31.03.2009

Les ouvertures d'Obama à l'Iran semblent porter leurs premiers fruits

LA HAYE (AFP)

Les ouvertures répétées faites à l'Iran par le président américain Barack Obama ont semblé porter leurs premiers fruits à l'occasion de la participation d'une délégation iranienne à la conférence sur l'Afghanistan mardi à La Haye.

La nouvelle administration américaine a eu ses premiers contacts directs avec l'Iran en marge de cette conférence.

"Notre représentant spécial pour l'Afghanistan, Richard Holbrooke, a eu un bref mais cordial échange avec le chef de la délégation iranienne", a indiqué la secrétaire d'Etat américaine, Hillary Clinton.

La rencontre, selon Mme Clinton, a été "fortuite" mais M. Holbrooke et le vice-ministre iranien des Affaires étrangères Mohammad Mehdi Akhoundzadeh ont convenu de "garder le contact".

M. Akhoundzadeh venait de déclarer devant la conférence que "la République islamique d'Iran, saluant les propositions de coopération des pays contributeurs en Afghanistan, est tout à fait prête à participer aux projets destinés à combattre le trafic de drogue et aux projets de développement et reconstruction en Afghanistan".

Mme Clinton a estimé que la présence de l'Iran à la réunion de mardi et son attitude étaient "un signe prometteur d'une future coopération".

"Les Etats-Unis, l'Iran et toutes les nations qui étaient ici aujourd'hui ont un intérêt commun à ce que l'Afghanistan soit stable et sécurisé", a-t-elle souligné.

M. Obama avait pris le 20 mars l'initiative historique de s'adresser directement aux dirigeants iraniens. Dans un message vidéo diffusé pour le nouvel an iranien, il leur avait offert de surmonter trente années de relations hostiles.

En présentant vendredi sa stratégie pour l'Afghanistan, il avait aussi souhaité la création d'un groupe de contact international incluant l'Iran.

Rien ne garantit cependant que ces amabilités réciproques soient annonciatrices d'un véritable réchauffement après 30 ans de rupture.

Par le passé, des rencontres à plus haut niveau encore comme celle du chef de la diplomatie américaine Madeleine Albright avec son homologue iranien Kamal Kharazi, déjà à une réunion de l'ONU sur l'Afghanistan, n'ont rien donné.

Plus récemment les deux prédécesseurs de Mme Clinton sous l'administration Bush, Colin Powell et Condoleezza Rice, ont rencontré respectivement M. Kharazi et Manouhcher Mottaki en novembre 2004 et mai 2007 à Charm el-Cheikh (Egypte) en marge de rencontres internationales. Sans qu'il y ait eu de suite.

Peut-être pour tester les vraies intentions de Téhéran, Washington lui a adressé une lettre lui demandant de faire un geste en libérant trois Américains retenus en Iran, a annoncé Mme Clinton mardi à l'issue de la conférence.

Selon son entourage, cette lettre a été remise directement aux Iraniens à La Haye, un évènement inhabituel pour les deux pays qui n'entretiennent pas de relations diplomatiques depuis 1980, après la prise en otage de 52 diplomates américains à Téhéran pendant 444 jours.

Un "geste humanitaire" de l'Iran illustrerait "l'esprit de renouveau et de générosité qui marquent la nouvelle année persane", a estimé Mme Clinton.

 

Iran-Afghanistan : Qui est l’envoyé des mollahs à La Haye
31.03.2009

Le régime des mollahs a annoncé le nom de son représentant à la Conférence sur l’Afghanistan qui se tiendra ce 31 mars à La Haye. Il s’agit de Mohammad-Mehdi Akhoundzadeh Basti محمدمهدي آخوندزاده بسطي, le vice-ministre des affaires étrangères chargé de l’Asie qui a également représenté Téhéran à la Conférence sur l’Afghanistan organisée le 27 mars par l’OCS à Moscou.

 

Pour attirer Téhéran à la table des négociations, et l’engager dans un processus de dialogue et de compromis, Washington avait émis la suggestion que Téhéran participe à la présente conférence sur l’Afghanistan. Afin que le régime des mollahs ne puisse se dérober, Washington a demandé à ses alliés régionaux, le Qatar, la Turquie et surtout l’Afghanistan d’insister sur l’importance du rôle régional de l’Iran pour exiger une participation iranienne. Téhéran a cédé et à peine avait-il annoncé sa présence que Washington a médiatisé sa nouvelle stratégie en Afghanistan en annonçant la création d’un groupe de contact sur l’Afghanistan incluant l’Iran. Les mollahs se sont retrouvés embrigadés contre leur gré dans une création américaine formatée pour les forcer à faire des compromis. Depuis, ils ont observé un silence complet sur l’annonce d’Obama, cherchant un moyen pour sortir de ce piège politiquement correct. Pour cela, ils auront besoin de s’informer sur l’ennemi, ce qui explique le choix de Mehdi Akhoundzadeh (ci-dessous au premier plan).
© WWW.IRAN-RESIST.ORG 

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Le choix des mollahs sonne particulièrement juste : Akhoundzadeh parle anglais puisqu’il a fait ses études en Indes et a été en poste à Londres de 1984 à 86. Il connaît également bien la question afghane car il a été de 1993 à 1998 l’ambassadeur des mollahs au Pakistan. Il est aussi qualifié pour parler éventuellement du nucléaire avec des diplomates étrangers (sans faire de gaffe) puisqu’il a été de 2005 à 2006 ambassadeur du régime auprès de l’AIEA avant d’être nommé ambassadeur en Allemagne puis vice-ministre chargé de l’Asie.

Cet homme de 53 ans est un élément de confiance du système et plus particulièrement de son patron occulte Rafsandjani. En 1989, quand ce dernier a décidé de liquider des exilés pour affirmer son pouvoir, il a formé un commando de 16 tueurs (dont le célèbre Kazem Darabi) et le milicien Akhoundzadeh faisait partie des 11 experts planificateurs. Son rôle a particulièrement été mis en évidence dans l’assassinat en 1990 de Kazem Radjavi, premier ambassadeur du régime des mollahs auprès de l’ONU, mais également le frère aîné de Massoud Radjavi, le chef de l’OMPI.

Dès 1988, Akhoundzadeh avait fait des déplacements à Genève pour étudier la faisabilité des différents projets et pour faire des repérages. Deux tentatives d’assassinat ayant échoué, il a été envoyé à Genève le 9 avril pour superviser la prochaine tentative qui a réussi le 24 avril 1990. Il a regagné Téhéran quelques heures après le succès de l’opération.

A cette époque, Akhoundzadeh était officiellement le directeur du centre des recherches européennes du ministère des affaires étrangères et après l’opération K. Radjavi, il a été promu directeur général des relations internationales au ministère, un poste de relation publique qu’il a retrouvé à chaque fois qu’il a été entre deux nominations.

C’est un agent de renseignement qui a des contacts diplomatiques onusiens et européens.

Il sera sur place aussi bien pour représenter les mollahs que pour écouter et grappiller des informations (sur l’adversaire) comme la situation des troupes de l’OTAN en Afghanistan, le nucléaire et les sanctions ou encore l’attitude des Allemands dans le groupe des Six, informations nécessaires pour sortir indemne du piège diplomatique tendu par les Américains.

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