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29.12.2007
A VISAGE DECOUVERT
A VISAGE DECOUVERT
Après conversations animées avec plusieurs camarades et amis...
(Ah ! le café du commerce les jours de marché, c'est souvent un vrai débat participatif),
... paraphrasons pendant quelques lignes une des Paroles de Lecteurs d’un récent Courrier Picard , puis rassemblons nos conclusions :
Ce qui nous choque dans les élections prochaines, c’est le « sans étiquette ».
Qu’on le veuille ou non, le monde politique est coupé en deux. Il repose sur deux théories définies économiquement et politiquement : le socialisme et le libéralisme ou encore les démocrates ou les républicains. Oublions les tentatives pour ne plus être binaire car elles se sont toutes terminées avec un maroquin à droite : de Lecanuet au Modem.
Si l’on regarde les étiquettes des élus du sénat, 119 sont à gauche et 211 à droite. Où sont les « sans étiquette » ?
Ce sont bien les conseillers municipaux en grande majorité qui élisent le sénat.
Aurions-nous élu des maires (et des conseillers muncipaux) sans couleur politique mais votant toutefois, simplement pour défendre des « intérêts communaux » majoritairement à droite ?
Certains partis politiques se demandent comment il faut redessiner le parlement, en mettant en particulier, un zeste de proportionnelle. Cela est simple, il suffirait que les maires (et les conseillers municipaux, grands électeurs) ne soient pas honteux de ce qu’ils sont et ainsi en votant pour M ou Mme X saurions-nous qu’ils représentent bien nos idées.
Un petit rappel avec Wikipédia.
Il y a en France environ 500.000 conseillers municipaux (maires inclus) avec 36.568 communes en France métropolitaine.
La population médiane des communes de France métropolitaine n'est que de 380 habitants (cela doit en surprendre plusieurs, non ?)
A titre de comparaison, la population médiane des communes belges est de 11 265 habitants, des communes italiennes de 2 343 habitants et d'Espagne de 5 505 habitants).
La population moyenne d’une commune est de 1.542 habitants. C'est donc l'image moyenne de la France. On est loin de Paris- Lyon- Marseille... ou d'Amiens...
En France métropolitaine,
- 31.927 communes ont moins de 2.000 habitants (regroupant 25,3% de la population totale), et dans cette catégorie, plus de 10.000 communes ont moins de 200 habitants.
- 3.764 entre 2.000 et 10.000 habitants (25,5%),
- 762 entre 10.000 et 50.000 habitants (25,3%),
- 102 entre 50.000 et 200.000 habitants (14,4%),
- 10 plus de 200.000 habitants (8,9%).
Donc plus de 50% de nos concitoyens habitent dans des communes de moins de 10.000 habitants et l'on peut dire près de 45% dans des communes de moins de 4.500 habitants.
Et cette France-là aussi a voté en 2007 avec plus de 17 millions pour la gauche et Ségolène Royal et contre Nicolas Sarkozy. Mais pas pour une Ségolène Royal ou un Sarkozy « sans étiquette »…
Donc cette France-là sait aussi choisir sur des bases politiques et on l'a vu aussi le jour du référendum sur le "traité européen", et même et surtout pendant la campagne du référendum...
Ne pas avoir une étiquette politique dans le cadre des élections municipales et cantonales, ce serait ainsi penser que ces 45% de français seraient ignorants, sans aucune mémoire et ne connaissant pas le positionnement politique de ceux qui demandent -publiquement- à les représenter ?
Il est vrai que l'on voit des anciens membres du front National se refaire une virginité avec l'UMP ou d'autres se mettre ensemble sur une liste dite d'union après s'être copieusement dénigrés et insultés pendant ces dernières années. Mais c'est la nature de certains... Plutôt à droite, reconnaissons-le.
Mais on voit aussi certains chercher piteusement une liste susceptible de les accueillir et n'ayant pas la mémoire de leur parcours souvent sinueux (par exemple, du royalisme en passant par les verts pour finir dans le stalinisme et maintenant l'UMP : une indisgestion)...
C'est simplement pour cela que la pseudo "sans étiquette" est un leurre ou un cache sexe quand tous, dans ces petites communes (mais assez nombreuses finalement), savent parfaitement qui est qui ?
Se cacher derrière son petit doigt (avec tous les succédanés peu créatifs que l’on commence à voir refleurir : pour ceci, pour le renouveau de cela, sans étiquette, intérêts communaux, apolitique, divers, défense de, ...) c’est se moquer des habitants qui sont aussi des citoyens et se donner bonne conscience. N’allons pas plus loin avec d’autres raisons. Ce n’est pas notre propos ni l’angle de notre analyse.
Mais pire encore. Que dire quand ce sont des « socialistes » cette fois ...
- qui font liste commune avec des représentants clairement connus et publiquement comme de droite et appelant toujours à voter à droite, voire même extrême droite, à toutes les élections locales ou nationales,
- ou qui intègrent une liste « sans étiquette » mais clairement de droite, sous divers prétextes bidons "dont la fameuse "ouverture", mais après avoir combattue cette même liste à l’élection précédente en la classant alors à droite.
Il y a toujours des apolitiques ou sans étiquette de droite mais jamais d’apolitiques ou sans étiquette de gauche.
L'argument qui consiste à se justifier en disant petit village, peu de candidats donc choix restreint de personnalités notables capables ne correspond pas à la réalité du terrain (le notable, généralement profession libérale ou enseignant, a toujours la compétence selon eux ) .
Il y a d'ailleurs souvent 2 ou 3 listes en compétition et cela fait beaucoup de candidats pour un faible (très faible) potentiel de "notables" ou "professions libérales » ou « personnalités apolitiques compétentes » dans ces petites communes.
Puis-je ajouter, avec calme bien sûr et sans polémique, que critiquer les positions de "caciques" socialistes sur l'ouverture au plan national et la pratiquer au niveau local, me semble d'une hypocrisie et d’un jésuitisme inacceptable.
Etre de gauche n'est pas une tare que l'on oublie quand on se présente aux cantonales ou aux municipales.
On comprend pourquoi il est ensuite si difficile à convaincre de voter à gauche dans les petites villes de France qui représente plus de 50% des habitants. On l'a vu lors des dernières élections avec une France coupée en deux : les "grandes" villes ayant voté plutôt à gauche et les "petites" plutôt à droite.
Etre de gauche, c'est une partie de son identité.
N’utilisons pas de faux papiers. Avançons le visage découvert.
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