21.01.2009

Nucléaire : Ce qu'attend l'Iran d'Obama.

(Ali Asghar Soltanieh - crédit photo : Hans Punz, AP)

Lors d'une récente visite à Vienne, j'ai eu l'occasion de m'entretenir avec Ali Asghar Soltanieh, le représentant permanent de la République islamique d'Iran auprès de l'AIEA. Autour d'un thé, ce diplomate iranien, qui parle le farsi et l'anglais, a dénoncé ce qu'il appelle la politique de deux poids deux mesures de l'Occident, et particulièrement l'Amérique. Pour Soltanieh - qui, selon ceux qui ont l'habitude de le côtoyer, sait habilement se servir des failles du TNP pour se réfugier dans le cadre de la loi - , Barak Obama devra recréer la confiance rompue entre Téhéran et Washington s'il veut initier un dialogue entre les deux pays. Voici quelques extraits de l'entretien.


Comment appréhendez-vous la prise de pouvoir de Barak Obama, et pensez-vous qu'elle peut faciliter une résolution du contentieux sur le nucléaire iranien ?

Son élection a été accueillie avec optimisme. Le monde entier, y compris notre président, y a vu une volonté de changement exprimée par la population américaine. J'espère y voir la fin de l'approche unilatérale qu'avait imposée George W. Bush. Ces dernières années, Washington a cherché à se substituer aux objectifs et aux activités de l'AIEA, en usant de son droit de veto au sein du Conseil de Sécurité de l'ONU. Mais attention, l'AIEA, ce n'est pas le Conseil de Sécurité de l'ONU. Tous les membres doivent être égaux. Il est temps que les Américains changent d'attitude envers l'Iran. Les négociations sur le nucléaire doivent se faire sans conditions préalables.

La communauté internationale reproche à l'Iran de ne pas faire preuve de suffisamment de coopération et de transparence. Que répondez-vous ?

S'ils s'attendent à ce que Téhéran suspende l'enrichissement d'uranium, ils se font des illusions. Il est hors de question que nous renoncions à nos activités. Cette suspension n'est pas justifiable. Nous estimons que nous nous sommes toujours efforcés de travailler dans le cadre des règles en vigueur au sein de l'AIEA. Je tiens à vous rappeler qu'au cours de ces six dernières années, Téhéran n'a jamais bloqué les inspecteurs dans leurs visites. De plus, l'AIEA n'a jamais pu prouver l'existence d'un programme nucléaire à des fins militaires. N'oubliez pas l'invasion américaine en Irak, un pays accusé d'avoir des armes chimiques qu'il ne possédait pas... Le problème, c'est qu'en l'absence de preuve, le dossier iranien a été envoyé au Conseil de sécurité de l'ONU. C'est injuste et illégal.


Quel est l'impact des sanctions en Iran ?

La pression externe ne fait que renforcer notre détermination à poursuivre nos activités, que nous considérons comme légales. Plus nous ferons face à des sanctions, plus nous refuserons de faire des compromis. Pendant ces dernières années, les Américains ont espéré et rêvé de voir ces diverses résolutions et sanctions pousser le gouvernement iranien à faire l'erreur de se retirer du Traité de Non Prolifération et à expulser les inspecteurs. Mais c'est une erreur que nous n'avons pas voulu commettre.

Pourquoi ?


Parce que pour les Américains, cela aurait été un prétexte idéal pour renforcer les sanctions ou pour nous attaquer. Si nous avions voulu nous en retirer, nous l'aurions fait depuis longtemps, juste après la révolution de 1979. Je tiens à rappeler que nous nous sommes toujours opposés aux armes de destruction massive. Par le passé, l'Iran a été victime d'attaque chimique, pendant la guerre Iran-Irak. A l'époque, nous aurions pu fabriquer des armes pour nous défendre, mais nous avons choisi de ne pas le faire. Aujourd'hui, notre principe est simple. Nous refusons aujourd'hui de suspendre nos activités d'enrichissement, tout comme nous refusons de suspendre notre coopération avec l'AIEA.

Si votre programme nucléaire n'a pas d'objectif militaire, alors pourquoi l'avoir caché pendant tant d'années ?

Selon les règles en vigueur, il est seulement demandé aux pays signataires du TNP de n'annoncer à l'AIEA l'injection de matière nucléaire dans les installations nucléaires que 180 jours au préalable. A l'époque, en effet, Natanz n'avait pas encore reçu de matériel nucléaire.

Pourquoi ne pas avoir, de vous-même, déclaré vos activités, histoire de créer un climat de confiance ?

La confiance ne doit pas être à sens unique. Avant la révolution, les Américains ont abusé de notre confiance. Sous le régime du Chah, ils se sont ingérés dans nos affaires, et ils ont commandité un coup d'Etat. Rappelez-vous, à l'époque, plus de 40 000 conseillers militaires se trouvaient en Iran... Ils étaient très influents dans de nombreux secteurs. C'est donc sciemment que nous avons préféré attendre l'achèvement de notre programme nucléaire pour l'annoncer au monde entier, afin d'éviter qu'on nous trahisse à nouveau.

Aujourd'hui, qu'attendez-vous de Washington ?

Les dirigeants américains devraient mieux étudier notre culture. Vous savez, nous avons cinq ou six façons de dire « asseyez-vous ». L'une d'entre elle est très polie. Mais il y en a une autre qui peut offenser. Il est temps que l'Amérique change de comportement à notre égard. Dès qu'ils parlent de préconditions aux négociations, leur approche est vouée à l'échec. Pour nous, c'est humiliant. Nous n'acceptons pas que les Etats-Unis nous prennent de haut. Il y a 30 ans, c'est contre ce principe que nous avons fait la révolution.

9 commentaires

Michel Leduc a dit :

Ce que l'Occident attend de l'Iran, c'est la fin du mensonge et la vérité sur la motivation d'un programme à marche forcée vers l'enrichissement d'uranium, de type militaire, pour un pays regorgeant de pétrole et de gaz...
Tout le reste, que ce soit exprimé de façon grossière ou pas en farsi ou en anglais, n'est que farce mal ficelée pour gogos au pays des mille et une nuits, ou tous les chahs sont gris...

verdier a dit :

Ahmadinejad:de l'huile sur le feu; Téhéran tente depuis plusieurs jours de livrer au Hamas des roquettes Fajr, possédant une portée de 75 kilomètres et pouvant atteindre le centre d’Israël, dont la ville de Tel-Aviv.

ramin a dit :

Le régime théocratique et d’extrême droite Iran est un régime pragmatique et ses dogmes tiennent tant que son existence n’est pas en jeu .Téhéran, à ce qu'on prétend, finance aussi bien les membres du Hamas que leurs confrères libanais du Hezbollah. Mais par pur pragmatisme lors de la guerre et du massacre des palestiniens par Israël ,malgré une puissante propagande intérieure, le régime iranien n’a fait le moindre geste .
Ce pragmatisme est d’ailleurs proclamé par le guide d’Iran "s’il y avait à choisir entre la survie du régime et le fondement d’Islam on doit choisir la survie du régime" .

laurent a dit :

rien n arretera l iran dans son desir de se nucleariser , a des fins civiles ou militaires ? difficile de concevoir le premier sans envisager le second a plus ou moins court terme , b. obama ne fera pas l erreur de se confronter militairement a l iran surtout en debut de mandat il serait alors dans la meme logique guerriere que son predecesseur , et ce ne sont pas les menaces a peine voile de h. clinton qui feront changer la donne , la grande inconnu reste sur l hypotese d un raid aerien des israeliens sur des sites iraniens , il est a parier qu il y aura de vives protestations de la part de la russie et de la chine mais personne ne se jettera a l eau pour l iran , donc tout reposera sur la reaction des iraniens face a ce scenario que nous esperons impossible .

dupre a dit :

La volonté du monde musulman c'est d'avoir accès au nucléaire. Le paroles du president Butto etaient claires " le monde chretien,les juifs, les athées les indous ont la bombe seuls les musulmans en sont privés, nous mourrons de faim, nous mangerons de l'herbe, mais nous aurons la bombe" Effectivement avec Kahuta qq decennies plus tard le Pakistan l'avait. Le problème n'est pas tant le monde musulman mais les differents groupes terroristes qui peuvent comme en Afghanistan sous les talibans commencer a mettre sur pied la fabrication d'une bombe nucléaire avec des accords transversaux avec les intégristes pakistanais ainsi que l'on demontrés les différents documents saisis apres le départ des talibans. La position du nouveau president des etats unis est d'ailleurs claire sur ce pays empêcher a tout prix que se reforme dans ce pays les mêmes cellules. Que nous le voulions ou non Alquaida est toujours presente ayant essaimée en centaines de groupes dans des dizaines de pays. Elles ont besoin de tranquilité et d'un pays pour continuer leurs reves de destruction d'Israel de l'Amerique et de l'occident. Ne mélangeons pas les musulmans qu'ils soient chiites ou sunnites avec les terroristes L'Iran est un pays millénaire cultivé et le peuple veut vivre dans la paix, mais des gages doivent etre donnés a la communauté des hommes

ARTRUSKJPM a dit :

Les Iraniens ont entièrement raisons sur les faits et les causes. Les USA sont depuis 30 ans les initiateurs du malaise orchestré au Moyen Orient. Désir de conquérir les pays qui détiennent du pétrole, ingérence dans tous les gourvernements, diviser pour régner, et enfin ne l'oublions jamais faire tourner l'économie militaro-industrielle qui figure pour un tiers dans leur PIB. L'Iran veut une énergie civile et si on considère le Pakistan, L'inde,La Corée du Nord, Israël qui possèdent la bombe atomique, on ne peut que trembler. Déjà Israël pays religieux extrèmement dangereux du fait des représailles disproportionnées. L'Inde qui ne maîtrise pas ses relation avec le Pakistan, La Corée qui fait du chantage.
Alors losque l'on voie l'Iran avec 3000 ans d'histoire et toutes les ingérences qu'ils ont subi de la part des Etats Unis, on ne peut que constater qu'ils ont raison. Le problème du Moyen Orient repose sur la Paix en Palestine et la restitution des territoires occupés, puis un consensus intelligent sur des échanges commerciaux et non la guerre et enfin une meilleure répartition des richesses pétrolières.

bazil a dit :

IZRAEL a plus de 200 tetes nucleaires.
USA a aidé IZRAEL avec des bombes "intelligentes" contre le Hezbollah.
USA a lancé un appel d'offre pour les munitions d'IZRAEL contre le HAMAS.
Où sont les armes de destruction massive de l'IRAK?
Commentez ces propos, ces interrogations et vérifiez les SVP.

 

Venot a dit :

Il faudrait aussi comprendre ce que veut dire TNP. Que faire avec l'Inde, Le Pakistan détenteurs avérés de l'arme nucléaire et avec Israel détenteur non-avéré ? Dans le passé, l'Afrique du Sud, L'Argentine, le Brésil ont été dénucléarisés pour ce qui concerne les aspects militaires. De plus la France sait de quoi elle parle, car sous embargo de matériel de haut niveau et de matière nucléaire, une force de frappe a été développée : Moyens puissants de calcul, fusées, sous marins, enrichissement et production de matières nucléaires. Pourtant, avec le guerre d'Algérie et la révolte des militaires, la France n'était pas un exemple de stabilité politique, et l'arme aurait pû tomber dans de mauvaises mains. S'il vous plait : un peu d'humilité serait de bon ton.

verdier a dit :

@Bazil, vous dites des chose exactes, Israel possède des bombes atomiques, des bombes à hydrogène, et des bombes à neutrons. la meilleure des dissuations, c'est de ne pas faire mention de sa puissance, et de laisser aux journalistes spécialisés, dans leurs éditoriaux, de faire peur aux voisins mal intentionnés. Monsieur Ahmadinejad devrait lire plus souvent la presse britannique, en particulier, très bien informée dans ce domaine.

Laurent Fabius prend date dans la bataille contre la réforme de la procédure législative




ECLIPSÉE par la crise économique et sociale, une autre bataille se joue à l'Assemblée nationale sur le terrain de l'exercice du pouvoir et des libertés publiques. Rarement le climat aura été aussi tendu, voire agressif, que dans la discussion du projet de loi sur la réforme de la procédure législative, qui a débuté le 13 janvier. Le débat est haché par de multiples interruptions. Au terme de la première semaine, pas moins de 188 rappels au règlement ont été effectués.

Au fil des jours, une voix s'est affirmée dans l'Hémicycle : celle de l'ancien premier ministre socialiste Laurent Fabius. C'est lui qui, lors de la dernière séance de questions au gouvernement, a interpellé François Fillon, accusant la majorité présidentielle de vouloir " mettre à bas les droits du Parlement ". C'est encore lui qui s'est élevé pour recadrer l'enjeu du débat, en fin de semaine, alors que la bataille ne cessait de monter en intensité, la majorité usant des armes du règlement pour répliquer au déluge d'amendements défendus par l'opposition.

Pour la gauche, qui entend démontrer que l'encadrement de la durée des débats au Parlement s'inscrit dans un cadre global de " mise au pas de tous les contre-pouvoirs ", il s'agit d'un " enjeu démocratique ". Elle appuie sa thèse sur les " menaces " pesant à ses yeux sur la presse et l'audiovisuel, la justice et, plus largement, sur les droits et les libertés publiques.

Consciente du déséquilibre institutionnel qui s'est creusé au fil des révisions de la Constitution, elle réclame que le législatif ne soit pas soumis aux impératifs du pouvoir exécutif, à plus forte raison quand celui-ci " accapare le temps de parole dans les médias ".

" Les grandes lois de l'histoire, la loi sur les associations, la loi sur la presse, on a mis non pas des semaines mais des mois et même des années pour les examiner et les voter, a rappelé M. Fabius, samedi 17 janvier, lors de la discussion en séance. Le temps est un élément constitutif de la démocratie. Or l'essentiel du projet de loi, contenu dans l'article 13, c'est que l'Assemblée nationale n'aura plus que quelques jours pour se prononcer et que tout ce qui ira contre sera présenté comme une obstruction. C'est une conception de l'Assemblée nationale tout à fait contraire à nos institutions. "

 

france-fabius.GIF

METTRE L'OPPOSITION À GENOUX

 

La droite, quant à elle, prend appui sur la déconsidération dont souffre le Parlement pour établir un parallèle entre le " discrédit " de l'institution et l'" obstruction " pratiquée par l'opposition. Le président du groupe UMP, Jean-François Copé, charge sabre au clair. Après avoir fait réaliser par ses collaborateurs un clip vidéo ridiculisant les interventions de la gauche dans le débat sur l'audiovisuel, il ne manque pas une occasion de stigmatiser les " abus de procédure " d'une opposition tour à tour qualifiée de " grotesque " ou accusée de se livrer à " un concours de tartufferie ".

" Nous nous battrons pour expliquer sans relâche que ce que nous faisons aujourd'hui ne revient en aucun cas à restreindre les droits de l'opposition, s'est expliqué M. Copé en séance. Ce que nous voulons, c'est donner à cet hémicycle une autre physionomie que le visage lamentable que l'opposition lui donne. Nous avons même vu un ancien premier ministre socialiste - M. Fabius - se faire le complice de ces simagrées. J'en avais honte pour lui. "

Tandis que M. Copé n'entend plus faire la moindre " concession ", le président de l'Assemblée nationale, Bernard Accoyer, croit encore possible un " accord " sur les droits de l'opposition. Pour l'heure, ses propositions se sont heurtées à une fin de non-recevoir de la part de la gauche, celle-ci estimant que, pour l'essentiel, elles reviennent à " entériner des pratiques établies ". " Aucun droit nouveau notable n'est apparu ", déplore le président du groupe PS, Jean-Marc Ayrault.

Seule une réécriture de l'article 13, autorisant les règlements des assemblées à instituer des délais pour l'examen des textes - le " crédit-temps " ou " temps global ", au-delà duquel les amendements pourraient ne plus être soumis à discussion -, est susceptible de débloquer la situation. A l'usure, la majorité a les moyens de mettre l'opposition à genoux. Il n'est pas certain que le Parlement sorte renforcé d'une victoire acquise dans ces conditions.

Patrick Roger

© Le Monde

Des stratégies multiples jusqu'ici incapables de sauver les établissements financiers


LES BANQUES, au coeur de l'une des plus graves crises depuis l'après guerre, font, depuis l'automne 2008, l'objet de plans de sauvetage massifs et inédits.

Les gouvernements, aux Etats-Unis, en Europe ou au Japon, ont engagé des centaines de milliards de dollars, d'euros, et de yens, pour éviter une " crise systémique ", c'est-à-dire l'effondrement de tout le système financier, poumon de l'économie.

Toutefois, en dépit de ces sommes colossales, aucune option n'a, à ce jour, démontré sa pleine efficacité. Les pertes des banques continuent à se creuser. Ces dernières restent incapables de prêter aux ménages et aux entreprises, l'une des conditions de la reprise. Quelles sont les différentes stratégies déployées jusqu'ici par les Etats pour sauver les banques ? Et pourquoi n'ont-elles pas, ou pas encore, fonctionné ?

Le rachat des actifs toxiques. C'est l'objet de l'initiative américaine, le TARP (Troubled asset relief plan), décidé à l'automne 2008 par Henry Paulson, secrétaire au Trésor américain et Ben Bernanke, le président de la Réserve fédérale, pour sauver Wall Street. L'Etat devait consacrer 700 milliards de dollars (540 milliards d'euros) environ pour racheter les " actifs pourris " des banques, les fameux crédits hypothécaires (subprimes) et leurs dérivés, à l'origine de leurs pertes. Une telle stratégie avait déjà été menée pour sauver le système bancaire nippon dans les années 1990 et les Caisses d'épargne américaines à la fin des années 1980.

Mais les économistes ont critiqué le plan Paulson, le jugeant ingérable. " Il n'y a pas de marché pour ces crédits, comment l'Etat peut-il déterminer un prix qui ne soit pas arbitraire ? ", constate Augustin Landier, professeur à l'université Stern de New York. Fixer un prix trop élevé lèse l'Etat et le contribuable, tandis qu'un prix trop faible floue les établissements.

Cette option de rachat des actifs toxiques est toutefois à nouveau envisagée sous une forme un peu différente dans le nouveau plan du premier ministre britannique, Gordon Brown. Afin de purger le système bancaire, Londres veut isoler et assurer les pertes des banques liées à ces actifs pourris, jusqu'à une certaine limite. Ainsi, ce plan ne fixe pas de prix pour ces actifs douteux.

Une autre option vise aussi à mettre en place une " bad bank " (mauvaise banque) au sein même de l'établissement concerné pour cantonner ses actifs. Les banques UBS, Dexia, Citigroup, ou Bank of America y ont recours, l'Etat prenant à sa charge une partie des pertes.

Les injections de capital, et les nationalisations. Il s'agit d'allouer aux banques du capital public, pour les renforcer. En échange, l'Etat devient actionnaire et peut aller jusqu'à nationaliser les établissements, comme ce fut le cas pour Northern Rock au Royaume-Uni, des banques islandaises, irlandaises ou des Pays-Bas. " C'est la solution la plus urgente, estime Philippe Dessertine, directeur de l'Institut de haute finance (IHFi). Mais si l'objectif est aussi de les forcer à prêter, l'Etat n'a pas de réel pouvoir de s'assurer que les sommes injectées ne s'évaporent et financent bonus et dividendes. "

La garantie des dettes des banques. Les Etats ont par ailleurs proposé de garantir les prêts sur le marché interbancaire. Les sommes n'étant déboursées qu'en cas de défaut, un Etat peut s'engager sur des montants colossaux (320 milliards d'euros en France) espérant que, sauf catastrophe, seule une faible partie sera dépensée. Mais ces plans " ne peuvent être que temporaires ", souligne Gilles Moëc, économiste chez Bank of America. Surtout, par leur ampleur, ils " risquent de faire peser un risque de crédibilité des Etats, de banqueroute ", juge Augustin Landier.

Claire Gatinois

© Le Monde

06.01.2009

Des candidats socialistes en position éligible aux élections européennes

http://www.mediapart.fr/club/blog/robert-cessac-baie-de-s...

1 - Contre les parachutages et pour une vraie représentation régionale d'acteurs actifs

On peut critiquer le découpage régional actuel mais il existe et les candidats doivent d'abord être actifs et présents dans la région qu'ils sont censés représenter et non des parachutés correspondants à des équilibres de courant au plan national.

Il est indispensable d'avoir une vraie présence, une activité visible, au plan régional.
Il faut arrêter cette lamentable habitude de ces "parisiens" se transformant en provinciaux à la veille de chaque élection.

Comme si, en France, les territoires (hors Ile-de-France), soit plus de 54 millions (sur 64 millions de Français), n'avaient pas la capacité de générer des ressources humaines suffisantes et devraient être "aidés" par des parachutages. Les régions sont suffisamment grandes pour permettre d'y trouver ce qu'on veut y trouver. Ce ne sont plus des "terres de mission".

 

2 - Contre les lots de consolation aux battus des derniers scrutins

Les candidats eurodéputés devraient s'engager à ne pas abandonner leur mandat européen pour un siège national à l'Assemblée ou au Sénat. Pour bien montrer l'importance qu'ils attachent à leur candidature et à la composante européenne.


C'est un mandat important pour lequel ils sont volontaires pour représenter les socialistes et leur région ; Ce n'est pas un strapontin en attendant mieux.

 

3 - Pour le renouvellement de la représentation des candidats PS

L'objectif des listes régionales aux élections européennes et notamment du choix des candidats en position éligible est bien de favoriser le renouvellement de la représentation du PS en permettant l'accès à ces mandats à

- des candidats de classes d'âge,

- de catégories socioprofessionnelles (employés, ouvriers, salariés,…)

- ou de secteurs d'activité,

- etc.

sous-représentés parmi nos élus nationaux (députés et sénateurs). Il en est de même pour les dites minorités visibles (ou représentants de la diversité).

Pour la parité, pas de problème : elle est obligatoire et les listes doivent comporter une stricte alternance entre hommes et femmes.

C'est effectivement dans le choix des candidats en position éligibles que le PS pourrait manifester clairement et indubitablement ses choix et ses principes.

 

 

 4 - Pour donner une priorité aux eurodéputés actifs

Naturellement, il y a aura discussion sur la définition du critère activité : participation aux séances, aux travaux en commissions, rédactions de rapports, prises de parole, compte-rendu de mandat en région, etc.

Peu importe car accepter le principe est déjà une étape et cela permettrait de préparer un travail d'évaluation de la « prestation » de l'eurodéputé.

Sauf cas particuliers (thèmes très pointus demandant une expertise spécifique et une vraie spécialisation sur le moyen terme), il serait souhaitable de faire "tourner" les représentants au Parlement européen afin de ne pas en faire une "caste" de professionnels de l'Europe et des problèmes européens.

Le pourcentage de 40% de nouveaux élus (donc de candidats en position éligible) semble un objectif minimum comme c'est le cas pour les instances dirigeantes du PS. Ce qui est valable et statutaire pour nos instance, peut aussi l'être pour "nos" représentants...

Ce pourcentage serait d'ailleurs à imposer comme objectif à atteindre pour toutes les élections.

Ce serait aussi une manière de compléter l'angle toujours visé ( ?) mais jamais atteint du "non-cumul des mandats" et de la professionnalisation du métier d'élu.

  

La rénovation c'est aussi et d'abord cela.

Naturellement dans le cas des européennes, on peut (on doit ?) aussi mettre en œuvre la représentation proportionnelle des courants en fonction des résultats nationaux des motions.

Mais cette "clé de répartition" ne doit être utilisée qu'après avoir pris en compte les suggestions indiqués ci-dessus. Cet « équilibre » peut être recherché soit au plan régional, soit au plan national.

 

5 - Les places non éligibles

Pour les places non éligibles, il serait souhaitable d'en profiter pour traduire des symboles forts à travers des candidatures de « témoignages ».

Nombre de « hiérarques », de « dirigeants », de personnalités du PS ou proches du PS, n'ont nul besoin d'une tribune au parlement européen pour se faire entendre, ayant, comme chacun sait, une expérience indubitable et des propositions novatrices toujours dignes d'intérêt. Pour les médias comme pour les Français.

Ils trouveraient alors naturellement leur place dans ces listes à des positions non éligibles. Et ils pourraient mener activement des campagnes sur des thèmes précis qui leur sont chers. Ainsi ils apporteraient encore énormément au PS avec une abnégation certaine. Ce qui leur donnerait encore plus de valeur et de panache.

 

Après la prise en compte de ces simples suggestions, il serait plus facile, naturellement, de passer au choix des dits candidats. En tenant compte de la marge d'erreur pour les positions éligibles non certaines ou les positions non éligibles toujours possibles....

 

Naturellement, ces suggestions pourraient aussi être reprises par d'autres organisations politiques.

 

 

 

03.01.2009

PS, digérer le vinaigre de Reims

LE MONDE | 03.01.09 

 

Le  Parti socialiste a terminé l'année 2008 avec une nouvelle direction, mais sans avoir surmonté ses divisions. Peut-il, malgré tout, se rénover ?

 

 Alain Bergounioux (historien).

 

L'enjeu majeur des prochains mois est de le stabiliser. Si on reste dans des stratégies d'empêchement, la rénovation ne se fera pas. Or elle est indispensable. Le PS a connu ces dernières années une période de "dépolitisation" qui l'a rendu vulnérable par rapport à la droite et par rapport à l'extrême gauche. Il doit refaire de la stratégie, échapper à la contradiction qui le fait osciller entre des postures idéologiques et une gestion pragmatique. Je reconnais que c'était plus simple du temps de François Mitterrand : il y avait des rapports de force établis, des motions homogènes, des militants plutôt légitimistes. Aujourd'hui, tout est beaucoup plus compliqué. C'est pour cela qu'il faut refaire avant tout de la politique...

 

 Gérard Grunberg (politologue).

 

La situation du PS me paraît grave et son avenir incertain. Le "duel des dames" qui se joue entre Martine Aubry et Ségolène Royal peut conduire, s'il n'est pas maîtrisé, à un affaiblissement réel de ce parti, voire, à terme, à son implosion. C'est l'élection présidentielle qui mine le PS. S'il refuse de résoudre sereinement la question de la présidentialisation, de sa logique et de ses contraintes, il peut décliner. Il doit se donner toutes les chances d'être présent au second tour de la prochaine élection présidentielle. S'il n'en fait pas son objectif premier, c'est sa survie même comme grand parti de gouvernement qui sera menacée.

 

 

 Quelles leçons tirez-vous du congrès de Reims qui s'est tenu en novembre 2008 ?

 

A. B. Historiquement, ce congrès n'a pas vraiment d'équivalent. Comme à Rennes en 1990, aucune motion n'était majoritaire. Mais la grande différence c'est que, depuis 1995, le premier secrétaire est élu par l'ensemble des militants : si aucune majorité ne se dégage au congrès, c'est son élection qui devient le vote-clé. La logique de la présidentialisation a modifié les pratiques et les représentations du parti.

 

G. G. Ce congrès a fait éclater la contradiction entre les deux logiques à l'oeuvre dans le parti depuis sa création à Epinay en juin 1971. D'un côté, le principe de la représentation proportionnelle des motions dans les instances dirigeantes et de la délibération collective pour définir la ligne politique. De l'autre, le principe de l'élection directe du leader par l'ensemble des adhérents dans une logique majoritaire empruntée au mode de scrutin présidentiel français. C'est ce système qui, s'appliquant pour la première fois dans toute son ampleur, a explosé à Reims. Compte tenu de la personnalisation croissante de la politique, il n'est plus possible de traiter de la question du leadership une fois seulement que les questions de fond sont résolues. Le congrès a échoué à définir une ligne politique puis à désigner un leader dont la légitimité puisse s'imposer à tous. Cet échec marque la fin du parti d'Epinay. Le PS est écartelé entre deux logiques contradictoires qui ont empêché un nouvel Epinay.

 

Le problème fondamental du PS, c'est son rapport aux institutions de la Ve République ?

 

G. G. C'est évident. Plus les socialistes sont absorbés par la logique de la présidentialisation et plus ils la condamnent. Ils continuent à ne pas assumer d'être un grand parti présidentiel et à refuser les institutions de la Ve République. A Reims, beaucoup voulaient empêcher que le nouveau leader soit un (e) présidentiable. A l'arrivée, ils en ont deux, dont l'opposition va structurer la vie interne du parti dans les années à venir.

 

A. B. La question de la personnalisation ne se pose pas qu'en France. Aucun parti n'échappe à ce phénomène. Aucun ne peut vraiment disjoindre la désignation de son leader de ses orientations de fond. Dans son fonctionnement interne, le PS touche du doigt la contradiction qu'il dénonce dans les institutions de la Ve République. La façon la plus simple de la surmonter serait qu'il désigne, comme le font les grands partis sociaux-démocrates, un leader en début de législature ou de mandat présidentiel et qu'il fasse en sorte que ce leader se présente aux élections. Quitte à en tirer les conséquences s'il échoue.

 

C'est le premier secrétaire qui devrait être, selon vous, le candidat naturel à l'élection présidentielle ?

 

A. B. La théorie selon laquelle il ne faut pas de "présidentiable" à la tête du PS est erronée. La seule question qui vaille est : la désignation de ce leader doit-elle être l'affaire exclusive des militants ou être confiée à un électorat plus large ? C'est une question difficile. La "primaire ouverte" aux sympathisants n'offre pas une garantie de succès, comme on l'a vu en Italie. En outre, elle contribue à diluer le parti alors que dans un régime parlementaire on a besoin de partis forts. Toute la difficulté est d'ouvrir le PS mais de préserver sa force et sa cohésion.

 

G. G. Il y a cependant de fortes raisons de confier à l'ensemble des sympathisants la désignation du candidat à l'élection présidentielle. D'abord et surtout, cette désignation est devenue pour le parti lui-même un enjeu trop lourd à gérer et comporte un risque trop élevé d'implosion de l'organisation. Il a intérêt à la déléguer à un corps électoral beaucoup plus large. En outre, une telle modification faciliterait la mobilisation derrière le candidat désigné et augmenterait sa légitimité. Enfin, comme l'ont montré les primaires américaines, elle peut favoriser l'ouverture du parti et le renouvellement de son cercle dirigeant. Cependant, il faut reconnaître les difficultés et les problèmes posés par une telle modification. Elle heurterait de plein fouet un parti dont la culture et le fonctionnement demeurent parlementaires au sein d'un régime qui lui aussi, malgré les apparences, demeure un régime largement parlementaire.

 

Idéologiquement, la bataille Aubry/Royal est-elle le prolongement de l'opposition, somme toute classique entre la première et la deuxième gauche ?

 

A. B. C'est plus compliqué que cela. Comme à chaque fois que son identité paraît en jeu, le PS se déporte sur sa gauche et renforce sa critique du capitalisme. C'est un réflexe génétique mais, sous l'effet de la crise économique, cette évolution est aussi perceptible dans les autres partis sociaux-démocrates européens. En outre, on ne peut pas dire qu'il y a d'un côté une ligne plus sociale-libérale incarnée par Ségolène Royal et une autre plus à gauche conduite par Martine Aubry. Mme Royal a mélangé les registres, elle a peu repris les thèmes de sa campagne présidentielle, elle a mené une critique radicale du comportement des banques. Mme Aubry et ses alliés ont davantage insisté sur les valeurs de la gauche. Mais les principales motions du congrès de Reims ne sont pas si incompatibles quand on examine les propositions concrètes. C'est la raison pour laquelle il n'est pas sorti de ce congrès l'impression d'un grand affrontement idéologique. On avait plutôt affaire à un choc de cultures politiques et de personnalités.

 

G. G. Reims me fait cependant penser au congrès de Metz, en 1979. Certes, le clivage central n'est pas cette fois-ci de nature économique. Mais dans l'un et l'autre cas, la majorité du parti, pour battre politiquement sa minorité - hier rocardienne, aujourd'hui royaliste, hier sur l'économie de marché, aujourd'hui sur l'évolution du parti et les alliances -, a adopté des positions très clivantes qui peuvent gêner soit la conquête du pouvoir, soit son exercice.

 

Que traduit l'échec de Bertrand Delanoë ?

 

G. G. Il a été pris à contre-pied par la crise. Les mêmes qui, au PS, s'étaient ralliés au réformisme contenu dans la déclaration de principes du parti ont radicalisé leur discours. Lorsque Martine Aubry dit "il faut changer le système", on sent bien que ce parti a toujours un problème pour définir son rapport au capitalisme. Il a du mal à redéfinir son projet européen. Il ne parvient pas à penser la mondialisation de manière équilibrée. Il privilégie trop souvent les distinctions manichéennes.

 

 

A. B. Il est vrai que l'anti-libéralisme sert souvent de pensée facile au PS. C'est regrettable, car cela lui interdit de penser une réalité plus complexe. Contrairement à ce qu'il dit souvent, la droite française n'est pas que libérale.

 

S'unir ou non avec le centre, la querelle entre Royal et Aubry sur les alliances est-elle réelle ou montée de toutes pièces ?

 

A. B. C'est une question identitaire : le PS, à Epinay, s'est fondé sur l'idée du rassemblement de la gauche contre la droite. En même temps, le sujet prend des contours nouveaux, car les alliés traditionnels des socialistes sont affaiblis. Ils ne suffisent plus à faire une majorité. C'est cette question que le parti ne parvient pas à aborder de façon rationnelle. Il est tiraillé entre son "hyper-idéologie" au niveau national et son "hyper-pragmatisme" sur le terrain.

 

 

 

G. G. Paradoxalement, ce parti qui se veut parlementariste ne s'est jamais posé la question des alliances dans une optique parlementaire. Pour lui, la conception des alliances est idéologique plus que politique : il s'agit de réunifier la gauche plutôt que de trouver une majorité au Parlement. Ainsi, le rapport au PCF n'a jamais été conçu par les socialistes - à l'exception de François Mitterrand... - d'abord comme une alliance. C'était avant tout le moyen de réunifier la classe ouvrière, comme disait Léon Blum, d'effacer le congrès de Tours de 1920 qui avait vu la scission du Parti socialiste. Aujourd'hui encore, lorsque le PS appelle au rassemblement de toute la gauche et au rejet de l'alliance avec le MoDem, il agit au nom d'une vision plus idéologique que politique.

 

Propos recueillis par Françoise Fressoz et Jean-Michel Normand

Quatre figures socialistes se détachent pour incarner l'alternative

LE MONDE | 03.01.09 | 14h04  

 

En portant à sa tête Martine Aubry, le Parti socialiste s'est doté d'une première secrétaire mais il n'a pas encore réglé la question de son incarnation dans l'opinion. En particulier dans la perspective de l'élection présidentielle de 2012.

 

 

A travers les sondages, quatre dirigeants socialistes se dégagent nettement ; deux femmes (Martine Aubry, Ségolène Royal) et deux hommes (Bertrand Delanoë, Dominique Strauss-Kahn). "Les unes et les autres fondent leur popularité sur des registres différents", souligne Jérôme Fourquet, directeur adjoint du département Opinion de l'IFOP. "Rivales directes pour la direction du PS, Martine Aubry et Ségolène Royal se situent dans l'action alors que le maire de Paris et "DSK" s'inscrivent plus en retrait, voire en recours."

 

 

Malgré le climat délétère du congrès de Reims en novembre 2008, la nouvelle première secrétaire enregistre une forte hausse de sa popularité dans les sondages. En un mois, elle a gagné neuf points dans le baromètre Paris Match-IFOP publié dans l'hebdomadaire le 18 décembre, où elle atteint 66 % de bonnes opinions. Elle plafonnait à 20 % en juillet 2006. "Le pays a tellement besoin de se dire qu'il peut exister une alternative face au président de la République, que Martine Aubry ne peut que bénéficier d'un a priori positif", souligne Stéphane Rozès, directeur général de l'Institut CSA.

 

 

Le positionnement "à gauche" de la maire de Lille est notamment confirmé par la bonne opinion dont elle bénéficie auprès de l'électorat communiste. "Martine Aubry s'inscrit dans une logique d'ascension ; elle dispose de six mois pour construire sa crédibilité", estime Brice Teinturier, directeur du département stratégies d'opinion de TNS-Sofres.

 

 

"DÉFICIT DE CRÉDIBILITÉ"

 

 

La percée de la première secrétaire s'est opérée en partie au détriment de Mme Royal, dont la popularité globale a perdu du terrain. Mais elle semble avoir conservé ses positions dans l'électorat socialiste. Appréciée parmi les jeunes et les milieux modestes, impopulaire chez les cadres et les diplômés, la présidente de la région Poitou-Charentes présente des caractéristiques atypiques par rapport au PS. Selon M. Teinturier (Sofres), les chances futures de Mme Royal dépendent "de sa capacité à dépasser son statut d'ancienne candidate à l'élection présidentielle et à remédier à son déficit de crédibilité" face à Mme Aubry qui, ajoute-t-il, "s'est relancée grâce à sa réélection à Lille et son accession à la tête du PS".

 

 

N'ayant pas su s'imposer lors du congrès de Reims, M. Delanoë a reculé dans les sondages mais il demeure la personnalité socialiste la plus appréciée. La popularité du maire de Paris apparaît socialement et géographiquement très homogène. "Pourtant, cette image consensuelle pose problème, car elle manque d'aspérités et de points de fixation", juge M. Fourquet à l'IFOP. "En dépit de sa cote, qui reste forte, le maire de Paris aura du mal à rebondir", considère, de son côté, M. Teinturier.

 

  

 

A l'écart des affres du congrès de Reims, Dominique Strauss-Kahn, directeur général du Fonds monétaire international, conserve une très bonne image dans l'opinion. Diriger une institution phare dans la crise mondiale ne peut que renforcer une image de compétence en matière économique, acquise en tant que ministre des finances pendant une période de croissance.

Les spécialistes des études d'opinion comparent le statut politique de "DSK" à celui de Jacques Delors lorsqu'il présidait l'Union européenne, dans les années 1990. "La densité du soutien dont dispose Dominique Strauss-Kahn n'est pas aussi forte que s'il devait affronter les vicissitudes de la politique nationale. Que se passerait-il s'il revenait en France pour y jouer un rôle actif ?", se demande toutefois M. Rozès.

 

 

M. Teinturier, quant à lui, observe que les principaux soutiens de "DSK" "se trouvent parmi des catégories - les personnes âgées, les sympathisants de droite, les cadres et professions libérales - qui ne votent pas le plus à gauche"...

 

 

Dans une élection présidentielle, résume M. Fourquet, "Martine Aubry et Ségolène Royal apparaissent comme des candidates de premier tour alors que Bertrand Delanoë et DSK semblent plus adaptés pour affronter un second tour".

 

 

Jean-Michel Normand

Article paru dans l'édition du 04.01.09.

 

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