16.12.2008

Vifs échanges entre Cohn-Bendit et Sarkozy au Parlement européen

L’écologiste a reproché au Président d’avoir été une «girouette» à la tête de l’Union européenne. Sarkozy lui renvoie le fossé entre le Cohn-Bendit des dîners à l’Elysée et la «caricature» qu’il donne de lui en public.

 Daniel Cohn-Bendit, en février dernier.

Daniel Cohn-Bendit, en février dernier. (REUTERS) 

Le leader des Verts au Parlement européen Daniel Cohn-Bendit a dénoncé avec véhémence aujourd’hui la «girouette» Nicolas Sarkozy à la tête de l’UE, lequel s’est étonné en retour de découvrir un Cohn-Bendit différent de celui des déjeuners à l’Elysée.

«La présidence française, c’est une girouette qui dit à un moment une chose qui est vraie, et a un moment dit une chose qui est fausse», a attaqué l’ancien leader de Mai 68. Sur le plan européen de protection du climat comme sur le plan de relance économique, la présidence française a «calé» contre le «nationalisme économique allemand» qui aurait empêché à l’Europe d’être plus ambitieuse, a accusé Daniel Cohn-Bendit.

«Sur le paquet climatique, nous étions forts, mais on est passé du trois fois 20 à la légitimité de l’économie 4x4», a-t-il notamment critiqué, en référence au triple objectif de l’UE sur le climat (-20% de CO2, 20% d’énergies renouvelables et 20% d’économies d’énergie).

«Vous réduisez le Parlement européen à un viagra pour gouvernements»

«Vous réduisez le Parlement européen à un Viagra pour gouvernements. Ce n’est pas notre rôle d’être utilisés pour que les autres fassent ce qu’ils ne veulent pas faire», a encore souligné Daniel Cohn-Bendit.

Il s’exprimait après des propos tenus un peu plus tôt par le chef de l’Etat qui avait reconnu avoir «utilisé» la pression exercée par les eurodéputés dans les négociations sur le climat pour convaincre les 27 Etats membres de l’UE d’y souscrire.

Enfin, alors que Nicolas Sarkozy n’a rencontré récemment le dalaï lama qu’en «catimini» après l’avoir une première fois évité lors de sa venue en France, «vous n’avez pas humilié les Chinois, c’est les Chinois qui vous ont humilié», critiqué Daniel Cohn-Bendit.

Face aux Chinois «qui quotidiennement mettent en taule, torturent, l’UE ne dit rien comme l’UE n’a rien dit quand (le président russe Vladimir) Poutine vient d’arrêter des tas de manifestants qui demandaient l’égalité sociale», a souligné Cohn-Bendit.

«On a l’impression que vous devenez comme fou»

En retour, le président français a tourné en ridicule le fossé qui existe selon lui entre le leader écologiste lors des dîners et déjeuners en privé et la «caricature» qu’il donne de lui en public.

«Vous êtes une personne courtoise, tolérante, sympathique lorsqu’on vous invite à dîner, lorsqu’on vous invite à déjeuner, mais dès qu’il y a une caméra de télévision sous votre nez, on a l’impression que vous devenez comme fou», a-t-il souligné.

«Je vous connais depuis longtemps, on se téléphone souvent, vous êtes venus trois fois à l’Elysée», a-t-il rappelé, soulignant qu’il n’avait «pas refusé» l’escorte de motards la dernière fois, «ce qui montre une certaine capacité à se mettre dans l’ordre républicain».

Auparavant, le président du groupe socialiste Martin Schulz avait déjà tourné en ridicule le fait que la présidence française ait «changé» l’ancien leader de Mai 68, escorté par des policiers lors d’un déjeuner à l’Elysée. «Regarde comme les temps changent: en 68 c’était la police qui courait derrière toi, maintenant c’est toi qui cours derrière la police», a lancé Martin Schulz à l’intention de Daniel Cohn-Bendit.

(Source AFP)

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