fournir des soins médicaux adéquats".
La Campagne internationale pour les droits de l'homme en Iran a appelé à l'ouverture d'une enquête sur les circonstances de ce décès. Selon l'organisation, Omid Mirsayafi a été condamné le mois dernier à une peine de 30 mois de prison après avoir été accusé d'avoir insulté les hauts dignitaires du régime iranien.

Par ailleurs, l'agence de presse officielle iranienne a annoncé jeudi que les Gardes révolutionnaires avaient démantelé un nombre non précisé de sites Internet qui recevaient une aide financière des gouvernements étrangers. Selon l'agence IRNA, les policiers ont aussi arrêté plusieurs créateurs de sites, soupçonnés de détenir des pages Internet ayant un contenu présumé anti-islamique et pornographique.
L'Iran accuse de manière récurrente les Etats-Unis et ses alliés de chercher à déstabiliser le pouvoir en place en utilisant Internet.
21:46 Publié dans Iran | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note
Le PS lance une pétition pour l’abrogation du "paquet fiscal"
Le bouclier fiscal adopté par la majorité UMP-Nouveau Centre dès le mois de juillet 2007 est une mesure profondément injuste qui accentue les inégalités en protégeant les plus fortunés des Français.
Injuste à son origine, le « paquet fiscal » est devenu absolument insupportable en cette période de crise économique et sociale qui frappe si durement la France. Tous les Français se sentent menacés, trop souvent même frappés, sauf quelques dizaines de milliers qui restent protégés. Le déficit budgétaire atteint plus de 100 milliards d'Euros et l'Etat français continue, avec son bouclier fiscal, à verser à quelques privilégiés des chèques d'une valeur moyenne supérieure à 33 000 euros. Le chômage explose et l’Etat français continue de subventionner les heures supplémentaires par rapport aux embauches.
La Grande-Bretagne ou les Etats-Unis ont décidé de faire contribuer les plus riches à la lutte contre la crise ; en France, l'UMP s'accroche désespérément à son « paquet fiscal » et s’enferre dans l’inaction.
C'est pourquoi nous demandons la suppression du « paquet fiscal », ce qui permettrait de dégager 15 milliards d’euros par an et de mener ainsi une vraie politique pour améliorer le quotidien des Françaises et des Français et sortir la France de la crise.
Parti Socialiste
Signer la pétition
17:38 Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note
5,5 % de TVA pour la restauration…
Lesdits patrons expliquent déjà qu’ils ne pourront ni baisser les prix, ni hausser les salaires, ni embaucher… « question de conjoncture » expliquent-ils pour préparer l’opinion à ce qu’ils empochent 2,5 milliards sans contrepartie.
Sarkozy annonce des « Etats généraux de la restauration ». Mais quel sens cela a t il ? C’est la branche, qui, sans être soumise à la moindre concurrence de la fameuse mondialisation, cumule les salaires les plus bas, les durées du travail les plus longues, la précarité la plus forte, la flexiblité maxima, le turn over le plus important, le travail dissimulé le plus fréquent, un des métiers les plus durs et les moins syndiqués. Il y a même des minima salariaux parmi les plus bas, et il y a une dérogation pour un contingent annuel de 360 h par an, signée par des syndicats minoritaires serviles, record de toutes les branches.
Les progrès faits sous l’impact des 35 h et dans la convention collective 2001 sous l’égide de Martine Aubry, ont été rayés de la carte par François Fillon. Si l’on veut vraiment que les 2,5 milliards n’aillent pas dans la poche des patrons, il faut prendre les mesures nécessaires pour en revenir à une convention collective décente du type de celle de décembre 2001 :
- en revenir aux 35 h hebdomadaires légales avec un maxima à 48 h, les heures supplémentaires étant majorées de 25 % dés la première heure (et de 50 % dans toutes les entreprises de plus de 50 salariés).
- en revenir à un contingent annuel de 130 h d’heures supplémentaires contrôlé
- en revenir à un minima salarial aligné sur le Smic et imposer la négociation d’une grille salariale de bas en haut de la hiérarchie, en étendant la nouvelle convention à cette condition.
Interdire toute hausse des prix, et fixer des prix de référence sur des produits de base fixes comme le « petit noir » ou les boissons les plus usuelles.
Organiser la répression la fraude aux additions, les fraudes à l’hygiéne, et surtout contre le travail dissimulé, dans tout le secteur car celui-ci atteint de 25 % des cas à 60 % selon les régions et les saisons.
Une convention collective, c’est plus sûr que « des états généraux » bavards et sans conclusion d’un ordre public social nouveau dans le secteur. Cela assurera embauche et salaires décents, cela imposera un assainissement du secteur côté patronal. En tout cas, donner 2,5 milliards à cette corporation patronale qui compte parmi les plus réactionnaires et exploiteuses, ce sera un nouveau scandale après les 6,5 milliards donnés sans contrepartie aux actionnaires de l’automobile.
Gérard Filoche mercredi 18 mars 2009
10:54 Publié dans Tribunes Libres | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note




Seyed Mehdi Miraboutalebi est le nouvel