30.10.2008
ASSEMBLEE GENERALE DE PRESENTATION DES MOTIONS A AMIENS
Voilà le texte de présentation de la motion D prononcée à Amiens ce mercredi 29 octobre :
Bonsoir,
Je m’appelle Robert Cessac. J’habite au Crotoy et je suis de la section de Rue. J’ai adhéré au PS, y a plus de 30 ans et mon 1er Congrès en 1979, était celui de Metz où j’étais le mandataire de Pierre Mauroy pour le département de l’Oise.
Aussi, c’est tout naturellement que je soutiens Martine Aubry car comme Pierre Mauroy, elle représente un socialisme enraciné dans la classe ouvrière et les salariés. Un socialisme clairement à gauche, un socialisme de transformation qui veut changer le système pour changer la vie.
Le parti socialiste c’est d’abord un parti de militants et de débat. Comme ce soir. Des militants qui se font par eux-mêmes leur jugement. Aujourd’hui, et jusqu’au vote du 6 novembre, c’est aux militants de parler, de poser des questions, de donner leur avis.
Aucune motion n’a déjà gagné, en France ou dans la Somme. Car vous n’avez pas encore voté et c’est vous les militants, et vous seuls, qui choisissez.
C’est votre responsabilité, notre responsabilité militante comme dirait Jacques Fleury. Celle du militant qui affirme son opinion de citoyen socialiste sur l’orientation du parti. Qui vote librement, pour que les choses changent, pour changer à gauche, pour changer la France mme s’intitule la motion D. Et cette motion : c’est 3 points : un projet, une méthode, une autre direction.
Un projet : changer à gauche !
· Avec Jospin, nous avions un homme d’état et un bilan fort. Mais les ouvriers, les salariés et les français dans la peine n’ont pas voté pour nous. Car nous n’étions pas porteurs d’un projet socialiste; On a perdu.
· Avec Ségolène Royal, plus populaire qu’elle, ça n’existe pas. Et nous avons fait sa campagne clairement et fermement. On a perdu.
Par 3 fois, il a manqué quelque chose. Il faut une rénovation pour être à la hauteur.
Nous refusons d’aménager le système et de poser des rustines à la politique de la droite. Nous voulons construire un nouveau modèle économique et social. Inscrit dans l’économie de marché mais maîtrisée par la puissance publique (page 98) : l’Etat, les collectivités locales, l’Europe, les institutions internationales.
Oui changer à gauche, en apportant des réponses concrètes.
Dans notre texte, nous proposons notamment page 97, nos réponses par rapport à la crise telle qu’elle se présente aujourd’hui et nous les avions écrites avant que la crise n’éclate. Je vous fais passer un résumé de nos 10 propositions concrètes :
1 - Faire passer l’Économie avant la Finance.
2 - Fonds souverains en France et en Europe
3 - Redistribuer les richesses et relancer le pouvoir d’achat en commençant par les salaires…
4 - Plafonner les loyers
5 - rembourser 50 % des transports par les entreprises
6 - une sécurité sociale professionnelle
7 - Sauver l’École de la République
8 - Supprimer les franchises médicales
9 - Construire une autre Europe
10 - Faire rentrer l’écologie dans l’ensemble de nos propositions.
2 Une méthode : le dépassement des anciens clivages
On veut changer la gauche, et l’on revient toujours sur ces querelles de réseaux, d’ambitions, d’écuries présidentielles qui n’ont pas d’autre justification politique que la défense et la promotion d’un candidat ou d’une candidate.
Nous ne regagnerons pas la confiance des Français si nous continuons à fonctionner comme avant.
Nous devons créer dès maintenant un nouvel alliage. Entre des gens qui se sont opposés hier, mais qui aujourd’hui partagent la même analyse politique et veulent proposer en commun quelque chose de nouveau.
· On ne va pas refaire le Congrès de Rennes. C’était en 1990. Il y a 18 ans.
· On ne va pas recommencer le débat sur le Traité Européen. C’est terminé, nous sommes face à une Europe complètement libérale. Socialiste, nous sommes internationaliste, donc européen mais pas pour n’importe quelle Europe. Oui, nous sommes d’accord : Il faut changer le cours de la construction européenne : pour un véritable gouvernement économique capable de mener une véritable politique d’investissement, une véritable politique industrielle et de recherche à l’échelle européenne, pour avoir un regard sur la Banque Européenne qui doit aussi se préoccuper de l’emploi, donc de la croissance,
· On ne va pas refaire la primaire de 2006
· ni recommencer la présidentielle.
Tournons-nous vers l’avenir car battre Sarkozy, c’est devant nous !
Il faut arrêter ces petites phrases assassines entre nous, ces déclarations aux médias sarkozistes, à des journalistes qui n’attendent que çà pour les reproduire à l’infini. Et on l’a encore vu cette semaine dans le Courrier picard édition Abbeville.
Ce n’est pas ce que veulent entendre les Français qui souffrent, dans nos campagnes, désertées par les services publics, sans médecin, sans pharmacie, sans poste, sans transport, sans école proche,…
Il faut dépasser ces querelles car Il n’y a pas d’attelages impossibles car nous sommes tous d’abord socialistes.
3 Une autre direction
Oui, nous avons un problème de leadership ! Nous n’avons pas de leader naturel, qui s’impose, qui nous rassemble, qui ne crée pas de clivages entre nous. Oui nous avons des talents. Et il y en a ici. Des talents oui ! Un talent non !
Pour réussir, il faut travailler ensemble. C’est une construction, une construction collective. Dans nos sections, dans notre fédération, comme au national. Des équipes renouvelées, soudées, rassemblées oui ! Mais sur un nouvel axe, une nouvelle ligne ! Comme le propose notre motion D (et la motion C aussi, il faut le dire !).
Nous partageons beaucoup, je l’ai dit et écrit, avec la motion Hamon. Pour nous 2, le socialisme n’est pas archaïque, au contraire et la crise actuelle le démontre. Si l'on s'en tient aux textes, et il faut toujours revenir aux textes, les convergences entre les motions Aubry et Hamon sont évidentes sur :
· la reconquête idéologique, p 96
· le socialisme décomplexé,
· l'opposition carrée à Sarkozy,
· le réarmement de la puissance publique, page 98,
· la priorité donnée aux services publics et à la redistribution et notamment aux salaires, p 97,
· la réorientation européenne (y compris l'activation des tarifs extérieurs), p 99, 108 et 109,
· la laïcité, p 100,
· une stratégie d’alliances fondée sur le rassemblement de la gauche, et un refus d’alliances nationales avec le centre, 113
· sur l'organisation et l'animation du parti. P 111 et suivantes.
C’est dire que nos 2 motions ont une vocation réelle à se retrouver pour bâtir une majorité de changement. Mais Il y a aussi une différence de démarche et de méthode politiques.
Les camarades qui soutiennent la motion Hamon se déclarent à l’aise, parce qu’ils se retrouvent entre eux, entre camarades de la gauche du parti.
Notre démarche a été différente : il y a eu des mois de discussions et de travail en commun avec Martine Aubry, Fabius, Pierre Mauroy, Montebourg, Marylise Lebranchu, Weber, Urvoas, Bartolone, Le Garrec, Percheron, des proches de Benoît Hamon comme mon ami David Lebon ancien président du MJS,… Oui des camarades qui ont pu avoir des positions très différentes par le passé. Ensemble, nous avons cherché et construit en débattant sur le fond sans ralliement de dernière minute..
Camarades, si nous ne dépassons pas les querelles d’hier, il n’y aura pas de Parti Socialiste demain. Cassons cet autre fichier Edwige des socialistes dans notre tête. Car l’objectif n’est pas de rester simplement seul, retranché dans un splendide isolement, satisfait de penser la même chose, entre camarades de la même tendance. L’objectif c’est de convaincre et de rassembler.
Etre la gauche du parti c’est bien ; mettre le parti à gauche c’est mieux. C’est ce que nous voulons faire. C’est l’enjeu principal de ce Congrès.
Nous avons du pain sur la planche : Il faut faire revenir d’abord les militants qui se sont éloignés, parfois les ¾ d’une section, mais aussi les ouvriers, les salariés (chômeurs, actifs, retraités), du secteur public comme du secteur privé, renouer nos liens avec le mouvement social, les syndicalistes, les militants associatifs, les jeunes. Nous devons créer un nouveau choc culturel comme en 1936 et en 1981.
Voilà la démarche que nous vous proposons avec la motion D : il faut construire un parti socialiste avec une colonne vertébrale réellement de gauche.
Nous voulons une autre équipe, renouvelée, large, soudée, jouant le collectif, qui parle d’une même voix et non d’une seule voix, un parti qui mettra en avant une nouvelle génération de militants aux couleurs de la France et pas seulement un premier signataire mais toute une génération du changement que vous trouverez, page 91 et dans notre 4 pages que vous avez reçu chez vous.
Nous voulons une majorité claire avec tous ceux qui veulent vraiment transformer ce parti et le remettre à gauche. Et nous avons dit clairement avec qui nous souhaitons bâtir cette nouvelle majorité de changement. Que les autres le précisent avant le Congrès et non dans la nuit de la commission des résolutions.
C’est pourquoi, je veux terminer avec force et même une certaine gravité : c’est l’enjeu central de ce Congrès : remettre le parti carrément à gauche.
Il est impensable de sortir du Congrès de Reims avec un parti centriste de gauche. Car si notre Congrès accouche d'une ligne chèvre-chou, nos élus et nos militants devront en rendre compte sur le terrain et dans les manifestations. Ce sont eux qui seront exposés, en première ligne, face à la colère sociale. En revanche, si une ligne politique carrément à gauche sort majoritaire à Reims, alors le PS sera en phase avec la protestation et à l’offensive sur les propositions.
Voilà l’enjeu du Congrès : changer à gauche pour changer la France.
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Commentaires
Il faut revenir à gauche....aux fondamentaux....ceux qui sont importants pour ceux qui sont succeptibles de nous faire confiance.
constat: la grande majorité de notre jeunesse ne peut actuellement s'installer dans une vie autonome leur permettant de créer leur avenir professionnel, voire patrimonial.
Le parcours sécurisé du travail (formation, évolution de carrière, passerelles....) pour adapter l'offre et la demande sans que le salarié devienne la variable d'adaptation technique de ce marché. On ne peut nier le marché, mais on doit le réguler, l'encadrer et lui indiquer les grandes lignes dans une prospective claire de développement économique et social.
Certains secteurs doivent en être complètement libéré : ENERGIE, EDUCATION, CULTURE,SANTE...
L'accès à l'habitation est un véritable parcours du combattant.....il faut relancer la construction de logement sociaux dans une logique d'aménagement harmonieux de la cité (mixité sociale)
Ce qui favorisera l'accession à la propriété en déconnectant le marché de la spéculation immobilière et de ses conséquences désastreuses. Ne plus reconduire les lois scélérates du type Méhaigneire avant, puis de Robien, allongements anormaux des crédits (facilitant et attisant cette croissance anormale des prix ) .
La crise financière de ces derniers semaines a démontré que les marchés étaient incapables de se réguler. C' est donc une chance historique pour remettre de l'Etat là où il en faut afin de conduire une politique de développement s'appuyant sur un système bancaire et financier instrument de cette politique.
On nous vantait, il n'y a pas si longtemps, le libéralisme anglo-saxon et on nous reprochait un archaïsme que certains de nos amis avait tendance à reprendre. Tordons le cou à toutes ces balivernes et inscrivons nous dans une logique où l'économie et le social ne sont pas antinomiques, mais créateurs d'espace de croissance (j'en veux pour preuve les congés payés qui ont crée tout le pan économique du tourisme de masse....).
Que n'ont-ils pas dit sur les 35 heures, ceux qui nous proposent de travailler le dimanche et jusqu'à 70 ans. C'est une grande réforme qu'il faut défendre car elle va dans le sens de l'histoire progressiste dans laquelle, tant bien que mal, la gauche s'est toujours inscrite, malgré les remontrances bien normales d'une droite en panne d'idées novatrices.......
Ecrit par : barovin | 04.11.2008
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