30.10.2008

ASSEMBLEE GENERALE DE PRESENTATION DES MOTIONS A AMIENS

Voilà le texte de présentation de la motion D prononcée à Amiens ce mercredi 29 octobre :

 

 

Bonsoir,

 

Je m’appelle Robert Cessac. J’habite au Crotoy et je suis de la section de Rue. J’ai adhéré au PS, y a plus de 30 ans et mon 1er Congrès en 1979, était celui de Metz où j’étais le mandataire de Pierre Mauroy pour le département de l’Oise.

 

Aussi, c’est tout naturellement que je soutiens Martine Aubry car comme Pierre Mauroy, elle représente un socialisme enraciné dans la classe ouvrière et les salariés. Un socialisme clairement à gauche, un socialisme de transformation qui veut changer le système pour changer la vie.

 

Le parti socialiste c’est d’abord un parti de militants et de débat. Comme ce soir. Des militants qui se font par eux-mêmes leur jugement. Aujourd’hui, et jusqu’au vote du 6 novembre, c’est aux militants de parler, de poser des questions, de donner leur avis.

 

Aucune motion n’a déjà gagné, en France ou dans la Somme. Car  vous n’avez pas encore voté et c’est vous les militants, et vous seuls, qui choisissez.

 

C’est votre responsabilité, notre responsabilité militante comme dirait Jacques Fleury. Celle du militant qui affirme son opinion de citoyen socialiste sur l’orientation du parti. Qui vote librement, pour que les choses changent, pour changer à gauche, pour changer la France mme s’intitule la motion D. Et cette motion : c’est 3 points : un projet, une méthode, une autre direction.

 

 

Un projet : changer à gauche !

 

·    Avec Jospin, nous avions un homme d’état et un bilan fort. Mais les ouvriers, les salariés et les français dans la peine n’ont pas voté pour nous. Car nous n’étions pas porteurs d’un projet socialiste; On a perdu.

 

·    Avec Ségolène Royal, plus populaire qu’elle, ça n’existe pas. Et nous avons fait sa campagne clairement et fermement. On a perdu.

 

Par 3 fois, il a manqué quelque chose. Il faut une rénovation pour être à la hauteur.

 

Nous refusons d’aménager le système et de poser des rustines à la politique de la droite. Nous voulons construire un nouveau modèle économique et social. Inscrit dans l’économie de marché mais maîtrisée par la puissance publique (page 98) : l’Etat, les collectivités locales, l’Europe, les institutions internationales.

 

Oui changer à gauche, en apportant des réponses concrètes.

 

Dans notre texte, nous proposons notamment page 97, nos réponses par rapport à la crise telle qu’elle se présente aujourd’hui et nous les avions écrites avant que la crise n’éclate. Je vous fais passer un résumé de nos 10 propositions concrètes :

 

1 -   Faire passer l’Économie avant la Finance.

2 -   Fonds souverains en France et en Europe

3 -   Redistribuer les richesses et relancer le pouvoir d’achat en commençant par les salaires…

4 -   Plafonner les loyers

5 -   rembourser 50 % des transports par les entreprises

6 -   une sécurité sociale professionnelle

7 -   Sauver l’École de la République

8 -   Supprimer les franchises médicales

9 -   Construire une autre Europe 

10 - Faire rentrer l’écologie dans l’ensemble de nos propositions.

 

2   Une méthode : le dépassement des anciens clivages

 

On veut changer la gauche, et l’on revient toujours sur ces querelles de réseaux, d’ambitions, d’écuries présidentielles qui n’ont pas d’autre justification politique que la défense et la promotion d’un candidat ou d’une candidate.

 

Nous ne regagnerons pas la confiance des Français si nous continuons à fonctionner comme avant.

 

Nous devons créer dès maintenant un nouvel alliage. Entre des gens qui se sont opposés hier, mais qui aujourd’hui partagent la même analyse politique et veulent proposer en commun quelque chose de nouveau.

 

·      On ne va pas refaire le Congrès de Rennes.  C’était en 1990. Il y a 18 ans. 

·      On ne va pas recommencer le débat sur le Traité Européen. C’est terminé, nous sommes face à une Europe complètement libérale. Socialiste, nous sommes internationaliste, donc européen mais pas pour n’importe quelle Europe. Oui, nous sommes d’accord : Il faut changer le cours de la construction européenne :  pour un véritable gouvernement économique capable de mener une véritable politique d’investissement, une véritable politique industrielle et de recherche à l’échelle européenne, pour avoir un regard sur la Banque Européenne qui doit aussi se préoccuper de l’emploi, donc de la croissance, 

·       On ne va pas refaire la primaire de 2006  

·       ni recommencer la présidentielle.

 

Tournons-nous vers l’avenir car battre Sarkozy, c’est devant nous !

 

Il faut arrêter ces petites phrases assassines entre nous,  ces déclarations aux médias sarkozistes, à des journalistes qui n’attendent que çà pour les reproduire à l’infini. Et on l’a encore vu cette semaine dans le Courrier picard édition Abbeville.

 

Ce n’est pas ce que veulent entendre les Français qui souffrent, dans nos campagnes, désertées par les services publics, sans médecin, sans pharmacie, sans poste, sans transport, sans école proche,…

 

Il faut dépasser ces querelles car Il n’y a pas d’attelages impossibles car nous sommes tous d’abord socialistes.

 

3    Une autre direction

 

Oui, nous avons un problème de leadership ! Nous n’avons pas de leader naturel, qui s’impose,        qui nous rassemble,  qui ne crée pas de clivages entre nous. Oui nous avons des talents. Et il y en a ici. Des talents oui ! Un talent non !

 

Pour réussir, il faut travailler ensemble. C’est une construction, une construction collective. Dans nos sections, dans notre fédération, comme au national. Des équipes renouvelées, soudées, rassemblées oui ! Mais sur un nouvel axe, une nouvelle ligne !  Comme le propose notre motion D (et la motion C aussi, il faut le dire !).

 

Nous partageons beaucoup, je l’ai dit et écrit, avec la motion Hamon. Pour nous 2, le socialisme n’est pas archaïque, au contraire et la crise actuelle le démontre. Si l'on s'en tient aux textes, et il faut toujours revenir aux textes, les convergences entre les motions Aubry et Hamon sont évidentes sur :

·     la reconquête idéologique, p 96

·     le socialisme décomplexé,

·     l'opposition carrée à Sarkozy,

·     le réarmement de la puissance publique, page 98,

·     la priorité donnée aux services publics et à la redistribution et notamment aux salaires, p 97,

·     la réorientation européenne (y compris l'activation des tarifs extérieurs), p 99, 108 et 109,

·     la laïcité, p 100,

·     une stratégie d’alliances fondée sur le rassemblement de la gauche, et un refus d’alliances nationales avec le centre,  113

·    sur l'organisation et l'animation du parti. P 111 et suivantes.

 

C’est dire que nos 2 motions ont une vocation réelle à se retrouver pour bâtir une majorité de changement. Mais Il y a aussi une différence de démarche et de méthode politiques.

 

Les camarades qui soutiennent la motion Hamon se déclarent à l’aise, parce qu’ils se retrouvent entre eux, entre camarades de la gauche du parti.

 

Notre démarche a été différente : il y a eu des mois de discussions et de travail en commun avec Martine Aubry, Fabius, Pierre Mauroy, Montebourg, Marylise Lebranchu, Weber, Urvoas, Bartolone, Le Garrec, Percheron, des proches de Benoît Hamon comme mon ami David Lebon ancien président du MJS,… Oui des camarades qui ont pu avoir des positions très différentes par le passé. Ensemble, nous avons cherché et construit en débattant sur le fond sans ralliement de dernière minute..

 

Camarades, si nous ne dépassons pas les querelles d’hier, il n’y aura pas de Parti Socialiste demain. Cassons cet autre fichier Edwige des socialistes dans notre tête. Car l’objectif n’est pas de rester simplement seul, retranché dans un splendide isolement, satisfait de penser la même chose, entre camarades de la même tendance. L’objectif c’est de convaincre et de rassembler.

 

Etre la gauche du parti c’est bien ; mettre le parti à gauche c’est mieux.  C’est ce que nous voulons faire. C’est l’enjeu principal de ce Congrès.

 

Nous avons du pain sur la planche : Il faut faire revenir d’abord  les militants qui se sont éloignés, parfois les ¾ d’une section, mais aussi les ouvriers, les salariés (chômeurs, actifs, retraités), du secteur public comme du secteur privé, renouer nos liens avec le mouvement social, les syndicalistes, les militants associatifs, les jeunes. Nous devons créer un nouveau choc culturel comme en 1936 et en 1981.

 

 

Voilà la démarche que nous vous proposons  avec la motion D : il faut construire un parti socialiste avec une colonne vertébrale réellement de gauche.

 

Nous voulons une autre équipe, renouvelée, large, soudée, jouant le collectif, qui parle d’une même voix et non d’une seule voix, un parti qui mettra en avant une nouvelle génération de militants aux couleurs de la France et pas seulement un premier signataire mais toute une génération du changement que vous trouverez, page 91 et dans notre 4 pages que vous avez reçu chez vous.

 

Nous voulons une majorité claire avec tous ceux qui veulent vraiment transformer ce parti et le remettre à gauche. Et nous avons dit clairement avec qui nous souhaitons bâtir cette nouvelle majorité de changement. Que les autres le précisent avant le Congrès et non dans la nuit de la commission des résolutions.

 

C’est pourquoi, je veux terminer avec force et même une certaine gravité :  c’est l’enjeu central de ce Congrès : remettre le parti carrément à gauche.

 

Il est impensable de sortir du Congrès de Reims avec un parti centriste de gauche. Car si notre Congrès accouche d'une ligne chèvre-chou, nos élus et nos militants devront en rendre compte sur le terrain et dans les manifestations. Ce sont eux qui seront exposés, en première ligne, face à la colère sociale. En revanche, si une ligne politique carrément  à gauche sort majoritaire à Reims, alors le PS sera en phase avec la protestation et à l’offensive sur les propositions.

 

Voilà l’enjeu du Congrès : changer à gauche pour changer la France.


L'avenir...

La meilleure façon de prédire l'avenir, c'est de le créer.


[ Peter Drucker ]

25.10.2008

La responsabilité militante

 

            Chaque socialiste ressent un profond malaise devant l’évolution de la République Française. Ses fondateurs avaient judicieusement décidé qu’elle serait constitutionnellement « une et indivisible ». Une seule nation non divisible en communautés diverses, régionales, philosophiques, confessionnelles, ethniques, corporatistes, dans laquelle il n’y aurait donc aucun écran entre le citoyen et la République, aucun obstacle que ne manquerait pas de lever l’existence d’une « communauté » quelle qu’en soit la nature. Dans un Etat où le communautarisme s’installe, ce n’est plus le citoyen qui s’exprime, c’est chaque communauté indépendamment de l’opinion de chacun de ses membres. En conséquence le citoyen, l’individu n’a plus d’opinion propre, n’a plus les moyens de l’exprimer librement et la République n’est donc plus démocratique.

            Je suis convaincu que tous les socialistes, tous les hommes de gauche craignent la dérive communautariste à laquelle on assiste et à laquelle participe d’ailleurs l’action du Président Sarkozy

Or les mêmes causes provoquant les mêmes effets, le Parti Socialiste connaît la même dérive antidémocratique. Le parti socialiste est aujourd’hui « communautariste ». Sans doute nos « communautés » ne sont ni confessionnelles ni ethniques, ni régionales ! Nos « communautés » sont les clans qui cohabitent dans le Parti. J’ai bien dit des « clans » et pas des courants. Les courants ont leur justification politique puisqu’ils sont le moyen d’expression de ceux qui partagent une même analyse politique. Mais les « clans » ou si l’on préfère les « écuries présidentielles » n’ont pas d’autre justification politique que la défense  et la promotion d’un candidat ou d’une candidate. Le parti semble de plus en plus être l’addition de ces clans, de ces réseaux, de ces grosses ou petites fédérations curieusement « homogènes » !

Le comportement des militants socialistes dans ce cadre s’éloigne tout naturellement du comportement démocratique. A partir du moment où le militant qui vote dans sa section, fait passer,  avant son opinion de citoyen socialiste, avant son jugement politique quant à l’orientation de son parti, d’autres considérations « communautaires » – l’appartenance ancienne ou récente à un réseau, la solidarité avec tel ou tel candidat, le lien clientéliste avec tel ou tel élu, la peur de fâcher tel ou tel – la démocratie interne au parti socialiste est faussée. Dans ces conditions, la politique du parti risque de ne plus être le reflet de l’opinion des militants. Elle n’est que le compromis momentané entre grands ou petits féodaux venus aligner au congrès le nombre de leurs affidés.

Or l’existence d’un parti comme le nôtre repose sur la conviction que les décisions sont prises démocratiquement. Mais il est difficile de reconnaître le caractère démocratique d’une décision si le sentiment qui s’installe n’est plus que chaque militant s’exprime en son âme et conscience mais qu’il se prononce en fonction d’autres critères. A quoi sert un Congrès si dès à présent on sait que l’engagement de tel ou tel grand ou petit « féodal » entraînera tel résultat ! Par ailleurs l’histoire montre qu’il ne faut jamais se fier aux féodaux ! Leur attachement ne se mesure souvent qu’à leur intérêt.

La conséquence évidente d’une telle dérive sera l’impossibilité de définir une véritable ligne politique majoritaire acceptée par  l’ensemble du parti, tout simplement parce que les votes des uns et des autres seront détournés de l’objet réel d’un  congrès. Elle sera immanquablement l’aggravation des divisions.

Ceux qui ont vécu le Congrès de Rennes savent que s’il a été aussi catastrophique c’est parce ce qu’il n’y avait pas de véritable différence d’orientation politique entre le camp Jospin et le camp Fabius. Le congrès de Rennes était essentiellement une querelle d’hommes et l’opposition de clans formés autour d’eux. Les militants qui s’étaient laissés entraîner dans cette querelle étaient aussi responsables que leurs chefs. Et tout naturellement le Congrès de Rennes n’a rien réglé ! De même si demain, les militants se prononcent dans des conditions identiques, le résultat sera analogue. Les questions de candidature ne seront pour autant pas réglées car on peut annoncer sans crainte d’être détrompé, qu’au lendemain du congrès chaque clan se repliera sur sa propre stratégie.

La sagesse – mais est-elle encore possible dans ce parti- serait de définir une ligne politique sans ambiguïté, détachée dans l’immédiat des enjeux électoraux, capable de redresser notre image dans l’opinion publique, pour que le moment venu le candidat qui sera choisi puisse en bénéficier. A défaut nous passerons encore trois ans à donner au pays le tableau d’un parti tourné vers ses querelles de personnes. Chaque militant socialiste porte donc une énorme responsabilité.

 

                                                                                                          Jacques Fleury

17.10.2008

Crise financière : Téhéran se raille de l'Amérique.

|

blog ahmadkhatami.jpg« Ceux qui voulaient nous enfoncer dans une crise à propos du dossier nucléaire sont aujourd'hui punis par Dieu avec une récession ! ». Ce vendredi, Ahmad Khatami, le leader de la grande prière hebdomadaire n'y est pas allé de main morte, à Téhéran, en comparant la crise financière américaine actuelle à ... une punition divine.

Il n'est pas le seul à partager ce point de vue. Capitulation du capitalisme, échec de la démocratie libérale, revanche de Dieu... Cette semaine, les dirigeants iraniens y sont tous allés de leur petite phrase en se raillant de la crise qui affecte aujourd'hui l'économie du "Grand Satan" américain et sa population.

Pour Mahmoud Ahmadinejad, le président islamo-populiste, et grand défenseurs des idéaux de la révolution islamique, cette crise n'est autre que le reflet de « la fin du capitalisme ». La débâcle financière est, dit-il, un signe divin que « les tyrans et les corrompus seront remplacés par les gens pieux et croyants ». D'après lui, « la raison de leur défaite » est « qu'ils ont oublié Dieu et la piété ».

Sa solution ? Créer un système bancaire islamique qui « nous aiderait à survivre à la crise économique actuelle ».

Dés lundi, le guide suprême en personne, l'ayatollah Ali Khamenei, avait donné le ton en disant que cette crise est à ranger dans l'histoire sur le même plan que la fin de l'URSS.

« L'école du marxisme s'est effondré et le son des craquements de la démocratie libérale occidentale se fait maintenant entendre », a-t-il déclaré.

Quant à Manouchehr Mottaki, le ministre des affaires étrangères, il voit, lui aussi, dans la cause de la récession actuelle « l'hégémonie de l'économie américaine ».

« Malheureusement, une seule économie dans le monde continue de percevoir des revenus, alors même d'autres régions du monde souffrent de la crise. Nous pensons que la seule façon de s'en sortir est de créer un système financier international juste", a-t-il souligné.
Jusqu'ici, la Bourse de Téhéran est restée insensible à la crise, confortant ainsi les responsables iraniens dans leurs accusations en direction de l'Amérique.

Mais les économistes qui suivent la question tiennent néanmoins à rappeler que la survie de la Bourse iranienne est avant tout due à des facteurs beaucoup moins divins : la quasi absence d'investisseurs étrangers sur la place iranienne et le degré très élevé d'étatisation de l'économie.

 (crédit photo : Agence de presse Fars. Ahmad Khatami pendant la prière du vendredi)
http://blog.lefigaro.fr/iran/2008/10/crise-financiere-teh...

 

11.10.2008

"dans le cadre d'actions commerciales habituelles"

UNE INSULTE !

12 octobre 2008 ...

L'indécent déjeuner à 150 000 euros de Fortis




Réfugiés dans les salons feutrés - dans les tons or et pastel - de l'Hôtel de Paris, le palace le plus cher de Monaco, les cadres de la branche assurances de Fortis ont refusé de dévoiler le menu. Dommage.

A 3 000 euros le couvert, le chef du prestigieux restaurant Louis-XV, Frank Cerruti, a déployé tout son art pour ce déjeuner dont la facture se montait à 150 000 euros. C'est le prix de l'" événement culinaire " auquel le groupe Fortis avait convié, vendredi 10 octobre, une cinquantaine de courtiers indépendants, partenaires de la société d'assurance belgo-néerlandaise, rachetée lundi par BNP-Paribas. La dégustation fut royale, le plaisir impérial et la gêne à peine perceptible.

Sur le Rocher, on n'apprécie guère cette publicité. Les riches résidents n'aiment pas que les projecteurs soient braqués sur eux et que le prestige de la principauté devienne objet de sarcasmes. Fortis, qui a frôlé la faillite, " prouve que le ridicule ne tue plus, en organisant un repas de luxe indécent en pleine tempête financière ", s'agace un banquier monégasque, requérant l'anonymat. Des vigiles protégeaient des regards indiscrets la splendide salle Empire de l'Hôtel de Paris.

La carte donne une idée de l'exceptionnelle qualité gastronomique - et des tarifs - de l'établissement, qui abrite la plus grande cave à vins du monde, avec quelque 250 000 bouteilles, " pour la plupart impayables ", selon le guide Lonely Planet. Le fumet de homard lié à une purée de châtaigne (106 euros) résiste à la chute des Bourses. Le caviar osciètre royal d'Iran (480 euros les 50 grammes) n'a rien à redouter de la crise. Sur le pont du Titanic, les convives n'ont pas perdu le goût des belles choses.

 " UNE INSULTE "

Tandis que les courtiers savouraient ces mets et ces nectars, le Parti socialiste, en Belgique, a dénoncé ces agapes. " Le monde de la finance a perdu toute décence et en vient ainsi à jouer avec des sommes dépassant tout entendement, tandis que d'autres triment pour boucler les fins de mois ", s'est insurgé le PS, condamnant " une insulte à l'égard de milliers d'épargnants, d'investisseurs et de l'Etat ".

" L'événement est prévu depuis des mois et s'inscrit dans le cadre d'actions commerciales habituelles ", précise Fortis dans un communiqué.

Paul barelli (Nice, Correspondant)

© Le Monde

UNE INSULTE !

12 octobre 2008 ...

L'indécent déjeuner à 150 000 euros de Fortis




Réfugiés dans les salons feutrés - dans les tons or et pastel - de l'Hôtel de Paris, le palace le plus cher de Monaco, les cadres de la branche assurances de Fortis ont refusé de dévoiler le menu. Dommage.

A 3 000 euros le couvert, le chef du prestigieux restaurant Louis-XV, Frank Cerruti, a déployé tout son art pour ce déjeuner dont la facture se montait à 150 000 euros. C'est le prix de l'" événement culinaire " auquel le groupe Fortis avait convié, vendredi 10 octobre, une cinquantaine de courtiers indépendants, partenaires de la société d'assurance belgo-néerlandaise, rachetée lundi par BNP-Paribas. La dégustation fut royale, le plaisir impérial et la gêne à peine perceptible.

Sur le Rocher, on n'apprécie guère cette publicité. Les riches résidents n'aiment pas que les projecteurs soient braqués sur eux et que le prestige de la principauté devienne objet de sarcasmes. Fortis, qui a frôlé la faillite, " prouve que le ridicule ne tue plus, en organisant un repas de luxe indécent en pleine tempête financière ", s'agace un banquier monégasque, requérant l'anonymat. Des vigiles protégeaient des regards indiscrets la splendide salle Empire de l'Hôtel de Paris.

La carte donne une idée de l'exceptionnelle qualité gastronomique - et des tarifs - de l'établissement, qui abrite la plus grande cave à vins du monde, avec quelque 250 000 bouteilles, " pour la plupart impayables ", selon le guide Lonely Planet. Le fumet de homard lié à une purée de châtaigne (106 euros) résiste à la chute des Bourses. Le caviar osciètre royal d'Iran (480 euros les 50 grammes) n'a rien à redouter de la crise. Sur le pont du Titanic, les convives n'ont pas perdu le goût des belles choses.

 

" UNE INSULTE "

 

Tandis que les courtiers savouraient ces mets et ces nectars, le Parti socialiste, en Belgique, a dénoncé ces agapes. " Le monde de la finance a perdu toute décence et en vient ainsi à jouer avec des sommes dépassant tout entendement, tandis que d'autres triment pour boucler les fins de mois ", s'est insurgé le PS, condamnant " une insulte à l'égard de milliers d'épargnants, d'investisseurs et de l'Etat ".

" L'événement est prévu depuis des mois et s'inscrit dans le cadre d'actions commerciales habituelles ", précise Fortis dans un communiqué.

Paul barelli (Nice, Correspondant)

© Le Monde

08.10.2008

Contre l’abdication : demain ne se fera pas sans nous !

 

  AW3YEZYCAM9RAJ4CAF2JMVACASXY1H3CADPSEM0CAX9UQ74CAHCPDCECAEC7WWXCAOXZATRCAD7VI6PCAUUG9TLCA9IOIMVCAIV3BMVCAJE8OTQCAHDW1UECASPB3D9CA3C18X8CADWWTLTCAGULOXU.jpg

Morceaux choisis d’un visionnaire…

 Combien de fois n’a-t-on pas entendu, nous militants de la gauche du PS, « il faut s’adapter au monde d’aujourd’hui, votre pensée* est archaïque ! ». Fadaise égrenée avec un air de commisération qui consisterait à faire croire que le monde d’aujourd’hui est à « apprivoiser » plutôt qu’à façonner, que l’on ne peut rien faire d’autre.

 

Mais le monde d’aujourd’hui, et à fortiori, celui de demain, qui le fait ? Une main invisible (celle d’Adam Smith**… ?) ou la volonté des hommes ? Non, il ne tombe pas du ciel, il est bien la résultante de ce que les sociétés humaines décident qu’il sera. Essentiellement par le choix des dirigeants qu’elles élisent. En tous cas dans les régimes démocratiques. Mais peut-être que les mêmes considèrent-ils que la démocratie n’est plus très moderne (la modernité, cet autre concept aussi flou que mièvre)… ?

 

Selon ce à quoi on aspire, les méthodes et davantage encore l’objectif changent.

 

Pour ceux qui veulent que rien ne bouge, on comprend que la priorité est de ne pas contrarier la marche d’un monde ou l’individualisme prime sur la solidarité, l’enrichissement maximum de quelques-uns – ceux qui veulent que rien ne changent et se sont très bien adaptés au « monde d’aujourd’hui »  – prédomine sur l’intérêt général, etc., etc. … .

 

Si s’adapter au monde d’aujourd’hui, c’est accepter cela, alors non seulement nous sommes fiers de ne pas nous y adapter, mais nous comptons bien influer pour qu’il change. Oui, changer la vie, à défaut de changer le monde, est une constante qui ne doit pas échapper à tout militant qui se proclame socialiste (je n’ai même pas été jusqu’à dire « du socialisme » !).

 

Retrouvant ces derniers jours avec plaisir l’excellent film de Guediguian, «Le Promeneur du Champs de Mars », j’ai noté quelques phrase mitterrandiennes (que Michel Bouquet joue à merveille) qui résonnent aujourd’hui comme étant d’une criante actualité et confirment que le seul Président Socialiste de notre Ve République était un grand visionnaire. D’un pessimisme cynique. D’une vérité brûlante.

 

Jugez plutôt :

 

« Je suis le dernier des grands Présidents de la République, après il n’y en aura plus d’autre en France. A cause de la mondialisation, rien ne sera plus pareil. Après moi, il n’y aura plus que des financiers et des comptables… »

 

 « On ne se fait pas une identité en faisant semblant de renier ce qu’on a adoré »

 

« J’ai toujours pensé que l’union avec le Centre était une chimère »…

 

« Une victoire à gauche n’est possible qu’à une seule condition : ne jamais oublier que notre famille, ce sont les ouvriers, les salariés, les gens qui peinent »

 

« La croissance économique n’est pas une fin en soi, c’est le moyen d’une meilleure répartition des richesses pour tous »

 

Comme je suis idéaliste (et fier de l’être), j’aimerais que chaque militant regarde ce film avant d’aller voter le 6 novembre.

 

Parfois de choses simples peuvent contribuer à changer la vie… .

 

Il va s’en dire que le résultat du Congrès de Reims aura une influence sur le chemin qui sera pris, et la vitesse d’exécution pour changer les choses. Si on ne croit pas ça, il faut faire autre chose que de la politique ! De la finance, par exemple… .

 

Si l’on ne veut pas abdiquer et que l’on pense encore que « les forces de l’esprit » puissent jouer un rôle plus important que les « incantations zénithiennes », il faut faire en sorte que la Motion que votre intime conviction commande soit la mieux placée possible le 6 novembre. Tout dépend de vous, et vous seul !

 

 

* ce qui prouve au moins que nous en avons une…

 

** lire à ce sujet « Impasse Adam Smith », de Jean-Claude Michéa, agrégé de philosophie, Ed. Climats, Coll. « Sisyphe », 184 p. (2002). Le sous titre de cet ouvrage est « Brèves remarques sur l’impossibilité de dépasser le capitalisme sur sa gauche ». Tout un programme !  

 

Vincent BAWEDIN

04.10.2008

Pendant la période de préparation du Congrès de Reims

Pendant la préparation du Congrès de Reims, nous vous invitons à vous reporter sur le nouveau blog de la motion D dans la Somme :

http://changeragauche80.blogspirit.com/<...

La sagesse du mollah Nasr Eddin

Histoire persane

Nasr Eddin ne se lève pas tôt le matin, en règle générale. Ses voisins au contraire, tous des paysans, sautent du lit au chant du coq, et ils ne voient pas d’un bon œil ces manières de fainéant.

Un jour donc, l’un d’eux se rend à son champ à l’heure ou le soleil perce juste à l’horizon, et trouve une pièce d’or sur son chemin. Le soir, tout heureux, il vient raconter sa bonne fortune à Nasr Eddin.

-       Regarde comme cela m’a porté bonheur de me lever de grand matin ! Quand je pense qu’ils y en a qui paressent au lit …Si j’étais passé plus tard, jamais je n’aurais trouvé cette pièce : quelqu’un d’autre  l’aurait ramassé avant moi.

-       Mais qui te dit, objecte Nasr Eddin, qu’elle n’était pas déjà là hier soir ?

-       Si elle y avait été, je l’aurais vue en revenant hier. D’ailleurs là n’est pas la question.

-       Ô marcheur sans tête ! Toute la question est là, au contraire : celui qui a eu la malchance de la perdre s’était donc levé encore plus tôt que toi !

Pour ceux qui veulent en savoir plus sur ce fameux mollah et se plonger dans ces aventures

Nasr Eddin Hodja dans un parc à Ankara

03.10.2008

Aubry : "Ils sont là les socialos"

 

Source : AFP
03/10/2008 | Mise à jour : 16:56 |
Commentaires 6
.

Martine Aubry, qui a entrepris de conquérir le PS au congrès de Reims en novembre, a assuré aujourd'hui à pantin un parterre d'élus et de militants de la combativité retrouvée des socialistes, lançant: "Ils sont là, les socialos!".

Dans un restaurant d'insertion de la commune dirigée par le fabiusien Bertrand Kern, où s'étaient serrés quelque 150 personnes, des élus d'Ile-de-France surtout, Mme Aubry s'est souvenue de l'interpellation de Josyane Balasko au moment de l'affaire des mal-logés de la rue de la Banque à Paris (IIe arrondissement), à l'automne 2007. "Ils sont où, les mecs du PS ?", avait lancé la comédienne.

"Josyane Balasko a formidablement dit en trois mots ce que nous, nous pensions: +où sont les socialos ?+ Eh ben, ils sont là, les socialos! Si tous ceux qui sont là ce matin avaient pu s'exprimer au nom du Parti socialiste, beaucoup de Français diraient: ils pensent à nous, ils savent ce que nous vivons, ils ont des propositions", a déclaré Mme Aubry, accompagnée du maire de Roubaix, René Vandierendonck.
Le maire de Lille a réaffirmé ses convictions socialistes: "Quand on porte haut nos valeurs, qu'on ne cède pas, les gens comprennent".

Il y avait là de nombreux jeunes élus représentant, a relevé Mme Aubry, "toutes les couleurs de la France". Et aussi, le président (fabiusien) du Conseil général de Seine-Saint-Denis, Claude Bartolone, Daniel Goldberg, député de la circonscription Aubervilliers-La Courneuve, les maires de Bondy, Gilbert Roger (ex-ségoléniste), et d'Aulnay-sous-Bois, Gérard Ségura, les élues strauss-kahniennes de Paris, Sandrine Mazetier et Frédérique Calandra.

M. Bartolone a salué "une réunion de militants d'un Parti socialiste comme on l'aime" avec "des camarades qui ont pu avoir des choix différents dans le passé mais qui ne veulent pas nourrir l'avenir par les querelles passées mais de leurs réflexions présentes".

Toutes les notes