02.10.2008
TRIBUNE LIBRE de Vincent Bawedin
Epidémie au PS :
le syndrome de la « majorité » fédérale
ou l’entrée en « baronnie »…
Les préparatifs du Congrès de Reims laissent place à des contorsions tout à fait inédites, en tous cas en vogue.
Elles consistent à signer la motion dont on suppute qu’elle sera majoritaire dans sa propre fédération, afin de s’assurer une bonne place dans les conseil et/ou bureau fédéraux à venir, notamment.
Ainsi, dans la Somme, encore dirigée par Vincent Peillon pour quelques jours – avant sa consécration pleine et entière à des taches nationales donc parisiennes – de « vieux » fabiusiens soutiennent la motion Royal, pour renforcer et assurer la continuité de la majorité sortante et préserver leur espoir d’être, pour l’un, tête de liste aux régionales, pour l’autre, candidat à la députation sur Amiens, pour untel(e) encore, promue à des responsabilités locales.… .
Même certains camarades situés à la gauche du PS, nouvellement élus donc "sollicitables", ont franchi le pas, assurant qu’ils « auraient l’occasion d’expliquer leur choix »… .
Ceux-là sont entrés « en baronnie »… ou aspirent à le faire. Quel pied !
Plutôt que de convaincre les militants à voter la motion de son cœur, ne vaut-il pas mieux, en effet, rejoindre celle dont on pense qu’elle arrivera en tête ?
Nombreux sont ceux qui préfèrent l’anticipation à l’argumentation, les bons plans faciles aux joutes des idées, le reniement que permet la souplesse même disgracieuse à la conviction qui nécessite une persévérance parfois aride.
La configuration géographique des tendances au sein du PS en France mérite d’être observée à la loupe. Elle indique à coup sûr ce que choisiront les élus (car ce parti reste un parti d’élus, on en voit le résultat).
On est membre et qui plus est maire ou conseiller général en Saône et Loire, dans le Nord ou dans l’Oise : on signe Aubry ! On l’est dans la Somme, les Deux-Sèvres ou les Bouches du Rhône ? On signe Royal !
On l’est dans les Landes ? On signe Hamon/Emmanuelli ! On l’est à Paris, en Haute-Garonne ou en Corrèze ? On signe Delanoë/Hollande !
Quid des engagements passés, que ce soit sur le TCE ou dans la campagne interne de la candidature à la présidentielle ? Toutes les cartes sont rebattues. L’idéal, les convictions intimes, l’analyse rationnelle sont supplantées par la rentabilité, l’intérêt personnel et les calculs.
Le même militant, qui plus est élu, avec ses convictions (si si !), ne signe pas la même motion selon qu’il se trouve dans un département à majorité « Royaliste », « Emmanuelliste » ou « Aubryste » ! Certains diront, peut-être à juste titre, que cela vaut plus dans certaines tendances que d’autres. A nous de regarder.
Le choix d’une motion devient interchangeable non plus en fonction de ce que l’on pense mais de la où on se trouve ! Autrement dit, de ce que l’on aspire à devenir. Formidable !
On a connu les sociaux-traitres, voici le temps des géo-pragmatiques… . C’est ce que j’appelle le syndrome de la « majorité » fédérale. Une maladie de plus en plus répandue.
Finalement, ces cadres socialistes font penser aux petits (forcément !) maires ruraux, qui se présentent à chaque élection cantonale sous l’étiquette « majorité départementale », qu’elle soit de droite ou de gauche, pourvue qu’elle apporte des subventions, pense au rond-point promis et à la déviation si longtemps désirée. C’est ça être moderne en politique ? C’est sûrement ce qu’on appelle être pragmatique !
Alors cette modernité et ce pragmatisme risquent d’écoeurer bien des militants, qui eux n’ont que leur foi dans les idées et finiront peut-être par ne plus cautionner de telles pratiques, tracter pour tel contorsionniste… voire même voter socialiste !
Voilà, messieurs, mesdames les acrobates ce que risquent d’apporter vos tristes calculs. Ce ne serait que mérité !
Alors à chacun de nous de rendre majoritaires l’expression militante et les aspirations profondes et généreuses qui sont les notre. A chacun de nous (de vous !) de faire prévaloir la volonté des militants à celle des barons.
Oui, c’est possible ! A chaque adhérent de voter en son âme et conscience le 6 novembre, indépendamment des « amicales pressions », des juteuses promesses mais en adéquation avec soi même. Car avant de « nous aimer les uns les autres », il faut être en accord avec soi-même !
Vincent BAWEDIN
17:48 Lien permanent | Commentaires (1) | Envoyer cette note


Commentaires
Des noms ! des noms ! des noms !
"A chaque adhérent de voter en son âme et conscience le 6 novembre"
Ecrit par : Paul d'Amiens | 02.10.2008
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