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25.04.2008
Inutile d'insister, le charme est rompu.
J’ai eu la chance de rencontrer ces deux dernières années, à Désirs d’avenir comme au parti socialiste de nombreux sympathisants et militants, dévoués, fidèles, sûrs, loyaux, actifs, efficaces, entreprenants, discrets mais toujours disponibles, amicaux, chaleureux, sympathiques, francs et sincères, altruistes, généreux et surtout désintéressés.
C’est d’abord de ceux-là dont je me souviendrais. Et c’est grâce à eux que j’ai eu de vrais moments de bonheur et de joie. Et encore plus après les récentes victoires justement méritées par de vraies campagnes démocratiques et participatives à Amiens, Abbeville et ailleurs, comme pour le Conseil général.
Mais, durant ces deux dernières années et surtout ces derniers mois, j’ai aussi rencontré des « camarades », disons… différents… Certes moins nombreux, mais … inutile d’insister, vous les connaissez… Ceux-là, je ne les oublierai pas non plus et je sais que ce sont eux qui sont d’abord les premiers responsables des différents échecs de la gauche et du parti socialiste.
Ils sont convaincus que ce parti et cette gauche leur appartiennent et qu’ils en sont les régents, donc les premiers à en bénéficier. Ils s’inquiètent de toute idée nouvelle et de tout adhérent nouveau (pourquoi vient-il ? qu’est-ce qu’il veut ? quel mandat électoral veut-il nous prendre ?) et veillent jalousement sur leur « héritage », tel Harpagon veillant sur sa cassette.
Je les avais déjà rencontrés dans les années 70 et 80 quand je militais alors en France, à Paris et dans l’Oise, mais ils étaient alors une infime minorité et ils étaient totalement absents dans les structures expatriées du parti ou à l’Association Démocratique des Français de l'Etranger pendant les 20 années que j’ai passées à l'étranger.
Mais quelle surprise à mon retour de les voir aujourd’hui si nombreux… Certains plus âgés certes mais aussi de beaucoup plus jeunes et plein de...mordant. Ce qui m'a désarçonné ou plutôt sonné...
Et je dois dire aussi, quelle surprise de voir les mêmes pratiques et les mêmes "profils" chez Désirs d’avenir et/ou autour de Ségolène Royal, il est vrai essentiellement au niveau parisien (pour faire plus chic, on dit au « national »…).
Faisons le point :
aujourd’hui la campagne pour Ségolène est terminée et bien loin derrière nous. Ségolène s’engage maintenant –sans s’être concertée avec ses troupes sauf peut-être quelques "fidèles" ( ???) du mardi ou du mercredi– dans une autre bataille : celle du Congrès de novembre 2008 pour la prise du pouvoir au parti socialiste. Sans le dire expressément mais en le pensant si fort, que tout le monde le sait.
Comme d'autres, je me suis engagé pour elle, il y a déjà deux ans maintenant, mais surtout pour ses idées et sa manière de faire de la politique autrement.
Par discipline naturelle, je me suis mis à disposition en fonction de mes moyens et de mes disponibilités. Comme d’autres très nombreux Français, ici ou là. Sans aucun esprit de donnant-donnant…
Mais faire de la politique autrement c’est faire de la politique « autrement ».
Aujourd'hui, à voir comment les choses se passent autour d’elle, désirs d’avenir inclus, avec le retour de nouveaux petits marquis sans oublier aussi celui de loups de mer burinés par l'ambition, je ne me retrouve plus entre :
- d’une part les engagements, les principes, les discours avec lesquels j’adhère sans aucune hésitation, et notamment cette excellente initiative pour un congrès serein et utile,
- et d’autre part les actes au jour le jour, la tactique comme la stratégie, le choix de son entourage qui ressemble chaque jour davantage à une nouvelle cour, comme les méthodes utilisées qui manifestement sont loin de la démocratie participative…
Et que dire et penser de l'aspect "groupie" et "fan club"...
Est-ce vraiment faire de la politique autrement qu'accepter et même encourager cette hallucinante idolâtrie hystérique, avec poèmes, messages d'amour, et, après chacune de ses interventions médiatiques, états de transe et rafales de messages enthousiastes et prévisibles sur le site désirs d'avenir, où l'on y voit des adultes consentants se transformer en midinettes et/ou midinets niveau 12 ans d'âge mental.
On en connait même dans la Somme... mais inutile de remuer le fer dans la plaie...ou le faire dans le plaire
Inutile donc d’insister, le charme est rompu.
Aussi, pour ces raisons rapidement évoquées et d'autres plus personnelles, et n’ayant rien à demander ni à attendre, je vais prendre du champ et me recentrer avec plaisir sur des sujets qui me tiennent à cœur sans oublier naturellement ma vie personnelle, mes amours, mes passions et mes amis que j’ai dû trop souvent oublier.
J’ai été heureux d’avoir eu la possibilité de travailler modestement et surtout collectivement pour faire avancer le schmilblick.
Si beaucoup terminent par un tonitruant « amitiés socialistes !» même si l’amitié n’est pas leur fort et le socialisme non plus, je terminerai tout simplement par…
cordialement
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Commentaires
Je me demande si je ne suis pas un peu responsable ... car si je n'avais pas posé la bonne question à une mauvaise personne, je n'aurais pas eu une mauvaise réponse qui t'a fâché.
Mais bon ... il y a la goutte d'eau qui fait déborder le vase et toute l'eau qui était dans le vase avant la dernière goutte.
Comme je l'ai écrit ailleurs, nous devons considérer les faiblesses de la nature humaine comme un état du réel ... et
1/ soit nous refusons le réel, nous changeons de monde
2/ soit nous tenons compte du réel pour atteindre nos objectifs.
Il semble que pour ce qui concerne le PS et Désirs d'avenir, tu as choisi le 1/ ... moi je continue à choisir le 2/
A très bientôt, en Baie ou ailleurs
Ecrit par : Pascal Schmitt | 25.04.2008
Non, tu n'es nullement responsable. Au contraire.
Mais que veux-tu je n'ai pas envie de danser devant les nouveaux petits marquis. Je n'ai plus l'âge de courber l'échine n'ayant rien à demander et n'attendant rien.
Mais entre nous :
qui refuse le réel ? Toi ou moi ?
quels objectifs peux-tu atteindre avec ces gens là ?
Qui vit dans son rêve ?
Or toi, tu sais et tu connais de l'intérieur désirs d'avenir, comme moi. Mais en tires-tu les conséquences ou préfères-tu continuer de rêver...
Au final, il n'y a pas pire aveugle que celui qui ne veut pas voir. Ou pour être plus freudo-marxiste : il y a conflit entre le principe de réalité et le principe de plaisir.
Je crois qu'on peut aussi être utile en dehors de désirs d'avenir et hors la férule des petits marquis incultes.
Cordialement.
Ecrit par : Robert | 25.04.2008

