25.12.2008

Noël en Iran...


L’Iran veut battre son record de pendaisons de 2007

281 pendaisons depuis 01.01.2008

25.12.2008

Pour ce 24 décembre, le régime des mollahs avait prévu de frapper fort en exécutant 10 personnes, 9 hommes (dont Mojtaba Abbassi 29 ans, Roshan Samim 25 ans et Behnoud Shodjaï 20 ans), et une femme (identifiée par son prénom Tayebeh). Un des hommes (mais nous ignorons lequel) a été gracié par la famille de sa victime, les 9 autres ont été pendus.

 

Il y a de plus en plus de grâces de ce genre en Iran : la conséquence d’un ras-le-bol populaire des pendaisons.

En revanche, il n’y a jamais de grâce prononcée par les mollahs et en fin d’année, le rythme s’accélère comme si le régime voulait battre son propre record de l’année 2007 de 317 pendaisons, chiffre (partiel) calculé sur des articles parus dans les journaux iraniens.

Jusqu’au 13 décembre, le chiffre pour l’année en cours s’élevait selon notre décompte à 267 condamnés exécutés.

Le 21 décembre, le quotidien Vatan Emrouz a annoncé la pendaison de 5 personnes à Qom. Cela fait donc 14 exécutions en 4 jours et ces 14 dernières pendaisons portent à au moins 281 le nombre d’exécutions dans ce pays depuis le début de l’année.

Cependant, il faut rappeler que du 4 mai date à laquelle le régime a annoncé une pendaison collective de 9 condamnés au 27 juillet date à laquelle le régime a annoncé une pendaison collective de 29 condamnés, pendant 85 jours, les médias ont censuré toute annonce de ce genre, ce qui fausse entièrement le chiffre pour l’année 2008 qui fut celle des pendaisons collectives très médiatisées. L’objectif du régime et de ses médias était évidemment de prétendre à une baisse sensible de nombre des pendaisons.

Il est difficle de prétendre à l’existence d’une certaine démocratie en Iran sachant que bon nombre des exécutés sont des prisonniers politiques.

Il est donc nécessaire de rappeler que le décompte provisoire après ces 14 pendaisons est de 281, chiffre incomplet et incorrect en raison d’une rétention d’infos des sources iraniennes du 4 mai au 27 juillet.

En Iran, plus de 111 délits sont passibles de la peine de mort par pendaison, décapitation, lapidation ou précipitation du haut d’une falaise (peine réservée aux homosexuels).

  • Guerre contre Dieu,
  • trahison,
  • espionnage,
  • meurtre,
  • attaque à main armée,
  • trafic de drogue à partir de plus de cinq kilos d’opium,
  • viol,
  • sodomie répétée,
  • adultère,
  • prostitution,
  • apostasie
  • et dernièrement
    • « troubles à l’ordre public »
    • et diffusion de SMS

          sont passibles de la peine de mort en Iran.

http://www.iran-resist.org/article5036.html

24.12.2008

Premier soutien de Martine Aubry à Julien Dray

PARIS - Martine Aubry a dénoncé mercredi "les atteintes à la présomption d'innocence et au secret de l'instruction" dont Julien Dray a, selon elle, été victime, cinq jours après la révélation dans la presse d'une enquête visant le député socialiste.
Martine Aubry dénonce "les atteintes à la présomption d'innocence et au secret de l'instruction" dont Julien Dray a, selon elle, été victime, cinq jours après la révélation dans la presse d'une enquête visant le député socialiste. Elle compare la situation du député à celle des neuf suspects dans l'affaire du sabotage des lignes TGV, dont deux sont encore en détention. (Reuters/Philippe Wojazer)

"On ne compte plus les atteintes à la présomption d'innocence et au secret de l'instruction comme cela (est) aujourd'hui (le cas) pour Julien Dray", a déclaré le premier secrétaire du Parti Socialiste dans un communiqué.

La nouvelle dirigeante du PS avait gardé le silence depuis vendredi, jour où le journal Le Monde avait révélé l'affaire.

L'enquête préliminaire ouverte par le parquet de Paris porte sur des mouvements de fonds suspects entre les comptes des associations Les Parrains de SOS-Racisme et de la Fidl, ceux de proches de Julien Dray et celui du député socialiste lui-même.

Martine Aubry compare dans un communiqué la situation de Julien Dray à celle des neuf suspects dans l'affaire du sabotage des lignes TGV, dont deux sont encore en détention.

"Je m'inquiète des atteintes aux libertés publiques qui se multiplient dans notre pays, que ce soit la mise sous tutelle de l'audiovisuel ou les dysfonctionnements de la justice", ajoute la maire de Lille.

Elle dénonce également la grâce partielle accordée à l'ancien préfet du Var Jean-Charles Marchiani, l'interpellation "inouïe" de l'ancien directeur de publication du journal Libération Vittorio de Filippis et le développement des peines planchers.

L'Express

Clément Guillou, édité par Jean-Loup Fiévet

Iran : le mystère des missiles russes

 

Delphine Minoui, à Beyrouth
23/12/2008 
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Mahmoud Ahmadinejad et Dimitri Medvedev le 28 août 2008. Crédits photo : ASSOCIATED PRESS

Mahmoud Ahmadinejad et Dimitri Medvedev le 28 août 2008.

Moscou a démenti la livraison de missiles sol-air 300 à Téhéran. Selon l'agence Interfax, ils seraient bel et bien prêts pour la livraison.

La Russie a-t-elle, oui ou non, vendu des missiles à l'Iran ? Dimanche, le vice-président de la commission des affaires étrangères du Parlement iranien annonçait en grande pompe que Moscou venait d'entamer la livraison de missiles sol-air 300 susceptibles d'être utilisés par Téhéran lors d'une attaque israélienne ou américaine. «Après quelques années de pourparlers avec la Russie (…) le système S-300 est aujourd'hui en cours de livraison à l'Iran», a ainsi précisé ouvertement Email Kosari à l'agence de presse iranienne Irna, sans donner de détails sur la date du début de livraison.

Côté russe, les informations qui circulent sont beaucoup plus ambiguës. Officiellement, Moscou nie tout en bloc. L'agence russe en charge de la coopération militaire démentait, dès le lendemain, les affirmations iraniennes. «Les informations sur la livraison à l'Iran de systèmes antiaériens S-300 publiées dans plusieurs médias ne correspondent pas à la réalité», a indiqué le Service fédéral de la coopération militaro-technique dans un communiqué.

En octobre dernier, à la suite d'une visite du premier ministre israélien Ehoud Olmert, le porte-parole du ministère russe des Affaires étrangères, Andreï Nesterenko, avait même affirmé haut et fort que la Russie n'avait «pas l'intention de livrer ces types d'armes à des pays situés dans des régions troublées».

L'inquiétude d'Israël

Et pourtant. L'exportateur d'armes russes Rosobornexport semble plus bavard. «Actuellement, nous livrons uniquement à l'Iran des systèmes de nature défensive, et le matériel antiaérien en fait partie», a indiqué son service de communication à la presse. Cette compagnie officielle s'est néanmoins refusée de dire si les S-300 étaient concernés. Cependant, selon une source militaro-diplomatique citée par l'agence Interfax, ils seraient bel et bien prêts pour la livraison. «Les missiles S-300 s'apprêtent à être transférés à partir des dépôts du ministère de la Défense», aurait informé la source.

Techniquement parlant, ces missiles sol-air sont capables d'atteindre un avion à 30 kilomètres de hauteur. D'après les médias israéliens, l'État hébreu s'inquiète d'un déploiement de tels armements qui gênerait considérablement une éventuelle opération de l'aviation israélienne contre les sites nucléaires iraniens, accusés d'être développés à des fins militaires. Selon le spécialiste du Moyen-Orient Meir Javedanfar, Israël et l'Amérique craignent, en fait, que cet arsenal ne joue en faveur de l'entêtement iranien à ne pas céder sur ses ambitions nucléaires. «S'il les voit fragilisés économiquement, et maintenant militairement, l'ayatollah Khamenei sera moins enclin à accepter les offres de discussions que pourrait faire Obama», remarque-t-il.

Au cas où cette livraison de Moscou à l'Iran se confirme, elle ne fera que prouver, selon les experts, le renforcement de l'influence russe au Moyen-Orient qui vise à contrecarrer les ambitions régionales américaines. En 2007, la Russie avait déjà fourni à Téhéran 29 systèmes de défense antiaérienne TOR-M1, moins sophistiqués que les S-300 pour une valeur estimée à 700 millions de dollars. Les Russes sont également en charge, depuis de nombreuses années, de la construction des réacteurs de la centrale nucléaire de Bouchehr.

La semaine dernière, la Russie annonçait aussi qu'elle envisageait d'offrir dix chasseurs MIG 29 à l'armée libanaise. Une aide technico-militaire perçue comme un pied de nez à Washington, qui refuse de livrer des armes à un pays pouvant menacer Israël.

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23.12.2008

La dépense publique au plus haut depuis 1997


Cécile Crouzel
23/12/2008 
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INFO LE FIGARO - Contre-coup du plan de relance : en 2009, les dépenses de l'État, de la Sécu et des collectivités locales réunies devraient grimper à 53,5 % du PIB.

 

Les dépenses publiques repartent très nettement à la hausse en France. Cette nouvelle se cache dans les toutes dernières pages du programme de stabilité pour les années 2009 à 2012, un document que Bercy est sur le point d'envoyer à Bruxelles, comme chaque année, pour détailler ses prévisions de finances publiques. En 2008, les dépenses de l'État, de la Sécu et des collectivités locales réunies vont absorber 52,7 % du PIB français, contre 52,4 % en 2007. En 2009, le taux grimpera à 53,5 %, un niveau frôlé en 2005 et jamais dépassé depuis 1997. C'est le contre-effet du plan de relance, qui donne un coup d'accélérateur à l'investissement public. Bercy table ensuite sur un retour à la «normale», avec un taux de 51,3 % en 2012. Mais a priori la France ne devrait pas perdre sa couronne de champion du monde de la dépense publique, un titre qu'elle a ravi à la Suède en 2007…

Grâce aux mesures de relance axées sur le remboursement plus rapide des impôts aux entreprises, les prélèvements obligatoires vont tomber à 42,9 % du PIB en 2009. Mais cette baisse sera de courte durée. Dès 2010, les prélèvements vont revenir au niveau de 2008, soit 43,2 % du PIB. Quant à la dette publique, elle culminera à 69,4 % du PIB en 2010.

22.12.2008

RÉACTIONS AUX RUMEURS D'ARRIVÉE DE RESPONSABLES SOCIALISTES AU GOUVERNEMENT


Ouverture : au PS, on surveille du coin de l'oeil les personnalités susceptibles d'être sollicitées



LA POLITIQUE de " l'ouverture ", vue du Parti socialiste, c'est une sorte d'alarme qui se déclenche à intervalles réguliers et provoque un certain stress, même si personne ne s'en inquiète plus vraiment. Les rumeurs lancées le 17 décembre autour de l'arrivée au gouvernement de Malek Boutih, figure de " la diversité " au sein du PS, voire d'autres responsables socialistes, sont ainsi accueillies avec une résignation presque amusée.

" On me voit régulièrement accéder à des responsabilités diverses, voire improbables. C'est assez drolatique et j'accueille désormais cela avec bonne humeur ", s'amuse Jack Lang. Au passage, l'ancien ministre de la culture observe non sans une certaine satisfaction que, depuis sa décision de voter la réforme constitutionnelle, en juillet, " les choses se sont calmées " à son égard au sein du PS. Pour Manuel Valls, qui rappelle " avoir été sollicité en juin 2007 et avoir clairement répondu par la négative ", la ficelle de l'ouverture est devenue très grosse. " Comme toujours, il s'agit d'accréditer l'idée selon laquelle Nicolas Sarkozy est un homme ouvert, alors qu'à l'opposé le PS est devenu sectaire. Mais l'opération tourne à vide. La preuve : ce sont toujours les mêmes noms qui circulent ", souligne le député de l'Essonne. Pour autant, M. Valls admet que les alertes récurrentes à l'ouverture " font quand même du mal au PS ".

Claude Bartolone manie la métaphore halieutique. " Franchement, je ne crois pas que Nicolas Sarkozy puisse à l'avenir ramener de belles prises socialistes dans ses filets ", assure le nouveau secrétaire national aux relations extérieures. " En vérité, l'intérêt du président de la République n'est pas tant de réussir ces tentatives de débauchage que d'entretenir le sentiment qu'elles peuvent avoir lieu et que l'on peut envisager d'effeuiller le PS comme une marguerite ", ajoute le président du conseil général de Seine-Saint-Denis. Selon lui, " l'objectif est d'installer l'idée qu'il ne peut pas exister de contre-projet face au gouvernement, surtout dans un contexte où se met en place la nouvelle direction du Parti socialiste ".


" LAISSER DIRE "


Régulièrement cité à l'UMP comme susceptible de rallier l'exécutif, André Vallini certifie qu'il n'a " pas été approché ". Pour le reste, il préfère " laisser dire ". Spécialiste des questions judiciaires, le député de l'Isère reconnaît cependant que l'idée " d'un gouvernement des meilleurs, au-dessus des partis, séduit une partie de l'opinion, en particulier des gens qui ne se situent pas clairement à gauche ou à droite ". " Pour Sarkozy, c'est tout bénéfice ", soupire M. Vallini.

Même s'ils affirment être devenus très sereins, la plupart des dirigeants socialistes surveillent tout de même du coin de l'oeil et avec un brin d'inquiétude quelques leaders susceptibles de faire l'objet de propositions venues du camp adverse. D'autant que les sollicitations au titre de l'ouverture peuvent prendre de multiples formes : de la mission ponctuelle à titre individuel ou dans le cadre du travail collectif d'une commission à l'entrée en grande pompe au gouvernement. Comment tracer la frontière entre les fonctions que l'on peut raisonnablement accepter et celles qui risquent de vous faire basculer dans le camp de " l'ouverture " ?

" Il n'est pas impossible que Jack Lang ou Michel Rocard répondent favorablement, mais à condition qu'il s'agisse d'une fonction à dominante technique. Mais pour d'autres personnalités, on ne sait pas trop... ", estime un membre de la direction nationale.

Le cas de M. Boutih illustre la difficulté de gérer ce caillou dans la chaussure auquel ressemble l'ouverture. Dans un entretien au Journal du dimanche, M. Boutih réaffirme sa volonté de demeurer au PS dont il dit avoir " l'ambition de devenir l'un des principaux dirigeants ". Il admet néanmoins qu'il se verrait volontiers présider la Haute Autorité de lutte contre les discriminations et pour l'égalité (Halde).

 

La fonction est actuellement occupée par Louis Schweitzer, qui avait été désigné en mars 2005 pour un mandat de cinq ans. La présidence de la Halde " m'intéresse et je l'ai fait savoir ; le président veut des nominations à des postes importants, je le prends au mot ", déclare M. Boutih, qui qualifie de " grand discours " l'intervention de M. Sarkozy sur la diversité.

Jean-Michel Normand

© Le Monde

A Téhéran, la police ferme l'ONG animée par Shirin Ebadi

IRAN DROITS DE L'HOMME



LES EXPLICATIONS ne sont venues que beaucoup plus tard. Dimanche après-midi 21 décembre, des dizaines de policiers et d'agents en civil ont fait irruption au Centre des défenseurs des droits de l'homme (CDDH), une ONG créée en 2002 à Téhéran, par le Prix Nobel de la paix Shirin Ebadi et cinq autres avocats iraniens qui défendent depuis des années, gratuitement, les prisonniers politiques.

Près de 300 invités étaient attendus dans les locaux pour la remise d'un prix à un militant des droits de l'homme. La police a fait évacuer, apposant des scellés plombés sur l'entrée. Dans la soirée, les autorités judiciaires ont justifié cette fermeture en accusant le centre de se livrer à des " activités illégales ", ainsi que l'a précisé l'agence de presse Mehr.

Shirin Ebadi, qui n'était pas présente lors de l'intervention policière, a condamné cette action, annonçant que le centre portera plainte. Le Prix Nobel de la paix tiendra également une conférence de presse mardi.

Pourquoi cette brusque fermeture d'un centre qui publie régulièrement des rapports sur la situation en Iran ? " Parce que, dans le contexte actuel de répression, il est devenu la seule voie de recours pour protester contre les arrestations et toutes les exactions ", nous a confié à Paris, Karim Lahidji, avocat proche de Shirin Ebadi et président de la Ligue de défense des droits de l'homme en Iran (LDDHI). " L'Iran, ajoutait M. Lahidji, a atteint un record d'exécutions, pratiquement une par jour, y compris de mineurs et de simples d'esprit. Les minorités - notamment les Baha'is, dont les chefs sont détenus depuis dix mois - , les étudiants, les politiciens indépendants : personne n'y échappe. "

Selon M. Lahidji, " toute tentative d'ouverture est réprimée : la campagne de récolte de signatures des femmes pour l'égalité a conduit à la condamnation de 42 d'entre elles. Des dizaines de journaux ont été fermés. Et ce pourquoi ? Parce qu'ils dénonçaient une crise économique qui a fait des millions de nécessiteux et la progression de l'usage de la drogue, qui frapperait 20 % de la population. Mais la pauvreté et la drogue sont aussi des atteintes aux droits de l'homme ".

Shirin Ebadi elle-même est sous pression constante depuis des mois, selon ses proches. Outre les coups de téléphone anonymes de menaces, à plusieurs reprises le ministère des renseignements lui aurait demandé avec insistance de fermer les bureaux du CDDH. Ce qui aurait précipité l'intervention policière, estime M. Lahidji, serait la dénonciation en règle de la situation des droits de l'homme en Iran effectuée devant l'Assemblée générale des Nations unies à New York le 18 décembre. Dénonciation basée sur un rapport du secrétaire général, Ban Ki-moon, qui lui même reprenait des rapports fournis par le centre de Shirin Ebadi.

Marie-Claude Decamps

© Le Monde

Bianco : "Être les meilleurs 'proposeurs' d'idées du PS"

LA PROVENCE - Publié le lundi 22 décembre 2008 à 07H55

 

Le président du Conseil général des Alpes-de-Haute-Provence, Jean-Louis Bianco, ne veut pas d'une guérilla au sein du PS.

Il fait partie des proches de Ségolène Royal et demeure l'un de ses plus fidèles soutiens. Député et président du Conseil général des Alpes-de-Haute-Provence, Jean-Louis Bianco est à la tête d'un "sous-groupe" PS d'une quarantaine de députés à l'Assemblée nationale défendant l'action de l'ex-candidate à la tête du PS. Mis en ordre de marche depuis le début du mois de décembre, le mouvement souhaite faire entendre sa voix dans la bataille des idées après la guerre qui a fait rage au sein du PS. Et peser de tout son poids lors des prochains grands rendez-vous électoraux.

- Vous avez réuni autour de vous des personnalités proches de Ségolène Royal à l'Assemblée nationale. Quel est votre objectif ?

Nous organisons notre travail pour être utiles au Parti socialiste. Nous ne nous considérons pas comme un courant interne. Et nous ne sommes pas dans l'opposition à Martine Aubry, bien qu'elle n'ait pas fait ce qu'il fallait faire pour oeuvrer au rassemblement. Mais nous souhaitons, partout où on le pourra, faire vivre le parti comme nous souhaiterions qu'il vive.

- Que voulez-vous dire ?
C'est-à-dire avec des adhésions à 20 euros, avec des campagnes d'adhésion, des universités populaires ouvertes à des personnes venues de l'extérieur comme des syndicalistes ou des chefs d'entreprises. Notre projet consiste aussi à faire émerger des projets pour qu'ensemble, on soit capables d'offrir une vraie alternative aux Français.

- Comment avez-vous vécu l'élection de Martine Aubry à la tête du PS et la constitution de son équipe ?
J'ai été très choqué par des méthodes d'un autre âge. Quand on prétend pouvoir rassembler, on ne vous envoie pas un texte sur lequel on n'a pas travaillé. Ce texte était, en plus, d'une qualité très médiocre. On a fait savoir à Martine Aubry les points sur lesquels nous souhaitions une rénovation. Au final, elle n'a rien repris. Au conseil national du lendemain, nous avions présenté quelques amendements très simples. On nous a demandé de voter, globalement et à main levée, ce qui est une aberration, un procédé détestable. Charles Fiterman a dit que ça lui rappelait le PC de l'époque stalinienne. Mais bon, c'est comme ça. On ne veut pas aller vers une guérilla mais être constructifs.

- Le fait de ne pas être à la direction du PS va compliquer votre travail ?
Non. Nous aurions préféré être rassemblés tous ensemble. Le travail sera facile à faire si nous sommes écoutés et si nous tirons tous dans le même sens.

- Ségolène Royal ou vous-même avez été tentés de quitter le Parti socialiste ?
Non, pas du tout. Depuis longtemps, nous répétons que la vraie force à faire évoluer, c'est le Parti socialiste. Et c'est ce à quoi nous allons encore travailler.

- Vous voulez relancer l'association Désirs d'avenir, qui structure le réseau des sympathisants de Royal, et qui est implanté un peu partout sur le territoire ?

Oui, car c'est un sas, un lieu où se réunissent des gens proches de nos idées mais qui, pour beaucoup, ne souhaitent pas forcément adhérer au Parti socialiste. C'est aussi une manière de retenir des militants qui ont été très choqués par les conditions discutables dans lesquelles le vote s'est déroulé au PS. Nous avons à Désirs d'avenir 10000 militants qui sont remarquables et qui ont beaucoup de compétences.

- C'est un outil important pour la reconstruction du PS ?
C'est un outil important pour la reconstruction idéologique. Pour le PS, on verra. Il faut d'abord que nous menions ensemble des combats difficiles, sur les élections européennes, sur les régionales; que nous reconstruisions une belle identité sur la notion de socialistes du XXIe siècle. Savoir quelle Europe on veut. Je suis convaincu que le sens du vote, environ les 50%, montre une aspiration au changement. Et que ce changement se produira petit à petit. En tout cas, il me paraît inarrêtable.

- La route est quand même longue jusqu'à la prochaine échéance présidentielle ?
La route est longue. Et ce n'est pas que l'objectif de Ségolène Royal, c'est aussi notre objectif commun. Il peut se passer beaucoup de choses d'ici là. Pour le moment, nous avons envie d'être les meilleurs militants possibles, les meilleurs "proposeurs" d'idées. Et de remporter quelques batailles.

 

Par Philippe Faner

20.12.2008

Martine Aubry fête sa victoire devant les militants du Nord

 

Par Tristan Berteloot, publié le 20/12/2008 10:41 - mis à jour le 20/12/2008 11:30

Quelques centaines de socialistes ont répondu présent à l'invitation de Gilles Pargneaux, premier secrétaire de la fédération socialiste du Nord, pour venir fêter ce vendredi à Lille la victoire de Martine Aubry à la tête du PS. LEXPRESS.fr s'est invité à la soirée.

C'est dans la salle du Tri Postal, dans ce lieu ouvrier si cher à la maire de Lille Martine Aubry, que les militants socialistes du Nord ont été accueillis pour fêter avec elle sa victoire à la tête du PS.

Quelques centaines de militants, maires de communes et sympathisants ont fait le déplacement pour féliciter ce succès historique, celui de la "Première femme", ou plutôt la "Première femme du Nord, à devenir premier secrétaire du Parti socialiste".

Dans la salle, aménagée pour l'occasion, les invités s'impatientent un peu devant leur verre, malgré les musiciens. La voilà qui arrive, tout sourire, suivie de près par Pierre Mauroy, qui ne pouvait pas manquer la fête, lui qui a été maire de Lille de 1973 à 2001, juste avant elle, et "premier" Premier ministre socialiste de l'histoire de la Vème République, dans le gouvernement de François Mitterrand. Tout un symbole. Elle est acclamée, embrassée. Ici Martine Aubry est chez elle.

Dans la capitale des Flandes, plus de 60% des militants l'ont plébiscitée lors de l'élection interne au PS. C'est d'ailleurs là qu'elle a fait la différence face à Ségolène Royal. Voilà pourquoi le premier secrétaire de la puissante Fédération du Nord, Gilles Pargneaux, a voulu absolument "Remercier ceux sans qui la victoire n'aurait jamais été possible", les invitant à cette "soirée conviviale".

"Les socialistes sont de retour"

Exit les recomptages, accusations de tricherie et autres divisions internes, le "congrès de Reims, c'est fini", et ici on ne parle que d'unité et d'avenir. D'ailleurs, comme le souligne Pierre Mauroy, "si on a autant débattu ces derniers temps au sein du PS, c'est parce que c'est le parti le plus démocratique de France!". Qu'on ne s'attende pas, donc, à entendre parler de la perquisition au domicile du royaliste Julien Dray, dans la matinée. À part quelques militants croisés ici ou là, pour qui "cette affaire sent la manipulation politique", on est venu avant tout pour faire la fête.

"C'est le retour de la gauche joyeuse et fière de ses valeurs!", lance Martine Aubry à une foule conquise, avant d'ajouter, rassurante: "Un congrès, ce n'est pas une bagarre, on travaille ensemble, et c'est comme ça que nous réapparaîtrons en janvier devant les Français. Ensemble, et nous devons être 100% des socialistes".

Car Martine Aubry le concède, même si "cette année a été épuisante", en janvier, "il va falloir se remettre au travail pour contrer la politique de Nicolas Sarkozy". Martelant que "les socialistes sont de retour", pour répondre à la comédienne Josiane Balasko, qui se demandait à l'automne 2007 "où [étaient] les mecs du PS", lors d'une manifestation en soutien aux mal-logés, la première secrétaire a tenu a souligner que la nouvelle direction du Parti, "renouvelée aux 2/3, et composée à 45% de moins de 35 ans, dont 20% issus de l'immigration, [était] aux couleurs de la France".

Citant le chef de l'Etat espagnol José Luis Zapatero, saluant la politique économique du Premier ministre britannique Gordon Brown "Qui a augmenté les impôts des plus riches", la dame des 35 heures a tenu à rappeler que son parti serait "tourné vers l'Europe".

Enfin, c'est en soulignant "le travail accompli par les militants" que Martine Aubry termine sa prosopopée un bouquet de roses à la main, avant de lancer, sous les acclamations: "Merci mes camarades, c'est grâce à vous que je suis là!"

  

19.12.2008

Taxes locales des 17 communes du canton de RUE

Tableaux comparatifs des 17 communes du canton de RUE.

Pour les télécharger, cliquez ici.

Fourni par "Vivre à rue" :

Mélancolie du dimanche

20 décembre 2008
Animal métaphysique, l'homme a besoin de vacuité pour refléchir à l'essentiel




On ne doute pas que le chanoine de Latran ait fort goûté les propos tenus par Benoît XVI au Collège des Bernardins sur la dignité du travail humain. Il est même possible qu'ils l'aient enthousiasmé.

Le moment est peut-être venu de rappeler d'autres paroles papales, que le président de la République française eût moins goûtées si d'aventure il les eût entendues : " Il est indispensable que l'homme ne se laisse pas asservir par le travail, qu'il n'en fasse pas une idole, prétendant trouver en lui le sens ultime de sa vie. C'est dans le jour consacré à Dieu que l'homme comprend le sens de son existence ainsi que son travail. " Ces propos, rappelés par le cardinal Barbarin (Le Monde du 3 décembre), nous semblent fort bien marquer les limites du " travailler plus pour gagner plus ", Philippe Barbarin rappelant également que l'argent rend fou.

On ne suivra pas forcément le primat des Gaules dans son invitation à faire du dimanche une journée consacrée et à Dieu et à la famille ; mais on réclamera que dans la vie des hommes il y ait place pour la vacuité, et même pour cette mélancolie qui vient le dimanche après-midi à qui vit loin de tout commerce ouvert. De cette mélancolie des dimanches angoisseux de novembre ou de février, nous ne ferons certes pas tous l'occasion d'une méditation pascalienne sur la vie et la mort, ni ne saurons la transformer en beauté comme Schubert ou Nerval. Il n'empêche que ces moments auront appris à chacun que le " divertissement " dont parle Pascal et dont font partie certains de nos travaux n'est pas le tout de la vie, et que l'affairement n'est pas bonne manière de vivre.

En d'autres termes, il y a dans le fait de ne pas travailler le dimanche l'occasion pour l'homme de se rappeler qu'il est, comme l'ont dit bien des philosophes, un animal métaphysique. Pourquoi vouloir le priver de pareille occasion, et l'inviter à dix nouvelles occasions à se fuir lui-même, attiré par les lumières d'une ville que son pouvoir d'achat le fera plutôt traverser en promeneur qu'en consommateur ?

On pourra dire que la pauvreté est une gêne qui fait de la métaphysique un luxe, et il est vrai que les anciens avaient bien raison de dire que " primum vivere, deinde philosopharum " (qu'il faut d'abord vivre, ensuite philosopher). On pourra même aisément disqualifier notre propos, comme émanant de qui est suffisamment à l'aise pour pouvoir ne pas travailler le dimanche.

Et il est vrai que si certains anciens avaient le loisir (otium) de philosopher, c'était dans la mesure où les esclaves et les pérégrins le leur permettaient, en assurant leur subsistance. A cette époque, la valeur positive était l'otium (qu'on traduit aujourd'hui par disponibilité à l'essentiel plutôt que par loisir en raison de la récupération du loisir par l'industrie des loisirs) et le travail une valeur négative, l'affaire des esclaves et des pérégrins. L'activité de ces derniers ? Le negotium, l'activité de ceux qui n'ont pas la chance de pouvoir pratiquer l'otium, qui n'ont pas de ce fait le loisir d'être disponibles à l'essentiel.

On ne veut en rien revenir à pareille époque ! Entre-temps il y eut la réhabilitation chrétienne du travail et l'abolition des privilèges. La réhabilitation chrétienne du travail par la formule ora et labora (prie et travaille), qui ne fait pas de la prière et du travail deux activités forcément antinomiques, mais suggère que le travail peut être une manière de prière, notamment lorsqu'il est manière de faire fructifier les oeuvres du seigneur ; et l'abolition des privilèges, qui n'est pas le fait de la seule nuit révolutionnaire que l'on sait, mais le résultat de cet irrésistible processus d'égalisation des conditions repéré par Tocqueville.

De cette réhabilitation comme de cette abolition, comment ne pas se réjouir ? Le rappel des temps où les hommes ne travaillaient pas tous était cependant pour nous manière de suggérer que le travail ne doit pas prendre toute la place, et qu'il n'y a pas de raison que " la vie ne soit plus que l'annexe du travail ", selon la formule d'un autre chanoine de Latran, François Mitterrand. Qui par là nous semble meilleur chanoine que son actuel successeur.

Le chef d'Etat d'un pays laïque n'a pas de leçon à recevoir d'un homme d'Eglise comme le cardinal Barbarin ? Certes. Sauf s'il fait de son titre de chanoine de Latran tout autre chose que ses prédécesseurs, à savoir l'occasion de se dire avec ostentation chrétien. Car il est pour le moins étonnant de se proclamer chrétien, et de vouloir que les hommes travaillent le dimanche ; pour le moins étonnant de se proclamer chrétien, et de ne manifester après un meurtre aucune compassion pour la famille du bourreau mais seulement pour celle de la victime, et pour le moins étonnant de se proclamer chrétien, et d'affirmer que l'on naît pédophile.

On se rappelle le film de Mocky où Bourvil, noble qui refuse de travailler parce que ce serait indigne de sa condition, et de ce fait s'enfonce dans la pauvreté et même dans la misère, devient par un étrange chemin de la providence pilleur de troncs et retrouve par là son aisance de jadis : Drôle de paroissien ! Mais celui qui invite ces concitoyens à " travailler plus pour gagner plus " n'est pas un paroissien moins étonnant.

Parce qu'à terme vouloir que les Français puissent travailler d'autres dimanches que les derniers avant Noël, c'est diminuer encore le nombre de ces indispensables moments de vacuité, où un homme peut se retrouver face à lui-même. Pour aller à la messe et pour s'occuper de sa famille, dira le cardinal. Mais on le redit : même celui qui n'ira pas à la messe a besoin de ces moments ; parce que la mélancolie qu'il ressentira alors aura au moins cette vertu de lui faire réaliser qu'il n'est pas qu'un " animal laborans ", selon la formule d'Hannah Arendt, mais aussi un " animal métaphysique " ; et, partant, un animal religieux. L'activisme de l'actuel président a sans doute bien des vertus ; il serait dommage qu'il l'empêche d'en trouver à la mélancolie du dimanche après-midi.

Eric Fiat

 

 

Philosophe, maître de conférences à l'université Paris-Est-Marne-la-Vallée

 

© Le Monde

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