16.12.2008
La nouvelle équipe dirigeante du parti a pris ses quartiers rue de Solferino.
Aubry fait l’état des lieux au PS
DAVID REVAULT D’ALLONNES
Solferino, année zéro. Dix jours après l’officialisation de la nouvelle direction, c’est à tâtons que Martine Aubry et son équipe s’installent aux commandes du navire socialiste. Alors qu’ils retrouvent leurs amis royalistes, ce soir à l’occasion du premier bureau national (lire page suivante), les nouveaux patrons commencent à peine à prendre leurs marques au siège du parti. «Ils se sont installés dans le cockpit, commente un secrétaire national. Et ils regardent les boutons en se disant : "Ça brille."»

Après onze ans de règne de François Hollande, pas facile de saisir d’emblée le mode d’emploi de l’appareil. Pascale Boistard, nouvelle responsable à l’organisation, résume : «On trouve une situation compliquée. L’ampleur du chantier est énorme. On a tout à réinventer.»
L’accueil, c’est un euphémisme, a été plutôt frais : le système de chauffage, de longue date défaillant, a encore frappé. «Avec la fatigue du congrès, on a tous chopé la crève», rapporte un aubryste. Y compris la première secrétaire. Quant à la passation de pouvoir, elle s’est limitée au minimum syndical : un entretien assez formel d’une heure et demie entre François Hollande et Martine Aubry, le 26 novembre, sollicité la veille à minuit par le staff de cette dernière. En prenant possession de son bureau, au premier étage, la première secrétaire a remarqué, sur la grande bibliothèque où figuraient encore tous les ouvrages hérités de l’ère Jospin, trois livres bien en évidence : ceux de Jean-Christophe Cambadélis et d’Arnaud Montebourg, deux de ses alliés et des plus farouches adversaires d’Hollande. Et le sien…
Nombre de nouveaux arrivants évoquent une ambiance d’alternance ministérielle. François Lamy, premier lieutenant d’Aubry, l’a raconté en réunion de motion : «Dossiers vides, armoires vides, tiroirs vides. Comme en 1981. Sauf qu’en 81, la droite nous avait laissé les trombones !» Une différence de taille, néanmoins : «Ce n’est pas l’ennemi de classe qui s’installe, rappelle Cambadélis. On est quand même socialistes…» Stéphane Le Foll, ancien bras droit d’Hollande, se défend d’avoir pratiqué la politique de la terre brûlée : «J’ai bien vérifié : tout a été archivé ! Les seuls dossiers qu’on a gardés, c’est des notes que j’avais fait passer à François. On n’était quand même pas obligés de laisser des courriers personnels…» Et d’ajouter, à l’intention de ceux qui s’étonnent de la disparition de la liste des parlementaires : «C’est une plaisanterie ! Il y avait des parlementaires secrets ou quoi ?»
«Cadavre». Un cadre résume : «Le système Hollande reposait sur une absence de décision politique. Aubry se trouve dans la situation de trouver un cadavre dès qu’elle ouvre un placard.» Un audit interne va être confié à Didier Migaud, président de la commission des finances de l’Assemblée. Mais certaines décisions n’ont pas attendu : le contrat de l’attachée de presse de Royal, rémunérée par le parti depuis la présidentielle, n’a été reconduit que pour un mois. «On n’est pas la vache à lait d’une structure qui n’a rien à voir avec le PS», lâche Pascale Boistard. Bref, autant dire que le cabinet de la nouvelle patronne, débordé, «découvre un nouveau continent», résume un secrétaire national. D’autant qu’également dircab d’Aubry à la communauté urbaine de Lille, le nouveau directeur du cabinet de la première secrétaire, Jean-Marc Germain, n’est pas un habitué de l’appareil. Le signe, assure-t-on, d’un retour en puissance des secrétaires nationaux.
Trombinoscope. Aubry a ainsi commandé des notes à plusieurs d’entre eux : Alain Vidalies sur les licenciements, Michel Sapin sur le plan de relance. Un trombinoscope des permanents, «qui n’existait pas au PS depuis 1997», rappelle l’un d’eux, a également été demandé. Dans cette ambiance studieuse, le jeu de chaises politiques réserve néanmoins quelques amusantes surprises. Premier lieutenant de Bertrand Delanoë, Harlem Désir a récupéré le bureau autrefois proposé à Royal, pour laquelle il ne s’est jamais montré très tendre. Cambadélis, lui, hérite non seulement des relations internationales du PS, autrefois dévolues à Pierre Moscovici, son meilleur ennemi au sein du courant strauss-kahnien, mais aussi de son bureau. Lequel a été, lui aussi, soigneusement vidé…
19:38 Publié dans PS | Lien permanent | Commentaires (2) | Envoyer cette note


Commentaires
Déjà commenté par ailleurs, finalement le fameux permanent Désirs d'avenir est en fait l'attachée de presse de l'ancienne candidate ... laquelle ancienne candidate est:"une structure qui n’a rien à voir avec le PS" ... commence très fort Pascale Boistard !
Ecrit par : Pascal Schmitt | 17.12.2008
Ne revenons pas sur ce sujet qui maintenant est clair et avéré.
Mais attention aux postures : on ne peut pas demander de faire des économies au ps et demander financièrement de l'aide au PS pour une structure qui n'a rien à voir avec le ps. Que je sache DA n'est pas un satellite du PS sinon cela se saurait (il suffit de lire la quasi totalité des posts du site national). L'argent du PS pour le PS, l'argent de DA pour Da, etc...
Nos cotisations ne doivent pas servir à cela.
Revendiquer une cotisation à 20 EUR, pourquoi pas, mais commençons par balayer devant sa porte. Nous n'avons pas tous un milliardaire qui peut nous payer nos dépenses dans nos fédérations. Ni dans nos sections. Ni dans nos organisations militantes.
D'ailleurs est-ce bien sain d'avoir des financements extérieurs de ce type ? et ensuite de venir faire des déclarations la main sur le coeur sur l'audiovisuel et les politiques qui devraient renvoyer l'ascenseur au secteur privé ...
Mais si le ps a les moyens, pourquoi ne pas utiliser les compétences de cette personne pour faire des "relations presse" en fonction des besoins du ps et non, du boulevard raspail (qui entre parenthèses ne me semble pas dans un quartier populaire comme SR souhaitait déménager le siège du Parti Socialiste "pour faire des économies" et ainsi alléger les cotisations des militants).
Je profite de l'ocasion pour dire que nous devrions revoir tous ces "avantages" de tous les côtés/motions et à tous les niveaux : logement, voitures, personnel, remboursements de frais et voyages, paiement d'hotel lors de certaines réunions, etc...
Etre militant d'un parti (d'opposition en plus) ce n'est pas s'installer dans un certain confort et les militants quand ils choisissent de se déplacer (à La Rochelle, à Melle, Lille ou à reims par ex) ce sont eux qui paient sur leurs deniers leur déplacement, leur hébergement etc... Ils le foint avec réalisme et plaisir. C'est souvent un sacrifice pour certains mais ils n'hésitent pas à le faire.
Militer avec chauffeur c'est vraiment la classe ! On a même vu aller à une manif avec chauffeur se garant à deux cents mètes du cortège par ....PUDEUR !
Quand je vois que certains frais de déplacements pour des réunions de courants (tous confondus) sont pris sur las budgets de certaines collectivités locales comme frais de formation par certains élus, il y a de quoi être dégouté de la politique. eT d'être de gauche.
Militer, adhérer, ce n'est pas pour se trouver un job d'homme (oude femme) politique pour 30 voire 40 ans, ou un complément de revenu avant ou après la retraite. C'est s'organiser pour proposer un programme alternatif aux Français et pour gagner. Le PS n'est pas un fonds de commerce pour Thénardier locaux ou nationaux.
Là aussi il y a beaucoup à faire pour....la rénovation.
Ecrit par : Robert | 17.12.2008
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