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24.05.2008

Royal-Delanoë : ce qui les sépare, ce qui les rapproche

Mais qu'est-ce qui les distingue vraiment ?

Ségolène Royal et Bertrand Delanoë, qui commencent à s'affronter dans la perspective du congrès socialiste prévu en novembre à Reims, présentent un profil idéologique assez proche.

L'un et l'autre font plus qu'assumer l'économie de marché : ils cherchent à réhabiliter le concept de libéralisme, qui a longtemps fait figure d'épouvantail à gauche.

L'un et l'autre pratiquent la démocratie participative et font valoir leur expérience d'élus locaux.

Mais, alors que Ségolène Royal a incarné une forme de rupture pendant la campagne présidentielle, Bertrand Delanoë cherche à préserver la tradition du parti.

Entre les deux concurrents, des différences notables apparaissent sur le fonctionnement du PS et sur la question des alliances.

Ségolène Royal défend l'idée d'un grand parti, qui se développerait à partir des " adhérents à 20 euros ". Bertrand Delanoë est beaucoup plus réservé.

Elle prône ouvertement l'alliance avec le centre. Il est beaucoup plus prudent, au moins dans le discours.

Quoi qu'il en soit, le fait que le combat se concentre autour de ces deux personnalités reflète une évolution importante du Parti socialiste : son axe de gravité est en train de se déporter de la gauche vers la droite, ce qui, pour le coup, est une vraie révolution.

© Le Monde


Les deux candidats à la direction du PS se réclament du " libéralisme ". Mais ils s'opposent sur la taille du parti et sur les alliances avec le centre

Leur tempérament, leur formation et leur trajectoire au sein du Parti socialiste divergent. Ségolène Royal et Bertrand Delanoë, candidats à la direction du PS - officiellement pour l'une, officieusement pour l'autre - sont désormais face à face. Pourtant, leurs points de convergence semblent plus nombreux, et sans doute plus profonds, que ce qui les divise.


LES CONVERGENCES


L'économique et le social. Ségolène Royal et Bertrand Delanoë privilégient le renforcement de la compétitivité du secteur privé. " Il faut pousser l'agilité des entreprises, le goût du risque et l'esprit d'entreprendre tout en améliorant la situation des salariés ", souligne le texte introductif à la " consultation participative " de Mme Royal.

" Le problème numéro un de la France est celui de la compétitivité internationale des entreprises, en raison de la faiblesse de la spécialisation industrielle et de l'insuffisante présence des PME sur les marchés mondiaux ", fait écho le projet de contribution de M. Delanoë. Tous deux ont adopté, fin 2007, des positions favorables au principe d'une réforme des régimes spéciaux de retraite.

La synthèse. Les deux concurrents réclament un " leadership fort " et rejettent la pratique du consensus par principe. " Le vrai risque, ce n'est pas l'affrontement ; c'est que, sous prétexte de l'éviter, rien ne change ", a lancé, le 16 mai, Ségolène Royal devant ses partisans. " La synthèse est morte, (...) voici venir le temps des différences assumées ", lance le maire de Paris dans son livre De l'audace ! (Robert Laffont, 2007, 290 pages, 20 euros).

L'Europe. Mme Royal et M. Delanoë étaient partisans du " oui " en 2005 lors du référendum sur le Traité constitutionnel. Tous deux sont simultanément montés au créneau - sans se concerter - pour obtenir que le PS s'engage en faveur de la ratification du traité européen de Lisbonne, alors que François Hollande penchait pour l'abstention.

Le libéralisme. " Je suis libéral (...). La gauche doit se réapproprier, avec fierté, et le mot et la chose ", écrit M. Delanoë. Mme Royal, dans un entretien au Point daté du 27 mars, estime que " les véritables héritiers de la belle tradition du libéralisme politique, l'autre nom de la démocratie, sont à gauche ".

L'autorité. Même s'il refuse obstinément de reprendre à son compte le concept d'" ordre juste " cher à l'ex-candidate, le maire de Paris considère que " la gauche doit assumer le besoin d'autorité dans la société ". D'ailleurs, il ne se déclare " pas hostile aux centres éducatifs fermés " pour les jeunes.


LES DIVERGENCES


La démocratie participative. " Je pratique la démocratie participative à Paris depuis 1995, j'ai plutôt apprécié que l'idée soit reprise dans la campagne de la candidate ", lâche le maire de Paris. A Mme Royal, il reproche " de se contenter de recueillir des avis " et de dire " votre projet sera le mien ".

Réponse d'un proche de Mme Royal : " Delanoë confond ses réunions de comités de quartier et la démocratie participative telle que la pratique Ségolène Royal qui a posé des orientations fortes avant de consulter les adhérents. "

Le rapport au parti. Dans le camp de Mme Royal, on critique les tenants du " vieux parti " qui, par exemple, n'ont jamais admis la formule de l'adhésion à 20 euros. L'ex-candidate à la présidentielle entend faire du PS " un vrai parti de masse fort de plus de 700 000 adhérents, ouvert sur la société, engagé dans les luttes de son temps et portant un projet sans double langage ".

" Nous n'avons pas la même conception du parti ", confirment les partisans de M. Delanoë, qui reprennent volontiers à leur compte l'antienne très jospinienne du rapport à l'organisation. Ces attaques font un lointain écho aux empoignades du congrès de Rennes, en 1990, lorsque Lionel Jospin, partisan d'un " parti de militants ", accusait Laurent Fabius de vouloir créer " un parti de supporteurs ".

Le texte des amis de M. Delanoë dénonce " les initiatives de contournement des lieux de débat et de décision collective qui se sont développées, particulièrement pendant et après l'élection présidentielle ".

Le PS et le MoDem. Décidés à isoler Mme Royal, les amis de M. Delanoë souhaitent placer le thème des alliances au coeur du prochain congrès. Au sein du PS, Mme Royal est la plus favorable au rapprochement avec le centre, mais elle récuse tout renversement d'alliances. La présidente de la région Poitou-Charentes veut faire du PS " une force centrale à gauche, capable d'associer différents courants " allant des altermondialistes aux centristes.

" Je ne crois pas (...) qu'une offre politique puisse se situer à la fois à droite et à gauche, c'est une forme de mensonge ", écrit le maire de Paris. Assuré de sa réélection dans la capitale, M. Delanoë - dont certains alliés ont néanmoins conclu des accords avec le MoDem aux municipales - a refusé de faire alliance avec Marielle de Sarnez, numéro deux du parti de François Bayrou.

J.-.M. N.

© Le Monde

21.05.2008

LE FAKIR : Vincent Peillon et le PS : Le courage de la soumission

mercredi 21 mai 2008

C'est une course vers la droite que mènent, ce printemps, dans l'avant congrès, les ténors socialistes.

Manuel Valls semblait se détacher, loin devant ses concurrents. Mais Vincent Peillon tient absolument à le rattraper. Il vient, d'un coup, d'approuver le service minimum dans l'Education nationale et les 10000 suppressions de postes - dont 106 dans le département. Pour mieux s'afficher "responsable" et "moderne"...

"Je veux aider à concilier la gauche avec la pensée libérale", proclamait Manuel Valls, le député-maire d'Evry. 3f21d01e38a7e5725f8687e75fb83907.jpg

"Les anglo-saxons ont une souplesse que nous Français, nous latins, n'avons pas toujours", soulignait-il, louchant vers Tony Blair et les démocrates américains.

Et le jeune loup ne s'arrêtait pas à mi-chemin : "Le parti socialiste doit changer de nom."

C'était l'opération "Plus à droite que moi, tu meurs !" Et Vincent Peillon reçut ces déclarations comme un défi. A son tour, le porte-drapeau de Ségolène Royal devait prouver sa "modernité".

Lui répliqua donc ce lundi soir, dans l'émission Mots Croisés, sur France 2.

"Faire un service minimum n'est pas dérangeant, annonça-t-il.

-Vous êtes donc plutôt pour ?, s'étonna l'animateur, Yves Calvi.

-Je pense oui."

Et il poursuivit : "Le vrai problème, ce n'est pas les 10000 postes. Tous ceux qui connaissent ce dossier savent que ce n'est pas la question. D'ailleurs, Sarkozy en demandait plus de 20000. La question, c'est d'être capable de dire ce qu'on fait de l'éducation dans ce pays, et comment après, effectivement, on va soustraire ces 10000 postes."

L'animateur s'en trouva estomaqué :

"Si successivement vous nous dites que vous êtes d'accord sur le service minimum et sur les réductions d'effectifs alors là, je dois dire, la gauche est en train de beaucoup évoluer dans ce pays !

-Ecoutez, ça me semble une évidence",
confirma Vincent Peillon."

Lui regretta, certes, la "méthode du gouvernement", des "erreurs de communication", mais il appuyait les mesures. Bravo pour le chemin parcouru...


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Les deux duettistes jouent le même numéro sur les retraites.

« Bien sûr, il faut faire des réformes. Il faut savoir être courageux », lance Vincent Peillon.

Et c'est aussitôt Manuel Valls qui reprend : « Nous aurions dû être plus clairs et plus courageux en 2003 au moment de la réforme Fillon, nous aurions dû soutenir les initiatives de la CFDT et de François Chérèque ».

Pendant la grève des cheminots, le même louait les « syndicats courageux » qui appellent à la reprise du travail. Lorsque le député d'Evry conclut que, au PS, « le courage aurait dû nous conduire à mettre tout de suite en œuvre le chantier de la rénovation, de la refondation », on devine que les acquis du Conseil National de la Résistance seront défendus avec hargne...

Et Bertrand Delanoë entre évidemment dans la danse : il inititule son livre « De l'audace »,pour mieux asséner derrière : « e suis libéral. »

Car c'est une ficelle des discours « modernistes » : chaque renoncement devient un gage de « rénovation ».

Chaque soumission à l'ordre est convertie en une preuve d'« audace », de « courage ». Un « courage » qui ne conduit jamais ces téméraires (ce serait « archaïque ») à affronter l'Argent, son mur, ses maîtres. Eux qui accumulent « super-profits » et « méga-dividendes » dans l'indifférence...

Jamais, par exemple, sur son site Internet, Vincent Peillon bcd30372dd485ed565a89453d00c3a5d.jpgne dénonce les licenciements chez Goodyear, ou les fermetures d'usine dans le Vimeu.
Jamais il n'a présenté la moindre proposition, au Parlement européen, pour sauver l'industrie. Et en pleine affaire Airbus, alors que Lagardère et ses cadres étoffaient leur matelas d'euros, alors que le plan Power 8 dégraissait 4300 ouvriers en France, Vincent Peillon se prononçait en faveur des « stock-options » : « Moi, je ne suis pas du tout pour la suppression des stock options, je pense qu'elles ont un rôle. » Une "révision courageuse" de plus...

Non, lorsqu'il monte à l'assaut (et il serre alors le poing sur les photos), c'est contre « le marxisme avec l'image de la dégénérescence stalinienne ». Comme s'il se trouvait là, l'ennemi des salariés...

Reste à savoir cela. Si, lorsque le secrétaire du PS dans la Somme soutient les "réformes" du gouvernement, lorsqu'il fait la tournée des plateaux télé pour promouvoir sa "rénovation", c'est avec l'approbation des socialistes de la Somme...

L'équipe de Fakir

02.05.2008

La politique autrement

La vie d’un parti est importante à condition de ne pas oublier son objectif : changer la vie des Français, d’être ouvert et à leur écoute, de dialoguer et d’échanger.

L’autre manière de faire de la politique c’est cette démarche participative, en profondeur et dans la durée, et non quelques jours avant les campagnes (ou les congrès). C’est aussi l’élaboration et l’ajustement en permanence d’un projet en fonction des réalités du monde et des Français.

L’autre manière de faire de la politique c'est d’aller au contact de nos concitoyens pour leur faire partager nos principes et les faire adhérer à nos propositions. A condition qu’elles soient naturellement concrètes et pragmatiques. Cela a d’ailleurs été la clé des belles campagnes de la gauche pour ces municipales notamment et l’échec de la droite.

Sans esprit de polémique, je crois que le temps de ces réunions régulières à une demi-douzaine de convaincus n’est plus la seule priorité et le seul critère d’efficacité permettant de dire si ce petit groupe est bon ou mauvais ou en veilleuse. Sans être bisounours, DA ne doit pas rêver d’être l’élite, avant-garde de la classe laborieuse, fidèle représentant de la classe ouvrière, du peuple laborieux et de la nation entière. Le monde a changé et les Français aussi.

On a vu les dégâts :

- discours basistes stéréotypés,
- ambitions et arrivismes,
- revendications souvent imaginaires de proximité avec tel ou telle (comme si cela donnait une onction particulière),
- combats de personnes sans débats de fond,
- pointillisme doctrinal,
- batailles de lilliputiens pour une virgule ou un adjectif dans des motions ou lors de commissions de résolution,
- accords superficiels qui ne trompent personne,
- séparation clanique entre militants de base tracteurs et experts,
- enfermement du parti dans quelques cénacles volontairement fermés et rarement ouverts sur la vraie vie de nos concitoyens qui affrontent la tourmente sarkozyste.

Combien de RMIstes chez nous, de SDF, d’ouvriers, d’employés, de chômeurs, de petites retraites, de jeunes ?

Ségolène a ouvert les fenêtres du parti. C'est vrai.
Elle a relancé le débat sur les principes sans tabous, abordant tous les sujets, même ceux qui fâchent, sans langue de bois. C'est vrai.
Elle nous a montré, concrètement, l’autre manière de faire de la politique. C'est vrai.

Mais les discours doivent se traduire par des actes, des pratiques, des mises en oeuvre.

C’est là-dessus que, nombreux, d’horizons et de passés différents, nous nous sommes retrouvés au PS et/ou à DA. Que les Français ont massivement adhéré à sa démarche. Et ils n’ont pas oublié. Voir lors de ses nombreux déplacements durant cette campagne.

Il y a des temps forts et d'autres.

Mais c’est bien lors des campagnes (internes, présidentielles, législatives, municipales,…) que nos concitoyens nous rejoignent, partagent nos principes et adhèrent à nos propositions. C’est durant les campagnes qu’ils évaluent les propositions et choisissent de nous rejoindre.

Conservons cet esprit de dialogue et d’échange, ce souci concret de proposer.
Tout ce qui fait la valeur de Désirs d'avenir. Attention à ne pas trahir l'espérance et les désirs d'avenir par des tactiques et des statégies illisibles.


Débats participatifs : oui et je dirais que c'est notre marque de fabrique qui a été globalement repris par la plupart des candidats de gauche lors de ces municipales.

Cahiers d'espérance :oui et je regrette que nous n'ayons pas au PS pioché largement dans ces multiples pépites accumulées lors de la campagne présidentielle. C'est notre thésaurus à partir duquel nous devrions partir et repartir sans vouloir redécouvrir en permanence le fil à couper le beurre.

Pacte présidentiel : oui à condition de l'amender toujours et encore et encore. C'était un excellent point de départ mais ce n'est pas la panacée universelle. La vie continue et le pacte devrait être adapté et modifié au fur et à mesure des débats consensuels établis. Excellente base avec naturellement ses points forts et ses faiblesses. C'est un moment de notre histoire contemporaine du PS.

Mais ne vivons pas exclusivement avec ces souvenirs et tourné vers le passé.

La campagne des municipales nous a fait découvrir d'autres personnes, d'autres camarades, d'autres pistes, d'autres propositions à mettre en œuvre. Regardons l'avenir car dans désirs d'avenir, il n'y a pas que le désir, il y aussi l'avenir.

Oui 2012 sera une étape capitale à nouveau mais avant il y a ces municipales de 2008, ces européennes de 2009 (quelle est la position du PS, des socialistes, des membres de la gauche ?), 2010 les régionales, Sans oublier le Congrès du PS ou les congrès du PS.

C'est un tout et nous ne pouvons nous recroqueviller sur nos comités locaux ectoplasmiques.
DA c'est capital oui, le PS aussi, la gauche aussi et les français aussi.

Durant ces derniers mois, Ségolène nous a bien montré qu'il fallait être aussi citoyen dans la cité et militant dans la gauche et dans le parti.

Avant "d'accéder à la magistrature suprême" il faut passer les étapes, une à une, avec force et détermination. Celle des municipales a été un magnifique succès pour la gauche, pour le ps et pour Ségolène bien entendu.

Pour notre "organisation", cela a déjà été abordé de très nombreuses fois et à de multiples occasions. Nous connaissons le diagnostic et nous voyons bien que les choses ne se mettent en place progressivement, et cela depuis plus de deux ans déjà. Et nous connaissons les problèmes spécifiques de la Somme.... où les pratiques en territoire en sont pas les mêmes que les déclarations faites à Paris, Boulevard Raspail...

Quant aux alliances futures, oui mais, faisons le point après les municipales en sachant que les alliances c'est d'abord avec les électeurs qu'il faut les passer, en les convainquant , en argumentant, en faisant l'inventaire des points d'accords et de désaccords.

Nous devons faire les comptes et les analyses mainetant. Pourquoi toujours éluder le débat sur les échecs comme sur les victoires ?

Chaque chose en son temps. Et chaque chose à sa place. Mais attention, les mois passent, les espoirs s'épanouissent et toujours rien à l'horizon. Le projet de déclaration de principe est un exemple. Cela tombe du ciel de Solférino, sans détails, sans explications. Juste bon à être votée !

Notre chemin est clair mais nous voulons avancer avec force et détermination. Et démocratiquement.

Pourquoi refuser un débat clair et en profondeur au lieu de l'aparpiller par de multiples minitextes sur des sites pratiquées part seulement quelques-uns ? Les sections devraient donc être désertées et ne servir que de bureaux de vote ou plut^to de bureaux d'enrgistrement ?

Nous restons confiants car résolus.

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