08.10.2008
Contre l’abdication : demain ne se fera pas sans nous !

Morceaux choisis d’un visionnaire…
Combien de fois n’a-t-on pas entendu, nous militants de la gauche du PS, « il faut s’adapter au monde d’aujourd’hui, votre pensée* est archaïque ! ». Fadaise égrenée avec un air de commisération qui consisterait à faire croire que le monde d’aujourd’hui est à « apprivoiser » plutôt qu’à façonner, que l’on ne peut rien faire d’autre.
Mais le monde d’aujourd’hui, et à fortiori, celui de demain, qui le fait ? Une main invisible (celle d’Adam Smith**… ?) ou la volonté des hommes ? Non, il ne tombe pas du ciel, il est bien la résultante de ce que les sociétés humaines décident qu’il sera. Essentiellement par le choix des dirigeants qu’elles élisent. En tous cas dans les régimes démocratiques. Mais peut-être que les mêmes considèrent-ils que la démocratie n’est plus très moderne (la modernité, cet autre concept aussi flou que mièvre)… ?
Selon ce à quoi on aspire, les méthodes et davantage encore l’objectif changent.
Pour ceux qui veulent que rien ne bouge, on comprend que la priorité est de ne pas contrarier la marche d’un monde ou l’individualisme prime sur la solidarité, l’enrichissement maximum de quelques-uns – ceux qui veulent que rien ne changent et se sont très bien adaptés au « monde d’aujourd’hui » – prédomine sur l’intérêt général, etc., etc. … .
Si s’adapter au monde d’aujourd’hui, c’est accepter cela, alors non seulement nous sommes fiers de ne pas nous y adapter, mais nous comptons bien influer pour qu’il change. Oui, changer la vie, à défaut de changer le monde, est une constante qui ne doit pas échapper à tout militant qui se proclame socialiste (je n’ai même pas été jusqu’à dire « du socialisme » !).
Retrouvant ces derniers jours avec plaisir l’excellent film de Guediguian, «Le Promeneur du Champs de Mars », j’ai noté quelques phrase mitterrandiennes (que Michel Bouquet joue à merveille) qui résonnent aujourd’hui comme étant d’une criante actualité et confirment que le seul Président Socialiste de notre Ve République était un grand visionnaire. D’un pessimisme cynique. D’une vérité brûlante.
Jugez plutôt :
« Je suis le dernier des grands Présidents de la République, après il n’y en aura plus d’autre en France. A cause de la mondialisation, rien ne sera plus pareil. Après moi, il n’y aura plus que des financiers et des comptables… »
« On ne se fait pas une identité en faisant semblant de renier ce qu’on a adoré »
« J’ai toujours pensé que l’union avec le Centre était une chimère »…
« Une victoire à gauche n’est possible qu’à une seule condition : ne jamais oublier que notre famille, ce sont les ouvriers, les salariés, les gens qui peinent »
« La croissance économique n’est pas une fin en soi, c’est le moyen d’une meilleure répartition des richesses pour tous »
Comme je suis idéaliste (et fier de l’être), j’aimerais que chaque militant regarde ce film avant d’aller voter le 6 novembre.
Parfois de choses simples peuvent contribuer à changer la vie… .
Il va s’en dire que le résultat du Congrès de Reims aura une influence sur le chemin qui sera pris, et la vitesse d’exécution pour changer les choses. Si on ne croit pas ça, il faut faire autre chose que de la politique ! De la finance, par exemple… .
Si l’on ne veut pas abdiquer et que l’on pense encore que « les forces de l’esprit » puissent jouer un rôle plus important que les « incantations zénithiennes », il faut faire en sorte que la Motion que votre intime conviction commande soit la mieux placée possible le 6 novembre. Tout dépend de vous, et vous seul !
* ce qui prouve au moins que nous en avons une…
** lire à ce sujet « Impasse Adam Smith », de Jean-Claude Michéa, agrégé de philosophie, Ed. Climats, Coll. « Sisyphe », 184 p. (2002). Le sous titre de cet ouvrage est « Brèves remarques sur l’impossibilité de dépasser le capitalisme sur sa gauche ». Tout un programme !
Vincent BAWEDIN
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